La colère du gave

imgp8860Le gave déborde, charriant une multitude de débris, symbolisant le puzzle de nos vies éclatant en fragments.
Troncs séculaires et silencieux, branches éclatées, jouant d’éclaboussures et de clapotis, passages colorés de plastiques glissant sur l’opacité d’eaux boueuses et tourmentées, arrivées inopinées d’indéfinis objets aux prismes changeant au fil du courant, badauds surpris dans des gestuelles et des expressions allant de l’étonnement à l’effroi, faune affolée et déboussolée, flore submergée et déracinée, rochers, pierres, cailloux, roulés, heurtés, sur un lit devenu trampoline, masses nuageuse escortant ou bombardant les flots ravageurs, vents soufflant sur les frondaisons rescapées, éclairs striant les berges sinistrées – rompent les digues de la normalité et font bouillonner les peurs ancestrales de fin du monde.

– par Philippe Guilhemsans

Crédit photos : @K Pô

Les dernières inondations? On n’a jamais vu ça !

Capture d’écran 2013-06-27 à 09.58.03Les événements dramatiques que la région vient de vivre sont considérés comme exceptionnels: «Une crue du Gave historique» est titrée dans la presse.

C’est peut-être le cas, de mémoire d’habitant, mais pas de mémoire d’historien et de géographe. Trois Maîtres de conférences à l’Université de Pau ont pu retracer, grâce aux archives publiques, certaines dates, concernant des inondations. L’événement le plus ancien relevé date de 1875 avec plus de 500 morts dans le bassin de la Garonne. La crue des 3 et 4 octobre 1937 marquera à jamais la Soule où le Saison en atteignant 2,3 m à Tardets, 4m à Mauléon, causant d’importants dégâts.

Il me revient à l’esprit la lecture de l’ouvrage cité en référence (1). J’en transcris intégralement deux passages pour conserver la «saveur» du texte de l’époque.

«Le 17 août 1651, le Gave d’Orthez devint fort grand et si haut qu’il passait par dessus le pont d’Orthez et rompit les murailles du dessus ledit pont et emporta plusieurs personnes et maisons et meubles et fruits, tellement que jamais homme vivant ne l’avait pas jamais vu si grand, ni qui eut fait un si grand dommage; il emporta moulins, terres, arbres, tellement qu’il fit un incroyable dommage. Un homme de Sainte-Suzanne nommé Grassion du Capdan, m’a dit et assuré qu’il était à Orthez pour lors, et qu’il voyait que la Gave emportait 14 barriques de vin l’une après l’autre.
A la fin août 1651, une barrique de vin valait 35 livres et n’en y demeura pas une seule barrique du vieux à vendre.»

«Le 15 dudit juillet 1653, le gabe d’Hourthèz est devenu fort grand, il est passé par desus le pont d’Orthez et a fait de grands dommages au pont d’Orthez et aux maisons de la rue des Augustins; il y avait aygue plus haut que la hauteur d’un homme, et on boyait passer les bros chargés de gerbes de froment capbat le Gabe. Il a rompu le bout du pont d’Orthez; il est allé aussi haut comme il avait fait en l’an 1651, et ce coup a fait plus grand dommage; il est monté jusqu’au pourtal de Baure, cette fois-ci, tellement qu’il a fait fort grand dommage au froment qui estait au long du Gave, il demeura l’espace de vingt heures que aucun ne pouvait passer par dessus le pont d’Orthez.»

Pour qui connaît le pont d’Orthez, c’est impressionnant !

Si «la routine» du gave n’a pas été respectée ces jours derniers, ses débordements «gascons» ont déjà été vécus de nombreuses fois. Cette situation devient même normale si on remonte le temps, sur des périodes plus longues que celles programmées pour autoriser la création d’un lotissement dans le lit du Gave!

>A chaque fois, comme pour les tempêtes meurtrières, l’origine se situe dans la confluence de plusieurs facteurs climatiques; cette fois, c’est :

  • La présence d’une quantité très importante de neige.
  • Une température relativement basse au printemps suivie d’une hausse brutale entraînant une fonte rapide donc un afflux d’eau dans les torrents.
  • Une pluviométrie importante et continue depuis des semaines .

>En ce qui concerne l’importance des dégâts, du fait de la hausse démographique et de la concentration de l’anthropisation de plus en plus grande près des gaves, le montant économique des dommages est de plus en plus élevé à chaque fois.

Le goudronnage et le bétonnage ont été les deux mamelles de la modernité; l’eau s’écoule et ne s’enfonce pas; les gouttières ont l’avantage d’éviter de se laver les pieds mais l’eau envahit les canaux d’évacuation et se déverse dans la rivière.

>D’un point de vue humain, la mise en commun de la technologie, la discipline individuelle améliorée par l’expérience, la solidarité officielle et bénévole, la sensibilisation à l’hygiène, permettent de limiter au minimum, par rapport au passé, les pertes en vies humaines et le développement d’épidémies.

>Après chaque catastrophe, il est habituel de rechercher des solutions pour éviter la répétition. Devant l’ampleur des dépenses indispensables, devant la résistance pour changer un mode de vie, le désarroi et la fureur bien compréhensible des victimes, «électeurs», des indemnisations sont versées mais les nécessaires aménagements ne sont pas faits.

On n’enseigne plus maintenant qu’il faut réfléchir avant d’agir !

On agit par intérêt immédiat, on réfléchit, (parfois !) après, et on s’apitoie, à juste titre, sur le sort des victimes et de l’économie locale! Les médias ne sont jamais aussi empressés pour étaler le malheur humain, nous transformant en voyeurs souvent friands plus qu’en sauveteurs! Les images étaient conformes à celles des précédentes catastrophes naturelles: cyclones, orages, tempête Klaus, Xynthia, etc.

