Gaz de schiste, pour ou contre ?

g de sL’Amicale des Foreurs a adressé à Alternatives Pyrénées la réaction de l’un de ses membres au communiqué de presse de Corine Lepage, député européenne et Jacques karbal député-maire de Châreau-Thierry.

Deux points de vue diamétralement opposés bien sûr. Mais leur lecture simultanée nous a semblé pouvoir aider nos lecteurs encore indécis à se forger une opinion.

Le communiqué de Presse – 11 octobre 2013

La loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique est conforme à la constitution Jacques Krabal, député-maire de Château-Thierry et Corinne Lepage, député européenne saluent la décision des sages A travers la décision n° 2013-346 QPC du 11 octobre 2013, le conseil constitutionnel vient de rejeter assez sèchement la requête de la société Schuepbach tendant à contester la constitutionnalité des articles 1 et 3 de la loi Jacob. Il a considéré qu’il n’y avait aucune violation de l’égalité devant la loi dans l’interdiction du recours au procédé de fracturation hydraulique pour l’exploitation des mines d’hydrocarbures alors que ce procédé est autorisé pour la géothermie ; que le but poursuivi était bien un but d’intérêt général. Il a également rejeté la violation prétendue du droit de propriété et du respect des situations légalement acquises en considérant que les autorisations n’étaient pas des biens objets d’un droit de propriété. Enfin et surtout il a considéré que l’interdiction du recours à la fracturation hydraulique ne méconnaissait pas le principe de précaution.

Ce faisant, le conseil constitutionnel refuse d’ouvrir la voie comme il y était pressé à la fracturation hydraulique en France. C’est une bonne nouvelle pour l’environnement mais c’est aussi une excellente nouvelle sur le plan économique. En effet, contrairement à ce qui est affirmé, le coût de l’exploitation, déjà déficitaire aux États-Unis, serait très élevé en Europe, et ce sans compter les coûts immenses de la pollution de l’eau et des conséquences économiques pour les exploitations agricoles. L’obligation d’une étude d’impact préalable votée cette semaine par le Parlement européen et la responsabilité accompagnée d’une assurance obligatoire devrait anéantir la rentabilité d’une exploitation qui menace nos territoires. En revanche, la porte est ouverte au développement massif des nouvelles technologies qui, permettent déjà aujourd’hui de fabriquer du gaz à partir des énergies renouvelables.

Avec cette décision, la France va très certainement entraîner en Europe au-delà des trois autres pays qui ont déjà instauré un moratoire, un mouvement en défaveur d’une exploitation des gaz de schiste que les populations européennes rejettent et en faveur de nouvelles technologies capables d’assurer notre autonomie énergétique sans anéantir nos territoires.

L’association des régions (départements et communes) sans gaz de schiste que nous sommes en train de créer au niveau européen sur le modèle des régions sans OGM y veillera.

Corinne Lepage, Député européenne   (*)                                                                 Jacques Krabal, Député-maire de Château-Thierry (**)

La Réponse de Gérard Medaisko

Monsieur le Député Maire,

Je viens de lire le CDP que vous avez rédigé en commun avec Me Arnaud Gossement, transfuge du Cabinet Huglo-Lepage dont la position anti gaz et huiles dits de schiste est bien connue.

Je m’adresse à vous en tant qu’élu du peuple français car vos déclarations vont à l’encontre du redressement productif que défend Monsieur Montebourg avec beaucoup d’âpreté. Son slogan « Made in France » devrait résonner à vos oreilles quand il s’agit d’une ressource nationale éventuelle que notre pays achète à l’étranger avec des devises qu’il n’a pas. Je me permets de vous rappeler que les Français ont le droit inaliénable de savoir ce que contient le sous-sol de leur pays: c’est l’un des fondements du Code Napoléon.

Je suis géologue-conseil et comme tout un chacun je connais la position irraisonnée et irraisonnable du Chef de l’Etat en ce qui concerne les hydrocarbures fossiles en général et les gaz et huiles de schiste en particulier. Toutefois, je n’ai pas vu de gazogènes sur les deux berlines de luxe qu’il vient de commander en cette période de disette et je n’ai trouvé aucun cours sur les hydrocarbures dans le cursus de l’ENA qui puisse lui permettre d’étayer sa position.

