Pau, plan vélo

Il était très attendu par les cyclistes ce plan vélo puisqu’il devait être présenté il y a plusieurs mois. Il devait faire l’objet d’une large concertation avec les usagers, mais au final, le maire de Pau a considéré qu’il n’était pas indispensable de s’encombrer de l’avis des autres. C’est ainsi dans notre bonne ville.

Alors malgré cela il faut reconnaître qu’un effort certain a été fait pour améliorer les conditions de circulation des cyclistes. Cela résulte principalement de l’installation du Bus à haut niveau de service (alias BHNS ou Fébus, comme on veut). En effet l’itinéraire de ce nouveau moyen de transport dont on nous vante tant les mérites et la modernité, est doublé presque entièrement par des pistes cyclables. Oui presque entièrement puisque la partie du boulevard de la Paix n’est lui équipé que d’une bande cyclable.

En réalité des pistes cyclables, il n’y en a pas vraiment beaucoup et elles ne constituent pas la majorité de la distance réservée à ce moyen de déplacement. Il y en aurait selon le maire seulement 3,1 kilomètres. On nous en promet maintenant 1,1 kilomètre supplémentaire d’ici à… bientôt.

Il existe des bandes cyclables qui elles sont plutôt anciennes. Rappelons pour le non initiés la différence qui existe entre piste cyclable et bande cyclable. Tandis que la piste cyclable est séparée de l’axe de circulation des voitures automobiles, la bande cyclable, elle, est seulement matérialisée au sol sur ce même axe par des bandes de peinture blanche. Une sorte de partage avec les voitures, surtout que ces dernières, en toute impunité d’ailleurs, ont tendance à stationner sur cet axe, obligeant ainsi les pauvres vélocipèdistes à des écarts dangereux.

Il est bien évident à partir de ces données que les cyclistes préfèrent et de loin, la piste à la bande, tout au moins sur le plan de la sécurité. Mais à Pau, on a cette curieuse manie de considérer que les pistes cyclables doivent être partagées avec les piétons. Cela pour les vélos, crée un problème difficile à surmonter. En effet les piétons ont tendance à occuper la totalité de la largeur de la voie. Ne parlons pas des chiens qui les accompagnent. La cohabitation n’est pas évidente. Il faudra également réfléchir à la façon dont les vélos pourront sans danger, emprunter les ronds-points.

A l’usage il ne sera pas simple de comprendre comment les cyclistes seront en sécurité lorsqu’ils devront traverser la voie réservée au BHNS. Il y aura une foultitude de feux de régulation et, sans aucun doute, la priorité sera toujours réservée au bus. L’usage nous en dira plus.

Enfin l’hyper-centre de la ville passe en zone 30. C’est à dire où la vitesse des voitures automobiles est limitée à 30 km/h. Dans la réalité elles ne circuleront pas plus lentement qu’actuellement, cependant le code de la route fixe des règles à l’avantage des cyclistes puisqu’ils bénéficient du double sens de circulation sur les voies. Là encore, on verra à l’usage, mais dans un contexte où souvent le plus gros l’emporte sur le petit, il sera difficile de réaliser pleinement cette cohabitation. Seule la répression… En réalité cette mesure de bon sens vise surtout à dissuader les automobilistes d’utiliser leurs véhicules parce que se déplacer en voiture ne sera pas plus rapide qu’en bus ou en vélo. De là à créer le réflexe, vélo ou transport en commun il y a un pas que peu seront capables de franchir.

Je ne sais plus très bien où j’ai lu que cette limitation drastique à 30 km/h aurait pour conséquence une plus grande pollution et une usure plus rapide de la mécanique des moteurs. Peut-être des inconvénients, difficile à démontrer, mais après tout, laissons à chacun la possibilité de s’exprimer.

Pau, le 10 octobre 2018

par Joël Braud

Crédit photo : La voie verte du gave de Pau – miey de Béarn. fr

Le vrai coût de Fébus

« cet équipement que nous allons offrir aux Palois  ». Il y a quatre ans, c’était  «nous arrêterons ce projet Pharaonique du bustram. On nous dit que c’est impossible, ce sont des balivernes et des mensonges ».

