Lettre ouverte aux élu(e)s de la nouvelle Aquitaine et du Béarn

Madame, Monsieur,

Notre Association souhaite, en ce début d’année, faire un point et alerter tous les élus concernés sur l’état du Béarn et parfois, plus généralement, du bassin de l’Adour et du piémont pyrénéen, dans 5 domaines : le fer, la route, l’air, le tourisme et le numérique.

A titre d’information, nous vous adressons ci-dessous, une première lettre consacrée à l’état des liaisons ferroviaires et à un, ou des, futur(s) possible(s) dans ce domaine.

Elle analyse successivement la situation au Nord puis au Sud, enfin dans l’entre deux.

Vous remerciant de votre collaboration dans le cadre de ce sujet.

Cordialement.

Pierre SAUBOT

Président de BAP

Lettre ouverte aux Elu(e)s de la Nouvelle Aquitaine et du Béarn.
M. le Président de la Région Nouvelle Aquitaine
Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux
M. le Président du Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques
Mesdames et messieurs les Conseillers Départementaux
Messieurs les Présidents des Communautés de Communes et d’Agglomération du Béarn
Mesdames et Messieurs les Maires des Communes du Béarn

Notre Association souhaite, en ce début d’année, faire un point et alerter toutes et tous les élu(e)s concerné(e)s sur l’état du Béarn et parfois, plus généralement, du bassin de l’Adour et du piémont pyrénéen, dans 5 domaines : le fer, la route, l’air, le tourisme et le numérique.
Cette première lettre est consacrée à l’état des liaisons ferroviaires et à un, ou des, futur(s) possible(s) dans ce domaine. Elle analyse successivement la situation au Nord puis au Sud, enfin dans l’entre deux.
1) au Nord
Depuis le 1er juillet 2017, Bordeaux est à 2h02’ de Paris : soit pour une distance de 630km, une vitesse de 310km/h.
Dans le même temps Pau est à 2h17’ de Bordeaux : soit pour une distance de 235km, une vitesse de 103km/h.
L’arithmétique suggère qu’en termes de vitesse un(e) Bordelais(e) vaudrait 3 Palois(es).
Et que signifie l’égalité des Territoires, chère à nos principes républicains ?
D’autant que les GPSO qui prévoyaient la réalisation de lignes à grande vitesse (LGV) à partir de Bordeaux vers Toulouse d’un côté, vers Mont-de-Marsan, Dax et Hendaye de l’autre, sont suspendus voire arrêtés.
Pourtant la mise en service de la LGV entre Tours et Bordeaux a eu une influence positive sur le trafic voyageur en gare de Pau et sans doute dans d’autres gares telles Bayonne, Tarbes et Lourdes. Alors que le nombre de voyageurs en gare de Pau diminuait régulièrement, passant de 1 million en 2011 à 740 000 en 2016, soit une baisse de 26%, en 5 ans, on observe une remontée du trafic (+ 85 000 passagers dans les 3 mois suivant cette mise en service).
Malgré cela, rien à espérer à moyen terme au Nord. Reste sans doute l’espoir du long terme dont on sait ce qu’en pensait John Maynard Keynes.
2) au Sud
Des réalisations, avec la réouverture, le 1er juillet, 2016, de la liaison ferroviaire entre Oloron et Bedous (25km). Et des projets avec la signature, le 1er décembre 2017, d’une convention pour un programme d’études relatif à la réouverture de la liaison entre Bedous et Saragosse par Canfranc dans le cadre du MIE (Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe).
Des sommes non négligeables sont engagées pour des études (7,355M€ côté français pour le tronçon Bedous – Canfranc, long de 33km) ou pour des mises aux normes européennes d’écartement des voies (72M€ côté espagnol pour une partie du tronçon Huesca – Canfranc).
Tout cela avec une perspective de réouverture complète de la liaison Pau – Saragosse, soit 306 km, en 2027 au plus tôt et une dépense estimée a minima entre 250M et 300M€ pour la seule remise en service du tronçon français long de 33km.
