La réforme territoriale ou à la conquête de l’Ouest

Capture   PhGNous pouvions espérer qu’à l’occasion d’une réflexion pragmatique, lucide, tenant donc compte des véritables enjeux des « limites territoriales », au service des femmes et des hommes y vivant et les animant – le bon sens l’emporte –

Nous n’avons que confusion, lutte d’intérêts personnels et calculs politiciens.

Et pourtant…

Cette réforme est nécessaire, tant pour réduire notre dette (un impératif), que pour rendre encore plus dynamiques nos régions (une nécessité majeure dans la mondialisation).

Pour cela et répondre à cette double attente, la simplicité et la légitimité devaient en être les clefs de voûte – Sachant que toute réforme entraîne des contestations – ces limites territoriales, si elles sont posées, ne doivent pas être prises comme des contraintes bridant les initiatives positives, mais comme des repères géographiques aux indicateurs et interférences multiples.

Aussi, aurions-nous pu fondre les départements dans les régions et avoir des conseillers territoriaux tant à l’échelle du département, qu’à celle de la région (le nombre d‘élus diminuant ainsi d’une façon significative). Des économies réelles et une efficacité plus grande dans la traçabilité des dossiers auraient contribué à revaloriser l’image de l’élu.

Quant aux régions, il suffisait de les laisser dans les limites actuelles, tout en renforçant leur pouvoir d’œuvrer ensemble sur les « dossiers transfrontaliers » où seul un travail d’équipe est pertinent.

Nous vivons dans un cadre européen et nos amis basques ont déjà entrepris une collaboration pouvant être prise en exemple.

Ainsi dans un second temps, ce « vivre ensemble » et les synergies communes, nous amenaient naturellement à la possibilité d’ouvrir par référendum, la fusion de telle ou telle région (comme cela a failli se faire dans le nord-est).

Toute politique est à évaluer à l’égard de ses applications concrètes sur le terrain. Que de dégâts sont à constater dans la façon totalement obsolète de nos gouvernants à prendre leurs décisions !

Des réformes oui, mais pas n’importe comment, ou n’importe quoi ! Auquel cas on obtient le résultat presque inverse…

L’énergie consacrée se perd dans les rouages qui ne servent pas le bien commun. L’élu n’apparaissant qu’au service de lui-même (alors qu’il s’agit d’une mission quotidienne méritant notre considération).

L’Ouest mérite aussi, une autre considération par ses atouts naturels, humains et économiques considérables.

L’Ouest mérite une union de projets, tant par son axe côtier que par sa double appartenance à la chaîne pyrénéenne et au piémont du Massif Central, l’unissant dans un véritable berceau.

Grand Ouest, terre du rugby et de l’aéronautique.

A ce sujet cela fait longtemps que les acteurs de ce secteur ont créé des alliances transcendant les baronnies régionales, et fournissent un autre exemple réussi, d’une vision globale pour réaliser des objectifs, créateurs de richesse et d’emplois.

Comment peut-on ignorer « ce qui marche » (ou « vole »…) en appliquant des oukases qui rivalisent d’arbitraire ?

Notre pays à de trop nombreux indicateurs au rouge pour se permettre un « énième amateurisme » de nos dirigeants.

Oui aux vrais réformes.

Non à celles, qui, pire que d’être ce la poudre aux yeux, dite poudre de Perlimpinpin – abîment et font perdre espoir – Alors que nous sommes nombreux à souhaiter, une vraie conquête de l’Ouest, comme ont su la faire vivre, les pionniers du bassin de Lacq, les coopératives agricoles et les visionnaires de l’aviation. Et l’expérience nous a appris la nécessité d’un véritable développement durable s’appuyant sur des réseaux modernes de communications (LGV) et respectant au mieux notre patrimoine naturel et historique –

Oui, Pau doit se tourner aussi vers Tarbes et Lourdes pour former une « métropole verte », qui puisse jouer dans la cour des grands.

