Le Béarn, la France : politique et religion

gaveorthezDans le débat public la religion fait un come-back remarqué. Cela, d’une part, à cause sans doute de ce qu’il est convenu d’appeler l’islamisme, d’autre part à cause des propos de François Fillon. (au passage que de François !!!)

(Fillon qui ne semble plus se rappeler qu’il est passé par le gaullisme social, Bayrou, l’archange de Bordères, François le pape italo-argentin nouvel icône comme Gandhi ou Mandela).

Bon, revenons à nos moutons voire à nos agneaux (agnus dei qui tollis Fillon et Bayrou connaissent sûrement la suite .) puisque monsieur Fillon, le chevalier à la triste figure, souvent un peu morose possessionné dans la Sarthe, abonné à la seconde place sous Philippe Séguin et sous Nicolas Sarkozy, vainqueur de la primaire de la droite, s’est déclaré gaulliste et chrétien .

Gaulliste, à droite comme à gauche, cela ne mange pas de pain et cela pose son homme. Le mélange des deux pourquoi pas sinon qu’en France et en Béarn c’est beaucoup plus inhabituel.

En Béarn l’archange de Bordères, actuellement maire de Pau, appartient à cette frange qu’on appellerait en Allemagne ou en Italie des démocrates chrétiens. Une frange modérée en économie et sur les valeurs traditionnelles d’essence chrétienne, une frange aussi européenne avec l’Europe vue d’abord comme un espace de paix et, secondairement, comme un marché commun.

Rappelons que les pères de l’Europe Konrad Adenauer, le Luxembourgeois Joseph Bech, l’Italien Alcide De Gasperi, et les Français Jean Monnet, Robert Schuman et aussi de Gaulle participaient largement de cette idéologie plus spécifiquement sur l’aspect chrétien.

Mais dans tous les cas de manière privée et jamais comme une idéologie proclamée.

En France plus qu’ailleurs où la laïcité et la séparation de l’église et de l’état sont plus fortement affirmées.

En cela on peut imaginer que l’inconscient politique et religieux en reste fortement influencé. En effet les protestants sont fortement imprégnés de laïcité et de républicanisme. Aussi cette confusion cette « Mesclagne » dit on ici et en Gascogne, choque sans doute plus qu’ailleurs.

Mais le jeu politique ce n’est évidemment pas une histoire de curés ou de pasteurs (sauf, peut-être, à Orthez la Rome ou la Mecque du protestantisme béarnais) mais c’est une histoire de ruses et de stratégies et au delà bien sûr, faut-il espérer, de convictions et de valeurs.

A ce jeu le pourtant placide François de Bordères, plus qu’aucun autre politique, est tout à coup excité comme une ourse défendant ses oursons quand la saison des élections présidentielles approche.

Il est vrai qu’en 2007 avec presque 20% il faillit emporter le gros lot et qu’en 2012 il atteignit 10 % malgré la guerre menée contre lui par le petit Nicolas .

Alors en 2017 d’aucuns l’ont vu marié avec Fillon .

Mais justement la proclamation de sa foi catholique les a brouillés (c’est, du moins, la version officielle) d’autres (ceux qui savent toujours tout ) le voient bien en renfort du petit Macron.

Peut être a-t-il compris que son tour était passé. Et puis ce bouillant jeune homme qui n’est ni de droite ni de gauche, une manière de s’affirmer centriste sans le dire est un peu de son camp. Et ce dernier bien qu’élevé chez les jésuites pense que toutes les religions comme la laïcité ont leur place.

Ce qui ne mange pas de pain .

Pierre Yves Couderc
Entre François et François

Lassalle fait chanter la salle

5076045lpw-5076096-article-jpg_3739779_660x281   La course présidentielle a toujours donné lieu en France a des candidatures « originales », et cette année, le Béarn présente Jean Lassalle. On connaît les tocades de l’élu de la vallée du Lourdios, de sa chansonnette à sa grève de la faim à l’Assemblée Nationale ou son insolite tour de France à pied.

Lancé dans une improbable candidature à la présidentielle, il avait décidé de rassembler ses soutiens à Lyon, et La République nous permet, grâce à la vidéo ci dessous, d’avoir une vision plus claire de son programme :

http://video.larepubliquedespyrenees.fr/jean-lassalle-galvanise-ses-troupes-a-lyon_x4wttkl.php

Cette vidéo pose néanmoins plusieurs questions :

Pourquoi avoir choisi Lyon alors qu’Asasp aurait été beaucoup plus économique pour les participants ?

Plus sérieusement, quelle image est donnée aux français par ce genre de prestation venant d’un député élu et ré élu depuis des années ?

Quelle est la motivation des Basques et Béarnais, citoyens de sa circonscription pour donner mandat à un tel « curieux » personnage ?

Finalement, la démocratie permet beaucoup, et c’est très bien, Jean Lassalle dépassera t il Coluche ?

Sur les bords de la Tamise, un beau soir d’été… bilibilibi bilibilibi oh la là ! …

    Daniel Sango

Credit photo : Le Point.fr

Le fait du prince

imagesTraditionnellement l’inauguration de la foire de Pau est l’occasion pour le monde politique qui a peur d’avoir été oublié pendant la période des vacances, de reprendre la main par des déclarations provocantes. C’est ainsi parce qu’il n’y a rien de pire pour un élu que de ne pas faire parler de lui. Cette année François Bayrou a fait fort.