Avec la rue Carnot, les espaces nord des halles et la place Marguerite Laborde, avec deux trémies d’accès et de sorties du parking aux extrémités Est et Ouest, avec le renforcement sous chaussée de l’avenue Bonnaparte, le bustram était à 80 M€ .
La modification par Palassou était censée réduire la dépense de 15 M€ . Le Fébus Hydrogène porte aujourd’hui le coût à 75,5 M€ (document officiel de l’autorisation de programme du SMTU, les 72 M€ annoncée par la com  » Mairie  » sont un mensonge de + … ). L’avis d’appel d’offres pour le choix de la maîtrise d’œuvre de l’opération   «Carnot , Foirail , Halles République» vient de paraître. La délibération de septembre 2017 cible 10,6 M€ de travaux. 7 M€ concerneront les espaces prévus dans le Bustram.
L’annulation des travaux sur bonaparte : 0,9 M€ Qu’il faudra faire un jour …
75,5 + 7 + 0,9 = 83,4. Il nous manque toujours le coût du projet photovoltaïque pour verdir la production d’hydrogène.  Avec un besoin de 9000 kwh / 24 h , il va falloir beaucoup de panneaux !!
Le coût final devrait se situer autour de 87 M€ . Voilà la vérité si cela intéresse quelqu’un de la connaître. Et puis il y a le fonctionnement du Fébus hydrogène, en surcoût également mais c’est une autre histoire.
Au final, l’aménagement aura beaucoup de vertus positives et j’en assume pleinement la responsabilité pour avoir mené la DUP, jusqu’à sa signature le 23 décembre 2013, mais le choix de la technologie H2 s’avère et s’avèrera être un gouffre, une grosse erreur.

André Duchateau

Crédit photo : La république des Pyrénées.

Merci qui ?

Depuis longtemps, il faut le dire, les Palois étaient préoccupés. Une question sourdait de tous les endroits de la ville : Quand va-t-on changer cet horrible nom de BHNS ? Inquiétude bien légitime pour ceux qui, soucieux de l’esthétique sous toutes ses formes, n’en pouvaient plus de ce Bus à Haut Niveau de Service. Cet aspect seulement technique manquait d’envergure et pour tout dire de poésie. Alors François Bayrou, « Not’maire »…

C’est en effet le premier mars 2018 (date à retenir) que sur les ondes de France Bleu Béarn, le maire de Pau, président de la communauté d’agglomération, président du pays de Béarn a fait une déclaration tant attendue. Maintenant on ne dira plus BHNS, mais Fébus. De façon unilatérale, il avait choisi et baptisé ce futur moyen de transport en commun. Soulagement dans les chaumières, nous venions, nous Palois, d’êtres gratifiés d’une identité en rapport avec une période historique, sans doute la plus prestigieuse de notre contrée.

Et de nous expliquer, à partir de sa très grande culture, que ce nom unique, original, est évocateur. Que ce bus est à l’avant garde, que son confort est extrême, que Gaston Fébus est un penseur et un aventurier, qu’il a su donner son indépendance au Pays de Béarn (tiens, tiens ! ). Au-delà de ce que certains, mal intentionnés, ne considèrent que comme un simple jeu de mots, il faut bien reconnaître qu’il y a dans ce choix, fait par François Bayrou, et lui seul, comme un élan de nature à renforcer notre identité béarnaise, notre solidarité locale.

Et de conclure son intervention sur les ondes par cette formule qui ne manquera pas de rester dans les annales: « Cet équipement que nous allons offrir aux Palois ».

