ORGANBIDEXKA – Des rapaces et des hommes : bientôt 40 ans de passion !

L’observatoire, le « spot », à Organbidexka

1979 : quelques irréductibles ornithologues sans gêne s’installent, pour observer les migrations de rapaces, au col d’Organbidexka (« le petit chemin des charrettes » en basque) situé au-dessus de Larrau, juste sous les chalets d’Iraty, au beau milieu d’un territoire dense en palombières. Ils viennent de louer un droit de chasse au « nez et à la barbe » des chasseurs de palombes souletins. Méfiance réciproque. Glace qui prendra des années à fondre.

2017: les chasseurs ont (presque) disparu, pour cause de raréfaction des passages de palombes à cet endroit-là. Les « volatiles » ont migré plus à l’ouest de la chaine pyrénéenne. En 4 décennies, le site est devenu un des principaux d’Europe occidentale pour observer les oiseaux migrateurs. Un chiffre : 43.475 rapaces sont passés entre les pics d’Ohry et des Escaliers en 2016.
Pas franchement enthousiaste au-début, la « Commission Syndicale du Pays de Soule », qui gère le site des « Chalets d’Iraty », a finalement compris l’intérêt de cette activité qui, depuis le début de l’été jusqu’à tard dans l’automne, fait venir sur place ornithologues, scientifiques mais aussi simples bénévoles et touristes par centaines. Les chalets sont en effet à 100 m du point d’observation et la terrasse du restaurant donne une vue plongeante sans pareil sur l’alignement impeccable des observateurs qui scrutent et comptabilisent sans relâche depuis le lever du soleil jusqu’au coucher.
En ce lundi 21 août, vers 14h, plus de trente personnes sont là. Le spectacle est magnifique: les milans noirs et les bondrées apivores inondent le ciel. Ils ne sont pas seuls : des circaètes-Jean-le-Blanc, rapaces qui se nourrissent principalement de serpents et de lézards, quelques balbuzards (mets favori : le poisson), des éperviers, des busards cendrés et busards des roseaux, un aigle botté, un autour des palombes « mâle immature » (quelle précision !) etc. mais aussi des martinets et hirondelles sont observés.
Au milieu de tous ces oiseaux circulent des « autochtones » en quantité : principalement des vautours fauves mais aussi de petits éperviers et des faucons crécerelles.
Les années d’expérience ont permis la mise en place d’un protocole d’observation très précis où les membres de la LPO présents (Ligue de Protection des Oiseaux – plus de 50.000 adhérents) ont chacun leurs tâches : repérer, identifier (sexe et âge, juvénile ou immature), comptabiliser et enregistrer « en temps réel » les individus qui passent.

Ce jour, 2.149 oiseaux sont comptabilisés. Beaucoup pour le néophyte. Pas tant que cela pour les observateurs qui, le 7 août ont vu, en 4 heures, passer 13.268 milans noir ! Un rapace « opportuniste » qui s’adapte plutôt bien à l’univers de l’homme.
Un grand silence règne. Les longues-vues et jumelles suivent de près les oiseaux qui passent soit sur la gauche, sous sur la droite du promontoire d’Oxogorrigagne qui domine Larrau et sa vallée.
Sergio Barande, observateur depuis 37 ans, a traduit en mots simples les formes du terrain : la Pyramide, le Mamelon, le Crocodile, le Chapeau du Gendarme, la Selle etc. Dès qu’il repère au loin des oiseux qui « pompent », Sergio alerte, parfois avec humour, la troupe. C’est plus simple d’annoncer une « espadrille »(escadrille) vers la Selle ou le Crocodile que vers Léhenchégaratia, Mendikotzigue ou encore Saltéburia…
De temps à autre, une exclamation fuse : « le circaète a un serpent dans son bec ! » Toutes les têtes se tournent vers le rapace. Pas facile à distinguer ! Plus tard, ce sera un aigle royal qui s’en prendra à une cigogne.
C’est le jour des bondrées apivores : 632 comptabilisées. Vues de dessous, les couleurs sont variées, bariolées, souvent claires. A ne pas confondre avec des buses variables. Principale différence : l’un à la tête plutôt rentrée dans les épaules (la buse), l’autre l’inverse. Pas simple à différencier !
Les bondrées, stars du jour, sont bien plus belles à observer que le milan noir, autre star du jour, qui est tout de noir vêtu. Un austère séminariste basque ?
Pour les milans, on préférera attendre la migration, plus tardive, des milans royaux, au plumage magnifique et au vol sans pareil. Pour certains ornithologues, c’est le plus beau rapace à observer. Sergio préfère le gypaète barbu. Des gouts et des couleurs.

Une chose est certaine, sur le point d’observation d’Organbidexka, on ne s’ennuie pas. Une magnifique pièce de théâtre, à l’issue improbable, se déroule tout au long de la journée, dans un cadre de toute beauté. C’est à découvrir, ou redécouvrir, avec les passionnés de la LPO Aquitaine et, si vous voulez en savoir plus, malgré le silence et l’attention de tous, les ornithologues n’attendent qu’une chose : transmettre leur (saine) passion. N’hésitez pas à aller au contact.

Beñat Bernard Boutin

– Le programme de suivi de la migration s’inscrit dans le cadre du projet Lindus-2, cofinancé par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) dans le cadre du programme Interreg V-A Espagne-France-Andorre).


– Le site de la LPO Aquitaine : c’est ICI
– Les synthèses des passages comptabilisés à Organbidexka : c’est
– La formation à l’identification des rapaces en vol prévue à IRATY du 4 au 8 septembre 2017. Plus : c’est ICI
– Crédit photo rapaces : Topo Pyrénées
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

Monseigneur, un mec parmi d’autres mecs, la robe en plus !

Voilà la Croisade choisie par l’évêque de Bayonne Monseigneur Aillet (*) pour soutenir des esprits trouvant leur clairvoyance dans l’aveuglement et sa religieuse prière, tendances dont le conservatisme appelle à dédaigner quelques brebis dites égarées ayant fait le choix de penser autrement que des moralistes religieux appelant tous les saints à châtier l’être humain s’il ne suit pas leur pieux chemin.

