Lettre ouverte au Souverain Pontife

Pope Francis arrives to lead the Wednesday general audience in Saint Peter’s Square, at the Vatican, March 6, 2019. REUTERS/Yara Nardi

Très cher Saint Père, je me sens tout chose d’oser vous écrire. Si je le fais, c’est que je crois que votre intervention peut être utile. Je n’ignore pas que bien d’autres tâches vous attendent. Il n’est pas besoin d’aller bien loin d’ici pour constater que l’Eglise affronte de difficiles problèmes : je crois que bien des fidèles attendent que l’Eglise soit plus rigoureuse avec le clergé fautif que ne l’est la justice civile et souhaitent qu’elle se réforme. Mais mon propos n’est pas là.

Vos prédécesseurs au Saint-Siège ont parfois réglé des litiges internationaux comme le partage du monde entre Espagne et Portugal lors des grandes découvertes, et plus récemment, un litige entre le Chili et l’Argentine. Aujourd’hui le divorce entre le Royaume Uni et l’Europe va créer de graves difficultés des deux côtés. Cela ne peut que préoccuper alors que la croissance est en berne et le chômage très haut. Mais, ce qui est pire, créer une ligne de démarcation entre l’Irlande du Nord et l’Irlande comporte un risque de crise majeure et de conflit armé comme le pays l’a connu il y a quelques années. Vous avez le pouvoir de mettre en garde les catholiques irlandais qui pourraient entrer en conflit avec les protestants loyalistes de l’Irlande du nord. Mais ce qui intéresse les Européens et les Français avant tout c’est le sort des entreprises multinationales qui utilisent l’Irlande (parmi d’autres pays) comme un paradis fiscal en profitant d’un taux d’imposition très bas et engrangent ainsi des sommes colossales. Au détriment des contribuables des autres pays et de gens modestes auxquels vous dites attacher toute votre attention. Ce n’est pas la petite mesure décidée par l’exécutif français qui peut résoudre le problème à l’échelle de l’Europe. Aussi Bruxelles doit prendre des mesures fortes. En compensation, l’ensemble de l’Irlande resterait dans le giron de l’Europe et aucune barrière douanière ne séparerait l’Irlande de l’Irlande du nord. Le Royaume Uni perdrait un bout de territoire ; mais cela vaudrait mieux que de perdre l’Ecosse et d’avantages substantiels. Et si un tel dénouement permettait de sortir des palinodies que les Britanniques connaissent aujourd’hui ?

Vous qui avez toujours attiré l’attention sur ceux qui souffrent, qui ont du mal à joindre les deux bouts, que pensez-vous de cet arrangement qui pourrait être orienté vers plus de solidarité et de justice ? Seules les firmes qui trichent en ne payant pas leurs impôts là où elles font leurs profits seraient perdantes.

Mais je souhaite votre avis sur un autre point, un peu lié à ce qui précède. Ce sera pour une prochaine fois.

Paul Itaulog

Qui va limiter la vitesse ?

Lors d’une interview récente accordée à France bleu Béarn, le sénateur Max Brisson s’est dit particulièrement réjoui par le projet du Sénat de donner la possibilité aux départements ou aux préfets de relever la vitesse à 90 km/h à la place de l’État. Faut-il partager le même enthousiasme ? Quelles seront les changements que l’on peut espérer ou craindre ?

Nous sommes maintenant en plein débat sur l’opportunité de la limitation de vitesse à 80 km/h. Les gilets jaunes sont vent debout contre cette mesure au point d’avoir saboté nombre de radars fixes afin de les rendre inopérants. La conséquence ne s’est pas faite attendre : les accidents mortels sont en notable augmentation (sauf dans notre département rassurez-vous). L’enjeu semble être politique. En enfonçant un coin entre le premier ministre, initiateur de cette nouvelle limitation à 80 km/h, et le chef de l’État qui est, sur ce sujet, plutôt nuancé, la préoccupation principale n’est pas vraiment sécuritaire.

Mais tout d’abord essayons d’y voir plus clair en listant les différentes limitations de vitesse qui, selon le code de la route, peuvent s’imposer aux conducteurs :

130 km/h est la vitesse maximum autorisée sur autoroute ;

110 km/h est la vitesse maximum autorisée sur autoroute par temps de pluie ;

90 km/h est une limitation autorisée soit sur les routes dont les deux axes de circulation sont séparés par un terre-plein central, soit sur les routes à quatre voies même lorsqu’elles ne sont pas séparées par un terre-plein central. A noter que sur les routes à trois voies sans terre-plein central, le 90 km/h est permis uniquement sur l’axe muni de deux voies (vous suivez ?) ;

80 km/h est la limitation qui s’impose partout ailleurs. Elle remplace la limitation à 90 km/h ;

70 km/h est une limitation qui s’applique sur les voies qui présentent un danger particulier ;

50 km/h est la limitation normale en agglomérations ou quand la visibilité est inférieure à 50 m.

30 km/h est la limitation décidée par les maires dans certains secteurs urbains ;

20 km/h est la limitation destinée à favoriser les rencontres en secteur urbain..

Et tout cela sans tenir compte des conditions particulières qui s’appliquent aux jeunes conducteurs.

Les partisans de ce transfert de responsabilité agitent comme toujours, l’argument de la proximité sur l’air de : nous qui sommes d’ici, nous savons mieux ce qu’il convient de faire. Bon ! on verra bien si toutefois cet amendement du sénat sera également adopté par l’Assemblée nationale. Mais que ces tenants d’une décentralisation à tous crins sachent que la responsabilité de la sécurité routière pèsera alors (lourdement) sur leurs épaules dans les départements. Il ne faut pas exclure également que ces élus locaux, toujours disposés à satisfaire les doléances de leurs électeurs, multiplient les limitations comme c’est actuellement le cas sur la route Pau/Oloron ; on y dénombre pas moins de 32 panneaux de limitation de vitesse (si mes comptes sont exacts). Alors il y aura des commissions et on discutera et débattra à l’envi.