Oui, la LGV doit nous rapprocher LGV de la vallée de la Garonne, qui irrigue deux très belles métropoles.
Bordeaux et Toulouse ont chacune une dot à faire fructifier ensemble et tirer « vers le haut » notre grand Sud Ouest, qui a aussi vocation à être ouvert au Portugal et à l’Espagne – porte de l’Afrique –

Une réforme territoriale s’inscrit dans une vision à long terme afin de rendre un véritable service aux citoyens.

Alors souhaitons qu’à l’Est, il y ait du nouveau.

– par un citoyen engagé
Philippe Guilhemsans

Béarn-Bigorre : Un partenariat plein de promesses

Capture d’écran 2013-07-04 à 09.36.14Grand messe, le 3 juillet, à la CCI de Tarbes avec près de 300 décideurs économiques et politiques du Béarn et de la Bigorre. Objectif : renforcer les liens entre le Béarn et la Bigorre. Acte un : la signature d’une convention entre les CCI de Pau et de Tarbes créant les conditions d’un dialogue approfondi entre les deux organismes consulaires autour des thématiques communes aux deux territoires.

Les Béarnais et les Bigourdans peuvent remercier les Basques. Sans le vouloir, ces derniers, à force de chercher à obtenir une collectivité territoriale à statut particulier, ont contraint les Béarnais, administrativement liés aux Basques dans le cadre du département des Pyrénées-Atlantiques, à tourner leurs yeux vers les « partenaires » les plus naturels qui soient : les Bigourdans. Même géographie, mêmes racines culturelles, même tradition industrielle, grande proximité et une toile de fond identitaire incomparable : les Pyrénées.

Il y avait urgence à organiser ces « retrouvailles » car « les forces centripètes » rejettent Béarn et Bigorre en-dehors des zones d’influence des métropoles régionales, Bordeaux et Toulouse, dont on sait que les pouvoirs vont s’accroître à l’occasion de la mise en place de l’acte 3 de la décentralisation.

Alors, faire avec les 600.000 habitants, des zones d’emplois de Pau et de Tarbes-Lourdes, une « métropole » qui puisse jouer dans la cour des grands était dans le tête de tous les participants présents au colloque. Regrouper Béarnais et Bigourdans, pour atteindre une masse critique minimum, devenait une obligation, face aux deux métropoles régionales mais aussi face à celle qui monte, la métropole basque française avec ses ramifications vers la puissante Euskadi « espagnole ».

Pour autant dans la tête de nombreux participants, les contours de la zone qui se dessine n’étaient pas figés : le sud du Gers, le sud des Landes et même le Pays Basque subissent aussi cet éloignement des capitales régionales. Béarn-Bigorre doit pouvoir devenir l’élément moteur d’une entité en gestation. Retour aux Pays de l’Adour ?

Au-delà des grands concepts, les intervenants du monde économique ne manquaient pas d’en appeler à du pratique, du concret : regrouper les actions de promotion pour les 6 stations thermales bigourdanes et les 3 béarnaises, travailler ensemble sur la formation des métiers de la métallurgie, défendre groupés l’accès direct par LGV du Béarn et de la Bigorre, l’amélioration de la RN 134, la TCP, la N21 ou encore la réouverture du « Canfranc », lutter contre le futur « désert ferroviaire au pied des Pyrénées » entre Bayonne et Toulouse etc.

Et pour montrer que Béarn-Bigorre n’est pas un vain concept mais déjà bien une réalité concrète au quotidien ; une réalité qui ne demande qu’à se développer, les exemples ne manquent pas : le Parc National des Pyrénées, N’Py, l’UPPA, le Crédit Agricole Pyrénées-Gascogne, le Parvis ou encore la Biscuiterie Védère, installée à Montgaillard (Bigorre), Monein (Béarn) et… Espelette (Pays Basque). Tous n’ont pas attendu après une hypothétique métropole pour faire vivre, chacun dans son domaine, le partenariat Béarn-Bigorre.