Bien des constatations mériteraient pourtant l’attention :

  • Les saligues, ces zones de rétention naturelles édifiées par le gave au cours des milliers d’années précédentes, ne sont plus entretenues, comme avant, par les habitants des communes (droit au bois et au pacage). Au piémont, elles ont été progressivement éliminées pour de multiples raisons: élargissement de routes, édification de campings, de lotissements, de zones de loisirs ou commerciales, etc. Aux endroits les plus stratégiques on les remplace par des bassins de rétention artificiels, coûteux en place et argent.La destruction des saligues est surtout sensible au piémont, là où les saligues sont les plus étendues; lors des crues importantes, l’eau ne peut plus s’étaler, elle ne peut donc que monter et du fait des rétrécissements dus au bétonnage ou enrochement des berges, elle devient plus rapide, violente et destructrice sous les coups de boutoirs des arbres ou autres objets transportés!
  • Il faut renvoyer les décideurs à l’école pour suivre les cours de géographie que l’on y donnait jadis ; on parlait de lit majeur et de lit mineur ! Combien de constructions, de lotissements, ont été autorisés tout au bord du gave ou dans le lit majeur des rivières avec des digues souvent ridicules ?
  • Dans le domaine agricole, il y a aussi de nombreuses réflexions à mener:

La mécanisation, le drainage, la disparition des haies et fossés pour réaliser de grandes parcelles, etc. a fait que les terres, à nu en cette saison, déjà gorgées d’eau, ont été ravinées et sont devenues inaccessibles pour longtemps, d’autant plus qu’il n’y a plus de bois ou de touyas pour la retenir, d’où les boues répandues partout.

Il est bien évident que l’on ne peut pas faire un lien direct entre un événement ponctuel et le réchauffement climatique mais il ne peut pas être entièrement éliminé dans les explications; il est quand même extraordinaire que le gave de Pau ait connu deux crues majeures, la dernière en oct. 2012, en moins d’un an !

  • Les pluies nombreuses et les inondations ont été assez générales en Europe.
  • N’oublions pas que la température moyenne de l’atmosphère s’élève; l’évaporation de l’eau dans les zones humides augmente, provoquant des sécheresses en certains points du globe. Cette eau va automatiquement tomber en plus ailleurs, en fonction des courants atmosphériques.

Plus de sécheresse d’un côté, plus de pluie ailleurs !

Deux études récentes publiées par la revue Nature établissent un lien direct entre le changement climatique et son impact sur des événements météorologiques extrêmes. «Le réchauffement climatique a accru l’intensité des pluies diluviennes et des inondations dans l’hémisphère Nord au cours de la seconde moitié du 20e siècle.»

Ce n’était pas la première crue, ce ne sera pas la dernière. Devant l’incertitude la précaution s’impose; face à la certitude du recommencement, la prévention, autre que des paroles, devient prioritaire.

L’homme a beaucoup emprunté à son écosystème; il n’a jamais remboursé ni le capital, ni les intérêts. Le créancier réagit peut-être, à sa manière, imposant une austérité drastique. Nos spécialistes de l’économie le comprendront sûrement.

–  Par Georges Vallet

(1) Henry de Laborde Peboué de Doazit: «Relation véritable des évènements de la Chalosse (1638-1670)».
Extrait de : Armorial des Landes Livre III-B par le baron de Cauna.

crédit photos: fr.structurae.de

Le « non » béarnais au Parc national des Pyrénées

panneau-pnp_charte_18-06-20136 communes de Béarn et de Bigorre étaient appelées à voter avant le 12 juin sur leur adhésion (ou non) à la Charte du Parc national des Pyrénées. 63 communes ont décidé d’adhérer : 12 en Béarn (sur 30) et 51 en Bigorre (sur 56). 23 communes ont décidé de ne pas adhérer : 18 en Béarn et 5 en Bigorre. Le résultat de ces délibérations redessine une nouvelle carte du Parc national des Pyrénées, que l’on peut consulter sur Internet : http://www.parc-pyrenees.com/les-news/670.html.

Un peu d’histoire

Au début des années 60, le gouvernement français propose au Parlement de créer en France des Parcs nationaux, à l’instar de ce qui se faisait déjà dans de nombreux pays. C’est sur la base de la loi du 22 juillet 1960 que le Parc national des Pyrénées verra officiellement le jour le 23 mars 1967 (décret). Les communes pressenties pour faire partie de ce territoire d’exception avaient été consultées, en 1965. Cela a donné lieu à quelques ajustements territoriaux, et quelques communes limitrophes avaient alors demandé à en faire partie.

Le 21 janvier 2003, M. Raffarin, Premier ministre, charge un député, M. Jean-Pierre Giran (UMP) de rédiger un rapport pour un « toilettage » de la loi de 1960. En prenant, notamment, en compte la décentralisation mise en place depuis le début des années 1980, mais sans remettre en cause l’« économie générale » d’un parc national (zone cœur et zone d’adhésion). La loi du 14 avril 2006 s’appuiera largement sur ce rapport. Un décret, le 15 avril 2009, viendra préciser quelques points. Le Conseil d’Administration du Parc national des Pyrénées compte désormais 24 élus. La démarche d’écriture d’une Charte, fixant les droits et devoirs du Parc et des communes adhérentes, devait être collective. Les communes adhérentes ont désormais la possibilité de quitter le Parc, où d’y adhérer si elles ne l’ont pas fait, selon des règles connues de tous.