3) et entre les deux ?
Le constat est clair : entre les deux, rien, aucun projet à court ou même à moyen terme.
C’est pourtant dans cet entre-deux que se trouve une très importante demande : celle des voyageurs des Landes, du pays Basque, du Béarn et de la Bigorre, qui se chiffrent par millions chaque année.
Où est la logique ? Où est la cohérence de ces choix publics?
4) les demandes et propositions de BAP
Notre Association demande la réactivation des GPSO, en particulier concernant le tracé Bordeaux/ Captieux/Mont-de-Marsan/Dax. Et elle demande une programmation de ces travaux sur une période de 10 ans.
Dans cette perspective elle propose que soit étudiée la possibilité d’une liaison plus courte que celle passant par Dax et Puyoô pour relier les gares de Pau, Lourdes et Tarbes.
Cette proposition consiste à utiliser au mieux l’emprise de lignes existantes mais non exploitées entre Mont-de-Marsan et Saint-Sever (21km) et entre Saint-Sever et Hagetmau (15km) puis à prolonger par une ligne à créer entre Hagetmau et Orthez (30km environ) pour rejoindre le réseau existant.
Une telle solution, en raccourcissant la distance entre Bordeaux et Pau, actuellement de 235km par la voie ferrée, et en mettant à profit la LGV entre Bordeaux et Mont-de-Marsan, pourrait faire gagner 1h00 sur les trajets depuis et vers Bordeaux et mettre Pau à 3h15’ ou 3h20’ de Paris.
On objectera sans doute que la Loi portant réforme ferroviaire du 4 août 2014, interdit à la SNCF de créer de nouvelles lignes tant que la dette de SNCF Réseau ne se réduit pas. Une perspective lointaine en l’état actuel des choses ! Et une interdiction surprenante infligée à un Etablissement Public Industriel et Commercial dont la vocation est d’investir à long terme d’autant que les taux d’intérêt extrêmement bas actuellement sont précisément très favorables à ce type d’investissement.
A cela nous répondons qu’il s’agit d’un choix politique, que l’Allemagne a fait le choix inverse d’alléger la dette de son entité portant les infrastructures ferroviaires, et que tout choix politique peut être remis en cause.
Nous appelons toutes et tous nos élu(e)s à se mobiliser au nom de l’égalité des Territoires et de la défense de l’intérêt public et à intervenir, ensemble et unis, auprès du Comité d’Orientation des Infrastructures, pour que soit :
– activée et programmée la réalisation du GPSO sur le tracé Bordeaux/Captieux/Mont-de-Marsan/Dax,
– étudiée la faisabilité d’une liaison plus courte vers le Béarn et la Bigorre utilisant les emprises existantes entre Mont-de-Marsan et Hagetmau puis prolongée jusqu’à Orthez pour se raccorder au réseau actuel.
Il y a urgence !

Pierre SAUBOT, Président.

Association BEARN ADOUR PYRENEES – CCI Pau Béarn – 21 rue Louis Barthou – BP 128 – 64001 PAU Cedex
Tel : 05 59 82 56 40 – Email : bap@pau.cci.fr – Site : http://www.bap-europe.com Facebook : http://www.facebook.com/bap.europe

Arrivée de la LGV à Bordeaux : Le point de vue de Béarn Adour Pyrénées

Capture d’écran 2016-04-21 à 17.57.12BAP prend acte du temps moyen et des fréquences de desserte du Béarn par TGV, annoncés à compter de l’été 2017. Elle constate que ce temps qui a augmenté ces dernières années va enfin repartir à la baisse. Elle remarque cependant qu’il faudra encore 2 h 15 (moyenne inférieure à 110 km/h) au minimum pour effectuer les 232 km de Pau à Bordeaux, alors qu’il n’en faudra que 2 h 05 ( moyenne 281 km/h) pour les 585 km de Bordeaux à Paris, laissant le Béarn dans son état d’enclavement historique et inadmissible.