Il faut en effet occuper le terrain, surtout lorsqu’on a des ambitions nationales. Rappelons pour bien préciser les choses, que François Bayrou sera candidat à la présidentielle si, lors de la primaire de la droite, Alain Juppé est battu par Nicolas Sarkozy. La primaire ouvre un débat qui autrefois avait lieu en interne dans les partis et surtout confie à ceux qui voudront y participer par leur vote, le soin de désigner leur candidat. Une façon d’être déchargé de la responsabilité d’avoir envoyé au charbon un candidat que le suffrage universel refuserait ensuite. François Bayrou avait dit lors de la campagne des élections municipales qu’il serait totalement disponible pour Pau. Un récent sondage organisé par le journal « La République », fait ressortir que plus de 69% des sondés (1894) ne souhaite pas que l’édile palois se présente à la présidentielle. Peu lui importe, le prince a changé d’avis.

Autre point qui résulte de sa seule volonté : l’armement de la police municipale. A ce propos, le préfet ne semble pas très pressé de lui en donner l’autorisation. Dans une interview récente, à la question de savoir si ce choix sera débattu en conseil municipal, François Bayrou répond que cette décision est de la compétence du maire. Tiens donc ! et en vertu de quel principe, un sujet de cette nature échapperait à un débat. Il semble pourtant que le sujet est d’importance. Mais le fait du prince permet d’éviter un débat.

L’inauguration de la foire exposition a été l’occasion pour le président de Communauté d’Agglomération de Pau Pyrénées d’annoncer que désormais cette instance se nommera Pau Béarn Pyrénées. Bon ! après tout. Cela n’a pas en soi une importance déterminante. Mais pourquoi donc cette décision ne résulterait que de la seule volonté de François Bayrou ? Les motivations annoncées par le maire de Pau restent plutôt obscures. En Béarn dit-il, la citoyenneté tient au sol et autrefois les gendres qui arrivaient, prenaient le nom de la maison. Il ne dit pas qui, en la circonstance, est le gendre. Et si c’était la CDAPP le gendre ? Le prince pourrait-il être le seul à décider sans aucune concertation ?

Enfin dans les mêmes circonstances, François Bayrou a annoncé qu’il souhaitait l’ouverture, à la Fac de Pau, d’une première année de médecine. Outre le fait que ce domaine n’est pas de sa compétence, on est en droit de s’interroger sur la pertinence d’une telle annonce. On sait en effet qu’à titre expérimental, au cours du second trimestre de l’année 2016 – 2017, un certain nombre d’étudiants en médecine viendront à Pau tester les outils mis à disposition pour un tel enseignement. Le maire de Pau est donc en train de récupérer à son compte une décision qui ne lui appartient en aucune manière. Là encore l’effet d’annonce d’un prince qui veut nous laisser croire qu’il est à l’origine de tous les choix.

C’est ainsi, la vie politique de notre pays est ponctuée de ce genre de déclarations. Là où cela devient inquiétant c’est lorsque ces choix ne résultent que de la volonté d’un seul. Les principes de notre démocratie auraient-il changé ?

Pau, le 14 septembre 2016
par Joël Braud

Pays Basque : pour quoi faire ?

bearn_pays_basque_1200_696_70   L’organisation territoriale française est le résultat d’un empilement de décisions plus stupides les unes que les autres, uniquement guidées par la « scupidité » et l’addiction au pouvoir de nos élus.

Pourtant, tout avait bien commencé. Nos ancêtres avaient compris qu’il fallait une logique à l’organisation de la décentralisation. Les communes avaient pris le relais des paroisses, le peuple se déplaçait en sabots, les fonctionnaires de l’État à cheval. C’est fort logiquement que le département avait été dimensionné à partir de la distance que pouvait parcourir le préfet en une journée de cheval…

Depuis, train, automobile, portable, ont modifié le fonctionnement des citoyens, pas celui de nos Maires qui restent arc-boutés chacun sur SA paroisse, inventant les histoires les plus démagogiques pour convaincre le peuple que rien n’a changé et que les limites de son petit royaume sont optimales. Il n’en est rien bien sûr, et le bassin de vie qui correspondait au village s’est agrandi. Tout le monde s’en est rendu compte en Europe, depuis plus de 40 ans. Pas nos Maires, pourquoi ?

Evidemment nos vrais hommes politiques l’ont compris, mais que faire pour lutter contre ces petits maires et leurs obligés, sénateurs et députés ou contre tous les encartés qui cherchent désespérément un emploi d’élu ?

Ce fut, dans la logique bien française, la création de l’intercommunalité, plus vaste, censée correspondre au bassin de vie, sous tendue par la logique indiscutable de la fiscalité. Un regroupement où tous partagent un intérêt commun, s’appuyant sur une fiscalité « plus homogène ». La vision du législateur, était de faire des économies d’échelle par transfert des compétences à l’intercommunalité en mutualisant les moyens, par le volontariat, rien que de très commun dans la vraie vie… Avec bien sûr l’espoir de rendre les communes inutiles puisque dépouillées à terme de toute compétence.

On connaît le fiasco de cette démarche, la Cour des Comptes a eu l’occasion d’en montrer tous les méfaits à de nombreuses reprises :

– des limites construites par copinage entre Maires et non pas basées sur la logique des bassins de vie (Pau en est l’exemple caricatural…)

– aucune économie d’échelle, pire une inflation incroyable des dépenses de fonctionnement, les communes continuant à embaucher et les inter communautés aussi : bref une honte.

– la volonté des Maires de transférer, sans vraiment transférer, puisque la stupide compétence générale permettait à tous de tout faire !

– …etc.