La Charte est l’une des nouveautés issue de la loi du 14 avril 2006. Elle a fait l’objet d’une large concertation, pendant 3 ans environ. Chaque commune pouvait déléguer un « référent » pour participer à sa définition ; certaines d’entre-elles – essentiellement béarnaises – ont choisi de pratiquer la politique de la « chaise vide ». D’autres acteurs du territoire étaient également associés : chasseurs, pêcheurs, agriculteurs, associations de protection de la nature, acteurs économiques et touristiques… (j’en oublie sans doute, qu’ils veuillent bien m’excuser). Un 1er avis a été sollicité auprès des communes sur le projet de Charte. Le projet a ensuite été validé par le Conseil d’État et le Conseil d’Administration du Parc.

Bien entendu, ce résumé fait l’impasse sur bon nombre de pans de l’histoire du Parc, qui reste à écrire. Le Parc national des Pyrénées fêtera bientôt ses 50 ans : un bel âge ! Et l’occasion, sans doute, de se pencher sur sa naissance et sa jeunesse.

Quelles conséquences ?

Elles sont multiples, selon moi, et certaines ne pourront se mesurer que dans quelques années. Elles vont avoir un impact dans de nombreux domaines. Sur la protection de la nature dans cet espace privilégié, bien sûr, mais également sur les activités humaines.

Certaines communes béarnaises, qui ont refusé l’adhésion à la Charte, vivaient très mal les nouvelles dispositions nées de la loi de 2006 et du décret de 2009. Au point de déposer un recours contre ce dernier auprès du Conseil d’État : recours rejeté. Ce qui, soit dit en passant, ne les empêchaient pas de solliciter le soutien financier du Parc… qu’ils ont eu. Logique ?

Ces communes, dans la zone d’adhésion, devront désormais s’en passer. Ce qui sera également le cas de tous les acteurs agricoles, économiques et touristiques de ces communes. Et, contrairement à ce qui a pu être suggéré, par-ci, par-là, toutes les communes de la zone d’adhésion, qu’elles aient adhéré ou pas, restent soumises aux réglementations du droit commun (chasse, pêche, forêt, environnement, etc.).

La Charte du Parc national des Pyrénées ambitionne de mettre en place un « label Parc ». Il s’agit de promouvoir le territoire du Parc, ses savoir-faire et ses productions locales. À commencer par les produits agricoles. Même par ces temps de crise, le public, de manière générale, et les touristes, en particulier, sont sensibles à un label, gage de qualité. Ce qui est tout aussi vrai pour les consommateurs.

Voilà ce qui peut être dit, quelques jours après le vote des communes de la zone d’adhésion du Parc national des Pyrénées. Dans 3 ans, les communes qui ont dit « non » pourront, si elles le souhaitent demander à adhérer, et cette demande devra être validée par le Conseil d’Administration. À suivre donc…

– par Jean-Luc Palacio

Pays de l’Adour : L’UPPA en danger de mort ?

5806045-signal-de-danger-de-mort-par-electrocution-suite-a-un-choc-electriqueLe titre est volontairement accrocheur. Le danger de mort n’est pas immédiat, mais un concours de circonstances pourrait bien faire que l’Université des Pays de l’Adour vienne à disparaître avec tous les effets néfastes que cela pourrait avoir pour le territoire adouréen.

Le danger est clair et identifié. Il vient du Pays Basque où la quasi-majorité des responsables politiques, économiques et associatifs, toutes casquettes confondues, avance avec son projet de mise en place d’une « collectivité territoriale à statut particulier ». L’unité des basques est affichée (lire le compte rendu fait par EITB* des États Généraux de la Collectivité territoriale Pays Basque du 27 avril) et, avec la ténacité de l’on doit reconnaître aux Basques, le risque est bien réel de les voir obtenir, tôt ou tard, un statut à part qui pourrait les amener à demander, parmi autre chose, un pôle universitaire propre.

Un embryon d’université, qui très vite tisserait des liens avec les puissantes universités de San Sébastien, Bilbao et Pampelune**, pourrait tout à fait démarrer à partir des campus de Bayonne et d’Anglet, « gérés » actuellement par l’UPPA. S’il y a pas mal de conditionnel dans cette hypothèse, elle mérite pourtant d’être prise très au sérieux tant la « puissance de feu » des universités d’Euskadi et de Navarre est forte.

Il faut se souvenir que si les Pays de l’Adour existent un tant soit peu, c’est bien, en partie, grâce à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour qui a des sites à Pau (7373 étudiants***), Bayonne/Anglet (2871), Tarbes (710) et Mont-de-Marsan (379).

Dans l’hypothèse où les sites basques de l’UPPA viendraient à servir de base à une université autonome basque ou s’ils devaient se trouver en concurrence avec une université crée « ex-nihilo », avec l’aide des universités de San Sébastien, Bilbao et Pampelune, on ne peut guère prévoir un avenir « radieux » pour l’UPPA.

Il s’agit donc de se pencher à nouveau sur les relations entre tous les territoires qui composent les Pays de l’Adour et de réfléchir où l’on veut aller.

Un statut particulier peut probablement faire grand bien à la zone basque des Pays de l’Adour, il n’est pas certain qu’il en soit de même pour les autres composantes. Pourquoi dès lors ne pas rebondir sur la demande basque et essayer de faire en sorte que le Béarn, la Bigorre et le sud des Landes y participent ?

Deux choses sont certaines, les élus non-basques des Pays de l’Adour jouent au feu à regarder, sans réagir, les Basques avancer avec leur projet de « collectivité territoriale à statut particulier » et les universitaires de l’UPPA qui participent au montage juridique de la « collectivité territoriale basque » jouent, sans le savoir, totalement contre leur camp : Celui de l’UPPA.

On a d’ailleurs du mal à voir qui peut réagir face à ce risque tant la classe politique, notamment béarnaise, est individualiste et écartelée par des calculs politiciens, notamment dans le cadre du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques.