Ce piètre résultat vient essentiellement, selon nous, du manque d’unité des Béarnais ; l’union surprise de septembre 2006 n’a duré que deux heures et n’a pu être relayée par une sphère politique parlant assez fort et d’une seule voix. D’autant que les Bigourdans sont les grands oubliés, tout focalisés qu’ils sont sur leur aéroport.

BAP déplore également que Tarbes et  Pau doivent se contenter de 4 allers retours seulement, alors que la côte basque en bénéficie de 6, au moment où ce nombre explose pour Bordeaux ? Rien dans l’analyse des trafics existants ne le justifie.

N’est-il pas encore possible d’ obtenir que, sur les 18,5 trajets de Bordeaux à Paris, 2 supplémentaires desservent Pau pour au moins rétablir l’équilibre du territoire. Mobilisons-nous par tous les moyens sur cet objectif.

Et continuons aussi à nous battre pour que le GPSO voie le jour et qu’après la réalisation de la branche Mont-de- Marsan-Dax, le barreau Mont-de-Marsan Pau soit construit afin que le temps de trajet de Paris à Pau et Orthez soit inférieur ou égal à 3 heures, ou proche de 3 heures, seule façon d’assurer l’avenir à long terme de l’économie béarnaise et donc le niveau de vie et d’emploi des Béarnais.

Je pense, et ce n’est pas trop tard même si beaucoup de temps a été perdu, que le moment est venu de reconstituer l’union sacrée qui, en d’autres temps pas si anciens, a permis d’obtenir la réalisation du tunnel du Somport puis de l’autoroute Pau-Langon.

– par Pierre Saubot
Président de BAP

L’emploi d’abord et avant tout

imagesJ’ai eu besoin, il y a trente ans, d’aller en Chine pour le travail. Cela m’a pris un an pour constituer un groupe de 35 entreprises, en faire un voyage officiel porté par la France et son ministère de l’industrie, point de passage obligé pour rentrer dans le pays. Sur place, pendant une semaine, nous avons eu très peu de temps de travail efficace ; l’essentiel de notre énergie a été consacré à la logistique du voyage, hôtels, bus, taxis, avions de trente ans d’âge ou plus.

Il y a moins d’un mois, j’ai eu besoin d’aller en Chine pour le compte de mes collègues de l’association de la Route des Vins du Jurançon. Tout a été simple et organisé en quelques heures. Sur place, et pour la même durée, j’ai pu faire 20 fois plus de choses efficaces que trente ans plus tôt. Entre temps, le pouvoir chinois , qui veut par priorité le plein emploi et l’amélioration du niveau de vie de son peuple, a investi massivement dans les infrastructures. Tout le monde voit le résultat dans les statistiques. Sur place, la vitalité et l’espoir en un avenir meilleur sautent aux yeux. C’est très impressionnant.

Quel sentiment contrasté, en rentrant en Béarn et en écoutant les orateurs du colloque » Le chiffre et la plume » au parlement de Navarre. Alors que la commission européenne attend de la France des projets d’infrastructures à financer, que l’argent est disponible en abondance et pas cher, on se regarde tous en chien de faïence pour savoir comment finir le chantier de la fibre optique, rendre notre aéroport plus performant, améliorer la cadence et le prix du ticket de la liaison fer Oloron-Pau, financer le diffuseur de Berlanne/Morlaàs, le contournement est d’Oloron, les déviations de la RN 134 entre Oloron et le Somport, la nouvelle route Oloron-Lescar et s’il faut réserver les terrains pour faire un jour le barreau LGV de Mont-de-Marsan à Pau et la traversée centrale des Pyrénées en train par le Béarn. Alors qu’au même moment, on trouve de l’argent public pour réhabiliter par priorité la voie ferrée Oloron-Bedous dont on se demande combien de personnes (entre 5 et 10) vont l’utiliser à court terme.

Je rappelle à ceux qui risqueraient de l’oublier ou qui ne veulent pas le voir, que nous avons en France, toutes catégories confondues, 5,5 millions de chômeurs et que, dans certaines familles de quartiers sensibles, des enfants de 12 ans quittent le circuit scolaire pour commencer à avoir des activités non licites parce qu’ils n’ont jamais vu leurs parents et leurs grands-parents travailler.