Alors, on dit merci qui ? Ce cadeau fait avec nos impôts, prélevés sur nos revenus, a de quoi nous enchanter. Il va quand même falloir que je révise un peu mes fondamentaux moi. Jusqu’alors lorsqu’on m’offrait quelque chose, on ne le faisait pas avec l’argent qu’on m’avait soutiré. Mais les temps ont changé. Comme la journée du premier mars est, parait-il, la journée des compliments, je dis : Merci et bravo à François Bayrou et à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, nous ont engagés sur cette fastueuse dépense dont l’utilité ne manquera pas de s’avérer. Vraiment vous nous avez gâtés, si, si !

Et puis comme il ne faut surtout pas être avare de compliments je dis aussi merci à tous ces pauvres Palois qui, durant de longs mois, ont subi et vont encore subir tous les inconvénients, embarras de circulation et autres chamboulements résultant de ces travaux. Désormais ces emmerdements se nomment « Fébus ». C’est vrai, ça aide à supporter.

Pau, le 7 mars 2018

Par Joël Braud

Crédit image : France Bleu Béarn

BHNS, inquiétudes

Selon les informations diffusées par la ville de Pau (voir le site rubrique BHSN : la métamorphose commence ! *) les travaux devaient démarrer le 20 mars. Il y a quelques jours de retard, mais cela est habituel. Ce qui l’est moins cependant c’est la destruction des arbres de ce qu’il est convenu d’appeler la coulée verte. Combien d’arbres vont être abattus ? Quelle surface va ainsi être détruite ? Tous les arbres vont-ils être remplacés ?

Rappelons que l’axe de circulation de ce BHNS (Bus à Haut Niveau de Service) ira de l’hôpital à la gare SNCF. Il empruntera le boulevard de la Paix et circulera allées Condorcet, avenue Dufau dans le sens nord-sud et cours Lyautey et avenue Louis Sallenave dans le sens inverse. On sent bien à la lecture du site de la ville ainsi que des affiches placées sur la voie publique (voir image) que les élus ont le souci de communiquer sur ce sujet sensible. Le nouveau visage de cet axe d’entrée vers le centre et dont les Palois sont si fiers va être modifié. Quel visage va-t-il prendre ? Il y aura vraisemblablement une diminution de l’espace de verdure.

L’animation proposée par la ville, à ce sujet, ne permet pas d’avoir une idée très précise. Il y aura, selon ce qui nous est dit, deux fois plus d’arbres plantés et cinq hectares d’espaces verts supplémentaires. Bon, admettons ! mais cela ne nous empêche pas d’être quelque peu inquiets. Il est difficile de comprendre qu’en augmentant la surface consacrée à la circulation, on puisse parvenir à augmenter celle réservée à la verdure. Il y a là comme une incohérence et il sera difficile de nous faire admettre ce qu’une logique nous impose.

Il faut souhaiter que ce nouveau mode de transport sera non seulement utile, mais très utile car la destruction d’une partie exceptionnelle de la ville de Pau est douloureuse pour les Palois. Vous en connaissez beaucoup, vous, des villes qui peuvent se targuer de posséder une entrée ainsi arborée ? L’actuelle équipe en place, il faut le reconnaître, n’est pas à l’origine de cet investissement, elle ne fait que réaliser ce qui a été programmé par ses prédécesseurs. On verra bien si ce nouveau moyen de transport permettra de réanimer un centre ville agonisant. Rien ne le laisse réellement présager : les parkings relais seront payants et récemment les tarifs Idelis ont augmenté.

L’information sur le sujet est en effet essentielle, la ville s’y emploie, et elle s’y emploie avec tant d’insistance que le doute s’installe. Il faut vendre !