Quant au préfet Martin, ancien député du Gers chargé des relations entre le Gouvernement et l’ultra-gauche avant de devenir Ministre de l’écologie du développement durable et de l’énergie (quel euphémisme!) il agit dans la droite ligne de ses prédécesseurs immédiats et même plus lointains. Je songe à Dominique Voynet qui a torpillé le canal du Rhône au Rhin, condamnant ainsi à une mort lente le port de Marseille et privant votre département de retombées économiques éventuelles. On l’a nommée Sénatrice pour récompenser son action. Je songe à Yves Cochet et au bestseller qu’il a écrit à l’époque et qui a pollué les esprits mais qui, depuis, est devenu député européen. Je songe à l’éphémère Nicole Brick qui, par sa bêtise a gagné ses galons de Ministre du Commerce extérieur bien que ne parlant pas un traître mot d’anglais ou encore à Delphine Batho surnommée le Titanic pour avoir fait toucher le fond à notre industrie, mais ce ne sont pas les seuls Ministres de l’environnement dont on pourra mettre les portraits sur le mur d’enceinte de l’hôtel de Roquelaure, faute de pouvoir y élever un mur spécialisé car le site est classé: Estrosi, NKM, Fillon et bien d’autres…etc. Martin parviendra à ses fins: réduire la consommation d’énergie de 20 puis de 50% car il lui suffira d’en accroître le prix que beaucoup de foyers français ne peuvent déjà plus payer.

Mais je suis optimiste car il ne faut jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau. En 1937, un Secrétaire des Mines du Gouvernement de Front Populaire du nom de Paul Ramadier a relancé l’industrie pétrolière dans son département et, indirectement, conduit à la découverte du gisement de Lacq, le 19 Décembre 1951. Qu’il me soit permis de citer l’un de mes blogs:

Autres temps autres mœurs, le Parti Socialiste n’a pas toujours été opposé à la recherche des hydrocarbures fossiles, bien loin s’en faut. Que l’on se rappelle Paul Ramadier, nommé sous-secrétaire d’Etat aux Mines et aux Combustibles liquides du gouvernement de Front populaire en 1937 : il relança la recherche pétrolière en France. A son initiative fut créé le Centre de Recherches de Pétrole du Midi (CRPM) qui était alors chapeauté par l’Office National des Combustibles Liquides. Le CRPM fut à l’origine de la découverte du champ de gaz de Saint-Marcet, non loin de Saint-Gaudens, le 14 juillet 1939. Puis il participa à la création de la Régie Autonome des Pétroles (RAP) quelques mois plus tard et, en 1941, à celle de la Société Nationale des Pétroles d’Aquitaine (SNPA) dans laquelle l’Etat détenait une participation de 55%. Le 19 décembre 1951, la SNPA découvrit le champ de gaz de Lacq profond qui pendant 60 ans fut un des fleurons de l’industrie française et qui n’a peut-être pas dit son dernier mot !

Voilà l’histoire d’une audace payante et réussie. En effet, l’incroyable gisement de 260 milliards de mètres cubes de gaz venait d’être découvert mais hélas, cette aubaine était enfouie profondément à plus de 3 000 mètres sous la surface. Pis, ce gaz était riche en gaz carbonique CO² et en hydrogène sulfuré SH4, produits extrêmement corrosifs qui mettaient à rude épreuve le matériel traditionnel. D’autres auraient jeté l’éponge, considérant que ce trésor était techniquement trop toxique et inexploitable. Mais le génie « français n’a pas baissé les bras face à ce défi de taille ! On mit au point un acier spécial capable de résister aux gaz corrosifs, on inventa de nouvelles méthodes, on perfectionna les techniques, on automatisa et en 1955 on put produire du méthane, de l’éthane, du butane, du propane, du pétrole et du soufre. A partit des années 60, près d’un tiers de la consommation nationale de gaz était produite sur le territoire national, une indépendance énergétique dont on n’ose rêver aujourd’hui alors qu’elle est peut-être possible. Une région autrefois agricole prenait son envol industriel, et des futurs champions de l’industrie naissaient : la Société nationale des pétroles d’Aquitaine (ancêtre d’Elf Aquitaine devenue Total depuis) les aciéries de Pompey et Vallourec.