Pour moi, la résorption du chômage est la seule priorité. Tout le reste doit attendre.

Le principe de précaution, la transition énergétique, cela peut et doit s’appliquer après le retour au plein emploi, pas avant ni pendant.

La France a su accueillir massivement des réfugiés politiques et/ou économiques quand il y avait le plein emploi, que le budget était équilibré et que le pays n’avait pas de dettes. Retrouvons cette situation à marche forcée et avant tout. Pour cela, avec Béarn Adour Pyrénées, militons pour que les investissements dans les infrastructures de désenclavement par le rail, la route, l’air et la fibre optique soient amplifiés et accélérés. Au lieu de se contenter d’en maintenir quelques uns, nous pourrons alors créer beaucoup d’emplois. Nous pourrons ensuite renouer, en en étant fiers, avec notre tradition d’accueil, dans le respect de ce que nous sommes et avons toujours été.

Pierre Saubot

BAP – Lettre au Président de la République

BAP interpelle, par une lettre ouverte, le Président de la République, suite à la publication du rapport DURON, à propos de la liaison LGV Bordeaux-Hendaye et du barreau Mont-de-Marsan, Pau, Tarbes.

« Pau, le 6 juillet 2013.

Monsieur le Président de la République,

Suite à la publication du rapport DURON, notre association, Béarn Adour Pyrénées, tient à vous faire part de la très vive inquiétude et de la grande émotion de tous ses membres.

En effet, le Béarn et la Bigorre, territoire collé aux Pyrénées, entrée centrale de l’Espagne à partir de l’Aragon, c’est :

– une métropole de plus de 600.000 habitants, la troisième du Sud-ouest avec Pau, Tarbes, Lourdes, Oloron, Orthez, Bagnères de Bigorre;

– c’est un pôle industriel de 20.000 emplois de haut niveau avec Alstom, Safran et ses usines Turboméca et Messier-Bugatti-Dowty, Total, Euralis, Lindt, Ogeu, PCC;

– c’est une université prestigieuse, l’UPPA et plusieurs grandes écoles d’ingénieurs et de commerce;

– c’est un potentiel touristique exceptionnel qui ne demande qu’à se développer tout au long de l’année;

– ce sont les gares de Pau (2ème d’Aquitaine) et de Lourdes (2ème de Midi-Pyrénées).

Au nom de l’importance de cette énumération impressionnante, nous demandons que:

– la réalisation de la liaison LGV Bordeaux-Bayonne soit maintenue y compris le barreau Mont-de-Marsan, Pau, Tarbes, précédée des études , de l’enquête publique et de la constitution des réserves foncières nécessaires;

– l’ouverture vers l’Espagne et les pays du Magreb par un raccordement au réseau LGV espagnol, soit préparée au sud de Pau.

S’agissant de projets transfrontaliers, ils pourraient s’intégrer dans un plan de relance, type « NEW DEAL », de travaux financés par l’Europe.

Au nom de l’égalité des territoires, nous ne pouvons accepter que le Béarn et la Bigorre, déjà sous-équipés depuis très longtemps au niveau des infrastructures ferroviaires , soient en plus privés de LGV. Ce serait d’autant plus inéquitable que notre ensemble métropolitain contribue au financement de la ligne LGV Tours-Bordeaux pour plus de 100 millions d’€, ce qui n’est même pas le cas de la région parisienne.