Mais cela n’est-il pas un débat qui porte principalement sur la décentralisation. Notre pays serait selon certains encore trop jacobin. Les élus locaux se disent dépossédés de nombre de leurs responsabilités et on besoin de reconnaissance. Plus qu’une préoccupation sécuritaire, une volonté d’élargir les pouvoirs des élus de terrain, viendrait fausser le débat.

Pau, le 1 avril 2019

par Joël Braud

Crédit photo : Seine-Maritime.gouv.fr

L’Europe un rêve déçu

colère

 

Mes frères, cessons nos plaintes !
Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants de fêtes et nos accords pieux !

Beethoven (Prélude de « l’Ode à la joie », 4e mouvement de la IXe symphonie).   Hymne Européen.

La campagne pour les élections Européennes va mettre au centre du débat l’avenir d’une « Communauté » en piteux état. Cette Communauté elle est née d’une aspiration généreuse portée par des objectifs d’abord spirituels. Il faut entendre ce mot au sens laïc. C’est Victor Hugo lui-même qui l’évoqua en premier, lors d’une séance de l’assemblée Nationale repliée à Bordeaux : « Le peuple français a taillé dans le granit indestructible et posé au milieu du continent monarchique de l’Europe la première assise de cet immense édifice qui s’appellera un jour les Etats-Unis d’Europe (approbation à gauche- Rires sur les bancs de la majorité). »

La « vision hugolienne » devait avancer portée par les « pères fondateurs » dont le pilier fut Jean Monnet, bête noire du Général car il avait soutenu Giraud, marionnette de Roosevelt, son concurrent pendant la guerre ; De Gaulle incarnant la Résistance réelle comme il le prouvera par la suite. L’alliance des grandes nations européennes, la France et l’Allemagne –la Grande-Bretagne restant sur sa réserve insulaire- se fit malgré les réticences Gaulliennes sur une double nécessité : économique et morale.

C’est cette dernière qui nous intéresse aujourd’ hui. Il fallait, au sortir de la guerre, tirer un trait sur ce qui avait été le plus grand massacre de masse de l’histoire européenne, cette industrialisation de la mort que fut la Shoah ; phénomène unique quantitativement mais aussi dans son fonctionnement. Il était singulier –et horrible- qu’elle fût conçue et élaborée dans le pays de Kant et de Hegel, de « l’Aufklärung » et soutenue par l’Etat Français (celui de Pétain) sur les terres des « Lumières » de Voltaire et de Descartes. C’est donc la volonté de revenir à un humanisme porté par la Raison qui conduit le mouvement Européen à ses débuts. On peut dire que la construction européenne a été élaborée en réaction à cette brutale manifestation d’antisémitisme, vue désormais comme une sorte de parenthèse honteuse dont il fallait tourner la page. Tourner la page ne voulant pas dire oublier, bien sûr. C’est là, dans la prise de conscience de l’horreur de la Shoah, que se trouve le fondement moral de cette union, la base d’une construction commune ; toute construction naissant d’abord d’une idée.

La montée progressive et récente d’un antisémitisme aux arguments nouveaux, largement répandu dans tous les pays européens sans exception, montre que l’édifice n’est pas à la hauteur de cet objectif généreux et nécessaire. Comme l’analyse parfaitement Alain Finkielkraut tirant la leçon de sa récente agression : dans un curieux retournement de situation, l’antisémitisme est devenu une « figure de l’antiracisme ». Paradoxe absurde mais bien réel. L’Europe a donc failli dans son objectif premier : éradiquer cette haine qui mène à des conduites insensées. Pourquoi ? C’est la question principale : on aimerait la voir évoquée dans ce débat électoral dominé jusqu’à maintenant par les tambouilles électorales habituelles qui n’ont pour objet que d’assurer des postes aux uns et aux autres.

On a changé le curseur européen. L’objectif matérialiste a pris le pas sur les autres considérations. Il faut assurer un bien-être collectif optimal -objectif en partie réalisé- en s’appuyant sur des considérations exclusivement économiques et financières, tout cela dans le cadre d’un système qui a fait ses preuves mais dont on sait qu’il doit être amendé, contrôlé : le libéralisme. A cela, s’ajoute une multitude de décisions tatillonnes et autocratiques pondues par une administration qui n’a rien à envier à « l’énarchie » qui sévit en France combattue résolument par Xavier Bertrand.

A-t-on entendu Jean-Claude Junker nous parler de culture ? A-t-on apporté une réponse politique aux pro-Bexit ? Les obstacles technocratiques de Michel Barnier ont-ils fait réellement évoluer les esprits britanniques ? La faible participation annoncée pour ces élections est-elle le signe d’un désamour définitif ? La montée des populismes est-elle une fatalité ? Y aurait-il un langage des chiffres unique, des statistiques  désincarnées et définitives pour évoquer ce grand dessin ? Si oui, alors pourquoi débattre ? Ne pouvons-nous pas trouver, ni même chercher, une réponse commune aux questions essentielles : l’immigration, le terrorisme, la transition énergétique ? Apporter une réplique conjointe à l’antisémitisme et au racisme dans un ensemble qui pourtant s’était promis de les bannir définitivement ?

L’Europe, gouvernée ainsi, ne fait plus rêver. Hélas !

Pierre Michel Vidal

BREXIT ? Qu’il est difficile de divorcer sans en régler au préalable les conséquences !