Puis vint la grande confusion de ces dernières années où le pouvoir de droite puis de gauche ont montré à quel point nos politiciens sont incapables d’organiser la décentralisation :

– tentative de suppression du département avortée suite à la mobilisation de la horde de Conseillers Généraux

– re découpage des régions pour … au fait pour quoi ? On se le demande puisque tous les élus ont été conservés, que les régions ont annoncé que chacun resterait un peu sur son territoire précédent et qu’il n’y aurait pas d’économies …

– remise en (dés)ordre des intercommunalités et EPCI . C’est là où nous en sommes, et là où notre région bat tous les records…

Ainsi donc l’Etat a demandé aux élus de découper à nouveau nos intercommunalités. Et c’est là que commence l’invraisemblable naissance du « monstre » Basque.

Nos Maires avaient bien compris que pour maintenir leur pouvoir il fallait absolument que le contour de l’intercommunalité, censée remplacer les communes à terme, n’ait ni tête ni queue et soit la plus vaste possible, au delà du bassin de vie, devenant ainsi ingérable. C’est ainsi que Davis Habib avait commencé à élargir son territoire, ou que JP Mimiague avait construit une intercommunalité où, par on ne sait quel miracle, Serres Castet et Montardon étaient dans le bassin de vie de Garlin ou Lembeye …

Mais encore plus fort, certains Basques virent là l’occasion unique de créer une entité régionale légale tout en entérinant la pérennité des communes actuelles … Ce qui est incroyable c’est que cette démarche totalement illogique ait été soutenue par la préfecture ! Et c’est maintenant fait puisque 80 communes ont approuvé cet EPCI. Les Basques battraient donc Paris et le Grand Paris qui regroupe 124 communes, mais là il existe de vraies raisons à un tel regroupement !

Bien évidemment au Pays Basque aujourd’hui il existe au minimum trois bassins de vie correspondant d’ailleurs peu ou prou aux 3 provinces historiques. Que peuvent mettre en commun les habitants de Tardets et ceux de Bayonne ? Rien. Les préoccupations d’Hendaye sont elles celles de Saint-Jean-Pied-de-Port ? Non bien sûr, nous sommes dans des bassins de vie complètement différents. Se pose alors la question de fond pour cette intercommunalité qui rassemble 10 anciennes intercommunalités, 158 communes :

UNE INTERCOMMUNAUTE DE 158 COMMUNES POUR QUOI FAIRE ?

Et là, ne cherchez pas, aucun de ces politiciens vous dira dans quel but, pour quelle optimisation, et surtout pour quels gains ! Pas un mot crédible sur l’intérêt d’une intercommunalité de 158 communes, d’ailleurs ingérable.

Cela commencera d’ailleurs par des choses amusantes, combien d’élus pour cette assemblée ? Si tout le monde veut être représenté et que les grosses communes pèsent plus ce sera plusieurs centaines, ce serait 232 … Bonjour les débats, non, les dégâts ! Car un certain nombre de poids lourds sont opposés à cette démarche (Biarritz, Anglet, Bidart, Boucau ) et toutes les communes ne se sont pas prononcées.

« La loi NOTRe prévoit de nouveaux transferts des communes membres vers les communautés de communes et les communautés d’agglomération :

– compétences en matière de développement économique ;

– promotion du tourisme (art. L5214-16 et L5216-5 CGCT) et création d’offices du tourisme, à partir de 2017. Deux exceptions permettent toutefois de conserver des offices de tourisme communaux : dans les communes « stations classées de tourisme » et sur les sites disposant d’une « marque territoriale protégée », notion introduite par la loi NOTRe dans le code du tourisme et qui sera définie par décret ;

– aménagement, entretien et gestion des aires d’accueil des gens du voyage, à partir de 2017 pour les communautés de communes (art. L5214-16 CGCT) et pour les communautés d’agglomération (art. L5216-5) ;

– gestion des milieux aquatiques et prévention contre les inondations (GEMAPI) à compter du 1er janvier 2018 ;

– eau et assainissement, collecte et traitement des déchets ménagers, en 2020.

 En matière d’urbanisme, les communautés de communes et les communautés d’agglomération vont se voir transférer la compétence d’élaboration des PLU (plans locaux d’urbanisme) sauf en cas d’existence d’une minorité de blocage qui est maintenue telle que prévue par la loi ALUR (au moins 25% des communes correspondant à 20 % de la population). Par ailleurs, dans les domaines se rapportant aux pouvoirs de police « spéciale » transférés, le président d’un EPCI à fiscalité propre se substitue dans tous les actes du maire, à la date du transfert.  » (vie-publique.fr)

Peut on imaginer un PLU intercommunal de 158 communes ? Bien évidement non.

Mais le tourisme, oui bien sûr ! Enfin il faudra quand même clarifier car aujourd’hui c’est une compétence des communes (Biarritz mène sa politique touristique), mais aussi du Conseil Général où il est dirigé par un Comité Départemental de 15 membres (Max Brisson Président lui même favorable au Pays Basque)

« La Loi NOTRe, dans le cadre des compétences partagées, a conforté les départements comme un des partenaires majeurs d’une politique touristique publique partenariale.

Dans ce cadre, nous nous sommes engagés à prendre en compte les différentes réalités des Pyrénées – Atlantiques, au plus près des acteurs économiques et de nos territoires touristiques. C’est ainsi que deux instances de consultations et de débat ont été mises en place : le Conseil de Destination Béarn Pyrénées et le Conseil de Destination Pays basque ». (Site du Conseil Départemental)

Faudrait savoir ! Quel bazar !

Et le développement économique ?

Ah oui, là c’est pire encore car c’est aussi la compétence des communes, mais le Département ne renonce pas à lâcher cette compétence qui pourtant est avant tout celle des nouvelles Régions ! Nouvelles Régions qui d’ailleurs n’ont guère de pouvoir à côté de l’Etat ou de l’Europe en la matière !