Nous comptons sur votre compréhension, votre sens de l’équité et votre volonté de justice pour obtenir du gouvernement, faisant preuve de bon sens et de perspicacité, qu’il décide de préserver l’avenir du Béarn et de la Bigorre, ensemble qui, bien qu’éloigné de Paris, n’entend pas être le laissé pour compte du développement durable de notre pays.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

Le président de BAP, Pierre Saubot »

Béarn-Adour-Pyrénées et ses combats

IMG_2666 - Version 2Béarn-Adour-Pyrénées, association regroupant des socio-professionnels et politiques de tous bords, milite pour l’amélioration des infrastructures dans la région. BAP est déjà bien connu pour ses combats engagés : Le premier, le plus emblématique, fut celui de l’autoroute A65, Pau-Bordeaux. Gagné, l’énergie de l’association s’est retournée vers : la déserte directe par LGV du Béarn et de la Bigorre,  la mise en place d’un diffuseur sur l’A64 à Morlanne, la création d’un liaison la plus courte possible entre Lescar et la rocade d’Oloron, l’amélioration de la RN 134 entre Oloron et le Somport et le renforcement des co-opérations entre Béarn et Bigorre. Rencontre avec Pierre Saubot, président de BAP autour du diffuseur de Morlanne, la Lescar-Oloron et Béarn-Bigorre.

AltPy – Le diffuseur de Morlanne, nom technique pour désigner l’intersection entre une route et une autoroute, est le serpent de mer de l’A64 à l’est de l’agglomération paloise. Pouvez-vous nous dire où il se situe et quels utilisateurs il concerne ?
Pierre Saubot – Sa position est historiquement très simple. Elle est située sur la route qui va de Pau vers Morlaàs. Après avoir longé le centre Féger de TOTAL, puis le rond-point de la rocade, la route de Morlaàs passe au-dessus de l’A64. C’est à cet endroit qu’il était prévu de réaliser le diffuseur, déjà inclus dans le cahier des charges lors de la réalisation de l’A64, ouvert en 1974 pour la section entre Artix et Soumoulou.  Il y a d’ailleurs sur place une zone industrielle qui s’appelle « zone de l’échangeur » à Berlanne-Morlaàs
Ce diffuseur est à deux pas du centre Féger avec ses 3.000 salariés et n’est pas éloigné de Turboméca, installé à Bordes, avec ses 5.000 salariés. Le diffuseur est proche du stade du Hameau et de la zone commerciale (Auchan/Leroy Merlin) et résidentielle de Pau-Est. Toute la zone a des besoins de désenclavement considérables.

AltPy – Quel pourrait-être le coût d’un tel échangeur et à quel rythme pourrait-il se réaliser ?
Pierre Saubot – Des estimations ont été faites mais je me méfie beaucoup d’estimations faites à des fins d’annonces soit dissuasives, soit pour préparer les esprits à un péage supplémentaire. Pour la sortie de Berlanne-Morlaàs, il y en a qui ont cour quand il s’agit d’un marché avec l’Etat, et d’autres quand il s’agit d’autofinancement amortis par des péages.
Je suis sûr que l’échangeur de Lescar qui a été réalisé par Aliènor sur ses fonds propres, n’a rien à voir en coût avec celui de Soumolou parce que le dessin n’est pas le même et que l’emprise au sol n’est pas la même. Le premier a du coûter beaucoup moins cher. Un chiffre de 10 millions d’euros a été dernièrement annoncé pour la sortie de Berlanne-Morlaàs. Il me semble probablement gonflé.
Les ASF ont un traité de concession jusqu’en 2034 qui prévoit que l’Etat peut être amené à demander à ASF de réaliser un certain nombre d’échangeurs. Les ASF sont donc engagés sur une base administrative et technique pour les réaliser si l’Etat le lui demande. Par contre, ASF n’est pas engagé sur le « Qui paye ? ». Ce contrat est ambigu et précis juridiquement. Dans l’esprit d’ASF, ce n’est pas à eux de payer.
Comme, ils n’ont aucune raison de la financer, il appartient au conseil général et à la communauté d’agglomération de considérer que, si c’est dans l’intérêt des populations de le réaliser, il faut alerter l’Etat qui est le point de passage obligé puisque le contrat est entre l’Etat et les ASF.  Et, c’est à ces deux collectivités de présenter à l’Etat le financement proposé.
Les deux collectivités sont conscientes que ce diffuseur doit se faire avant l’asphyxie de la rocade et de la vie économique dans le nord de Pau. La ville de Morlaàs est elle-aussi consciente de ce besoin puisqu’elle a commandité une étude qui conforte la nécessité de sa réalisation.
Là, où le débat est complètement ouvert c’est « qui fait quoi ? qui paye ? ». Cela devient plus compliqué quand on prend en compte que la rocade nord de Pau, financée par le Conseil Général, ne peut pas être élargie sauf à refaire tous les ponts et dégager la réserve foncière qui n’existe pas partout.
L’intuition de BAP, non vérifiée par des chiffres précis, est qu’il faut réaliser ce diffuseur et rendre gratuit l’autoroute, qui n’est pas saturée, entre ce diffuseur et celui de Pau-nord ou Lescar de façon à alléger le trafic sur la rocade et éviter des travaux d’élargissement de celle-ci.