Nos voisins britanniques font souvent dans l’originalité au regard des autres pays de l’Union Européenne .
Ainsi , au sein d’un même pays , la Grande-Bretagne , retrouvons-nous quatre nations , l’Angleterre , l’Ecosse , le Pays de Galles et l’Irlande du Nord , ayant chacune son propre parlement , cette dernière formant une nation unique avec l’Irlande du Sud ( Eire ) quand il s’agit de rugby avec d’ailleurs deux hymnes distincts . Il faut être britannique pour comprendre .
Il faut l’être aussi pour ne pas avoir envisagé l’impasse dans laquelle se trouve la Grande-Bretagne après le vote du Brexit. Elle était pourtant inéluctable au regard de la façon dont l’opération s’est déroulée.
La question posée aux Britanniques était la suivante : « Le Royaume-Uni doit-il rester un membre de l’Union Européenne ou quitter l’Union Européenne« ?
Il y fut répondu pour la sortie par près de 52% d’électeurs .
Toute personne sensée aurait demandé à connaître au préalable les conséquences d’une telle réponse . Il n’en fut rien comme si la mise en œuvre consistait simplement à signer l’acte de divorce .
Mais les britanniques ayant peut-être une autre approche de la rigueur cartésienne personne , semble-t-il , n’a pensé à poser un préalable qui était d’autant plus nécessaire que la sortie allait être soumise à des exigences de l’Union Européenne comme pour la résiliation unilatérale d’une convention .
Et l’on voit aujourd’hui combien la mise en œuvre du Brexit est compliquée . Pourquoi ?
Parce que le référendum a été proposé à l’aveuglette .
Pour ne pas égarer l’électorat il fallait commencer par traiter avec l’Union européenne quitte à offrir à l’électeur plusieurs plans de sortie .
Le référendum a été manifestement mal élaboré puisqu’on peut voir aujourd’hui dans quel tsunami se débat le gouvernement britannique tant avec l’Union Européenne qu’avec ses propres sujets dont beaucoup regrettent la réponse positive qu’ils ont donnée . Il est probable qu’un nouveau référendum recueillerait aujourd’hui une réponse très différente. Ne serait-ce pas là pour les britanniques la meilleure façon de s’en sortir , si l’on peut dire ?

Pierre Esposito

Kafka électrique et autre souci d’assurance

Une ligne électrique qui dessert mon domicile a été changée en juillet dernier. Une kyrielle de sociétés sont intervenues avec au final quelques désordres subis lors de la reconnexion de mon domicile. Je n’ai pas encore saisi qui était maître d’œuvre ; pas davantage qui était maître d’ouvrage.

Intervenants :
Ont participé à ces travaux : Le Syndicat d’Energie des Pyrénées-Atlantiques (SDEPA), deux bureaux d’études (CETELEC et CETRA), les sociétés ENGIE INEO et ENEDIS, un pelliste et j’en oublie peut-être.

Préparation des travaux :
Le CETELEC mandaté par ENGIE INEO pour le compte du SDEPA, m’a d’abord contacté pour convenir du tracé de la nouvelle ligne sur ma propriété. Il m’a ensuite adressé une convention pour les travaux, signée de Mme Denise Saint Pé, Présidente du SDEPA et par ailleurs Sénatrice ; convention que j’ai validé (*).

Travaux de pose et de reconnexion :
Avant le démarrage des travaux une réunion a regroupé divers intervenants dont ENGIE INEO, pour localiser avec précision la pose des poteaux ainsi qu’une zone d’enfouissement.

A la fin de la pause de la nouvelle ligne, la reconnexion au transformateur a été effectuée dans la matinée du 20 juillet. La mairie avait fait suivre préalablement, un avis de coupure d’électricité émis par ENEDIS.

Les reconnexions de la liaison vers mon domicile ainsi que le raccordement du compteur électrique ont été effectuées la semaine suivante. Ils ont nécessité deux interventions sans qu’aucun avis préalable n’ait été émis. Plusieurs petits équipements électriques ont été endommagés à mon domicile (**).

Dépose de réclamations pour les dommages subis :
J’ai signalé les dommages à la mairie sans attendre. Elle a fait suivre mes doléances au Syndicat d’Energie des Pyrénées-Atlantiques ainsi qu’au cabinet CETRA le 30 juillet. Aucun intervenant ne s’est manifesté.

La réception des travaux s’est effectuée à la mairie du village le mercredi 24 octobre à 14h en présence du Syndicat d’Energie des Pyrénées-Atlantiques. Les dommages subis à mon domicile ont été rappelés. A la mi-décembre, personne ne s’était encore manifesté.

J’ai alors déposé par deux fois une réclamation sur le site EDF. La première, déposée le 16/12 a été clôturée le 18/12. EDF n’aurait pu me joindre. J’ai certainement reçu des appels mais sans messages joints qui m’auraient permis d’identifier l’émetteur. Je me demande s’il ne s’agit pas d’une pratique pour éliminer des réclamations.

J’ai déposé une deuxième réclamation le 06/02 et ai été contacté par téléphone. J’ai failli raccrocher croyant qu’il s’agissait du démarchage quasi journalier pour l’installation de panneaux photovoltaïques et autres prestations du même genre, se réclamant d’EDF. La conversation a été très courtoise et c’est déjà une satisfaction.

Suite de mes réclamations :
EDF a alerté le distributeur d’énergie (ENEDIS / GRDF). Le centre d’Orthez m’a contacté mais n’avait noté que le raccordement au transformateur du vendredi 20/07 matin. Le bureau d’ENEDIS d’Anglet a confirmé, par lettre du 08/02, qu’une telle manœuvre de raccordement ne provoque pas de surtension.
Vraisemblablement ENEDIS n’était pas le responsable des dommages subis.

Restait également la possibilité de faire intervenir mon assurance. Malheureusement je ne dispose plus des factures des appareils endommagés. En plus, je suis en froid avec mon assurance (***).

Je me suis, de nouveau, tourné vers le maire qui m’a indiqué les coordonnées de l’intervenant chez ENGIE INEO. Mais je ne pourrais pas davantage fournir de justificatifs.

Conclusion :
J’ai pensé qu’il valait mieux en rester là. Je vais m’en remettre. Je vais essayer de simplifier mon mode de vie afin d’éviter que les ennuis ne se repositionnent en escadrille.
Dans cette mésaventure électrique, j’ai également remarqué l’embarras de la mairie, certainement coincée, vis-à-vis du Syndicat d’Energie des Pyrénées-Atlantiques, dans une posture à la fois de client et d’obligé.
J’ai surtout noté la faiblesse, voire l’absence de maîtrise d’œuvre. Le Syndicat d’Energie des Pyrénées-Atlantiques ne semble avoir aucun rôle opérationnel.
Hormis les maillons EDF et ENEDIS, je n’ai pas vu de démarche Qualité sur le reste de la chaîne des intervenants.