Pourquoi n’autorise-t-on pas aujourd’hui un programme aussi ambitieux sur les hydrocarbures dits de schiste afin d’en récolter les fruits sur le long terme ? La réponse est simple : en 1955 il n’y avait pas d’écologistes et Jacques Chirac n’avait pas encore inventé le principe de précaution que l’on a dévoyé dès sa naissance pour en faire un principe d’inaction. Aurait-on eu les chemins de fer à vapeur à la fin du XIXème siècle avec leurs escarbilles qui brûlent tout sur leur passage, les mines de houille avec les chevaux condamnés à vivre dans le noir en fond de mines et ces affreux terrils instables en surface, les barrages qui noient des régions entières, le nucléaire avec ses déchets radioactifs et plus récemment…les TGV et l’aéroport de Roissy ? Nous en serions restés au temps des diligences si les gouvernements d’alors s’étaient conduits comme ceux d’aujourd’hui. Le progrès ne nait pas de la génération spontanée, il faut créer les conditions de son apparition et l’encourager au lieu de l’entraver.

Entre-temps, devenu Premier Ministre en 1945, Paul Ramadier bouta les ministres communistes hors de « son gouvernement car ils s’opposaient systématiquement à la ligne politique qu’il s’était fixée. L’histoire se « répète dit-on: à bon entendeur salut!

Je vous adresse, Monsieur le Député Maire, mes salutations distinguées.

Gérard Medaisko (*)

Entre hardiesse et prudence que faut-il choisir ? A vous de trouver votre réponse à ce dilemme fondamental pour l’avenir

 – par Altpyrédac

 (*) Gérard Medaisko : Géologue-conseil, Docteur-ès-Sciences, ancien conseiller technique en exploration pétrolière du Secrétariat Général des Nations Unies, Membre Adhérent à L’amicale des Foreurs et métiers du pétrole.

La fin de Lacq et le gaz de schiste

Capture d’écran 2013-10-09 à 11.01.29Le 18 octobre 2013 – TOTAL vient d’annoncer la fin de la production du champ de gaz de Lacq.
Ce champ fut découvert en 1951, époque heureuse où le principe de précaution n’était pas gravé dans la Constitution, où EELV n’existait pas et où l’on faisait encore confiance aux ingénieurs.
Hommage soit en effet rendu aux brillants dirigeants-ingénieurs de la SNPA qui, contre vents et marées, ont pris la décision de mettre en production un gisement qui posait de nombreux problèmes techniques pour lesquels les solutions étaient à inventer.

Le gisement fut mis en production en 1957. Une centaine de puits ont été forés, profonds de 3500 m environ, dans un milieu peuplé de petits exploitants agricoles. Certains puits, sur les petits champs annexes rattachés à Lacq, ont été forés dans la proche banlieue habitée de Pau. Quelques nuisances classiques en ont résulté, mais elles ont été passagères et elles n’ont en rien dévalorisé le territoire.

Pendant 62 ans en effet, les vaches ont continué à paître paisiblement et le maïs à pousser généreusement sur ces terres fertiles. L’eau du gave de Pau qui passe à proximité n’a jamais été polluée, pas plus que les nappes phréatiques. De nombreuses petites secousses sismiques ont été enregistrées, mais très rarement ressenties dans cette région qui subit parfois des secousses beaucoup plus sérieuses dues à la confrontation des plaques tectoniques.

Grâce à Lacq, une ville nouvelle, Mourenx, est sortie de terre : elle compte aujourd’hui 10 000 habitants.Le bassin de Lacq
Grâce à Lacq des milliers d’ouvriers, de techniciens et d’ingénieurs ont convergé vers le Béarn, assurant un essor démographique et économique à une région plutôt défavorisée.
Grâce à Lacq l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) a vu le jour : elle compte aujourd’hui 12 000 étudiants.
Grâce à Lacq la ville de Pau est devenue une capitale pétrolière connue du monde entier. De Pau sont pilotées techniquement toutes les opérations du groupe TOTAL : le Centre Scientifique et Technique Jean-Féger (l’un des découvreurs de Lacq) emploie plus de 2 500 personnes. Pau est devenue une capitale européenne des géosciences.

En concertation avec les édiles locaux, TOTAL a déconnecté du réseau le potentiel restant de la production pour assurer la reconversion du bassin d’activités sur plusieurs années. La fin du gisement n’est pas marquée par l’effondrement économique de toute une région comme cela a pu se passer en Lorraine.