Et c’est un homme en soutane, portant robes que rien ne fane, pas même le fait de froisser les âmes pures dont le corps desservi par la vie est entaché par un prélat dont la croisade est de ternir la mémoire des femmes … celle d’une femme, elle Simone Veil vers qui vont les prières outrancières d’un évêque quêteur de l’extrême cherchant dans la divine parole d’ignobles paraboles !

En vérité, Madame Simone Veil en exaspère plus d’un encore aujourd’hui, elle qui ne demeurera jamais dans l’oubli, elle dont quelques-uns dont le siège n’a rien de saint mais d’où s’élèvent les privilèges pour finir comme tout être humain en poussière peu importe le cimetière

C’est qu’il n’en est pas à sa première l’évêque de Bayonne ainsi proclamé pompeusement par d’autres hommes Monseigneur Aillet… des hommes qui, si nous passons quelque peu la gomme sur quelques-uns, laissent apparaître bien des forfaitures dont certains parmi ceux-là ne méritent pas la droiture d’une ordination dont le sacré est la mission faite d’augustes intentions. Rite dont certains prêtres abusant de la foi font porter sur de jeunes enfants non pas une croix mais un pieux en le prétendant tel un jeu ! Mais de cela l’évêque n’en parle pas … quand nous apprenons ici et là que l’église cache en son sein des prêtres ou curés dont nous connaissons la perversité. Il est préférable certes de profaner le nom d’une femme digne qui repose désormais … plutôt que de reconnaître les abus et autres méfaits de nonces apostoliques indignes qui malgré tout se signent devant le divin en se disant de bons chrétiens ! N’est-ce pas là l’apothéose !

Mais souvenons-nous voulez-vous, en 2016 tandis que Monseigneur Aillet avait déjà fait parler de lui, après les attentats commis à Paris, en comparant l’avortement à la violence de Daesh … et plus avant en 2013 lorsque hors de son diocèse où la prière n’a rien de fadaises, l’évêque de Bayonne, Monseigneur Aillet sorti son chapelet et son béret pour accompagner les réfractaires américains à l’IVG, à Washington où le glas sonne.

De prêches en sermons portés au son du clairon de la morale chrétienne, le soudain franco-américain s’évertua à importer au nom de la France et son église catholique, sa théologale vertu à l’encontre de femmes dont le corps fut violenté et les entrailles souillées … soit par un violeur soit par la maladie de ce dernier auquel cas l’acte d’interruption de grossesse se nomme une ITG.

La souffrance faite femme n’a pas fini de subir l’affront comme le mépris de la part de ceux-là qui n’en connaissent pas le prix ! Un jour qui sait, dans une autre vie !!!!!!

Samie Louve

(*) le tweet de Mgr Aillet : « Je prie pour Simone Veil, car « l’avortement n’est pas un moindre mal, c’est le mal absolu, le meurtre d’une vie innocente » (Pape François) » »

Les quarts de solde

Comme au plan national, notre département des Pyrénées Atlantiques a connu une forte abstention pour ce second tour des élections législatives. Plus de la moitié des électeurs ne s’est pas déplacée. Cela a eu pour conséquences de donner une image inhabituelle à ces élus. Quelques réflexions.

Tout d’abord il faut observer que les élus n’ont récolté qu’une faible partie des voix des électeurs, inscrits ainsi :

Dans la première circonscription, Josy Poueyto a recueilli 22,44% des voix ;

Dans la deuxième, Jean-Paul Mattei a recueilli  25,63 % des voix ;

Dans la troisième, David Habib : 25,72 % ;

Dans la quatrième:Jean Lassalle : 24,68 ;

Dans la cinquième : Florence Lasserre-David : 22,67 % ;

Dans la sixième : Vincent Bru : 23,12%.

Autrement dit à part deux candidats qui ont obtenu plus du quart des voix des inscrits, les autres n’atteignent même pas les 25 %. Pas de quoi pavoiser. Il devront désormais nous la jouer modeste et surtout éviter tout triomphalisme. Ces résultats ne sont en effet pas glorieux.

Reste que le taux d’abstention, jusqu’alors inégalé, trouve difficilement une explication. A Alternatives Pyrénées, nous avons proposé un sondage lors de la dernière newsletter. La question était : Avez-vous l’intention d’aller voter (au second tour des législatives) ? 76,50% ont répondu par l’affirmative, ce qui permet de constater que les lecteurs de notre site sont des citoyens responsables. Ceux qui ont répondu non, se classent de la manière suivante :

7,35% « parce que cela ne changera rien ».

7,35% « parce qu’aucun candidat ne me convient ».

5,88% « je ne sais pas ».

Très peu, 1,46% ont répondu que c’était soit parce qu’ils en avaient « ras-le-bol » soit parce que « le mode de scrutin était injuste ».

Ce sondage, établi à une petite échelle, n’apporte qu’un éclairage limité.

S’abstenir de voter correspond à un désintérêt pour l’administration de la vie de notre pays. Ceux qui font ce choix devraient perdre le droit de râler, de se plaindre ou de critiquer les responsables politiques. Ainsi il ne serait pas illogique que ces citoyens lorsqu’ils se rassemblent sur la voie publique afin de revendiquer, de manifester ne puissent le faire qu’à cette condition de s’intéresser à la chose publique. Montrez votre carte d’électeur. Celui qui n’a pas voté lors des dernières échéances électorales quitte les rangs de la manifestation. Bien évidemment on n’en n’est pas là, mais la logique voudrait…

Tous les beaux esprits qui considèrent que la 6 ème République ou la proportionnelle sont des remèdes à ces abstentions devraient s’interroger pour savoir si l’on ne devrait pas d’abord rendre le vote obligatoire.

Pau, le 21 juin 2017
Joël Braud

Crédit image : ouest-france.fr

Bilan de la sécurité dans le département

Comme tous les ans à la même période, la préfecture communique ce qu’elle appelle cette année le « Bilan de la politique de la sécurité et de la lutte contre la délinquance ». Ce rapport qui comporte pas moins de 17 pages n’apporte pas une réponse à toutes les questions que l’on est en droit de se poser dans ce domaine.

L’an passé d’ailleurs, ce document était intitulé « Bilan de la lutte contre la délinquance et de la sécurité routière dans le département des Pyrénées Atlantiques ». Il faut donc en conclure que cette année 2016 revêt un caractère plus politique. Mais qu’importe.