Si le pire devait arriver, avec la création d’un pôle universitaire propre au Pays Basque, l’UPPA ne serait plus que l’ombre d’elle-même, alors qu’elle a actuellement une masse critique tout juste suffisante. Les sites de Pau et Mont-de-Marsan pourraient rejoindre Bordeaux, celui de Tarbes, Toulouse.

La volonté d’un « statut particulier » pour le Pays Basque, est donc de tous les dangers pour le reste de l’Adour.

Reste donc à l’UPPA à rebondir, se défaire du nom Pau, devenir simplement l’Université des Pays de l’Adour et, toutes les collectivités confondues, ensemble veiller à la doter de nouvelles offres capables de la rendre incontournable aux yeux de toutes les composantes des Pays de l’Adour.

Qui pour mener ce combat ?

– par Bernard Boutin

* Pour se rendre compte de la présence des basques du sud dans le Pays basque français, le site EITB, mentionné ci-dessus, en est déjà un exemple fort au niveau de la communication. EITB est le premier groupe de communication du Pays basque sud, avec quatre chaînes de télévision et cinq stations de radio.
** Un bel exemple de force centripète : voir l’entretien avec FX Brunet, Président de la CCI de Tarbes Hautes-Pyrénées
*** Pour les chiffres de l’UPPA et plus, consulter l’excellent dossier mis à disposition : Voir ICI

UPPA en chiffre

Jean le pathétique

Capture d’écran 2013-05-06 à 18.52.19La longue marche du député béarnais Jean Lassalle, entre Picardie et terres Ch’tis, a quelque chose de pathétique.

Le député des vallées pyrénéennes est donc parti, « pataugas » au pied, à la rencontre des peuples francs du plat pays. Une décision probablement précipitée puisqu’il aura oublié sa makila favorite qui lui aurait permis de soulager ses ampoules et, de se défendre, non pas contre les habituels patous, mais contre de méchants bouviers des Flandres. L’enfer du Nord…

Par sa taille élancée, l’homme ressemble à la réincarnation d’un Don Quijote pyrénéen. A quels moulins à vent peut-il bien prétendre s’attaquer ?

Ceux représentant les maux de la France ? Chômage et absence de compétitivité.

Ceux de son engagement politique ? Avec un MoDem, ombre de lui-même, au patron en quête infinie du graal.

Ceux de sa circonscription ? Désindustrialisation et baisse démographique sans discontinuer de sa belle vallée d’Aspe.

Probablement, un peu de tous ces moulins-là.

Il est pathétique de voir, l’élu aspois, au demeurant sympathique, en arriver à cet extrême-là. La rançon de sa solitude…

Que n’a-t-il pas entamé son périple pour faire une boucle qui l’aurait conduit à la rencontre des « autochtones » d’Oloron à la côte Basque. Il aurait pu ensuite remonter sur Dax et Mont-de-Marsan, serait revenu un peu en arrière, pour prendre la 117 en direction de l’est et passer par Orthez, Mourenx, Pau et Tarbes. Arrivé à Tarbes, une dernière étape, bienfaisante, l’attendait : Lourdes où il aurait pu soulager ses maux du corps et de l’esprit.

Sa petite boucle terminée, il aurait probablement pu animer le débat politique régional en attente de tant et tant de réponses aux interrogations des populations de notre coin de France.

Et d’ailleurs, qui sait si d’autres conseillers généraux du 64, 40 et 65 ne lui auraient pas emboîté le pas ? Au moins, ils auraient pu pousser, d’un cœur vaillant, la chansonnette.

– par Bernard Boutin

Pays de l’Adour : Catastrophe à venir ?

Capture d’écran 2013-04-30 à 16.54.50Comme le dit clairement dans son entretien avec AltPy, François Xavier Brunet, Président de la CCI de Tarbes et des Hautes-Pyrénées, les forces centripètes rejettent le Béarn, la Bigorre et le Pays Basque loin de leurs métropoles régionales respectives. Face à cela, deux voies s’ouvrent aux élus de ces territoires : soit profiter de cet éloignement et rebondir pour mieux s’organiser, c’est ce que proposent -entre eux- les élus basques de tous bords, soit « regarder les trains passer », c’est ce que font les élus béarnais et bigourdans. Quelle sera la démarche gagnante au final ?

Le 27 avril dernier, lors des Etats généraux de la Collectivité Pays Basque, « ils étaient 500 acteurs du Pays Basque, représentant une très grande diversité d’élus et d’acteurs de la société civile de toute sensibilité* ». Ensemble, « ils ont posé un acte fondateur et collectif pour faire entendre la voix du Pays Basque*. »

Ensemble, ils ont adressé au gouvernement le « Manifeste des 500 » appelant à créer une « collectivité territoriale à statut particulier » et lancé le compte à rebours d’un grand rassemblement prévu à Bayonne le 1er juin 2013.

L’objectif des 500 : Créer une « Collectivité territoriale Pays Basque qui sera une institution résolument moderne, de proximité, innovante, mutualisant les compétences pour répondre avec plus d’efficacité aux besoins des habitants du Pays Basque en matière de logement, de transport, d’économie, d’agriculture, de tourisme, de culture, de langue*… »

Il ne faut pas se méprendre, le mouvement est de fond puisque parmi les « 500 » acteurs du Pays Basque, il y avait de « nombreux élus représentant la quasi-totalité des partis politiques, des chefs d’entreprises, des dirigeants d’institutions, des exploitants agricoles, des responsables associatifs, des artistes et des syndicalistes… »

Cette demande pour une Collectivité territoriale Pays Basque » doit « relayer la dynamique autour du Conseil des élus et du Conseil de développement » qui « a atteint ses limites ».

Lentement mais surement, en travaillant sur le fond, avec des universitaires de l’UPPA pour les questions de droit, nos amis basques se préparent à s’éloigner des Béarnais du département et oublient que ces derniers, mais aussi les Bigourdans et habitants du Pays Dacquois subissent, peu ou prou, les mêmes désagréments dus à l’éloignement de leurs capitales régionales.