Larouture

Crédit photo : Overview of Apache Kafka.svg

(*) Préparation des travaux :
Le courrier du CETELEC, accompagnant la convention et ayant pour objet « Autorisation de passage », commence par : « Chargés par ENGIE INEO, pour le compte du Syndicat d’Energie des Pyrénées-Atlantiques, de l’étude et de la recherche des conventions de passage pour accord à l’amiable, etc… etc… »

Lors de ce premier contact j’ai demandé à mon interlocuteur ce qu’était le CENELEC et s’il s’agissait d’un bureau d’EDF. « Je voudrais bien », m’a glissé mon interlocuteur…

Lors de cette phase j’avais essayé de contacter EDF, pensant qu’il pouvait être maître d’œuvre mais également qu’il y aurait, peut-être, une opportunité de coupler ces travaux avec un déplacement du compteur en limite de propriété.
Je voulais des conseils, j’ai reçu un devis forfaitaire de l’ordre de 2.000 Euros, avec actualisation après acceptation. Je n’ai pas donné suite pensant confusément qu’EDF viendra bien m’apporter un « linky » un jour prochain. Il faudra alors refaire la liaison qui alimente mon domicile.

(**) Reconnexions de mon domicile : Les reconnexions de la dérivation vers mon domicile ainsi que du câble vers mon compteur ont nécessité deux interventions, sans qu’il soit demandé de couper quoique ce soit à mon domicile.
La première intervention n’a pas pu être terminée car située en fin de journée. Dans la soirée des incidents électriques se sont manifestés et un robot ménager a été endommagé.
La deuxième intervention est intervenue en fin de matinée du 26/07. Cette intervention a occasionné le déclenchement du disjoncteur, certainement à cause d’un courant de surcharge. Les équipes en place sont alors intervenues sur le compteur de mon domicile. Des enceintes PC, un robot ménager et divers relais wifi ont été endommagés.

(***) Une histoire similaire de démêlés avec mon assurance (Rappel avec corrections d’un commentaire déjà déposé sur ce site) :
Un mur de clôture de mon domicile s’est effondré à la suite des intempéries du 12/06. Mon assurance mutuelle a qualifié le mur comme étant de soutènement ; ce que les conditions particulières excluent d’un dédommagement (réponse de mon assurance du 13/06).

Ma commune ayant été classée en zone de « catastrophes naturelles », j’ai relancé mon assurance.
Elle a mandaté un expert puis m’a invité à assister à une réunion à Salies le 17/07.
Des élus étaient présents à cette réunion, comme les maires de Salies (personnalité intéressante) et de Sauveterre (aspect plus jeune que sur des photos). Le Président du Conseil Départemental s’était excusé le matin même.
Le personnel régional de l’assurance mutuelle, identifiable par leur tenue vestimentaire notablement soignée, était venu en nombre (venant du et sur leur… 31).
Dans la salle les représentants locaux élus de l’assurance, majoritairement liés au monde agricole et qui accréditent l’ancrage territorial, occupaient les premiers rangs. A l’arrière, quelques assurés davantage préoccupés par leurs dommages que par la situation de l’agriculture.

La séance a été ouverte par M. Saint Jean (administrateur de la mutuelle locale et également co-gérant de l’EARL LANDALDEA à Ustaritz), flanqué de plusieurs syndicalistes du milieu agricole.
Après des discours de Directeurs divers qui ressemblaient à des sermons est venu le temps des questions. Des assurés ont exposé leurs situations et pratiquement chaque fois, des réponses convaincantes ont été apportées par des membres de l’assurance mutuelle. Visiblement, les dossiers des assurés étaient bien étudiés.

Pour clôturer la séance, les administrateurs et quelques élus (M. Labour par exemple) sont partis sur l’incompétence des pouvoirs publics qui n’écoutent pas les élus locaux en ce qui concerne la prévention des catastrophes naturelles. Je ne suis pas sûr que les assurés présents aient été très réceptifs à ces considérations.
Peut-être qu’à la place de M. Lasserre, M. Saint-Jean aurait dû inviter M. Lassalle. Il serait surement venu… et en aurait rajouté.

Le buffet qui a clôturé la réunion était magnifique. J’ai pu m’entretenir avec un agent de la mutuelle qui connaissait très bien mon dossier. J’ai pris un encas et puis la route.

Au final, l’expert mandaté par l’assurance est venu sur le site le 10/08. Il m’a ensuite adressé un mèl confirmant la première conclusion de mon assureur. J’ai donc constaté que l’assurance a sous-traité à un cabinet extérieur, non seulement l’expertise mais également la décision de ne pas indemniser les dommages ainsi que mon information.

Quatre mois et plus !