AltPy – Dans ce cas-là : qui indemnise ASF ?
Pierre Saubot – Il faut chiffrer l’économie qui est faite sur l’élargissement de la rocade et la mettre dans la balance pour indemniser ASF sur la perte de péage. En premier lieu, c’est le Conseil Général mais il faudra faire probablement un tour de table avec la CDAPP et les communes proches directement concernées. Ce qu’il faut d’abord évaluer, c’est ce que couterait l’élargissement de la rocade pour éviter la trombose.
Cela nous semble une idée intelligente puisqu’elle n’est pas saturée et qu’elle peut ainsi absorber une partie du trafic de la rocade.

AltPy – Autre combat pour BAP, le projet de liaison nouvelle entre Lescar et Oloron. Le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques étudie une nouvelle hypothèse de tracé qui partirait beaucoup plus à l’ouest qu’initialement envisagé. Elle relierait  Arbus ou Tarsac à Oloron et ne prolongerait pas dans les faits l’A65.  Qu’elle est la position de BAP par rapport à ce nouveau tracé ?
Pierre Saubot – BAP a été très amusé de retrouver dans des archives anciennes qu’un débat similaire a eu lieu au milieu du 19e siècle au moment de la création du pont de Lescar. Nos ancêtres ont été plus intelligents que nous puisqu’ils ont décidé de faire le pont là où il est. C’est exactement le même débat actuellement.
BAP martelle, depuis des années, pour que l’on fasse le parcours le plus court possible entre Bordeaux et Saragosse. Ce tracé a été défini par les techniciens prenant en compte la réalisation de l’A65, le tunnel du Somport,  le début d’amélioration de la RN 134 entre le Somport et Oloron et l’amorce de la rocade d’Oloron. Nous demandons que ce tracé soit terminé par une route la plus courte possible entre l’échangeur de l’A64 et la rocade d’Oloron.
Nous ne demandons pas que tout soit fait en une fois mais souhaitons que cela soit phasé. Nous sommes conscients des contraintes budgétaires mais aussi que l’argent n’est pas cher. On doit pouvoir faire tout de suite avec des financements privés avec en contrepartie, un péage pendant une certaine durée.
us sommes prêts à faire avancer toutes les idées intelligentes pour que la route se fasse le plus vite possible et la plus courte possible.