D’autres questions demeurent, ainsi :
– Ceux qui parce qu’ils sont domiciliés à Pau ou dans une grande ville du département, sont soucieux de savoir quel est le bilan que l’on peut tirer sur l’évolution de la délinquance dans leur commune n’ont qu’à se résigner, c’est circulez, il n’y a rien à voir. Le bilan est départemental, un point c’est tout.
– Ceux qui parce qu’ils sont d’un naturel curieux ou parce qu’ils sont un peu au fait du sujet posent des questions sur l’évolution de l’usage ou du trafic de drogue n’ont qu’à aller se rhabiller. On ne parle pas de la drogue. Là encore circulez, il n’y a rien à voir.
– Ceux qui parce qu’ils sont des contribuables, sont soucieux de connaître l’efficacité des services de l’État payés par leurs impôts, n’auront aucune information sur les résultats. On ne vous parle pas ici du nombre d’individus interpellés ni du taux d’élucidation.
Restons dans le flou et souvenons-nous que « Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup ».

Par souci d’une simplification technocratique ont été retenues trois grandes catégories d’infractions :
AVIP : les atteintes volontaires à l’intégrité physique des personnes ;
AAB : les atteintes aux biens ;
EIEF : les escroqueries et infractions économiques et financières.

Et à côté de cela on a choisi de vous exposer des résultats qui sont particulièrement positifs.
– En 2015, les AVIP qui étaient en progression de 7,23% sont en diminution de 2,27% en 2016. Un écart de 9,50% qui traduit un sacré coup de collier.
– En 2015, les AAB qui étaient en baisse de 2,28% sont encore, cette année 2016, en baisse de 4,86%. Bravo mais soulignons tout de même que les cambriolages de résidences secondaires et de locaux industriels et commerciaux sont en hausse respectivement de 8,9% et de 13,5%.
– Enfin en 2015, les EIEF qui étaient en augmentation de 18,77% sont en baisse de 8,95% en 2016. Là encore une magnifique performance qui entraîne un écart de 27,72%. Faut le faire !

Inutile d’ajouter que ces résultats mériteraient quelques précisions qu’on se gardera bien de vous fournir. Circulez…

Cette année 2016 comme le dit son titre, le bilan revêt un caractère politique, c’est ainsi que par certains côtés et au fil des 17 pages qu’il comporte, on pourrait le qualifier de propagandiste. Les plans départementaux sont légions : réseaux de surface (sic) ; lutte contre les cambriolage ; contre l’immigration irrégulière ; en faveur de la sécurité des personnes âgées ; sécurisation des transports ; contre les vols liés aux véhicules. Il n’y manque rien. Ils sont accompagnés d’actions qui se nomment : vigicommerce ; vigicambri64 ; alerte SMS ; proxiprév ; prévention de la radicalisation violente. Autant de brillants dispositifs dont personnellement je n’avais jamais entendu parler mais qu’on se rassure, ils existent. Ah quand les technocrates prennent le pouvoir tout devient beau et rassurant !

Ce document ressemble à un organe de propagande à la gloire de ceux qui sont en charge de notre sécurité. On y trouve également le souci de ne pas trop nous en dire afin de ménager notre inquiétude.

Récemment un article intitulé « Zénith, une file d’attente dangereuse » paru dans Alternatives Pyrénées, observait qu’à l’occasion d’un spectacle, une longue file d’attente s’était formée et qu’on n’y voyait aucun policier. Dans le centre ville de Pau en fin de semaine dernière avait lieu la braderie de printemps. Je n’y ai vu aucun flic, juste une herse en haut de la rue Serviez. Il est certes plus spectaculaire, voire médiatique -et pas forcément inutile- de simuler une hypothétique catastrophe au Zénith que d’assurer une présence constante et effective des forces de l’ordre sur la voie publique.

Pau, le 9 mars 2017
Joël Braud

Crédit photo : Sud Ouest

Jean Lassalle est-il fou ?

lassalleC’est la question qui va animer la blogosphère dans les heures qui viennent, et elle a pour origine l’original de Lourdios Ichère. Qu’en pensent les lecteurs d’Alternatives Pyrénées, est-il fou ?

Les media cherchent l’originalité dans leurs invités, question de spectacle, d’audience. Et Jean Lassalle est un « client ». Après son chant Pyrénéen en séance, puis sa grève de la faim à l’Assemblée Nationale, son tour de France à pied, sa candidature à l’élection présidentielle, il a acquis une réputation nationale. « On ne peut plus le tenir » dit de lui François Bayrou, son compagnon de 40 ans.

Il était l’invité hier soir de l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché »

Et il y a continué ses extravagances, il a sollicité l’avis des psychiatres pour juger de sa santé mentale…(voir enregistrement ci dessous)

http://actu.orange.fr/politique/jean-lassalle-lance-un-appel-aux-psychiatres-j-ai-besoin-de-vous-magic-CNT000000BIsqA.html

La version complète de la prestation de Jean Lassalle :

http://www.lexpress.fr/actualite/jean-lassalle-laisse-les-telespectateurs-perplexes-dans-on-n-est-pas-couche_1871449.html

On attend le résultat de ces spécialistes, et les réponses ne manqueront pas d’affluer sur la toile.

Ceci dit, quelle image est ainsi donnée de la fonction de Député ? De celle de candidat à l’élection présidentielle ? Du Béarn ? Et avant tout, sans doute, que pensent les citoyens qui ont pour représentant, cette « anomalie » politique ? D’autant que quand on met en face son travail parlementaire, là c’est moins spectaculaire.

Les citoyens ont les élus qu’ils méritent.

Daniel Sango

La société civile

imgresL’affaire se passe à Louhossoa, en Pays basque, dans la nuit du 16 au 17 décembre 2016. La police nationale française en collaboration avec la police espagnole, interpelle cinq personnes trouvées en possession d’armes et d’explosifs. Ce sont des personnalités estimées dans le coin ; elles expliquent qu’elles ont pris l’initiative de détruire un arsenal appartenant à l’ETA. Tout serait donc beau et noble de leur part, sauf que cela n’est pas aussi simple qu’ils ont pu l’imaginer.