Il aura fallu plus de quatre mois pour que le gouvernement parvienne à juguler la violence qui, depuis le 17 novembre, ponctuait les défilés pacifiques des gilets jaunes. Il a suffi de faire appel à la mission sentinelle et de réglementer les manifestations. On n’a vu ni casseurs, ni agressions des forces de l’ordre, ni voitures brûlées, ni immeubles incendiés, ni magasins saccagés !
Alors était-il si difficile de mettre en œuvre les mesures qui se sont révélées efficaces ?
Peut-on imaginer que c’était en raison de l’incompétence d’un préfet de police qu’elles ne l’avaient pas été jusque-là ? Évidemment, non. Tout ce que nous avons vu pendant plus de quatre mois est imputable à ceux qui sont responsables de l’organisation du maintien de l’ordre dans le pays et ces responsables sont en premier lieu le chef de l’État puis ceux qui lui sont soumis, le premier ministre et le ministre de l’intérieur.
Ce n’est pas un fonctionnaire qui donne les ordres, c’est le pouvoir politique légitime.
Mais une question vient alors tout naturellement à l’esprit. Pourquoi ne pas avoir agi ainsi dès les premières violences ? Pourquoi avoir donné au monde entier des images d’une absence totale de contrôle des voyous quel que soit le nom dont on les affuble, « black blocs «  ou autre ?
La première réponse peut être la naïveté des responsables qui ont pu penser que les choses allaient se tasser d’elles-mêmes. Et il n’en fut rien.
La seconde aurait été machiavélique. En laissant les violences et les saccages prospérer on pouvait espérer que la nation allait se désolidarisée des gilets jaunes. Là encore , il n’en fut rien.
Alors ? Eh bien personne n’est venu expliquer au pays pourquoi il a fallu laisser passer plus de quatre mois pour faire montre de force et de détermination.
Personne non plus dans les médias pour poser la question au premier ministre et au ministre de l’intérieur. Et encore moins pour dénoncer fortement le week-end à la neige du président qui ne pouvait pas ignorer que des événements graves allaient se produire pendant son absence.
Tout cela sent soit l’incompétence, soit l’inconscience. Dans tous les cas de figure le pays doit retenir que l’affaire a été mal gérée. Se souviendra-t-il des souillures de l’arc de triomphe, symbole de la reconnaissance du peuple à ses soldats, des flammes illuminant l’avenue des Champs Élysées un nos fleurons architecturaux mariant luxe et bon goût qu’il faudrait d’ailleurs cesser de qualifier sans raison de plus belle du monde ?
Quoi qu’il en soit il faut désormais imaginer que la recette ayant été trouvée le gouvernement va pouvoir la mettre en œuvre partout où les violences contre les forces de l’ordre ou les pompiers sont récurrentes. La sécurité est aussi un droit pour les citoyens !

Pierre Esposito.

Crédit photo : TF1

GURS

«Gurs, une drôle de syllabe, comme un sanglot qui ne sort pas de la gorge »

Louis Aragon

Les deux et trois avril, l’Amicale du Camp de Gurs célébrera le 80ème anniversaire du Camp de Gurs. Ce sera un colloque qui se tiendra à Pau et à Oloron, une visite du camp et un concert qui réunira le chanteur basque Beñat Acharry et le musicien gascon Bernard Lubat le 2 avril à l’atelier du Neez à Jurançon (renseignements http://www.campgurs.com/). Il convient avant tout de saluer le travail des bénévoles de l’Amicale qui maintiennent la flamme du souvenir. Parmi eux, Claude Laharie historien Palois, l’Oloronais Emile Vallés enfant du camp comme Raymond Villalba qui présidèrent aux destinées de cette association et l’actuel président André Laufer. Appuyés par une poignée d’hommes et de femmes dévouées, ils ont évité que l’infamie ne tombe dans l’oubli et que la souffrance et les morts ne disparaissent de la mémoire collective comme en avait été fait le projet. Mais, posons-nous la question qui connaît, en France et même en Béarn, l’existence de cet immense camp où furent enfermés des dizaines de milliers d’innocents dans des conditions atroces avant, qu’ils ne soient, pour une bonne partie d’entre eux, envoyés dans les camps d’extermination ? Peut-on oublier que cela s’est déroulé sous l’administration française, dans une indifférence quasi générale malgré quelques exceptions isolées et remarquables ?

Nous avons, avant tout, un devoir de mémoire devant tant de souffrance, face à cette accumulation de mort innocente. Nous devons nous poser la question aussi au regard des événements qui se déroulent dans notre pays : l’histoire se répète-t-elle ? A cela il convient de répondre clairement : non l’histoire ne se répète pas. L’Etat Français dirigé par Pétain était viscéralement –structurellement même- antisémite ce n’est pas le cas du pouvoir actuel. On peut même dire que c’est le contraire même si on peut critiquer des maladresses graves comme la tentative de réhabilitation de Pétain. Une faute qui, -est-ce un hasard ?-, aura coïncidé avec le début des désordres que l’on connaît.

Alors l’antisémitisme est mort ? Non, on le voit bien, et les terribles images de l’agression d’Alain Finkielkraut, la multiplication des inscriptions nazies sur les bâtiments publics, les apostrophes sur les ronds-points et les lâches destructions de cimetières Israélites nous le rappelle : un fantôme hante les populations européennes même si sa nature, ses vecteurs ont évolué, celui de l’antisémitisme. Il faut en analyser les causes pour en comprendre les effets même si elles ne font pas plaisir. C’est un autre débat. Essentiel.

Les 80 ans du camp de Gurs évoquent d’abord la grande vague d’immigration des républicains espagnols défaits par le Franquisme –le camp fut créé à cet effet- qui provoqua un spasme terrible dans la majorité de la population qui déjà avait refusé une intervention qui pourtant aurait pu être salvatrice. La Retirada : 500 000 personnes qui passent la frontière catalane en trois jours ; les restes de ce qui fut la grande utopie Espagnole et peut européenne écrasée par le fascisme avec l’appui nazi, dans l’indifférence européenne (déjà!). Après beaucoup de difficultés l’intégration d’une grande partie de cette immigration s’est réalisée -dans la douleur sans doute- pour aboutir à une osmose, une harmonie nouvelle qui caractérise la Nation française, creuset commun où se mêle des origines diverses.

Cela devrait nous faire réfléchir sur notre hostilité à l’égard de ces populations qui frappent à notre porte, qui enjambent les barbelées et sautent les murs qu’on leur oppose. Elles sont, elles aussi, victimes de régimes brutaux et inhumains. Ces noyés dans des conditions atroces, au cœur de la Méditerranée, dont nous détournons les yeux devraient nous interpeller. Ils ont touché la chancelière Angela Merckel qui, courageusement, les a accueillis en grand nombre, assumant les critiques. Car n’avons-nous pas de quoi partager ?  Faire de la place à ceux-là qui n’ont rien ? Ne serait-ce pas être fidèle à une longue tradition nationale, républicaine ?