Osons la comparaison avec le gaz de schiste !

Le contexte aujourd’hui est certes différent, le principe de précaution est appliqué à tort et à travers, les Khmers verts répandent la peur, on se méfie des industriels (assoiffés de profit) et des ingénieurs (apprentis sorciers).

Les gaz de schiste (essentiellement du méthane) ne présentent absolument pas la dangerosité du gaz de Lacq de par sa pression double de la normale et sa concentration mortelle en hydrogène sulfuré. Ils sont directement le gaz que tout un chacun utilise pour se chauffer ou faire la cuisine.

Les foreurs ont perfectionné les techniques déjà efficaces de cimentation des tubages, avec des ciments de haute performance réglementés et obligatoires en France. Les risques de migrations et fuites de fluides sont totalement maîtrisés, et aucune nappe phréatique n’a été contaminée par les plus de 6 000 forages pétroliers réalisés en France en un demi siècle, qu’ils soient de production ou de stockage stratégique et régulateur des consommations.

A Lacq on a expérimenté la technique du forage horizontal qui permet aujourd’hui à partir d’une seule plateforme, à terre comme en mer, de forer une grande quantité de puits et donc d’éviter le « mitage du territoire » qui préoccupent tant les écologistes (on sait aujourd’hui forer des sections horizontales de 10 km).

Techniquement avec le gaz de schiste, contrairement à Lacq où tout était à inventer, on est dans le domaine du parfaitement connu. La technique si décriée de la fracturation hydraulique (déjà un peu utilisée à Lacq avec de l’acide), est maîtrisée par des opérateurs compétents qui ne cessent de l’améliorer.

A l’époque on avait compris que l’indépendance énergétique, même partielle, était importante et méritait de supporter quelques désagréments. Aujourd’hui on manifeste, de manière agressive et parfois violente (voir l’attaque récente, selon un mode paramilitaire, d’un chantier de forage en région parisienne) au nom du « pas de ça chez nous », par crainte de risques supposés qui ont été savamment instillés dans les esprits par quelques personnalités médiatiques.

La fin de Lacq correspond malheureusement à la fin d’une société volontariste et solidaire qui n’avait pas peur de prendre des risques mûrement réfléchis. Le délabrement économique de notre pays en est un des témoins.

–  par Jacques Sallibartant, Président et Jean-Claude Rémondet, Vice-président de l’Amicale des Foreurs

Ecologie de la transition énergétique/Economie de la transition écologique

logo_dnte_quadriGérard MEDAISKO, adhérent de l’Amicale des Foreurs et métiers du Pétrole, nous communique son intervention au cours du Forum qui a suivi l’AG de l’Amicale, le 22 Juin dernier, dans l’amphi Lamartine du Palais Beaumont à PAU.

« Je m’appelle Gérard MEDAISKO et je suis Géologue-conseil. Je vais essayer de vous parler de l’écologie de la transition énergétique et de l’économie de la transition écologique en espérant ne pas vous endormir. En réalité, je vais tout simplement vous entretenir, à nouveau, des huiles et gaz de schiste tant décriés, sans rimes ni raison et qui sont devenus le symbole d’un clivage idéologique majeur opposant deux modèles de développement qu’il semble bien difficile de réconcilier. C’est une nouvelle version du combat des Anciens contre les Modernes.

Bien malin celui qui peut dire de quoi demain sera fait. Contrairement à notre Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie (MEDDE), termes antinomiques s’il en est, je n’ai pas de boule de cristal pour prédire la nature du bouquet énergétique à l’horizon 2025, encore moins à l’horizon 2050.

On ne manquera pas de remarquer que, par définition, l’horizon est une ligne virtuelle qui recule au fur et à mesure que l’on avance ! Bruxelles nous a donné deux années de répit pour réduire notre déficit et commencer à rembourser notre dette à l’horizon 2015, ce dont je doute fort, mais Dieu le Père devra nous en accorder bien davantage pour que nous puissions transformer ce bouquet en une véritable gerbe… à moins que ce ne soit une couronne !