Pau, le 29 mars 2017
Joël Braud

* BHNS : la métamorphose commence !
Dans le cadre du projet de Bus à Haut niveau de Service qui va permettre une métamorphose de la ville avec des voies rénovées qui feront place aux vélos et aux piétons, des interventions vont avoir lieu sur le patrimoine arboré.
Afin de réaliser les aménagements des carrefours existants, le Syndicat Mixte des Transports Urbains fait procéder à l’abattage d’arbres à partir du 20 mars et jusqu’à la fin du mois d’avril 2017.
Certains arbres seront récupérés (4 palmiers de Chine, 4 dattiers des Canaries, 1 arbre à Laque, 4 magnolias, 4 trachycarpus) et seront transplantés par le Service Espaces Verts de la Ville de Pau au domaine de Sers, dans le cadre du projet d’embellissement du site.
Pour les autres arbres concernés, le bois récupéré sera évacué en déchetterie de compostage et servira à alimenter la chaufferie du Hameau. Il est important de souligner que l’aménagement du Bus à Haut Niveau de Service laisse une large part à la mise en place de nouveaux espaces verts : avec deux fois plus d’arbres plantés  et 5 hectares d’espaces verts  supplémentaires à l’issue du chantier.
Cet aménagement paysager verra le jour à partir de l’automne 2017, avec la plantation de 382 arbres à tiges et 172 arbres cépées et une grande diversité d’essences.
Ce parcours arboré proposera un espace particulièrement riche et varié :
Suite ici une liste de 39 variétés d’arbres.
Ce parcours arboré sera aussi composé de 5432 m2 de massifs arbustifs, 12747 m2  de massifs de tapissantes et 285 m2  massifs de graminées créés en domaine public.

Les plantations prévues feront l’objet de toutes les attentions pour assurer un développement optimal en milieu urbain. Cette opération s’inscrit dans le long terme dans le cadre du plan de gestion du patrimoine arboré.

Ce planning pourra évoluer en fonction de l’avancement des chantiers et des conditions météorologiques.

Pau, Parkings relais

dscn0045Dans le même temps que les travaux de mise en place de la ligne de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) sont en cours, le chantier d’un parking relais vient de démarrer à l’angle du boulevard de la Paix et des allées Catherine de Bourbon. Il faut souhaiter que celui-ci répondra à un réel besoin et concordera avec une forte utilisation de ce nouveau moyen de transport en commun. En est-on vraiment certain ?

Afin de faciliter, voire d’inciter à un meilleur accès du centre ville, il aurait été de bonne logique de créer ce parking depuis quelque temps. Sans doute des aléas administratifs ont retardé cette mise en place. Rappelons quelques données du profil de cette ligne. Elle ira de l’hôpital à la gare SNCF par un itinéraire connu maintenant. Le plus important est qu’elle circulera sur des axes dédiés ou réservés. Beaucoup restent dubitatifs sur son volume de fréquentation et estiment qu’elle ne correspond pas, du moins dans son concept actuel, à un véritable besoin. L’expérience le dira.

Ce parking sera-t-il gratuit ? En principe oui, cependant il y a dans l’air comme un vent qui tend à laisser entendre que ce principe peut ne pas être définitivement acquis. Rappelons que la place de Verdun, qui jusqu’alors était gratuite, devient payante, que le parking de la clinique Marzet est maintenant payant depuis plusieurs années, que le parking de la clinique Navarre est payant et enfin qu’il se dit plus ou moins ouvertement que le parking du centre hospitalier pourrait ne plus être gratuit. Il est facile de rétorquer qu’il ne faut pas confondre parkings publics et parkings privés, sans doute, mais le fait de rendre payant ce qui était auparavant gratuit résulte non pas de cette donnée mais de la manière dont certains en font usage.

En effet c’est l’usage abusif d’une catégorie d’automobilistes qui a provoqué cette réaction. Il est bien évident que les parkings des cliniques Marzet et Navarre n’étaient pas utilisés uniquement par la patientèle des établissements mais bien par des petits malins qui y ont vu l’occasion de stationner à bon compte sans prendre le risque d’une quelconque verbalisation ou contrainte. Comme toujours l’exagération, le mauvais comportement de profiteurs, a pour conséquence de limiter la liberté des autres. C’est ainsi, l’être humain est de cette nature. C’est pour cela qu’il faut souhaiter que ce genre de parking relais fonctionne selon la vocation retenue par les décideurs.