Surtout l’exemple espagnol donne à penser sur ce qu’un apport de population extérieur a de positif. En définitive, la France a intégré une part importante de ce qui avait été vu dans un premier temps comme un déferlement de va-nus pieds. Combien de nos voisins venus désespérés, dans le fleuve de la Retirada sont devenus depuis des chefs d’entreprise efficaces, de brillants intellectuels, des artistes renommés, des citoyens modèles ?

Pierre Michel Vidal

 

L’obligation de dénoncer

Récemment un haut responsable de l’église catholique a fait l’objet d’une condamnation par le tribunal correctionnel de Lyon. Cette condamnation a été prononcée non pas pour des considérations que beaucoup, au fil des articles de presse, laissent supposer ou entendre, mais en regard d’un article du code pénal auquel, à ma connaissance, il n’a pas été fait référence. Il n’entre pas ici dans mes intentions de prendre parti sur le bien fondé de cette décision de justice, ni d’apporter un jugement sur le comportement des auteurs d’atteintes sexuelles infligées à des mineurs, mais d’attirer l’attention de chacun sur cet article du code pénal qui s’applique à tous et ce dans des circonstances beaucoup plus larges qu’on ne le suppose habituellement.

Voici donc le texte de loi en question :

Article 434-3 du code pénal « Le fait pour quiconque ayant eu connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’atteintes sexuelles infligées à un mineur de quinze ans ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmité, d’une déficience physique ou psychique ou d’un état de grossesse, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. Sauf lorsque la loi en dispose autrement, sont exceptées des dispositions qui précèdent les personnes astreintes au secret dans les conditions prévues par l’article 226-13. »

La Justice de notre pays, et c’est tout à son honneur, a pour fonction d’appliquer la loi. Son rôle se situe en dehors des appréciations sur le bien fondé des articles de loi, cela est le rôle du législateur et de personne d’autre. Elle n’a pas non plus pour vocation de donner des leçons à tel ou telle organisation, elle se base uniquement sur un texte et doit l’appliquer dans toute sa rigueur. Elle se fait en outre un devoir de considérer que les lois de notre République ont prééminence sur celles qui régissent d’autres structures.

Or à la lecture de cet article cité ci-dessus dans son intégralité, il faut que chacun se sente concerné. Parce que les cas cités sont nombreux et les situations possibles protéiformes, l’éventualité d’en connaître ne peut être écartée a priori. Les mauvais traitements de toutes natures ne se produisent pas en majorité, contrairement à une idée reçue, dans les institutions mais le plus souvent dans la sphère privée, voire familiale. Informer les autorités, pour reprendre le terme employé dans la loi (qui ne parle pas de dénonciation), n’oblige pas à avoir une certitude sur les actes répréhensibles, un simple doute peut suffire. Les faits pourront éventuellement être établis par un service d’enquête beaucoup plus compétent qu’un simple particulier.

Comme vient de le démontrer un très récent jugement du Tribunal de grande instance de Créteil, les mauvais traitements sont très sévèrement punis – cinq ans de prison ferme pour un homme auteur de gifles et d’insultes sur une personne âgée dans un Établissement d’Hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Il faut y voir la manifestation du devoir de respect et de protection des personnes vulnérables (pour employer un terme plus générique), que notre société impose.

Pau, le 25 mars 2019

par joël Braud

De la chenille au papillon, une politique qui s’adapte.

«En pratiquant cette dictature (de la nature) depuis quelques siècles, nous l’avons en quelque sorte réduite en esclavage de sorte qu’aujourd’hui sa révolte risque de nous éliminer de son règne. Nous devons donc obéir à la nature pour connaître mieux notre nouvelle partenaire» Michel Serres.

«L’actualité immédiate conduit à s’interroger sur l’évolution de notre société parce qu’il s’agit bien de cela. Alors les réflexions et interrogations sont ouvertes.» J.Braud

J’en profite puisque l’animateur de ce Petit Débat ne me coupera pas la parole !!

L’évolution de la société, d’un point de vue général, est compréhensible à la lumière de l’histoire ; quant à son avenir, personne n’est capable de le prévoir, son histoire n’est pas écrite et l’homme ne peut pas le construire, trop de facteurs entrent en jeu !

L’évolution biologique a évolué en étroite relation avec celle de l’environnement ; toutes les structures récentes ou anciennes, non adaptées aux nouvelles conditions environnementales, disparaissaient ; on parle de sélection naturelle.

Pour l’évolution culturelle, tant que l’homme (chasseurs, cueilleurs) est resté partie intégrante de l’écosystème, il a suivi la loi de la sélection naturelle.

+Au néolithique, une première prise de distance avec la nature se produit ; l’agriculture, l’élevage, le feu.. permettent une nouvelle façon de vivre.

Un nouveau monde est né, celui de la paysannerie, il a commencé à mettre la nature en esclavage et, par ses inventions, à lui «désobéir», avec des avantages mais de nouveaux risques dramatiques (famines….).

+Le mouvement s’est amplifié durant la période industrielle : un nouvel âge des métaux dont l’apogée se situe au 18ème, 19ème et 20ème siècle. L’homme exploite de plus en plus la nature qui est devenue sa chose, un don gratuit, un eldorado.

+Nous vivons depuis la deuxième moitié du 20ème siècle, non pas un passage, non pas une transition, mais la première phase d’une métamorphose, c’est-à-dire la décomposition, la liquéfaction de toute une structure antérieure non adaptée au nouveau monde qui est en formation :

Le monde du numérique, la mondialisation, la rapidité, la fréquence, des échanges physiques, chimiques, sociologiques, psychologiques.. génèrent un monde de plus en plus complexe, imprévisible, ingouvernable.

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

L’accouchement se fait dans la douleur car la nymphose engendre un monde inconnu, un imago imprévisible et surtout inadapté à l’ancienne gestion temporelle politico-économico-sociologique.