Plutôt que de travailler tous ensemble, voilà le Pays Basque Français parti pour la « jouer perso ».

L’imprévoyance du personnel politique béarnais et bigourdan est affligeante en la matière. Qu’attendent-ils pour s’asseoir autour d’une table pour rebondir sur cette prétention basque ?

Que des enseignants de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour participent à la conception de cette collectivité territoriale à statut particulier, sachant qu’à terme, c’est l’objet même de l’UPPA qui pourrait être remis en cause, parait incroyable. Déjà, des demandes en appellent à la création d’une université spécifique à cette nouvelle collectivité basque.

En terre de Rugby, qu’elle soit basque, béarnaise, bigourdane ou dacquoise, on sait bien que l’union fait la force. N’est-il pas temps pour les élus béarnais, bigourdans et dacquois d’aller à la rencontre de leurs collègues basques pour tenter de coller à leur démarche et avancer collectivement ?

Pour finir, il convient de revenir sur l’hypocrisie de certains élus qui siègent à ce collectif tout en sachant que cela posera, à terme, problème dans les relations avec le Béarn. N’est-ce pas Frédérique Espagnac, élue à la ville de Pau et signataire du manifeste des 500 à Bayonne ?

Quand les élus s’éveilleront-ils ?

– par Bernard Boutin

Source  et documents
Le manifeste des 500 : http://fr.scribd.com/doc/138261303/PaysBasque-Manifeste-Des-500-DV
* Enbata.info : http://www.enbata.info/articles/manifestation-1er-juin-2013-a-bayonne-pour-la-collectivite-territoriale/
* Eitb.com : http://www.eitb.com/fr/infos/politique/detail/1326108/collectivite-territoriale-pays-basque–le-manifeste-500/?utm_campaign=General&utm_medium=RSS&utm_source=Infos

Crédit photo : Enbata info : Pepa Etchandy

Tribune Libre à François-Xavier Brunet

IMG_0280François-Xavier Brunet, Président de la CCI de Tarbes et des Hautes-Pyrénées, a du caractère et me mâche pas ses mots. Pour lui, les forces centrifuges et centripètes jouent à fond pour les Pays de l’Adour. Comme la Maire de Pau, il prend bien soin de ne pas oublier le Pays Basque. Trop éloignés des capitales régionales de Toulouse et Bordeaux, la Bigorre, le Béarn et le Pays Basque sont rejetés à l’extérieur et condamnés à travailler ensemble. Le Bigourdan concède que la « capitale » de ce territoire pourrait bien être Pau située entre Bayonne et Tarbes. Reste à faire travailler tous les acteurs ensemble. Dans l’immédiat, il nous annonce une initiative, à venir prochainement, entre les CCI de Pau et de Tarbes qui vont travailler de concert sur les infrastructures de transports et il lance un vibrant appel pour la Traversée Centrale des Pyrénées : « Dans les temps de crise et d’incertitude, il faut savoir avoir la hardiesse de ressortir quelques vieilles utopies qui sont des utopies structurantes et on pourrait bien dans 30 ans, nous reprocher d’avoir lâché sur ces ambitions-là. »

Alternatives Pyrénées – Les Pays de l’Adour : Une nécessité ou une vieille idée dépassée ?
François-Xavier Brunet – Nous allons avoir à faire face à un transfert d’un jacobinisme national à un jacobinisme régional et, la nature étant ce qu’elle est, les territoires qui seront à moins de 100 kms des métropoles régionales seront aspirés par un mouvement centrifuges. Les territoires qui seront à plus de 100 kms des pôles régionaux seront éjectés par un mouvement centripète. Il en sera de même comme pour la Bigorre, comme pour le Béarn, comme pour le Pays Basque.
Le Pays Basque pourra toujours se raccrocher dans une diagonale nord-sud le ramenant vers Bilbao. Pour autant, ils auront un problème parce que ni le Pays Basque français, ni le Pays Basque espagnol deviendront indépendants de la France et de l’Espagne. Il faudra bien qu’ils se raccrochent à leur intérêt national respectif. C’est la raison pour laquelle je crois que nous avons des intérêts extrêmement convergents et il serait probablement temps de ressortir cette vieille idée de Michel Inchauspé d’une région « Pays de l’Adour ». Ce que je dis est d’autant plus méritoire de la part d’un Bigourdan, que tout ceci aboutirait probablement à confier à Pau un destin de capitale régionale.

Le Nord des Landes a intérêt à être rapproché de la Gironde et du Lot-et-Garonne pour que l’arrondissement de Dax soit raccroché à notre région « Pays de l’Adour » avec 3 entités globalement : le Pays Dacquois, le Pays Basque et le Béarn et la Bigorre. On aurait un territoire cohérent. Si l’on ne touche pas aux frontières administratives, bien que nous ayons un destin commun, nous ne pourrons pas mener une politique commune.

A@P – Quels sont les enjeux communs actuels auxquels doit faire face ce territoire ?
François-Xavier Brunet – Le développement économique et industriel en se battant sur ses savoir-faire, son attractivité pour faire venir d’autres activités. C’est du « marketing territorial ». Tous les territoires sont en compétition les uns avec les autres. Quand l’Aquitaine et Midi-Pyrénées sont en concurrence, nous sommes encore plus les oubliés dans ce combat.
Des industriels de grands groupes me disent qu’ils ont l’impression que nous n’avons pas faim alors que des régions comme la Franche-Comté et les Pays de Loire ont les dents longues qui rayent le parquet. Donnez-nous les moyens d’exister en tant que Pays de l’Adour et vous verrez comme nous sommes (seront) combatifs. Pour l’instant, nous sommes obligés de demander à Toulouse l’autorisation d’exister et Pau doit faire de même à Bordeaux.