Mais les choses ne se feront sans doute pas aussi aisément qu’il peut être programmé. Parmi les utilisateurs abusifs de ces lieux de stationnement gratuits, il y a les pendulaires (ceux qui font la navette régulièrement de leur domicile à leur lieu de travail), les blabla-caristes, les adeptes du covoiturage. Il faudra non seulement fixer des règles mais savoir les imposer. Pas facile. Cependant l’expérience maintenant éclairante d’un autre parking relais installé depuis peu à Lescar à la sortie de l’autoroute laisse penser qu’il ne faut pas désespérer.

Cette idée de créer en périphérie de la ville des parkings relais ne date pas d’hier. Quatre installations avaient été envisagées depuis longtemps (2011) maintenant, le seul qui est en cours de réalisation est celui de l’angle du boulevard de la Paix et des allées Catherine de Bourbon. On aurait pu mieux faire et surtout plus tôt.

Pau, le 8 février 2017
par Joël Braud

Non Pau n’est pas voué à une mort certaine !

imagesDire que Pau est une future ville morte pour la seule raison que le circulation y est difficile paraît pour le moins réducteur. Toutes les villes d’égale importance sont confrontées à une baisse de l’activité commerciale du centre-ville. Il faut commencer par dresser un état des lieux et se demander quelles en sont les raisons avant de s’interroger sur les mesures qui pourraient être valablement envisagées afin de renverser cette tendance.

Se déplacer à pied dans le centre-ville permet en effet de constater qu’un nombre bien trop important de pas-de-porte commerciaux sont fermés. Dans la rue des Cordeliers, j’en ai compté récemment dix-huit ; le centre commercial Bosquet ne parvient pas à redémarrer malgré des investissements visant à améliorer son cadre, ainsi ce sont dix-sept vitrines qui ne sont pas exploitées ; la rue Carnot, vingt enseignes à l’abandon ; la place du Foirail suit le même chemin, on y compte pas moins de sept devantures sans activités ; la rue Serviez, elle-aussi, malheureusement suit ce mauvais penchant avec huit enseignes délaissées ; la rue Joffre, elle, se porte bien à l’exception de dix pas-de-porte à vendre.

Alors la faute à qui ? Sans doute en premier lieu, faut-il citer les centres commerciaux installés à la périphérie qui viennent concurrencer de manière fatale les commerces de proximité du centre-ville. À ce propos justement, le journal « La République des Pyrénées » du jeudi 10 mars 2016 consacre un article de deux pages sur ces zones commerciales : « Grand Pau : des zones commerciales à moderniser ». Il y est fait état d’une étude de l’Audap (Agence d’urbanisme Adour-Pyrénées) qui conclut à la nécessité pour les six zones commerciales de se moderniser. Ces zones seraient devenues, selon cet organisme, des vitrines de l’identité commerciale paloise. Laissons-leur la responsabilité de cette considération. Les élus du grand Pau en auraient pris conscience et par le moyen du Scot (Schéma de cohérence territoriale) et autre schéma de développement commercial seraient décidés à agir. Qu’ils réfléchissent !

Pourtant il nous avait semblé que des améliorations avaient été effectuées récemment pour certaines d’entre elles. Ainsi, le centre commercial Leclerc avait construit un parking à étages et doublé la surface de sa galerie marchande. Le centre de Lescar-Lons vient d’obtenir l’autorisation de rénover et d’agrandir sa galerie. Auchan qui dispose maintenant d’un « drive » connaît un essor commercial qui le place en tête des six centres. Le Mail de Lons avec le Géant Casino semble stagner. Le centre commercial de Serres-Castet avec un supermarché Intermarché progresse et sa surface exploitable pourrait être augmentée. Enfin le Billère-Intermarché tient sa place sur une surface de 12 hectares.

Il conviendrait là que les politiques voient ces potentielles évolutions avec le discernement nécessaire de façon à ne pas nuire davantage aux commerces de proximité situés en centre-ville.