Avec la BCE l’Europe influence la parité de l’euro, fixe des taux nuls, attribue les aides comme la PAC, fixe les règles du marché unique. L’État quant à lui a la haute main sur le coût du travail, la fiscalité aux entreprises, les aides. Reste la main-d’œuvre et sa qualification pour laquelle c’est la Région qui est en charge de la formation professionnelle avec l’État et les partenaires sociaux. Et puis avant tout, on l’oublie un peu ce sont les entrepreneurs qui font le développement économique. On le voit le rôle de nos politiciens locaux est plus que marginal, alors qu’ils s’en gargarisent comme s’ils avaient une influence quelconque dans ce domaine.

Vous avez compris, si nos politiciens qui n’ont jamais travaillé dirigeaient des entreprises elles auraient toutes fait faillite !

Ce qui est étonnant c’est que la CCI locale supporte la démarche…on y verrait un geste désespéré pour ne pas disparaître alors que l’État souhaite concentrer cette organisation au niveau des Régions…

Evidemment la minorité autonomiste / indépendantiste y voit la concrétisation d’un rêve, et les élus professionnels un nouveau gisement de postes bien rémunérés.

Car ce qui est visé ce n’est pas de modifier et d’optimiser le fonctionnement des communes, mais bien de voir cette intercommunalité s’approprier les compétences du Département et de la Région... voire plus…

 Certains ont déjà des idées, le Maire de Bayonne se verrait bien Président du Pays Basque, JR Etchegaray, ça sonne bien non ? Avec une armée de fonctionnaires, un ministre des affaires étrangères et un parlement Basque pouvant recevoir plusieurs centaines d’élus, là au moins ce serait de la gabegie de haut niveau, bonjour les impôts ! Notre cumulard JJ Lasserre tremble de son côté, car bien entendu il s’oppose à cette démarche qui voit ainsi son Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques atteint d’une tumeur imposante et ses chances de ré élection au sénat réduites à néant. Le Maire de Biarritz est lui aussi contre, pourtant ces trois là faisaient parti historiquement des militants amis de F Bayrou. Le Béarnais quant à lui a lancé le Pays de Béarn, un étage de plus dans le mille feuille français, dont l’intérêt est nul à l’évidence, au milieu de tous ces strates voulant tous tout faire, mais en fait ne faisant pas grand chose…

Mais soyons objectif, les béarnais ne font pas beaucoup mieux que les basques, le préfet n’a pas osé imposer une vraie logique à l’agglomération paloise, Serres-Castet, Montardon ou Buros n’auraient donc rien à voir avec Pau, c’est bien connu…

Pendant ce temps, les Conseillers Départementaux continuent à se déplacer à cheval et sont prêts à tout pour maintenir le département, cet échelon intermédiaire qui aurait dû disparaître avec les maréchaux-ferrants…

On le voit, nos élus locaux sont incapables de proposer des organisations logiques et efficientes, avec des objectifs concrets quantifiés. Mais je crains que ce vocabulaire soit peu usité par nos politiciens de pacotille…

Daniel Sango

Crédit photo : Conseil Départemental des PA

Béarn Adour Pyrénées, enclavé ?

lgv dettes   On remercie Béarn Adour Pyrénées de donner la primeur de ses réflexions à AP ( « Arrivée de la LGV à Bordeaux : le point de vue de Béarn Adour Pyrénées » ). Sud Ouest reprend cette déclaration, mais on ne peut que s’étonner une fois de plus du peu de questionnement des journalistes de SO. http://www.sudouest.fr/2016/04/20/tgv-l-association-bearn-adour-pyrenees-veut-plus-de-paris-pau-2336233-4344.php

Tout d’abord il faut reconnaître l’abnégation de P Saubot pour tenter de défendre des projets qui sont déjà abandonnés. On ne refera pas le débat du barreau de Pau, tout le monde sait, a commencer par BAP, que c’est une aberration économique et que fort heureusement le combat est perdu depuis très longtemps.

Concernant la desserte de la Côte Basque qui disposerait de deux TGV de plus, que Pau, c’est tout simplement de la pure logique. D’un côté la ligne part d’un cul de sac (Tarbes et Pau) de l’autre la ligne se prolonge et se prolongera vers l’Espagne avec le gros bassin de vie du Pays Basque Espagnol.

D’ailleurs, c’est le critère économique lié au remplissage qui décidera. La politique menée aujourd’hui par l’Etat et les Régions qui subventionnent à tout va la SNCF n’est plus acceptable. Les rapports de la Cour des Comptes montrent que les taux de remplissage des TER sont beaucoup trop faibles et en conséquence ses coûts beaucoup trop élevés pour le contribuable. Il faut rajouter la faible productivité de la SNCF, c’est un vrai handicap, qui osera enfin s’y attaquer ?

Quant à l’enclavement supposé du Béarn l’histoire passée de l’implantation de Turboméca, Lindt, Total, Euralys, etc…montre que cela ne fut en aucune manière un handicap. Et depuis les choses se sont bien améliorées.

Reste au contraire un point majeur : Quand allons nous enfin fermer deux des trois aéroports (Tarbes Pau, Biarritz) qui ne survivent que grâce aux contribuables et à l’obstination de nos politiciens ?   Même les organismes du transport aérien le disent :

Le Board of Airlines Represantatives (Bar) en France dénonçait récemment le « nombre pléthorique d’aéroports en France dont les coûts sont finalement supportés par les compagnies aériennes opérant en France sans bénéfice pour le transport aérien dans son ensemble ». « Il y a 84 aéroports en France métropolitaine qui ont des passagers commerciaux. 66 se répartissent environ 4,3% du trafic français. Et 40 aéroports représentent moins de 0,3% du trafic soit environ 300 000 passagers », remarque Jean Pierre Sauvage président du Bar France.