Les CCI de Pau et de Tarbes veulent accélérer le mouvement. Des commissions thématiques vont se réunir. Une cartographie de l’excellence des deux territoires va être mise en place. Des points vont être réalisés régulièrement. Une démarche qui tombe à pic, alors que les métropoles régionales vont être dotées de pouvoirs supplémentaires qui amplifieront notre « éloignement ».

Au citoyen maintenant de soutenir l’initiative. Alors, les politiques suivront…

– par Bernard Boutin

Grand Sud-Ouest, avenir des régions : Fiction ou fusion

Bearn Bigorre GSOLes derniers événements politiques, qui ont secoué la société Française, n’ont sûrement pas incité les Alsaciens à se rendre dans les bureaux de votes, pour adhérer au projet de fusion entre les départements du Haut Rhin et Bas Rhin de la région Alsace. Ce n’est pas parce que la région Alsace pionnière dans ce domaine n’a pas réussi, qu’il est interdit aux autres régions de tenter des rapprochements pour arriver à la fusion.

Cette possibilité, nous est offerte par la loi de réforme des collectivités territoriales de décembre 2010. Il serait dommage qu’après avoir vécu sous des décennies de centralisme administratif pesant, les régions ne profitent pas de cette opportunité nouvelle, offerte par l’Etat.

Ceci pourrait se traduire pour la région Aquitaine, dans un premier temps par un rapprochement actif avec la région Midi Pyrénées et pourquoi pas Languedoc- Roussillon, pour tendre vers la fusion, avec, pour objectif final la création d’une Euro-région Grand Sud- Ouest, homogène, fédérée par le massif Pyrénéen, qui traverse ces trois régions, avec à l’Ouest et à l’Est deux façades maritimes. Avantage indéniable, dont peu de régions en Europe peuvent se prévaloir. A cet ensemble, peut-être un jour, pourrons-nous proposer, à tous nos amis voisins du Sud, de nous rejoindre pour poursuivre d’un commun accord cette aventure.

Dernièrement, le journal La Dépêche du Midi a publié un article titré  » Béarn et Bigorre : Les feux de l’Adour » qui évoque un possible rapprochement entre le Béarn et la Bigorre. Cette approche chère à certains n’est pas crédible, dans le contexte économique de globalisation actuel, par contre, elle pourrait l’être dans le cadre d’une Euro-région. Il ne faut pas se voiler la face, 600 000 habitants, même avec du pouvoir d’achat, à l’échelon Européen, c’est tout juste une ville moyenne ! Surtout, que cette enclave, n’aurait pas de façade maritime, ni de débouchés viables vers le Sud.

Toutefois, quelques mots très significatifs de ce texte, qui sont  » Voire plus ….. « , ont particulièrement attiré mon attention. Cela, laisse supposer que côté région Midi-Pyrénées, des gens aussi cherchent à développer cette idée de fusion, à plus ou moins long terme. Dans bien des domaines, ces régions sont complémentaires, mais aucune n’atteint le seuil de compétence et crédibilité auprès de l’Opinion, des Administrations Françaises mais surtout Européennes pour mettre en avant leurs atouts, qui ainsi, se perdent dans les méandres administratifs actuels, Français ou Européens. Voir pour exemple la difficulté de la réouverture de la liaison ferroviaire Pau/Canfranc, qui démarre sans financement Européen et un très faible de la part de l’Etat Français.

Pour parvenir à cet objectif, à partir du consentement des Présidents des Régions, deux solutions seraient possibles :

– La première, serait la solution que j’appellerais  » Administrative Référendaire », qui a été utilisée par nos amis Alsaciens. Cela a l’avantage d’être rapide, mais fait courir le risque de l’incompréhension de la part des citoyens par manque de concret sur le terrain, surtout en période de difficulté économique.