Elles disent appartenir à la « société civile » et avoir obtenu l’aval du bureau directeur de l’ETA le 15 novembre en ces termes : « Nous déléguons à la société civile la responsabilité politique du désarmement (…) Notre objectif est de pouvoir déclarer dans les plus brefs délais que l’ETA n’est plus une organisation armée ». Tout cela est grand et généreux mais leur initiative les fait tomber sous le coup de la loi et leur vaudra par la suite une mise en examen pour «port et détention d’armes et explosifs». Elles auraient pu s’en douter d’autant que dans notre État de droit, la société civile ne bénéficie d’aucun pouvoir particulier et surtout pas celui de se substituer de sa propre initiative aux institutions républicaines.

Gageons que ces cinq honorablement connus de tous pour leur engagement comme artisans de paix, feront l’objet de l’indulgence du tribunal qui sera chargé de les juger. Et ce ne sera que justice. Mais il est permis de s’interroger. N’auraient-ils pas été mieux inspirés en portant à la connaissance des autorités compétentes l’existence de cette cache plutôt que d’intervenir eux-mêmes ? Les autorités étaient-elles au courant de ce dépôt d’armes ? N’ont-ils pas, en se comportant comme ils l’ont fait, contrarié un dispositif de surveillance policière qui avait pour objet d’identifier des membres de l’ETA ? Autant de questions qui n’ont pas de réponse. Cependant il est possible de tirer de cette aventure la morale suivante : « Ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon. Mais le principal est de l’appliquer bien. » (Descartes « Le discours de la méthode »). Autrement dit les meilleures dispositions d’esprit, les bonnes intentions peuvent conduire aux pires résultats. La volonté de bien faire ou de faire le bien aboutit parfois au contraire du résultat espéré.

Voilà donc pour le premier volet de cette histoire. Mais elle connaît un prolongement cocasse dès lors que les politiques s’en mêlent : d’un côté le ministre de l’intérieur pas encore affranchi de ces subtilités, affirme qu’un coup décisif a été porté à l’ETA. Puis des élus se permettent d’avoir des exigences vis à vis de la justice. Au premier rang de ceux-ci l’inénarrable et incontournable Jean Lassalle qui dénonce les machiavéliques dérives autoritaires de l’État français : « Je demande sa libération immédiate (de Txetx) et la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les motivations de ce coup de filet ». Ben voyons, n’oublions pas que ce brave député puise une partie de son électorat dans le pays basque et qu’il a entamé tout à la fois une campagne pour la présidentielle et pour le renouvellement de son mandat à l’assemblée nationale. Quant à considérer que la justice doit s’expliquer devant une commission parlementaire, on croit rêver. Suffirait-il pour cela du claquement de doigts d’un élu ? Il y a d’autres élus qui ont pris position en particulier la sénatrice Frédérique Espagnac qui demande à ce que les cinq personnes soient libérées. Ça y est, les sénateurs donnent des ordres à la justice. On relève également que certains de ces élus sont à la tête d’une manifestation qui a rassemblé 2000 personnes. La justice est mise en accusation et son indépendance devient insupportable.

Enfin, sans doute parce qu’ils devaient avoir le dernier mot, le 23 décembre, 600 élus ont remis à la représentante de l’État une lettre demandant au gouvernement de « s’impliquer dans le processus de désarmement de l’arsenal de l’ETA afin que la société civile ne soit plus dans l’obligation d’intercéder comme elle y a été contrainte à Louhossoa ». Mais c’est qui au juste cette société civile qui se sent ainsi obligée et contrainte ?

Ah quand les politiques s’en mêlent tout devient plus clair !

Pau, le 26 décembre 2016
par Joël Braud

Il faut dégraisser le Mammouth !

le-conseil-departemental-preside-par-jean-jacques-lasserre_3235592_1000x500    Expression qui a eu son heure de gloire en parlant de l’Education Nationale et qui reste plus que jamais d’actualité également dans la fonction publique territoriale.

Le dernier rapport de la Chambre Régionale des Comptes d’Aquitaine s’intéresse aux finances du Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques. Il est très critique avec la gestion laxiste de G Labazée et ne ménage pas non plus son successeur JJ Lasserre. Pourtant, il est regrettable que cette parution arrive fin octobre 2016 alors que les problèmes sont connus depuis bien longtemps…sur AP :

 » G Labazée : zéro en mathématiques ! » AP du 21/2/2014

 » Labazée et Lasserre : zéro en mathématiques ! » AP du 30/6/2015

On voit dans ces articles la grave dégradation des finances du Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques, compensée par l’endettement croissant et les mensonges honteux de G Labazée sur sa gestion : « Et bien oui, sans effets d’annonce, je peux dire que nous sommes fiers de ce que nous faisons pour le Département des Pyrénées-Atlantiques et que nos successeurs pourront prendre modèle sur nous » C’est ainsi que s’exprimait Georges Labazée Président du Conseil Général en présentant les orientations budgétaires 2014 du Conseil Général devant ses pairs le 13 février 2014″

Comme dans ces articles, la Chambre met le doigt sur la dérive des coûts de fonctionnement, à commencer par ceux du personnel.

Une inflation du nombre d’agents entre 2010 et 2014

2010 : 2507 agents 2011: 2587   2012: 2648   2013: 2687   2014 : 2712 agents (source CD PA)

Soit plus de 200 postes pour la plupart injustifiables. Et 2010 date du début des remarques de la Chambre n’est pas le début de la gabegie.

Et une hausse des rémunérations

« au cours de la période 2011-2014, la progression de la masse salariale est largement due aux décisions prises par le département lui-même : en 2011, la masse salariale a augmenté de 3,71 %, dont 0,27 % au titre de l’impact de mesures ne relevant pas du département ; en 2012, progression de la masse salariale de 3,93 %, dont 0,75 % au titre des conséquences de décisions externes au département ; en 2013, augmentation de la masse salariale de 4,04 %, dont 1,11 % au titre de l’impact de mesures ne relevant pas du département ; enfin, en 2014, croissance de la masse salariale de 3,54 %, dont 1,31 % en raison de décisions externes au département. »

Au passage on note :

« Le nombre d’agents permanents de la filière administrative a augmenté de près de 9 % entre 2010 et 2012 » Filière qui représente en 2014, 649 postes en effectif permanent.