A@P – On fait quoi pour exister en tant que Pays de l’Adour ?
François-Xavier Brunet – Il faudrait que tous les acteurs politiques, économiques et institutionnels se mobilisent pour obtenir ce cadre territorial. C’est probablement une utopie ou une gageure. Mais, si on ne s’engage pas… autant rester chez soi.

A@P – Depuis les tentatives, il y a environ 30 ans, de Mr Inchauspé, les décideurs ont peu progressé…
François-Xavier Brunet – Je reprend la balle au bond, humblement et, je suis prêt à prendre mon bâton de pèlerin pour essayer de faire avancer cette idée. Je vais d’ailleurs prendre avec mon collègue et ami, Patrick de Stampa, Président de la CCI de Pau-Béarn, une initiative dans les semaines qui viennent notamment sur le sujet des infrastructures de transport. Le barreau Béarn-Bigorre LGV est primordial. Comment obtenir un amendement à un projet dont on est même pas sur que la puissance publique puisse le financer alors que nous n’avons pas la masse critique, la puissance politique et institutionnelle pour faire valoir ce point de vue ? Il faut trouver le moyen de peser dans le débat politique.
Les Chambres de Commerce et d’Industrie de Tarbes Hautes-Pyrénées et de Pau-Béarn vont s’allier pour faire valoir des points de vue communs au nom des acteurs économiques de nos territoires.

A@P – Les CCI représentent leurs ressortissants mais pas la population…
François-Xavier Brunet – Si vous rassemblez aussi les Chambres des Métiers et tous les acteurs de l’industrie, du commerce, du tourisme, du service, de l’artisanat et leurs familles et leurs salariés, il ne vous manque plus grand monde. Il vous manque la fonction publique.

A@P – Gérard Trémège, président du Grand Tarbes propose de mettre en place une structure, légère et pratique, une « Agence de développement économique » où siègeraient les grands élus : les Présidents des conseils généraux, des communautés d’agglomération et des CCI de Pau et de Tarbes.
François-Xavier Brunet – Je reprend la balle de Gérard Trémège au bond et je lui dis « banco ». Nous collaborons déjà au sein du BDE (à traduire en toutes lettres) qu’il préside et proposerons, avec Patrick de Stampa de poser la première pierre à cet édifice sous forme d’une espèce de conférence permanente entre les deux chambres. On verra comment nous l’appellerons. L’important n’est pas le titre mais ce que l’on veut en faire.

A@P – Au-delà du sujet de la LGV qui est à long-terme, il y a celui de la concurrence entre les deux aéroports et ces appels à une gestion commune…
François-Xavier Brunet – Ce serait idéal. Ces équipements sont tous neufs et de grande qualité. L’aéroport de Tarbes a été confié à un gestionnaire : Lavalin après plus de 60 années de gestion par la CCI de Tarbes. La CCI de Pau gère l’aéroport d’Uzein. Les gestionnaires doivent commencer d’abord par équilibrer l’exploitation.
Si on commence à dire que le trafic régulier va à Pau et le trafic saisonnier va à Tarbes, on place ce dernier en déficit chronique permanent et cela va coûter très cher au contribuable. Ce serait bien de trouver des convergences.
En son temps, pour le renouvellement de la concession d’exploitation de l’aéroport de Tarbes, mon prédécesseur avait compris qu’il fallait intégrer un grand groupe privé, Véolia Transport, et il avait fait la démarche auprès de la CCI de Pau de l’intégrer dans l’exploitation de l’aéroport de Tarbes avec réciprocité en 2015 (NDLR : année de fin de concession d’exploitation de Pau-Pyrénées par la CCI de Pau). Cela n’avait pas pu se faire parce que le Président Forgues (NDLR : ancien Président du CG65) voyait cela d’un très mauvais œil car cela ne correspondait pas à la candidature qu’il avait choisi dès le départ…
Pour ce qui est de Tarbes-Pyrénées, le trafic régulier sur Paris fonctionne bien mais le trafic charter baisse inexorablement depuis des années et les low-cost mises en place coutent chers. Ce sont des tentatives de diversification rendues nécessaires parce que les vols charters de pèlerins sur Lourdes, souffrent. Ils représentent encore 75 à 80% du trafic.
La convergence entre les deux aéroports ne marchera que si c’est du gagnant-gagnant. Si, c’est pour faire du perdant-perdant pour que ce soit encore le contribuable qui équilibre, on ne s’en sortira pas. D’abord parce qu’à force de se faire ponctionner, les poches se sont vidés et notre pays est au bord de la jacquerie fiscale.

A@P – La Bigorre appelle-t-elle de ses vœux, un autre projet majeur  ?
François-Xavier Brunet – Oui. La TCP (Traversée Centrale des Pyrénées). La question n’est pas de se bagarrer pour savoir si il faut la faire en Béarn ou en Bigorre. Ceci dit, à priori, pour des raisons qui sont propres aux Espagnols et à leur versant sud des Pyrénées, ils préféreraient voir creuser le tunnel ferroviaire de basse altitude en direction de la Bigorre.
Dans les temps de crise et d’incertitude, il faut savoir avoir la hardiesse de ressortir quelques vieilles utopies qui sont des utopies structurantes et on pourrait bien dans 30 ans, nous reprocher d’avoir lâché sur ces ambitions-là. La crise ne continuera pas à frapper éternellement les deux pays. Les couloirs est et ouest de la chaine sont à la veille de la thrombose. Le renchérissement inexorable du pétrole rendra plus pertinent le recours au ferroviaire et surtout il n’y a pas de développement économique, culturel et social loin des grands axes de communication.