Le monde politique n’a pas suivi, il veut continuer à gérer le nouveau monde comme l’ancien, c’est l’échec total car la chenille ne vit pas comme le papillon !

«Il y a un dérèglement entre une politique désuète et une société extrêmement nouvelle. Aujourd’hui, nous n’avons plus de grille de lecture du rapport qui peut exister entre la politique qui a fait naufrage et la réalité sociale complètement nouvelle. Sur fond d’inégalité sociale et de la détresse paysanne qu’on peut tout à fait comprendre, des mouvements comme celui des Gilets jaunes sont apparus, dont on voit très bien d’où ils viennent, mais dont on ignore en revanche où ils vont.» M.Serres.

Cette crise politique est mondiale. Trump aux Etats-Unis, l’extrême-droite en Europe centrale, le Brexit en Angleterre, une sorte de chaos en Italie, puis des régimes autoritaires comme ceux de Poutine et d’Erdogan, les Gilets jaunes en France en sont les résultats.

La crise n’est pas conjoncturelle mais structurelle.

Les racines sont profondes ; depuis le néolithique la gestion de la société est marquée par des causes connues mais non synthétisées, volontairement, pour ne rien changer :

+ Une accélération qui devient exponentielle, de tous les domaines de la culture, de l’économie, de la finance, des échanges, des transactions, du fait de l’évolution rapide des connaissances, de la technologie ; les échanges dans les réseaux sociaux, les transactions se font à la fraction de seconde dans le monde entier du fait de la généralisation des nouvelles technologies !

+La démographie, l’espérance de vie, la lutte contre la maladie a explosé et continue encore son ascension. Le vieillissement devient de plus en plus lourd à porter.

+La disparition progressive de l’agro-culture – nous étions 50 % de paysans et nous ne sommes plus que 2 % (M.Serres). C’est la concentration urbaine.

l’urbanisation et la prison forment une troublante cohabitation.

+La mondialisation de l’économie et de la finance est génératrice de violences sociales souvent mortelles, bien plus redoutables donc que celles qui en résultent et qui se produisent dans la rue, au moins dans notre pays.

+«Surtout 70 ans de paix, ce qui n’est jamais arrivé dans notre histoire. Nous sommes entrés dans une période en rupture totale avec ce que l’on a connu. Ce n’est plus le même homme, ce n’est plus la même vie, ce n’est plus la même mort, ce n’est plus le même espace, ce ne sont plus les mêmes relations.» Michel Serres.

Pour ceux qui ont connu la guerre, il y a non assistance à humanité en danger que de vouloir refuser l’Europe ou  maintenir l’actuelle, celle de l’argent, de la concurrence, de la spéculation, de la pollution, de la malbouffe, de la dégradation climatique. Par contre, il est fondamental de construire une Europe des citoyens reconnaissant les différences de culture, de passé mais unissant, pour plus de force et d’efficacité,  les points communs : sécurité, santé, puissance économique, niveau social, égalité…

+Les conséquences environnementales de l’exploitation inconsidérée de la nature sont tragiques pour l’ensemble de la société.

Alors, on peut augmenter la CSG, réformer la SNCF, privatiser les aéroports, créer de plus en plus de véhicules polluants, fabriquer de plus en plus d’armes, d’avions, prendre sa retraite plus tard et favoriser le chômage, licencier sans prévenir ni prévoir un recyclage, ruiner le pays avec les centrales nucléaires et leurs déchets, vouloir moins de sénateurs et députés, faire des Grands Débats,…, on continuera à augmenter les inégalités, les salariés sans toit, les resto du cœur, les SDF, les vieux en souffrance, les écarts de rémunération insolents…., cela ne changera rien et on ouvrira la voie au totalitarisme.

Que faire ?

Devant la multiplication infinie des intervenants, la voie n’est plus au raisonnement linéaire, aux petits pas dans tous les sens, au tâtonnement, mais à la gestion d’une complexité dont aucun algorithme ne peut venir à bout.

Connaître les dossiers ne suffit pas, les paroles, c’est du vent ; il est grand temps de promouvoir des actes significatifs ; dans l’immédiat ; les premiers d’entre eux, dont dépend tout le reste, est la lutte contre les bouleversements climatiques ; une taxe sur les carburants, payée seulement par les moins responsables est franchement de la provocation !

En conclusion, je me référerai aux réponses de l’infatigable voyageur de la pensée, auteur prolixe dont une vingtaine d’ouvrages interroge la société sur ses évolutions : Michel Serres

Quelle sortie de crise voyez-vous ?

«Les événements ont toujours été imprévus. Pensez-vous que celui qui a pris la Bastille prévoyait la Révolution française ? La sortie de crise aura lieu dans des circonstances que je ne vois pas et que d’ailleurs, tout le monde ignore.»

Diriez-vous que notre société, en tout cas sous le modèle que nous lui connaissons, est en danger ?

«Je ne dis pas qu’elle est en danger, je dis qu’elle est si nouvelle que nous peinons à la voir telle qu’elle est. Ce que je repère, c’est son extraordinaire nouveauté, et des institutions et de partis qui n’ont pas su évoluer avec elle. Nous n’avons pas inventé un nouveau système, on est en manque de ça.»

À propos de la sortie de crise, les politologues croient distinguer deux voies possibles : un retour à «l’ancien monde», avec la reconstitution du modèle gauche/droite qui serait plus à l’écoute de la société, ou la tentation d’un État totalitaire en France. Partagez-vous cette analyse ?

«La première solution est impossible, et la deuxième n’est pas souhaitable. La première est impossible, parce que si elle était possible, ce serait déjà fait, les partis politiques auraient déjà repris la main. Et la seconde est évidemment la pire. Macron est extrêmement fragile, parce qu’il est cerné par l’extrême gauche et l’extrême droite. Et l’histoire du XXe siècle a montré que les pires régimes se sont toujours construits sur une sorte de liaison secrète et explosive entre les deux extrêmes : le national-socialisme d’Hitler fut l’alliance de la dictature et du prolétariat.»