On se demande où est l’augmentation de productivité liée au développement de l’informatique. En France la productivité augment de 2% par an. Pas au Conseil Départemental des PA où elle diminue … A cette inflation de personnel s’ajoutent deux problèmes.

Le temps travaillé est insuffisant

« La durée moyenne quotidienne du travail ne peut donc pas être de 8 heures, comme indiqué dans le tableau transmis par les deux ordonnateurs, en réponse aux observations provisoires, mais de 7,8 heures pour cinq jours de travail par semaine. Sur cette dernière base, la durée annuelle moyenne annuelle des agents du département s’élève à 1567 heures (7,8 heures x 200,8 jours de travail après déduction des jours fériés et des congés accordés par la collectivité), soit une différence de 40,29 heures par rapport à la durée légale. Le non respect de la durée légale du travail génère de ce fait un coût annuel pour la collectivité de près de 2,7 millions d’euros, soit l’équivalent d’environ 95 agents et de 2,7 % de la masse salariale »

Et voilà 100 postes de trop si on applique la durée légale du travail.

Le taux d’absentéisme est trop élevé

En 2011 il s’établit à 7,7 % .

« Le taux d’absentéisme est toutefois nettement moins élevé dans le secteur privé (3,8 % en 2011). Le coût de l’absentéisme pour le département est, en 2014, de près de 3 M€, soit 3 % de la masse salariale »

Cela représente plus de 100 agents en trop avec un absentéisme normal.

Rappelons le rythme de travail de ces fonctionnaires : 104 jours de Week End, 7,4 jours féries, 30 jours de congés, 23 jours de RTT et donc 15 jours d’absence et 5 jours pour horaire insuffisant soit un total de 184,4 jours non travaillés par an pour 180,6 jours travaillés en moyenne.

Pour ceux qui l’auraient oublié, F Bayrou a constaté un taux d’absentéisme de ses troupes à Pau de 16 % ! « avant que nous arrivions, en 6 ans l’absentéisme était passé de 9% des agents à 16% des agents, 1% d’absentéisme de plus tous les ans, c’est incroyable ! » Donc en gros, si on ramène l’absentéisme de la ville de Pau à 6% on peut supprimer 10% des postes (150 environ). Voilà qui serait un minimum de bonne gestion. On attend avec impatience le rétablissement d’un taux normal d’absentéisme à la ville de Pau…

Mais revenons à notre Conseil Départemental. On peut donc facilement supprimer 400 postes au Conseil Départemental des PA, à périmètre constant. Mais dans les coûts de fonctionnement il n’y a pas que la masse salariale :

« Par ailleurs, si les dépenses de fonctionnement par habitant du département des Pyrénées-Atlantiques étaient d’un montant analogue à la moyenne constatée dans les départements comparables, elles seraient inférieures de près de 40 M€ à leur niveau actuel. »

Et la Chambre Régionale des Comptes non seulement arrive trop tard, mais elle oublie de suggérer un gain d’une centaine de postes supplémentaires liés aux activités qui ne sont pas du ressort du Conseil Départemental comme, entre autres, le Développement Economique (c’est la Région et les communes qui en ont exclusivement la charge) qui occupe toute une Direction. Ceci sans évoquer d’autres activités liées à la « compétence générale » (sport, culture, etc…) ni les stations de ski dont le CD est propriétaire exploitant…

C’est donc une diminution de 500 postes qui est possible et qui serait réalisée sans problème dans n’importe qu’elle entreprise privée.

Il est honteux de voir tous ces élus incapables de gérer avec efficience les strates de notre invraisemblable mille feuille. Il est pourtant facile même si on est incompétent de faire appel à un cabinet de conseil qui leur proposera très facilement une organisation plus performante avec 20% de personnel en moins. Mais pour passer à l’acte il faut du courage, qualité incompatible avec la démagogie toujours utile pour une ré élection, car après tout les citoyens votent pour leurs Conseillers Départementaux sans rien comprendre à ce qu’ils font, d’autant que près de 60% d’entre eux ne voient aucune conséquence négative puisqu’ils ne payent pas d’impôts locaux et ne s’intéressent pas à l’endettement des collectivités territoriales …

Et la Chambre de conclure :

« Le département a déjà décidé en 2013 de ne plus augmenter ses effectifs. S’il souhaite les réduire, il pourra utilement examiner la pertinence des leviers d’action suivants : l’utilisation optimale de la force de travail existante grâce au respect du temps de travail et à la réduction de l’absentéisme ; le développement de la mutualisation, à la fois interne et externe ; la réflexion stratégique sur les actions du département prévue par le Projet départemental ; l’intégration dans les services du département des organismes externes largement financés par le département et exerçant à son profit certaines missions, de manière à pouvoir disposer d’un pilotage global des effectifs et de la masse salariale. »

On le voit, JJ Lasserre dispose de marges très importantes pour redresser les finances du Conseil Départemental, en aura-t-il le courage ?

Dégraisser le mammouth est incontournable, mais c’est la suppression du Conseil Départemental qui reste en fait indispensable, car son rôle principal consistant à distribuer des aides sociales, pourrait être confiée à la CAF sans que personne ne se rende compte de rien.

Cette même inflation de personnel se passe dans l’immense majorité des communes de France alors qu’au contraire, la mutualisation par les intercommunalités aurait dû conduire à une diminution des effectifs. La Cour des Comptes l’a dénoncé à maintes reprises, mais les citoyens endormis continuent de voter pour des élus sortants incapables d’une gestion rigoureuse.

La France est un bateau avec 4 rameurs et 6 passagers alors que les autres pays ont 6 rameurs et 4 passagers…comment voulez-vous bien figurer dans la compétition ?

Daniel Sango

Pays Basque : pour quoi faire ?

bearn_pays_basque_1200_696_70   L’organisation territoriale française est le résultat d’un empilement de décisions plus stupides les unes que les autres, uniquement guidées par la « scupidité » et l’addiction au pouvoir de nos élus.