AltPy –  Le projet par Arbus ou Tarsac se précise t-il ? Comment vous y opposez-vous ?
Pierre Saubot – Ce n’est pas notre projet. Nous dirons que c’est moins intelligent que la solution la plus courte préconisée depuis le début. Nous craignons forcément que ceux qui proposent d’autres solutions aient en fait, en arrière pensée, d’obtenir que rien ne se fasse.
C’est le cas de la déviation de Bedous qui a connu une forte opposition et s’est finalement faite dans les pires conditions possibles. Elle n’a qu’un mérite, c’est d’exister. Elle aurait pu être faite beaucoup plus vite… pour beaucoup moins cher.
Tous les gens qui ont compliqué la réalisation de Bedous, avec le secret espoir qu’il ne se fasse rien, ont finalement fait dépenser de l’argent en plus à la collectivité, fait perdre du temps à la collectivité, détruits de emplois, augmenté l’émission de gaz à effet de serre pour arriver à un résultat qui n’est pas mauvais mais qui a couté plus cher et est arrivé plus tard.
A partir de cet exemple, nous ne voulons pas que cela se renouvelle et nous comprenons très bien la méthode mise au point par certains : à savoir, dès qu’un bon projet existe, dans un premier temps, ils favorisent l’étude d’un autre, forcément moins bon, avec le secret espoir que le deuxième projet étant moins bon, on poussera à un troisième projet, qui sera à son tour moins bon. A ce moment-là, devant l’impossibilité de faire un bon projet, la décision sera de ne rien faire ou de ne pas réaliser forcément le meilleur projet.
Pendant ce temps là, on aura dépensé du temps, laissé des automobilistes se tuer sur les routes, consommé de l’énergie fossile et détruit des emplois. Il faut en finir avec cette méthode destructrice qui est très élaborée. Il est important que les opposants sachent que nous le savons.

AltPy – Les Basques du département demandent un statut particulier. On ne sait s’ils l’obtiendront mais cela aura eu le mérite d’attirer l’attention des Béarnais sur un risque d’isolement. Nombreux se disent que nous avons là une occasion pour se rapprocher de la Bigorre, notre voisine pyrénéenne, aux caractéristiques si proches de notre territoire. Comment BAP analyse cette situation nouvelle ?
Pierre Saubot – Il y a un tropisme naturel du Pays basque français vers le Pays basque espagnol. Il existe presque de fait une conurbation de Bayonne jusqu’à Bilbao qui pèse suffisamment lourd pour obtenir des « choses ». De l’autre côté, il y a Bordeaux, Toulouse et Saragosse. De deux choses l’une : Soit nous considérons qu’au milieu de ce carré, il n’y a rien, soit qu’il y a quelque chose, à savoir une conurbation incluant Tarbes, Lourdes, Pau incluant Oloron et Orthez. Cette conurbation devient le centre d’un carré au lieu d’être rien.

AltPy – Comment se crée cette conurbation ?
Pierre Saubot – Il faut se parler et parler encore. J’aime bien la pièce de Racine, Andromaque, où « Oreste aime Hermione qui aime Pyrrus qui aime Andromaque qui aime son fils Astyanax ». Chacun regarde de l’autre côté. Les Basques regardent vers les Basque espagnols, les Béarnais regardent vers les Basques qui ne nous regardent pas. Les Bigourdans regardent vers les Béarnais et nous ne les regardons pas… Si, nous nous mettions à les regarder, peut-être que les choses commenceraient à avancer ?
Notre message, soutenu aussi par Max Moreau, par les Présidents des CCI de Pau et Tarbes, par des acteurs de la société civile et… certains rédacteurs d’Alternatives Pyrénées, va déboucher sur une première réunion qui aura lieu à la CCI de Tarbes le 3 juillet pour commencer à discuter de ce rapprochement. Un point de départ. Il faudra être efficace et simplifier une situation complexe. Pourquoi pas créer un « conseil de développement » comme le suggère Gérard Trémège ?
A titre personnel et en tant que Président de BAP, je propose des choses simples. Le territoire Béarn-Bigorre a des atouts considérables. Notre pays est dans une situation dramatique. Fixons-nous comme objectif de tout mettre en œuvre pour que notre action commune se mesure par une diminution du chômage. Faisons tout ce qui est nécessaire pour cela.

– propos recueillis par Bernard Boutin

PS : Parmi les autres projets de BAP : celui de positionner le Béarn (vallée d’Aspe ou vallée d’Ossau) comme voie de passage de la future TCP par un tunnel de moyenne altitude.
Le site de BAP : http://bap-europe.typepad.com/
Crédit photo : Jean-Michel Guillot / L’équipe de BAP devant d’un des tunnels de la nouvelle route Lerida-Sabinaningo qui vient d’ouvrir en Aragon. Pierre Saubot est le troisième en partant de la gauche.