Nous avons besoin de cet axe entre France et Espagne. 60% des Bigourdans sont d’origine espagnoles, moi-même je suis de la troisième génération, mes grands-parents étaient bergers aragonais. Je suis intimement convaincu de notre communauté de destin.

On a aussi tord d’opposer le Pau-Canfranc et la Traversée Centrale des Pyrénées. Ce sont des problématiques distinctes de réponses à des besoins différents. Les convois lourds ferroviaires ne passeront pas le Pau-Canfranc. Il n’aura qu’un trafic passager touristique et régional, ce qui ne sera pas le cas de la TCP.

A@P – Comment va la Bigorre aujourd’hui ?
François-Xavier Brunet – L’ensemble du pays ne va pas formidablement bien. Pour autant la Bigorre n’est pas confrontée à une souffrance excessive dans la mesure où d’une part, les fondamentaux du tissus industriels du département sont structurés autour de deux activités principales : l’activité aéronautique, Socata-Daher en tête, et ses périphériques, avec une conjoncture favorable, d’une part, et l’industrie mécanique et électromécanique de puissance, d’autre part. Il vient de se tenir à Tarbes la convention d’affaires des systèmes embarqués DéciElec dans le sillage d’Alstom.
L’industrie peut s’enorgueillir d’avoir, au cours des dernières années, vu la construction de deux nouvelles usines d’Alstom à Tarbes et de Knauf Insulation à Lannemazan. Le secteur touristique reste un marqueur très fort des Hautes-Pyrénées et un secteur d’attractivité considérable. Nous sommes la première destination touristique de Midi-Pyrénées.
Nous n’avons pas été forcément impactés par les premiers assauts des crises successives. Aujourd’hui, nous commençons à être atteint par la crise de consommation des ménages avec des tensions sur le commerce, les services, le bâtiment et les travaux publics qui font que le bilan raisonnable fait pourrait être plus alarmiste dans quelques mois.

– propos recueillis par Hélène Lafon et Bernard Boutin.

Tarbes – La Halle Brauhauban rénovée

IMG_0282Déjà dotée de la magnifique halle Marcadieu de style Baltard,  Tarbes a inauguré sa halle Brauhauban rénovée le vendredi 19 avril dernier !
Hier, l’adjointe au Maire chargée du commerce, de l’artisanat, des marchés et des foires a reçu trois Alternatifs Palois sur le site. Elle était accompagnée de responsable de la rénovation.
Qu’en dire ? Peut-être que dans 30 ans, la halle Brauhauban sera  à nouveau complétement ringarde mais en attendant, elle est, extérieurement et intérieurement, clean et  actuelle pour ne pas dire belle !

Quand les candidats potentiels à la mairie de Pau seront sortis des querelles d’ego dans lesquels ils s’enferrent actuellement, quand les listes seront enfin constituées,  les têtes de listes déclarées et leurs colistiers pourront alors réfléchir à leur « programme ».

Comme la rénovation des halles de Pau ne manquera pas alors, de refaire surface, nous les invitons  à voir et peut-être à imiter ce qui s’est fait à Tarbes.C Halles T IMG_0288

Commençons par ce qui est primordial dans une ville d’un pays en crise : combien cela a-t-il coûté ? 11,3 millions d’€ au total dont près des trois-quarts pour la ville de Tarbes. Les commerçants installés « in muros », ont décaissé 2,5 millions d’€ dont 950 000 pour la moyenne surface alimentaire (1500m²) créée à l’intérieur.

La mise sur orbite du projet
Dès sa réélection en 2004, Gérard Trémège, Maire de Tarbes, s’engage dans cette rénovation. Un premier projet n’aboutira pas. Il était fondé sur un partenariat public/privé. Mais la crise financière amènera les partenaires privés à se désengager. Le projet repart à zéro. Il sera plus modeste pour éviter un trop lourd endettement. Début 2010, les Tarbais découvrent les futures Halles. La structure est conservée mais on refait tout le rez de chaussée et on relooke les façades ! Quelle est l’ambition ? Mettre aux normes sanitaires la halle et les étals, renforcer l’attractivité du centre-ville et du marché Brauhauban.

Il y a eu, en effet, jusqu’à 90 commerçants installés dans la halle Brauhauban, mais l’évolution des modes de vie et le développement de l’offre des hypermarchés dans le Grand Tarbes, ont fait que, de plus en plus, les Tarbais ont choisi d’acheter dans ces derniers. Au lancement du projet les commerçants ne sont plus que 35.

La reconstruction du rez-de- chaussée
Elle s’est faite en deux temps pour éviter l’interruption de l’activité commerciale. Les 35 exploitants d’un étal, ont pu continuer à travailler, tout d’abord dans la partie ouest du chantier puis dans la partie est. Et malgré cela des indemnisations ont été prévues.

La surface marchande en 2013
C Halles T IMG_0297L’intérieur du rez de chaussée est divisé en trois zones.
Au centre du nord au sud, une galerie marchande exclusivement alimentaire, 9 étals de commerçants dont un café et un ou deux points pour se restaurer rapidement (Non ! pas un  Quick ou un Mac Do !), puis des commerces aux produits plutôt haut de gamme, enfin un Intermarché de 1500 m².
A l’est de cette zone, le marché traditionnel : environ 30 étals. Cette zone n’est ouverte que le matin. Et nous avions rendez-vous l’après-midi ! On nous a, malgré tout, fait visiter. Mais nous avons seulement pu constater le modernisme des rideaux de protection baissés et la parfaite propreté des lieux !  Exception : 2 à 3 commerces situés au nord du bâtiment ouvrent aussi sur la Place Brauhauban et sont accessibles toute la journée.
A l’extérieur, au Nord, on découvre l’enseigne de quelques commerces non alimentaires entre autre une agence bancaire déjà là avant la rénovation. Le côté est du bâtiment est réservé au carreau des producteurs. Enfin, sur le côté ouest, un garage pour l’entretienC Halles T IMG_0292 et les petites réparations des automobiles. Une rareté en centre-ville.
Et pour couronner cette surface marchande, un parking public de plus de 900 places sur trois niveaux.
Surface totale 4000 m².