Alors, méfiance !

signé Georges Vallet

crédits photos:http://citation-celebre.leparisien.fr/citations/64660

Michel Serres : «Une réalité sociale complètement nouvelle» Michel …
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Grand Débat pour intellectuels de cour

« Car c’est double plaisir de tromper le trompeur ».

Jean de La Fontaine

Ce matin, dans l’édition numérique de « Libération », la tribune de Dominique Méda, professeure d’université Paris-Dauphine : « Invitée à débattre lundi soir avec Emmanuel Macron, la sociologue Dominique Méda estime que la rencontre s’est transformée en faire valoir présidentiel ». On a envie de lui dire : « il ne fallait pas y aller ! ». Le piège était un peu gros. Vous, les intellectuels, présentés comme l’élite de la Nation, comment avez-vous pu tomber dedans ? Vous aviez vu ce qu’il en était des maires et des élus de tous poils auparavant. Il est vrai qu’il est bien difficile de résister aux ors de l’Elysée, aux micros de France Culture, aux caméras de télé et aux photographes sur le perron, se bousculant au bord du tapis rouge déroulés sous vos pieds … Vanitas, vanitatis. Les intellectuels ont toujours eu besoin de reconnaissance –d’être consacrés- et ceux qui y ont résisté, Albert Camus par exemple, ont dû affronter l’opprobre. Ça les a grandis…

Louable est la sincérité de Dominique Méda : « J’avais accepté l’invitation à participer pensant – bien naïvement je l’avoue – que nous pourrions au moins de temps en temps rebondir pour, à notre tour, répondre au président de la République. Mais il n’en a rien été. Comme avec les maires, le non-débat avec les intellectuels, a consisté en une litanie inexorable de «réponses» d’Emmanuel Macron aux questions posées par les intellectuels ». Et elle ajoute, lucide : « j’ai compris à quoi nous servions. Comme les maires, nous constituions le mur sur lequel le Président faisait ses balles, jouissant de la puissance de ses muscles et de la précision de ses gestes et donc de la propre expression, cent fois ressentie, de son moi. Nous étions son faire-valoir ».

Du Grand Débat serait donc sortie, comme un lapin du chapeau, la demande unanime d’augmenter la durée du travail, de reculer l’âge de la retraite ou encore de travailler un jour gratuitement par solidarité. Tout ça pour ça… avec la caution finale des intellos… Des idées « nouvelles » qui auraient ouvert les yeux d’un président distrait par ses lourdes taches à qui elles auraient échappé. Pourtant syndicats et patronat, économistes de tous bords s’étripent sur ces problèmes depuis des années. Il en est de même des discussions de comptoirs au bistrot du coin. Il n’y a donc ni recette miracle, ni vérité vraie que le Grand Débat aurait prétendument mises sur la table.

Mais revenons  à nos intellectuels reçus huit heures de rang par le président nous y avons entendu Pascal Bruckner se poser en pourfendeur de l’anarchie et des Gilets jaunes lors d’une question (?) quelque peu téléphonée -et violemment formulée pour faire le buzz. On sait ce qu’il en est des passes téléphonées en rugby : elles se terminent par une interception et un essai en contre. Intellectuel à la pensée originale et non pas unique, absent de l’Elysée, André Bercoff, sur son compte twitter, a qualifié ainsi cette sortie : « Je viens, dans l’exhibition Macron face aux zintellectuels, d’entendre Pascal Bruckner qui connut, jadis, talent et lucidité. Impossible de faire plus con, plus haineux, plus méprisant envers les gilets jaunes, en demandant l’interdiction absolue de toute manifestation. Naufrage ».

Mais continuons avec Dominique Méda qui ajoute avec sa lucidité retrouvée sur les conditions de ce débat : « Comme les maires, nous constituions le mur sur lequel le Président faisait ses balles, jouissant de la puissance de ses muscles et de la précision de ses gestes et donc de la propre expression, cent fois ressentie, de son moi. Nous étions son faire-valoir (…) le Président a eu tout loisir d’asséner ses convictions devant des intellectuels pris en otage (au moins pour ceux qui étaient en désaccord profond avec sa politique, peu nombreux) ».

Tous ne sont pas allés à l’Elysée. Il faut le souligner. Alain Finkielkraut qui, pour le coup, aurait eu des griefs graves à faire valoir, s’est poliment excusé avant de se défiler : «  Je crois qu’une discussion entre un grand responsable politique et des intellectuels n’a de sens que si ces derniers sont peu nombreux et que l’échange peut durer. »

L’économiste et philosophe Frédéric Lordon dûment invité par M. Macron, a préféré décliner. Il s’en est expliqué publiquement : « Vous comprendrez que si c’est pour venir faire tapisserie le petit doigt en l’air au milieu des pitres façon BHL, Enthoven, ou des intellectuels de cour comme Patrick Boucheron, je préférerais avoir piscine ou même dîner avec François Hollande. Au moins votre invitation ajoute-t-elle un élément supplémentaire pour documenter votre conception du débat. Savez-vous qu’à part les éditorialistes qui vous servent de laquais et répètent en boucle que la-démocratie-c’est-le-débat, votre grand débat à vous, personne n’y croit ? Vous-même n’y croyez pas davantage ». 

L’historien spécialiste de l’histoire populaire Gérard Noiriel a lui écrit sur Twitter : « Bien que je n’en fasse pas un titre de gloire, j’ai refusé moi aussi l’invitation d’E. Macron au « grand Débat » des « intellectuels » prévu lundi soir. Mais je suis prêt à lui apporter les cahiers de doléances de ce secteur sinistré qu’est aujourd’hui l’éducation populaire. »

Ceux-là se sont abstenus de participer à ce grand raoût, les autres, « intellectuels de cour » appartiennent à une espèce qui n’est pas nouvelle. Mais qui s’en souvient?

Pierre Michel Vidal