 Le contribuable est également mis à contribution. « Malgré certaines exceptions notables, en deçà d’un certain seuil de trafic, aucun des aéroports décentralisés n’équilibre son exploitation sans subvention » rappelle la Cour des comptes.  Au-dessous d’un million de passagers (soit pour 138 des 155 aéroports français), il est en effet presque impossible pour un aéroport d’être rentable.

Ainsi, « dans plusieurs cas, les subventions d’exploitation ont représenté chaque année des montants supérieurs à 100 € par passager en moyenne entre 2000 et 2006 », précise la Cour.

On le voit, ce n’est pas nouveau.

C’est curieux, Sud Ouest se réveille aujourd’hui …

http://www.sudouest.fr/2016/04/21/a-t-on-besoin-de-tous-ces-aeroports-madrid-moins-cher-depuis-biarritz-2336797-4037.php

Ainsi que J Glavany autre visionnaire :

http://www.sudouest.fr/2016/04/18/glavany-pour-la-fusion-des-aeroports-de-pau-et-tarbes-2334170-4344.php

Relisez plutôt Alternatives paloises : « Un aéroport ça va, trois, bonjour les dégats … » publié sur Alternatives Paloises il y a 6 ans …

http://www.alternatives-paloises.com/article.php3?id_article=3695

 

par Daniel Sango

Entendre Jean Lassalle

imagesJean Lassalle vient de faire connaître sa décision d’être candidat à l’élection présidentielle de 2017. Certains sont tentés d’esquisser un sourire dubitatif sur le sérieux de cette démarche. Même si ses chances de décrocher la timbale sont quasi inexistantes, il n’en demeure pas moins que cette candidature n’est pas sans susciter un certain nombre de réflexions dans le contexte politique français.

D’abord parmi les motivations qui agitent Jean Lassalle ; sans doute une certaine rancœur à l’égard d’Alain Juppé. Souvenons-nous qu’au moment des élections régionales, le maire de Lourdios-Ichère avait manifesté le désir d’être tête de liste à droite. Alain Juppé s’y était opposé lui préférant sa première adjointe, Valérie Calmels. Ainsi écarté, Lassalle pense pouvoir se rappeler maintenant au souvenir de celui qui n’est pas encore le vainqueur de la primaire en lui glanant quelques voix.

Mais à côté de ce qui n’est que de la politique politicienne, il ne faut pas oublier une démarche que le Béarnais est le seul à avoir entrepris. Il a sillonné la France sur une distance de 6000 kilomètres avec comme objectif d’être à l’écoute des Français. Une démarche de proximité qui ne doit pas être traitée par le mépris tant elle est exceptionnelle et répond à un souhait très fort de nos concitoyens : être entendus. Il en a tiré des enseignements qui ont donné lieu à un livre (A la rencontre des Français  – Cherche-Midi) d’où il ressort que notre pays est au bord de la révolution, peut-être même de la guerre civile, parce que le peuple rejette la classe politique dans son ensemble et cela sans tenir compte de l’appartenance à un parti.

Les Français, en effet, rejettent la classe politique d’une façon qu’on n’imagine pas. Un sondage récent – février 2016 – de l’institut Elabe révèle que 78% des personnes interrogées se disent prêtes à voter pour un candidat n’appartenant pas à un parti politique à la prochaine élection présidentielle. Le député des Pyrénées Atlantiques s’est mis en congé du MoDem dont il était vice-président. De fait, il prend ses distances avec François Bayrou (son ami de quarante ans). Il n’appartient donc plus a un parti politique. S’il n’y avait que Jean Lassalle à adopter cette attitude, mais il y en a d’autres ; parmi les députés, citons Serge Grouard député Les Républicains, Philippe Noguès, député PS, Pouria Amirshani également député PS, Jean-Christophe Fromantin, député UDI et maire de Neuilly, et enfin Isabelle Attard, députe EELV puis Nouvelle Donne. Ces élus se rebellent contre leurs partis de la même façon que notre Béarnais.

Par son choix de candidat à la présidentielle, l’édile de Lourdios-Ichère dit bien qu’il ne se considère plus comme un membre de ce monde politique usé jusqu’à la corde, aux promesses non tenues et incapable d’apporter des solutions aux problèmes des Français. Son refus d’être placé sous les ordres d’un parti est acté. D’ailleurs dans ce discours de disqualification il faut citer le livre de Philippe Pascot, « Pilleur d’État » éditeur Max Milo, où la classe politique, plus exactement une certaine classe politique, est proprement fustigée en raison des privilèges qu’elle s’est octroyée. D’une manière générale les politiques ancrés dans leurs fonctions finissent par provoquer la méfiance des électeurs, il n’y a qu’à voir le taux d’abstention.

Alors en se lançant seul, sans troupes, sans moyens, sans réel programme, sans être assuré d’obtenir les cinq cents signatures, Jean Lassalle prend le risque d’un échec. Sans doute, mais il aura alors traduit par un témoignage médiatisé ce que les citoyens français qu’il a rencontrés lors de sa longue marche lui ont dit de leur lassitude à entendre des promesses intenables, des politiques qui s’incrustent, cumulent les mandats et en profitent. Un témoignage plus qu’une candidature en quelque sorte, ne riez pas !