Pourtant, tout avait bien commencé. Nos ancêtres avaient compris qu’il fallait une logique à l’organisation de la décentralisation. Les communes avaient pris le relais des paroisses, le peuple se déplaçait en sabots, les fonctionnaires de l’État à cheval. C’est fort logiquement que le département avait été dimensionné à partir de la distance que pouvait parcourir le préfet en une journée de cheval…

Depuis, train, automobile, portable, ont modifié le fonctionnement des citoyens, pas celui de nos Maires qui restent arc-boutés chacun sur SA paroisse, inventant les histoires les plus démagogiques pour convaincre le peuple que rien n’a changé et que les limites de son petit royaume sont optimales. Il n’en est rien bien sûr, et le bassin de vie qui correspondait au village s’est agrandi. Tout le monde s’en est rendu compte en Europe, depuis plus de 40 ans. Pas nos Maires, pourquoi ?

Evidemment nos vrais hommes politiques l’ont compris, mais que faire pour lutter contre ces petits maires et leurs obligés, sénateurs et députés ou contre tous les encartés qui cherchent désespérément un emploi d’élu ?

Ce fut, dans la logique bien française, la création de l’intercommunalité, plus vaste, censée correspondre au bassin de vie, sous tendue par la logique indiscutable de la fiscalité. Un regroupement où tous partagent un intérêt commun, s’appuyant sur une fiscalité « plus homogène ». La vision du législateur, était de faire des économies d’échelle par transfert des compétences à l’intercommunalité en mutualisant les moyens, par le volontariat, rien que de très commun dans la vraie vie… Avec bien sûr l’espoir de rendre les communes inutiles puisque dépouillées à terme de toute compétence.

On connaît le fiasco de cette démarche, la Cour des Comptes a eu l’occasion d’en montrer tous les méfaits à de nombreuses reprises :

– des limites construites par copinage entre Maires et non pas basées sur la logique des bassins de vie (Pau en est l’exemple caricatural…)

– aucune économie d’échelle, pire une inflation incroyable des dépenses de fonctionnement, les communes continuant à embaucher et les inter communautés aussi : bref une honte.

– la volonté des Maires de transférer, sans vraiment transférer, puisque la stupide compétence générale permettait à tous de tout faire !

– …etc.

Puis vint la grande confusion de ces dernières années où le pouvoir de droite puis de gauche ont montré à quel point nos politiciens sont incapables d’organiser la décentralisation :

– tentative de suppression du département avortée suite à la mobilisation de la horde de Conseillers Généraux

– re découpage des régions pour … au fait pour quoi ? On se le demande puisque tous les élus ont été conservés, que les régions ont annoncé que chacun resterait un peu sur son territoire précédent et qu’il n’y aurait pas d’économies …

– remise en (dés)ordre des intercommunalités et EPCI . C’est là où nous en sommes, et là où notre région bat tous les records…

Ainsi donc l’Etat a demandé aux élus de découper à nouveau nos intercommunalités. Et c’est là que commence l’invraisemblable naissance du « monstre » Basque.

Nos Maires avaient bien compris que pour maintenir leur pouvoir il fallait absolument que le contour de l’intercommunalité, censée remplacer les communes à terme, n’ait ni tête ni queue et soit la plus vaste possible, au delà du bassin de vie, devenant ainsi ingérable. C’est ainsi que Davis Habib avait commencé à élargir son territoire, ou que JP Mimiague avait construit une intercommunalité où, par on ne sait quel miracle, Serres Castet et Montardon étaient dans le bassin de vie de Garlin ou Lembeye …

Mais encore plus fort, certains Basques virent là l’occasion unique de créer une entité régionale légale tout en entérinant la pérennité des communes actuelles … Ce qui est incroyable c’est que cette démarche totalement illogique ait été soutenue par la préfecture ! Et c’est maintenant fait puisque 80 communes ont approuvé cet EPCI. Les Basques battraient donc Paris et le Grand Paris qui regroupe 124 communes, mais là il existe de vraies raisons à un tel regroupement !

Bien évidemment au Pays Basque aujourd’hui il existe au minimum trois bassins de vie correspondant d’ailleurs peu ou prou aux 3 provinces historiques. Que peuvent mettre en commun les habitants de Tardets et ceux de Bayonne ? Rien. Les préoccupations d’Hendaye sont elles celles de Saint-Jean-Pied-de-Port ? Non bien sûr, nous sommes dans des bassins de vie complètement différents. Se pose alors la question de fond pour cette intercommunalité qui rassemble 10 anciennes intercommunalités, 158 communes :

UNE INTERCOMMUNAUTE DE 158 COMMUNES POUR QUOI FAIRE ?

Et là, ne cherchez pas, aucun de ces politiciens vous dira dans quel but, pour quelle optimisation, et surtout pour quels gains ! Pas un mot crédible sur l’intérêt d’une intercommunalité de 158 communes, d’ailleurs ingérable.

Cela commencera d’ailleurs par des choses amusantes, combien d’élus pour cette assemblée ? Si tout le monde veut être représenté et que les grosses communes pèsent plus ce sera plusieurs centaines, ce serait 232 … Bonjour les débats, non, les dégâts ! Car un certain nombre de poids lourds sont opposés à cette démarche (Biarritz, Anglet, Bidart, Boucau ) et toutes les communes ne se sont pas prononcées.

« La loi NOTRe prévoit de nouveaux transferts des communes membres vers les communautés de communes et les communautés d’agglomération :

– compétences en matière de développement économique ;

– promotion du tourisme (art. L5214-16 et L5216-5 CGCT) et création d’offices du tourisme, à partir de 2017. Deux exceptions permettent toutefois de conserver des offices de tourisme communaux : dans les communes « stations classées de tourisme » et sur les sites disposant d’une « marque territoriale protégée », notion introduite par la loi NOTRe dans le code du tourisme et qui sera définie par décret ;

– aménagement, entretien et gestion des aires d’accueil des gens du voyage, à partir de 2017 pour les communautés de communes (art. L5214-16 CGCT) et pour les communautés d’agglomération (art. L5216-5) ;

– gestion des milieux aquatiques et prévention contre les inondations (GEMAPI) à compter du 1er janvier 2018 ;

– eau et assainissement, collecte et traitement des déchets ménagers, en 2020.

 En matière d’urbanisme, les communautés de communes et les communautés d’agglomération vont se voir transférer la compétence d’élaboration des PLU (plans locaux d’urbanisme) sauf en cas d’existence d’une minorité de blocage qui est maintenue telle que prévue par la loi ALUR (au moins 25% des communes correspondant à 20 % de la population). Par ailleurs, dans les domaines se rapportant aux pouvoirs de police « spéciale » transférés, le président d’un EPCI à fiscalité propre se substitue dans tous les actes du maire, à la date du transfert.  » (vie-publique.fr)

Peut on imaginer un PLU intercommunal de 158 communes ? Bien évidement non.