Une autre donnée apparaît comme certaine parmi celles qui provoquent une désaffection commerciale du centre, ce sont les impôts locaux. Questionnez les professionnels de l’immobilier, ils vous diront tous qu’au cours des négociations qui précédent une transaction, leur est systématiquement posée la question du montant des impôts locaux. De plus en plus souvent leurs clients considèrent ces contributions comme un critère déterminant. Il arrive que, à Pau, les prélèvements annoncés rendent la vente impossible. Il faut dire que le taux de la taxe d’habitation de la capitale du Béarn est de 22,26 % contre 7,92 % à Idron. Au moins le double des autres villes de l’agglomération à l’exception de Billère (16,46%). Si certains se demandent pourquoi le nombre des habitants de la ville de Pau est en baisse, qu’ils cessent de chercher, ils ont là l’explication. Le maire de Pau devait baisser cette taxe, on attend !

Les transports jouent un rôle également important. Tout est fait pour persuader les automobilistes d’éviter de venir en ville avec leur voiture. Cependant cela n’est pas impossible. Par expérience personnelle, je sais qu’on trouve à se garer, soit dans un parc souterrain soit place de Verdun. Je prends rarement ma voiture pour ce genre de déplacement, sauf pour le marché du samedi. Le reste du temps je préfère le bus. Mais là il faut reconnaître que la politique de la ville n’est pas réellement incitative. Elle est maintenant passée l’époque où les Paloises et Palois âgés de plus de 65 ans, pouvaient se déplacer dans les bus de la STAP grâce à une carte d’abonnement à l’année pour la somme de 55 €. Elle permettait autant de trajets qu’on le désirait. Considérant que le prix du trajet était fixé à 0,82 € il fallait en faire 67 pour rentrer dans ses frais. Puis le prix du trajet est passé à 0,84€. Et bien pis ce tarif préférentiel a été abandonné pour passer de 55 à 110€. Il faut maintenant faire 131 trajets pour amortir son investissement. J’avoue que, ne parvenant pas à les faire, j’ai délaissé ce mode d’abonnement. J’achète les trajets par groupe de 20 et je renouvelle. Cette évolution est sans doute le résultat d’une modification de la répartition des compétences entre la ville et l’agglo, maintenant c’est l’agglo qui gère les transports. Je vais moins souvent en centre-ville et s’il m’arrive de modifier ainsi mon comportement j’imagine que d’autres le font aussi.

On pourrait s’interroger également sur la diversité des commerces implantés en centre-ville. Beaucoup d’agences bancaires sont installées plein centre. Comme ailleurs – l’exemple d’Albi est parlant – les magasins de vêtements sont plus nombreux. Un point cependant, souligné par un intervenant sur le forum, les commerces d’alimentation du centre marchent bien et c’est tant mieux. Cela prouve que cette forme de proximité a encore une clientèle. Pour les autres, en plus de la concurrence des zones commerciales de la périphérie, les achats en ligne et autres « drives » sont un handicap sévère.

Les politiques doivent se mobiliser pour redonner au centre-ville de Pau son activité commerciale, les braderies ainsi que les marchés de Noël sont de bonnes initiatives mais limitées dans des périodes définies. On voudrait espérer que le nouveau moyen de transport, le BHSN (Bus à haut niveau de service) améliorera la situation actuelle. Une étude sur le plan de circulation dans la ville vient de démarrer, attendons ses conclusions. La réflexion est engagée là où la résignation n’a pas sa place.

Pau, le 14 mars 2016
par Joël Braud

Bus en site propre, on roule sur l’or!

busCa y est , c’est parti, le dossier de maîtrise d’œuvre pour le projet de la première ligne en site propre est paru. La longue période de concertation avec la population a bien été mise à profit : rien n’a été changé, sauf l’addition. 

Cette première ligne Hôpital / Gare empruntera en gros l’itinéraire prévu : Hôpital, Av du Loup, Bld de la Paix, Allées Catherine de Bourbon, rue Carnot, Halles, (le retour s’effectuant par la rue Cassin et les Alliés) Despourrins, Jean Monnet, Gambetta, Daran, Gare. La stupidité sera totale dans le Nord, il n’y aura plus qu’une seule voie étroite pour les voitures tout au long des Allées Catherine de Bourbon. Ceci complété par les sens uniques (obligatoires) pour l’accès aux Halles.