– La seconde, serait une solution que j’appellerais  » Relationnelle « , plus longue à mettre en œuvre, mais qui obligerait chacune des composantes à apprendre à se connaître et se faire connaître, à juger les capacités d’ engagement des autres et à maîtriser l’ esprit de domination, des uns sur les autres. Cette solution serait sanctionnée au final par un vote (Référendum ou autre) et aurait l’avantage de se traduire sur le terrain par des actions concrètes, profitables aux citoyens.
D’une période de 3 à 5 ans, cette transition serait de la responsabilité d’un Conseil ou Comité de Surveillance, composé de représentants des Régions actuelles, de la Société Civile, de l’Etat. Sa mission serait de veiller en permanence l’avancement du projet, en fixant des objectifs et un calendrier, tout en faisant des propositions et des recommandations, à toutes les parties, avec un devoir de résultat pour atteindre l’objectif dans les délais impartis.

La situation actuelle fait qu’aujourd’hui, les régions sont sous l’influence d’un système d’influence « volumique » (sphère), qui fait que le plus fort attire toujours les plus faibles et capte la majorité des financements de projets. Dans le futur cadre d’une fusion, ce système pernicieux, devra être remplacé par un système d’influence « surfacique »(disque) qui mettra l’ensemble des villes ou des zones d’influences sur le même niveau d’action. Pour ce qui concerne notre future Euro région, ce système se composera de deux cercles d’influences concentriques, maillés entre eux et avec l’ensemble.

– Le cercle extérieur par un maillage avec les autres régions limitrophes pourrait se composer de pôles urbains et économiques existants ou à créer. (BAB sur la côte Basque, pôles, Bordelais, Périgourdin, Toulousain et Méditerranéen Montpellier, Narbonne, Perpignan)

– Le cercle intérieur que j’appellerais le  » cœur de région » pourrait se composer d’un réseau de villes moyennes, (Par exemple, Pau, Dax, Mt de Marsan, Agen, Albi, Castres, Carcassonne, Foix, St Gaudens, Tarbes, Lourdes), qui par un maillage, pourrait influencer des villes plus petites par des zones satellitaires qui graviteraient sur ce même plan.( Par exemple ,Pau/Tarbes/Lourdes, Pau/Oloron/Orthez ou Mauléon/St Palais/St Jean Pied de Port).

Ce système, révélerait très vite les points forts et faibles de ces zones, sur lesquelles devraient porter en priorité les efforts de dynamisation de l’Euro-région. A la notion de distance physique (km), seule prise en compte dans le système actuel et que l’on cherche à supprimer par tous les moyens, devra s’ajouter la notion de distance  » fonctionnelle ». Immatérielle aujourd’hui, mais qu’il faudra nécessairement valoriser et prendre en compte demain. Pau est bien physiquement à 30 km de Tarbes, mais fonctionnellement à mille lieues. Demain, il faudra tendre au rapprochement de ces deux notions. Avec cela, toute la relation Piémontaise Béarn/Bigorre trouvera tout son sens. Des projets actuels d’importance capitale aux yeux de certains, deviendraient secondaires, d’autres, anodins aujourd’hui, prendraient de l’importance. A ce moment-là, il faudra peut-être créer plus de lits hospitaliers, à Auch ou Marmande, qu’à Bordeaux ou Toulouse ou rouvrir des écoles en milieu rural, pour en fermer en ville.

Cette phase de démarrage pourrait se traduire par l’une ou l’autre des solutions suivantes :

– Soit, on fait le choix d’actions structurantes pour l’avenir de l’Euro-région (Par exemple rénovation complète de la ligne ferroviaire Hendaye/Narbonne avec renouvellement des matériels ou toute autre action de cette envergure).

– Soit, on fait le choix d’actions de terrain, moindres, plus nombreuses, mais impliquant les citoyens des zones limitrophes des régions actuelles (Aquitaine/Midi-Pyrénées ou Midi-Pyrénées/Languedoc/Roussillon).

Pour ne pas reconduire le schéma actuel d’influence des grandes villes Bordeaux, Toulouse, Montpellier, il faudra choisir une  » capitale Euro-régionale » parmi les villes moyennes du  » cœur de région « .
Maintenant, à nous citoyens, de faire comprendre à nos responsables l’intérêt de cette évolution, à faire que dès demain, des initiatives voient le jour, pour que la fiction ne reste pas un vain mot, mais devienne une vraie fusion.

– par Michel Lacanette