Mais le tourisme, oui bien sûr ! Enfin il faudra quand même clarifier car aujourd’hui c’est une compétence des communes (Biarritz mène sa politique touristique), mais aussi du Conseil Général où il est dirigé par un Comité Départemental de 15 membres (Max Brisson Président lui même favorable au Pays Basque)

« La Loi NOTRe, dans le cadre des compétences partagées, a conforté les départements comme un des partenaires majeurs d’une politique touristique publique partenariale.

Dans ce cadre, nous nous sommes engagés à prendre en compte les différentes réalités des Pyrénées – Atlantiques, au plus près des acteurs économiques et de nos territoires touristiques. C’est ainsi que deux instances de consultations et de débat ont été mises en place : le Conseil de Destination Béarn Pyrénées et le Conseil de Destination Pays basque ». (Site du Conseil Départemental)

Faudrait savoir ! Quel bazar !

Et le développement économique ?

Ah oui, là c’est pire encore car c’est aussi la compétence des communes, mais le Département ne renonce pas à lâcher cette compétence qui pourtant est avant tout celle des nouvelles Régions ! Nouvelles Régions qui d’ailleurs n’ont guère de pouvoir à côté de l’Etat ou de l’Europe en la matière !

Avec la BCE l’Europe influence la parité de l’euro, fixe des taux nuls, attribue les aides comme la PAC, fixe les règles du marché unique. L’État quant à lui a la haute main sur le coût du travail, la fiscalité aux entreprises, les aides. Reste la main-d’œuvre et sa qualification pour laquelle c’est la Région qui est en charge de la formation professionnelle avec l’État et les partenaires sociaux. Et puis avant tout, on l’oublie un peu ce sont les entrepreneurs qui font le développement économique. On le voit le rôle de nos politiciens locaux est plus que marginal, alors qu’ils s’en gargarisent comme s’ils avaient une influence quelconque dans ce domaine.

Vous avez compris, si nos politiciens qui n’ont jamais travaillé dirigeaient des entreprises elles auraient toutes fait faillite !

Ce qui est étonnant c’est que la CCI locale supporte la démarche…on y verrait un geste désespéré pour ne pas disparaître alors que l’État souhaite concentrer cette organisation au niveau des Régions…

Evidemment la minorité autonomiste / indépendantiste y voit la concrétisation d’un rêve, et les élus professionnels un nouveau gisement de postes bien rémunérés.

Car ce qui est visé ce n’est pas de modifier et d’optimiser le fonctionnement des communes, mais bien de voir cette intercommunalité s’approprier les compétences du Département et de la Région... voire plus…

 Certains ont déjà des idées, le Maire de Bayonne se verrait bien Président du Pays Basque, JR Etchegaray, ça sonne bien non ? Avec une armée de fonctionnaires, un ministre des affaires étrangères et un parlement Basque pouvant recevoir plusieurs centaines d’élus, là au moins ce serait de la gabegie de haut niveau, bonjour les impôts ! Notre cumulard JJ Lasserre tremble de son côté, car bien entendu il s’oppose à cette démarche qui voit ainsi son Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques atteint d’une tumeur imposante et ses chances de ré élection au sénat réduites à néant. Le Maire de Biarritz est lui aussi contre, pourtant ces trois là faisaient parti historiquement des militants amis de F Bayrou. Le Béarnais quant à lui a lancé le Pays de Béarn, un étage de plus dans le mille feuille français, dont l’intérêt est nul à l’évidence, au milieu de tous ces strates voulant tous tout faire, mais en fait ne faisant pas grand chose…

Mais soyons objectif, les béarnais ne font pas beaucoup mieux que les basques, le préfet n’a pas osé imposer une vraie logique à l’agglomération paloise, Serres-Castet, Montardon ou Buros n’auraient donc rien à voir avec Pau, c’est bien connu…

Pendant ce temps, les Conseillers Départementaux continuent à se déplacer à cheval et sont prêts à tout pour maintenir le département, cet échelon intermédiaire qui aurait dû disparaître avec les maréchaux-ferrants…

On le voit, nos élus locaux sont incapables de proposer des organisations logiques et efficientes, avec des objectifs concrets quantifiés. Mais je crains que ce vocabulaire soit peu usité par nos politiciens de pacotille…

Daniel Sango

Crédit photo : Conseil Départemental des PA

Pédophilie

imagesDans la presse de ce jour, existe une véritable accumulation de faits de pédophilie. On nous parle de prêtres à Lyon, à Bayonne et plus récemment à Toulouse. Puis on nous parle de l’ex-maire de Baliros et enfin de l’ancien concierge du collège de Laruns. Devant cet étalage beaucoup de questions non pas pour juger les auteurs présumés, ni d’ailleurs pour se positionner sur les faiblesses supposées d’une institution religieuse ou de l’éducation nationale, mais plus généralement pour savoir comment chacun de nous est susceptible d’être concerné.

Dans la majorité des cas on constate qu’il s’est écoulé beaucoup de temps entre la commission des faits et la saisine de la justice. Et c’est là, à mon sens, que se trouve le dysfonctionnement le plus significatif de notre organisation sociale. Le silence observé devant de tels agissements par ceux qui savent est un silence coupable. Pourtant certains considèrent qu’informer la justice n’apporte rien et ne fait qu’aggraver une situation et compliquer les choses. Curieuse conviction qui ne tient pas compte de l’intérêt général.

Pourtant l’article 434-3 du Code pénal stipule : « Le fait, pour quiconque ayant eu connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’atteintes sexuelles infligés à un mineur de quinze ans ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmité, d’une déficience physique ou psychique ou d’un état de grossesse, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.
Sauf lorsque a loi en dispose autrement, sont exceptées des dispositions qui précèdent les personnes astreintes au secret dans les conditions prévues par l’article 226-13 du code pénal. »

En votant cette loi, le législateur a voulu que, dans un temps très court après la commission des faits, la personne mise en cause puisse être écartée des potentielles victimes des faits décrits. Il s’agit d’une mesure de signalement ou de dénonciation qui ne vise qu’à servir l’intérêt général en prévenant une possible réitération. L’autorité judiciaire investie d’un pouvoir coercitif disposera des moyens non seulement pour engager des poursuites mais surtout, ce qui est plus important au regard de l’intérêt général, pour contraindre à un suivi médical. Il ne peut être écarté en effet que le mis en cause puisse souffrir d’une pathologie.