Pau, le 28 mars 2016
par Joël Braud

crédit photo : huffingtonpost.fr

La nouvelle Oloron-Lescar

BA CaptureLa nouvelle route Oloron -Lescar est vitale pour l’avenir du Haut-Béarn, le projet doit aller d’urgence à son terme sur la bande des 300m actuelle, selon Béarn Adour Pyrénées (BAP)

Le comportement de certains opposants à ce projet est pour le moins inconséquent, au pire destructeur. Qui sont les responsables de 95% du gel des terrains sur la bande de 300m entre Oloron et Lescar sinon ceux qui ont empêché sa réalisation depuis des années. Si la route était faite, seuls les 5% nécessaires auraient été occupés et le reste serait libéré depuis longtemps pour le plus grand bonheur des agriculteurs, des promeneurs, des ramasseurs de champignon et de tous. Peut-être ceux qui menacent d’attaquer le Conseil Départemental tentent-ils de faire oublier leur outrecuidance. À moins qu’ils n’aient des projets de lotissement sur tout ou partie de l’emprise foncière actuellement gelée. Ce qui serait le comble du mépris au bon sens. Qui subit les conséquences de l’ absence de nouvelle route: les habitants de Cardesse, Monein, Lasseube, Lacommande,…. qui voient leur patrimoine dévalué, leurs routes surchargées, détériorées, effondrées, coupées parfois pendant des mois, les salariés et entreprises d’Oloron qui sont pénalisés par l’enclavement, les lecteurs qui sont désinformés alors que tout le monde sait que la réalisation indispensable de cette route peut coûter moins de 200 millions d’euro d’ argent privé, avec un impact écologique très positif. Bref, Béarn Adour Pyrénées exhorte le Conseil Départemental, qui a toujours été favorable à cette nouvelle liaison, à tout faire pour que la bande des 300m soit maintenue sur tout le trajet prévu à l’origine et pour que le projet soit réalisé sans délai. Il y va de l’avenir économique du Haut Béarn et de la sécurité des riverains et des usagers des routes actuelles.

Pierre Saubot,
Président de Béarn Adour Pyrénées

La joie et la douleur. Enfance d’un concept.

rubensL’année dernière l’archange de Bordères, ci-devant maire de Pau et bientôt roi du pays Béarn proposait comme sujet de dissertation : le bonheur. Il se propose, par ailleurs, d’annexer la Bigorre au futur pays de Béarn : de quoi nous ravir puisque c’est le fief de Marie-Magdeleine notre petite déesse aux baronnies qui, passionnément, a aimé son enfant en sa gentilhommière des Baronnies semée de paons et de grands arbres.

Le bonheur est un concept très riche auquel on peut rattacher le plaisir, la plénitude, la joie l’accomplissement et la sérénité…

D’évidence un joli sujet pour lequel monsieur PYC n’avait pas rendu de copie. Il est vrai que l’archange, un rien goujat, ne l’y avait pas invité. Cette année, marquée par les attentats, c’est l’enfance qui a été choisie : pas vraiment un un concept pas vraiment un sujet. Une sorte d’ attrape tout, certes universel et rassembleuse, mais pas forcément éclairant notamment dans les temps tragiques que nous traversons.

Par ailleurs le journal le monde nous parle, chaque jour, dans une chronique sensible et individuelle racontée par les proches les vies brisées et des corps martyrisés sous la mitraille djihadiste- aveugle et fanatique- dans les attentats de Paris. Une chronique bizarrement nommée «en mémoire» plutôt que «in mémoriam» sans doute trop connoté ou trop vielle France.

Des portraits sensibles et des photos pas trop hagiographiques mais très bien réussis sur une le contenu d’une feuille au format A4, qui racontent l’espace étroit et lumineux d’une vie – Peut-être d’une âme entre deux corps.

Peut-être une sorte de définition à contrario de la notion de bonheur.
Dans l’ensemble de jeunes adultes selon une définition indéfiniment étirée disons de 25 à 45 ans. Des happy fews, souvent voyageurs, dans les métiers de l’art et de la communication éventuellement de l’ingénierie ou du commerce.

Dans les temps anciens à 12 ou 13 ans soit l’âge de la puberté vous deveniez un homme ou une femme à 13 ans. Même si dans nos Pyrénées l’âge du mariage comme dans l’aristocratie était indéfiniment repoussé à presque 30 ans pour des raisons malthusiennes et pour protéger les patrimoines et renforcer une endogamie vécue comme un idéal protecteur.

Où l’on retrouve Marie-Magdeleine, la déesse aux Baronnies, son corps blanc ou ambré suivant la saison et ses yeux myosotis. Pervenches aussi parfois, les yeux.

Une madeleine chantée par Brel.

Ce soir j’attendais Madeleine
Tiens le dernier tram s’en va
On doit fermer chez Eugène
Madeleine ne viendra pas
Elle est pourtant tellement jolie, elle est pourtant tellement tout ça
Elle est pourtant toute ma vie…

Cette madeleine là (Marieke en flamand) ce n’est pas cette Marie-Magdeleine portraiturée par Rubens le plus célèbre des flamingants dans le tableau en illustration. Un chef-d’œuvre absolu d’un Rubens qui, pour une fois, à su canaliser son emphase et qui peint un Christ fort et musclé : sexué pourrait-on presque dire dans un corps musculeux et blanc comme la mort qui le prend et qui doucement s’affaisse et s’abandonne dans les bras de Marie-Magdeleine vêtue de bleu.

Peut-on souhaiter aux défunts du petit Cambodge ou du Bataclan dans l’au-delà dans lequel on les a projetés d’être accueillis ainsi suivant leur foi ou leur non foi. Même si eux, très probablement, ne ressusciteront pas.
Et nous pour illustrer la notion de bonheur nous avons réçu de Marie-Madeleine aux baronnies un petit message joliment troussé comme quoi elle avait bien reçu les chocolats que nous lui avions envoyés auxquels nous avions joint un peu hypocritement des affaires laissées chez vous et sans vous parler d’une lettre, cent fois refaite, que vous aviez jointe et qu’elle a forcément lue.