La transition énergétique est un concept franco-français avant tout, car nous sommes à peu près les seuls au monde à en parler. A la manière de Monsieur Jourdain, l’Humanité la vit depuis des siècles, en fait depuis que Prométhée déroba le feu du ciel pour le transmettre aux hommes. Nous sommes ainsi passés, sans transition si j’ose dire, du bois au charbon de bois, de la tourbe à la houille, puis au pétrole, au gaz, au nucléaire sous toutes ses formes bien que la fusion soit encore en filigranes et nous abordons maintenant le chapitre des énergies renouvelables en ayant stupidement fait l’impasse, en France tout au moins, sur les hydrocarbures dits de schiste comme nous la ferons, je n’en doute pas, sur les clathrates de méthane lesquels, comme la femme, sont l’avenir de l’homme.

Si l’on avait dit à l’Américain moyen, voici dix ans, que l’Amérique concurrencerait un jour l’Arabie Saoudite en produisant 12 millions de barils d’huile par jour, il aurait éclaté de rire. Et pourtant, cela devrait se réaliser aux alentours des années 2020 grâce aux huiles de schiste.

Mais cette transition n’est pas celle dont rêvent nos écologistes ainsi que les pouvoirs publics qu’ils ont infiltrés. Ils ont à l’esprit une transition vers une économie sobre en énergie, dans le droit fil du Traité de Rome qui, le 1er janvier 1958, préconisait en quelque sorte l’abstinence. Qui plus est, ils la veulent décarbonée et moins polluante (sic) or, les spécialistes que nous sommes, après une vie passée au contact de l’or noir dans des fonctions diverses, savent qu’à l’horizon 2030-2050 (en espérant qu’il reculera) les hydrocarbures fossiles entreront encore pour 70 à 75% dans la composition du bouquet énergétique. La recherche et la production de ces hydrocarbures ne coûte rien aux contribuables puisqu’elles sont payées par les sociétés exploitantes, contrairement aux ENR.

De récents sondages effectués dans le Midi Libre et le Figaro notamment indiquent que 74 à 76% des Français consultés sont en faveur de la recherche et de l’exploitation des gaz et huiles de schiste. Leur mise en production permettra d’attendre que l’hydrogène soit enfin domestiqué car je considère l’hydrogène comme le carburant de l’avenir.

La vie nous a appris que seule une énergie abondante et à bas prix est le principal moteur de la croissance mais, en France, nos élus ne l’ont pas encore compris. La Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), devenue depuis peu la Taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE) au cas où les renouvelables mettraient sur le marché une énergie qui cesserait d’être virtuelle, est là pour en témoigner : Que nous produisions demain des hydrocarbures MADE IN FRANCE, provenant de schistes (qui ne sont pas des schistes mais des pélites, c’est-à-dire des boues séchées), la TICPE se chargera de nous les livrer à la pompe au même prix que le pétrole que nous importons des pays d’Afrique et du Moyen Orient.

En tant que professionnels, nous savons que le pétrole n’est pas polluant quand il est produit par des gens qualifiés (comme nous il va sans dire). Une fois détecté dans la couche productrice, il jaillit ou il est pompé, c’est selon et passe ensuite dans des tubes, des tuyaux et des flexibles pour finalement atterrir dans le réservoir de votre automobile sans que personne ne l’ait jamais vu à moins que vous ne soyez maladroits et laissiez tomber quelques gouttes sur vos pieds. Macondo est l’une des exceptions qui confirme la règle.

N’oublions pas non plus que le pétrole est à la base de nombreux détachants et qu’il a même été utilisé comme médicament, mais nous ne savons rien toutefois du sort des patients qui ont été traités par ce pétrole…lampant.

Les écologistes veulent faire de l’environnement un élément clé de la transition énergétique. Pour le préserver, ils n’hésitent pas à rencarder les énergies fossiles et l’atome pour instaurer un nouveau système reposant uniquement sur les énergies nouvelles renouvelables (ENR) qui, pour l’instant, sont loin d’être fiables (J’invite celui ou celle d’entre vous qui a des dispositions musicales à composer un nouveau tube sur l’air de « comme la plume au vent, souvent flamme varie).