Deux observations à partir de ce texte. En droit pénal la responsabilité incombe à la personne physique. Ce n’est que dans de rares exceptions que la personne morale (l’institution) peut faire l’objet de poursuites. Ensuite la notion du secret est bien moins étendue que ce que l’on considère généralement. Dans ce domaine même le secret médical connaît de grandes limites. Il ne parle même pas d’autres secrets comme celui de la confession qui, semble-t-il, n’est pas opposable.

La presse nous dit qu’un évêque est visé par une enquête pour non dénonciation de certains faits. Sous cette formule qui se veut prudente subsistent de nombreuses questions. Dans l’état actuel de l’enquête personne ne peut affirmer que ce prélat ait été le premier informé des faits, de même que personne ne peut prétendre que son silence avait pour objet de protéger un auteur présumé. D’ailleurs questionné sur ce point le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bayonne a répondu qu’il ne savait pas si des poursuites pour non dénonciation allaient être engagées contre l’évêque. Réponse d’un professionnel.

Alors la prudence s’impose parce que la presse en mettant avec insistance sur le devant de la scène des comportements répréhensibles prend le risque que l’opinion publique fasse des amalgames et juge une institution plutôt qu’un de ses membres. Il ne s’agit pas de contester la mission d’information qui lui est reconnue, mais elle doit respecter ici, plus encore que dans d’autres domaines, une rigoureuse neutralité. Les préjugés qui pourraient en découler auraient pour conséquence de faire endosser à des innocents d’une institution ou d’une administration, la même responsabilité que celle qui pèse sur les auteurs présumés.

Elle est comme ça l’opinion publique, influençable, malléable et versatile. Laissons faire la justice, c’est à elle qu’il appartient de dire le droit et à nul autre.

Pau, le 4 mai 2016
par Joël Braud

Béarn Adour Pyrénées, enclavé ?

lgv dettes   On remercie Béarn Adour Pyrénées de donner la primeur de ses réflexions à AP ( « Arrivée de la LGV à Bordeaux : le point de vue de Béarn Adour Pyrénées » ). Sud Ouest reprend cette déclaration, mais on ne peut que s’étonner une fois de plus du peu de questionnement des journalistes de SO. http://www.sudouest.fr/2016/04/20/tgv-l-association-bearn-adour-pyrenees-veut-plus-de-paris-pau-2336233-4344.php

Tout d’abord il faut reconnaître l’abnégation de P Saubot pour tenter de défendre des projets qui sont déjà abandonnés. On ne refera pas le débat du barreau de Pau, tout le monde sait, a commencer par BAP, que c’est une aberration économique et que fort heureusement le combat est perdu depuis très longtemps.

Concernant la desserte de la Côte Basque qui disposerait de deux TGV de plus, que Pau, c’est tout simplement de la pure logique. D’un côté la ligne part d’un cul de sac (Tarbes et Pau) de l’autre la ligne se prolonge et se prolongera vers l’Espagne avec le gros bassin de vie du Pays Basque Espagnol.

D’ailleurs, c’est le critère économique lié au remplissage qui décidera. La politique menée aujourd’hui par l’Etat et les Régions qui subventionnent à tout va la SNCF n’est plus acceptable. Les rapports de la Cour des Comptes montrent que les taux de remplissage des TER sont beaucoup trop faibles et en conséquence ses coûts beaucoup trop élevés pour le contribuable. Il faut rajouter la faible productivité de la SNCF, c’est un vrai handicap, qui osera enfin s’y attaquer ?

Quant à l’enclavement supposé du Béarn l’histoire passée de l’implantation de Turboméca, Lindt, Total, Euralys, etc…montre que cela ne fut en aucune manière un handicap. Et depuis les choses se sont bien améliorées.

Reste au contraire un point majeur : Quand allons nous enfin fermer deux des trois aéroports (Tarbes Pau, Biarritz) qui ne survivent que grâce aux contribuables et à l’obstination de nos politiciens ?   Même les organismes du transport aérien le disent :

Le Board of Airlines Represantatives (Bar) en France dénonçait récemment le « nombre pléthorique d’aéroports en France dont les coûts sont finalement supportés par les compagnies aériennes opérant en France sans bénéfice pour le transport aérien dans son ensemble ». « Il y a 84 aéroports en France métropolitaine qui ont des passagers commerciaux. 66 se répartissent environ 4,3% du trafic français. Et 40 aéroports représentent moins de 0,3% du trafic soit environ 300 000 passagers », remarque Jean Pierre Sauvage président du Bar France.

 Le contribuable est également mis à contribution. « Malgré certaines exceptions notables, en deçà d’un certain seuil de trafic, aucun des aéroports décentralisés n’équilibre son exploitation sans subvention » rappelle la Cour des comptes.  Au-dessous d’un million de passagers (soit pour 138 des 155 aéroports français), il est en effet presque impossible pour un aéroport d’être rentable.

Ainsi, « dans plusieurs cas, les subventions d’exploitation ont représenté chaque année des montants supérieurs à 100 € par passager en moyenne entre 2000 et 2006 », précise la Cour.

On le voit, ce n’est pas nouveau.

C’est curieux, Sud Ouest se réveille aujourd’hui …

http://www.sudouest.fr/2016/04/21/a-t-on-besoin-de-tous-ces-aeroports-madrid-moins-cher-depuis-biarritz-2336797-4037.php

Ainsi que J Glavany autre visionnaire :

http://www.sudouest.fr/2016/04/18/glavany-pour-la-fusion-des-aeroports-de-pau-et-tarbes-2334170-4344.php

Relisez plutôt Alternatives paloises : « Un aéroport ça va, trois, bonjour les dégats … » publié sur Alternatives Paloises il y a 6 ans …

http://www.alternatives-paloises.com/article.php3?id_article=3695

 

par Daniel Sango