Ce qui est grave, c’est que cette partie Nord va coûter les yeux de la tête pour un bénéfice …négatif !

Il était tellement facile et si peu coûteux de ne pas faire de site propre au delà de l’Université puisque de toute façon il n’y a pas d’embouteillage le long des Allées. Ceci aurait diminué de plus de moitié la longueur du réaménagement des voies sans aucun inconvénient pour les bus, sans aucun inconvénient non plus pour les automobilistes et avec une diminution considérable des coûts.

Mais pourquoi faire bien et pas cher puisque l’on peut faire très cher et embêter tout le monde ! « Il était une fois la révolution » AP du 15/02/2010)

Dans le monde &quot ;normal&quot ;, on fait les investissements au plus près du besoin. Les professionnels connaissent l’impact extrêmement négatif pour l’économie d’un projet, d’un investissement fait trop tôt. Ici pas de souci, le contribuable paiera !

Les travaux sont prévus se finir fin 2015, disons donc 2016… Pas mal pour la première partie…

Ah c’est vrai, et les parkings ? Il faudra attendre encore pour voir les automobilistes les utiliser : ce sera pour plus tard ! On voit apparaître dans un fond de document que la ligne 1 serait prolongée par un Y vers le Zénith et l’hippodrome où se situerait le parking tant espéré… Ce sera donc vers 2018 ? D’ici là, seul les touristes et les résidents continueront à fréquenter le centre historique. On rappelle que tout ceci est approuvé par la CDAPP depuis 2002 (« La politique c’est à n’y rien comprendre » ; AP du 3 août 2009).

Il faudra donc 15 ans à nos politiques locaux pour mener a bien une petite partie du projet, la première ligne avec un parking…

Côté finance, on roule sur l’or !

Pour la ligne en site propre : 45 M€ auquel il faut rajouter l’aménagement de la place de la République (10 M€) et de la place d’Espagne (2,5 M€), et la modification des accès du parking République (3,66 M€)

Soit plus de 61 M€ pour aménager 5 km de ligne (même pas puisque au départ et à l’arrivée vers la gare il n’y a pas de site propre) et empêcher les automobilistes d’accéder au centre ville…

Et encore, il s’agit là d’un budget prévisionnel donc une estimation à destination du futur maître d’œuvre qui se chargera de proposer, lui, le budget estimé, et arrivera à un prévisionnel du projet autour de 70 ou 80 M€, quant au coût final réel, …

Ce document demande également une étude sur l’embryon de deuxième ligne en site propre, vers l’ouest, route de Bayonne. On y confirme donc que le nœud du réseau se situera bien aux Halles, lieu parfaitement choisi puisque le plus inaccessible de l’agglomération…

L’embryon de ligne, supprimera la circulation automobile rue d’Orléans, puis descente vers la route de Bayonne avec deux variantes, Place Grammont rue d’Etigny (deux voies) ou rue du 18éme RI et d’Etigny avec une voie chacune.

Qu’on se rassure, les Halles resteront accessibles à dos d’âne, comme dans la médina de Fés…

Il faut aussi s’étonner que cet investissement énorme pour un projet basé sur un réseau mal positionné et partiellement inutile soit accepté par l’ensembles des communes de la Communauté, puisqu’il n’apporte pas grand chose aux habitants de ces communes, la totalité des investissements étant fait une fois de plus sur la ville de Pau, pour les habitants de Pau.

Messieurs les Maires de la communauté, comment allez vous expliquer à vos administrés qu’ils ne cessent de payer des notes salées pour des investissements qui ne sont fait que sur Pau ?

Une Communauté d’Agglomération ne peut fonctionner harmonieusement que dans l’équité.

par Daniel SANGO