D’autant cette Marie-Madeleine c’est celle de Brel pétulante de joie et de féminité toute chargée de fantaisie. Mais aussi l’infirmière compassionnelle et miséricordieuse qui accompagne ses malades, parfois en fin de vie, dans le joli pays où elle exerce sa profession, et qui, en sortant, certainement doit couper les griffes de Célestine la chatte, un rien enveloppée, qui accompagne le malade à même le lit et , du coin de l’œil, lorgne les souris.

Comme on aimerait être le Christ accueilli ses bras et lui promis au mythe de la renaissance. Les mythes sont peut-être des inventions humaines mais ils sont tellement pleins de consolation.

Pierre-Yves Couderc
Tournay le 6 décembre 2015 trois semaines après les attentats
moins de 2 jours après qu’elle a daigné vous envoyer une joli message.
Et que Swan son paon le plus proustien
empanaché d’or et de cobalt
ait failli être écrasé par le voisin un rien chasseur
comme une vulgaire galinette cendrée.

Le « développement économique » à échelle locale

image LabaigLa plupart de nos élus s’honore de faire du « développement économique ». Cette expression a un caractère solennel voire pompeux. Elle a un côté pléonasme comme si s’occuper d’économie ne consistait pas d’abord à se soucier de son développement. 

Le « développement économique » se traduit surtout par la multiplication des zones d’activité. Cette multiplication conforte essentiellement les activités de la distribution ainsi que la filière immobilière d’entreprise dont le BTP. Une adaptation locale des ateliers nationaux de la IIe République ?

Des projets de zones d’activité, initiés dans les années 2000-2010 dans la plupart des Communautés de Communes, sont arrivés ou arrivent sur le marché. Parmi les plus importants, citons Aéropolis à Bordes (~50 ha), Eurolacq II à Artix (~26 ha), le Barreau centre à Orthez (~10 ha), le Bruscos à Sauvagnon (~20 ha), les zones de Thèze (~10 ha) et de Garlin (~25 ha) avec la construction de l’A65. Sur l’agglomération, à Pau-Est, Lons ou Lescar les projets commerciaux sont également nombreux.

Certes le développement de l’activité aéronautique à Bordes a nécessité l’ouverture de surfaces. Mais des friches qui attendent une reconversion existent un peu partout. En plus, la plupart des zones existantes affichent des places disponibles, comme si elles étaient surdimensionnées.
Seul un Président d’une Communauté de Communes qui joue le passager clandestin d’une agglo, peut affirmer qu’il n’a pas de friches sur son territoire…

Sur la zone Aéropolis, une quinzaine d’ha sont toujours disponibles et la collectivité travaille à la reconversion d’une zone pour l’accueil d’artisans et de services. Des surfaces sont également reversées à la SAFER (La Rep du 06/10).

Le Conseil Départemental semble être à la recherche de liquidités.

Sur la zone Eurolacq II, bien que l’heure soit à la compacité et à la frugalité, la CCLO a opté pour le projet de centre commercial Super U qui s’étend sur deux lots (~6 ha) alors que les projets concurrents (Leclerc et Intermarché ) proposaient d’aménager un seul lot.

La CCLO semble pressée d’écouler des terrains certainement pour mieux équilibrer ses budgets.

D’ailleurs toutes les activités semblent bienvenues pour meubler les espaces disponibles, y compris des activités que l’on associe davantage à l’urbain. Ainsi des notaires aménagent des locaux d’archives (Artix) ou déménagent carrément (Arthez de Béarn) dans une zone d’activité. Mais, comme Super U sur Eurolacq II, la Grande Distribution s’installe le plus souvent en premier. Sur d’autres zones de la CCLO, Super U s’est installé à Sault de Navailles, Carrefour Market est annoncé à Arthez de Béarn sur une zone qui sort de terre et bien sûr Intermarché trône sur la zone des Soarns à Orthez.

Ainsi les petits bourgs encouragent l’installation de moyennes surfaces ce qui est aussi une aubaine pour les grands groupes de la distribution dont la stratégie est d’accroître leurs parts de marché. L’INSEE relève d’ailleurs que, depuis une quinzaine d’années, le parc des surfaces de vente du commerce de détail a progressé de 60% alors que dans le même temps, la consommation a augmenté de moins de 20%.

A noter qu’à Orthez, le projet de barreau routier dit centre (qui relie les routes de Mont de Marsan et de Pau, ce qui n’a rien de central) est essentiellement justifié pour créer un flux de circulation (cf. propos de M. Molères, ancien maire, rapportés par La République du 05/11). Ce flux bénéficiera à la zone commerciale des Soarns, présentée comme un « Retail park » et qui n’a rien d’un « Retail park ». Accessoirement le barreau centre servira de déviation, ce qui était présenté comme la motivation principale voire unique du projet. Plus généralement, aménager des rocades sans se préoccuper de l’effet sur l’urbain équivaut à installer une centrifugeuse de centres villes ; c’est-à-dire une machine à faire tourner le chaland motorisé et à étaler l’urbain, toujours plus vite, toujours plus loin.

La création de zones d’activité apparait aussi comme une activité économique en soi.

D’abord il faut créer et aménager ces zones.

En fait, la création de ces zones se cantonne à l’aménagement de périmètres fermés dont l’articulation avec l’environnement existant serait secondaire. Des sortes d’îles où toutes les exigences du développement durable seraient respectées mais qui s’apparenteraient toujours à l’île « Utopia » de Thomas More.

De plus, le fonctionnement de cette économie de l’immobilier d’entreprise, notamment entre les collectivités locales et les promoteurs privés, parait obscur. Les travaux d’aménagement comme les achats de surfaces par les entreprises ainsi que leur installation bénéficient de subventions octroyées par la collectivité. A ce jeu, les sociétés gestionnaires de cette activité sont toujours à l’équilibre.
Enfin, selon les Echos cette activité économique conduit à la création de bulles spéculatives (surtout pour les bureaux et les Centre commerciaux) qui sont essentiellement contenues par des dispositions comptables.