Peu importe le coût de ce projet puisque de toute façon nous n’avons pas les centaines de milliards d’euros qu’il faudrait investir pour le réaliser. Il n’est pas réaliste de vouloir remplacer notre mode de production d’électricité actuel par les énergies renouvelables. Les éoliennes sont un mythe coûteux car elles ne fonctionnent, dans les pays exposés aux vents, que 20 à 30% du temps. Le solaire quant à lui, se limite à 10-15% sauf en Normandie et dans les pays nordiques où le jour s’apparente à la nuit. Quant aux carburants verts, les agro-carburants, ils reviennent très chers à produire quoiqu’on en dise et nécessitent d’énormes quantités d’eau sans commune mesure avec les quantités requises par la fissuration hydraulique. Quant au bilan carbone des ENR mieux vaut ne pas en parler car il est bien plus élevé que le MEDDE ne le pense.

J’ai assisté à plusieurs séminaires sur le sujet mais le sabir des économistes n’est pas à ma portée. J’ai entendu parler de macroéconomie, d’économies sectorielles, de sciences de toutes sortes dont celles du vivant et celles de l’Univers mais je n’avais personne pour me traduire ce vocable.

MOI GEOLOGUE-CONSEIL, je parle de forage, de géologie, de géophysique, de géothermie, d’essais de couches, d’essais de production et de logs électriques. Dans les meilleurs des cas, quand il y a découverte d’hydrocarbures, je m’aventure à parler de tonnes métriques, parfois de barils ou de pieds cubes et plus rarement de kilowatts et de kilowatts/heures auxquels je ne comprends pas grand chose. Enfin, lorsque je passe à la pompe je parlais de gallons dans ma jeunesse car j’avais de grosses cylindrées mais j’en suis maintenant réduit à parler en litres puisqu’on ne peut pas acheter moins de cinq litres à la fois.

Le 25 mai 2013, le gouvernement avait organisé une journée citoyenne pour débattre de la transition énergétique. Une fois encore, tous ceux qui n’avaient rien à dire ont pris la parole. A nouveau, le CO2 a cristallisé toutes les attentions et sa séquestration réclamée à grands cris alors qu’elle engendre des mini-séismes d’amplitudes très réduites dont on aimerait bien se passer néanmoins. L’Europe produit environ 10% des émissions de CO2 de la planète et la France 1%, mais nous sommes pratiquement les seuls à nous pénaliser et à nous astreindre à des dépenses inutiles en voulant réduire de 20% à l’horizon 2020 notre quote-part d’émission, car 20% de 1% représentent 0,20% mais coûte cependant très cher à notre économie vacillante en terme d’emplois et de niveau de vie des ménages. A noter que sans le CO2, la température de notre planète ne dépasserait guère 15°C. Ne le séquestrons pas mais utilisons le pour extirper le méthane des clathrates, c’est-à-dire des hydrates de méthane gazeux, par exemple. On peut aussi en faire de l’eau de Seltz !!!

Cette rage à vouloir détruire le milieu environnemental qui nous est familier, pour le remplacer par un système qui n’a pas encore fait ses preuves, me fait songer à cet auteur espagnol pour qui l’Europe de notre enfance est morte à Auschwitz : cette Europe de tradition judéo-chrétienne que le clan au pouvoir cherche à remplacer par une Europe, voilée de pied en cap, qui adorera un autre dieu que le nôtre et risque fort d’y parvenir…à « l’horizon » 2040, mais cette fois, je crains que l’horizon ne soit pas virtuel et qu’il ne reculera pas. Inch Allah !

En un mot comme en cent, vous avez compris qu’à mes yeux, la transition énergétique, dont notre ex Ministre de tutelle nous a rebattu les oreilles, n’est qu’un débat idéologique, inutile et coûteux qui va faire grossir impunément les factures d’électricité des industriels et des particuliers, dont près d’un million de foyers connaissent déjà une précarité énergétique.

A la manière d’Emile Zola, j’accuse le titulaire du MEDDE, parmi d’autres, d’avoir fait de notre industrie une industrie sinistrée et de continuer à le faire. Puisse la justice des hommes les juger pour leur comportement indigne de notre pays cartésien lorsque justice juste elle redeviendra. »

– par Gérard Medaisko*
22 juin 2013

* Géologue-conseil, Docteur-ès-Sciences, ancien conseiller technique en exploration pétrolière du Secrétariat Général des Nations Unies
Courriel : gerardmedaisko@aol.com
Blog :  http://legeoloblog.wordpress.com/
Amicale des Foreurs et métiers du Pétrole : www.foreurs.net

crédit photo : http://www.asder.asso.fr/actualites/236-propositions-pour-la-transition-energetique