L’ouverture de toutes ces zones d’activité est l’aboutissement d’une démarche volontariste qui rappelle les ateliers nationaux de la IIe République mais qui, même si elle paraît utopique, a des bénéficiaires: Outre le secteur du BTP, la consommation avec le secteur de la distribution sans oublier la filière immobilière d’entreprise.

Ce type de « développement économique » doit maintenant s’envisager sous d’autres angles :

Par exemple se pencher sur la réhabilitation des friches ainsi que sur la qualité des paysages et la morphologie des territoires, de plus en plus considérés comme facteurs essentiels de développement.

Larouture

PS : Les infrastructures du type zones d’activité constituent-elles des dépenses ou des investissements ?

Récemment je me suis promené en voiture sur le site Eurolacq II. Je suis entré sans encombre mais ai eu du mal à trouver une sortie. J’ai donc demandé mon chemin à des ouvriers qui entretenaient les bords des voies. Au cours d’échanges préliminaires de courtoisie, j’ai fait remarquer que c’était très grand (pour ne pas dire que c’était démesuré). Ils m’ont répliqué que ce serait petit lorsque tout sera rempli. Je n’ai pu qu’acquiescer car ils étaient enthousiastes. J’ai ainsi mesuré tout l’impact que pouvait avoir sur la population une telle réalisation, même à l’état embryonnaire. Des infrastructures de transports bénéficieraient certainement d’un enthousiasme équivalent. Le plus souvent ces réalisations sont perçues comme des investissements.

Ainsi, je pense que des projets de Recherche et Développement, d’éducation ou de formation, d’une ampleur budgétaire équivalente à la création de cette zone d’activité, ne créeraient pas le même enthousiasme. Le plus souvent, de tels projets sont considérés comme des dépenses.

Cette anecdote m’a remis en mémoire une visite de la cité du Luth à Gennevilliers conduite par des urbanistes. La cité du Luth a été réhabilitée dans le cadre de la Politique de la Ville avec une segmentation et une rénovation des barres ainsi que bien d’autres actions à caractère culturel, social et économique. Sur le site, un habitant d’origine maghrébine est venu nous saluer. Il était honoré que son quartier soit reconnu. Pourtant il ne sera pas envahi par les bobos parisiens avant de longues années.

J’ai retrouvé la fierté qui émanait de cet homme dans l’enthousiasme des jardiniers d’Eurolacq II…

Réorganisation territoriale, le Préfet rend sa copie.

imgresHier, 29 septembre 2015, le Préfet des Pyrénées Atlantiques a rendu sa copie sur le projet de réorganisation territoriale du département des Pyrénées Atlantiques. Regroupement le mot prend de la résonance et correspond à la volonté du gouvernement de diminuer un tant soit peu ce mille feuille administratif d’un autre âge. Essayons d’y voir un peu plus clair.

Au niveau du département on passerait de 30 communautés d’agglomérations ou communautés de communes à 9 (20 pour le Béarn et 10 pour le Pays Basque). Le Béarn réduirait la voilure en diminuant de 20 à 8 ces groupements, le Pays basque deviendrait une seule et même entité. En l’occurrence le conditionnel est de mise puisque le préfet ne fait que des propositions ; avant la fin de l’année, les conseils municipaux des 547 communes du département devront s’être prononcés puis ensuite, en tenant compte de ces avis, le Préfet décidera de la réforme. Cela nous mène au début 2017. On n’est pas encore au bout du chemin et tout indique que la porte est grand ouverte à toutes les discussions, tergiversations, hésitations etc. Nous allons assister à un spectacle où chacun va tenter de tirer le meilleur afin de conserver son mandat et ses avantages.

Il serait trop long de reprendre ici les propositions faites pour ces dix intercommunalités dans ce projet de Schéma Départemental de Coopération Intercommunale (CDCI), retenons ce que pourrait devenir la communauté d’agglomération de Pau Pyrénées.

Actuellement elle est composée de 14 communes et rassemble 146 982 habitants. Elle passerait à 33 communes et 165 938 habitants. Viendraient s’y adjoindre :

  • 12 communes sur 14 du Miey du Béarn, soit 11.952 habitants ;

  • 5 communes sur 7 des Gaves et Coteaux, soit 4.001 habitants ;

  • 14 communes de l’actuelle CDAPP, soit 146.982 habitants ;

  • 2 communes : Soumoulou et Nousty, soit 3003 habitants.

Les communes de Momas et Caubios-Loos (Miey du Béarn), Assat et Narcastet (Gaves et coteaux) rejoindraient d’autres intercommunalités.

Déjà des opinions se sont exprimées elles sont comme toujours divergentes, face à ce projet, certains sont favorables, voire très favorables tandis que d’autres sont pour le moins réservés. Les raisons sont parfois inattendues et il ne faut pas exclure des luttes d’influences reposant le plus souvent sur des ego un peu surdimensionnés. On parle même d’un rattachement à la Bigorre de plusieurs communes de la communauté de Morlaàs-Lembeye.

Cette proposition, pour ceux qui à juste titre prônent une reconfiguration du découpage administratif de notre pays, va dans le bon sens, cependant n’oublions pas que la Chambre Régionale des comptes, dans sa délibération du 19 mars 2015, se prononçait pour une CDAPP à 39 communes, nous en sommes à 33, il en manque. Encore un effort, monsieur le préfet !

Pau, le 30 septembre 2015

par Joël Braud