Un point noir ?
A l’est du bâtiment, le carreau est ouvert sur trois côtés et couvert par un auvent. On y sera à peu près, à l’abri de la pluie mais en hiver, les producteurs auront aussi froid que dans leurs champs ! Au Moyen Âge, certes, et encore très souvent au 20ème, le carreau des halles était en plein vent juste protégé par un toit ! Mais au 21ème siècle, cela ne risque-t-il pas de chasser le chaland voire les producteurs ?

Un regret de l’adjointe au commerce ?
Oui : les commerçants de la halle Brauhauban s’obstinent à stationner leurs véhicules utilitaires autour du bâtiment, soit au plus près, chassant ainsi leurs propres clients… vers des aires plus lointaines.

La durée totale de la validation du projet à l’inauguration : 4 ans dont deux pour les travaux. Moins long qu’un mandat de maire. Un bel atout pour un maire qui veut se représenter !

– par Hélène Lafon (texte) et Bernard Boutin (photos)

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Tarbes – Un Musée pas comme les autres !

Il n’est pas nécessaire d’être une grande métropole régionale pour héberger un musée à vocation internationale. A Tarbes, le « Musée des Hussards » est indiscutablement une réussite qui va faire venir de loin de nombreux passionnés européens d’histoire et d’uniformes militaires. Les hussards ne sont pas une épopée franco-française mais bien un « corps » à part, présent dans de nombreuses armées européennes du XIXè et XXè siècle.

Le musée Massey, situé au beau milieu du très beau jardin Massey (dont le parc Beaumont pourrait s’inspirer) est le premier musée labellisé « musée de France » à consacrer une collection d’art et d’histoire sur les hussards, ce corps d’armée de cavalerie légère aux origines hongroises qui a fait la renommée de Tarbes.

Le parcours muséographique, constitué de séquences historiques, invite le visiteur à remonter de manière chronologique l’histoire des hussards en France et dans le monde et à découvrir les uniformes reflétant la mode et le rayonnement de ces militaires sur trois siècles à travers l’histoire des guerres et des conquêtes.

150 mannequins sont présentés, alternant uniformes complets, bustes, pièces d’habillement ou d’équipement d’une richesse.

Beaucoup de son, d’image, de video permettent de se replonger dans une période où l’apparat était une constante dans la vie militaire. Le cadre lui-même est le musée Massey complément rénové pour l’occasion.

A ceux qui voudraient creuser le thème des Hussards sous la période napoléonienne, l’écrivain, Arturo Perez Reverte, a écrit un excellent livre « Le Hussard » dont on peut recommander la lecture*.

Beaucoup parlent du renouveau de Tarbes, le « Musée des Hussards » en est indiscutablement un symbole. A voir et revoir.

– par Bernard Boutin

– crédit photo : Bernard Boutin
– renseignements pratiques : http://www.tarbes.fr/gp/Le-musee-Massey/107/0
– *Présentation éditeur : http://www.coindeslecteurs.com
Andalousie, 1808.
Les troupes napoléoniennes entrées en Espagne viennent de subir un cuisant revers à Bailén. Joseph Bonaparte n’est pas encore sur le trône et la résistance des Espagnols à l’armée française s’organise. Frédéric Glüntz, un jeune Alsacien, et son ami Michel de Bourmont, tous deux officiers du 4e régiment de hussards, rêvent de gloire et d’héroïsme.
Ils sont là pour vaincre l’ennemi, certes, mais aussi pour propager au nom de l’Empereur les idées nouvelles issues de la Révolution française. Persuadés d’apporter le progrès à un pays arriéré, vivant sous le joug de la monarchie et de l’Eglise, ils ne peuvent comprendre qu’en face d’eux se dressent une armée décidée à défendre son indépendance jusqu’au dernier soldat et un peuple prêt à mourir pour sa terre.
Dans le feu de la bataille tant désirée, l’ivresse du sang et de la mort aura raison des idéaux des deux jeunes gens, et des honneurs tant attendus ne restera qu’un atroce voyage au bout de la nuit…
Au début du roman (les deux premiers tiers en fait), on voit de jeunes officiers, beaux et impeccables, richement vêtus et montés, avides de gloire et attendant avec passion leur première bataille. Ils n’ont pas peur de mourir mais seulement de ne pas gagner la gloire à laquelle ils aspirent !…

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Béarn – Bigorre : Le point de vue de Martine Lignières-Cassou

mlcLa Maire de Pau et Présidente de la Communauté d’Agglomération de Pau-Pyrénées est géographe de formation. Parler territoire, c’est pour elle revenir aux sources.

Le sujet des relations entre le Béarn et la Bigorre ne pouvait être approfondi sans recueillir son opinion. Si pour Martine Lignières-Cassou, la Bigorre est importante, l’élue aime à rappeler, qu’au pied des Pyrénées, la DATAR mentionne en premier lieu les agglomérations bayonnaises et paloises. Béarn-Bigorre ne peut pas être exclusif. Pour autant, un rendez-vous est programmé avec son homologue tarbais. On devrait y parler « pôle métropolitain ». Une chose est certaine, les relations avec notre voisine tarbaise dépendent de la « bonne volonté des hommes ». « La loi ne peut rien imposer, elle peut juste prescrire. »
Au détour de la conversation, Martine Lignières-Cassou lâche : « Souvent les politiques ne font que refléter l’état d’esprit des sociétés dans lesquelles ils vivent ». Un message à la société civile ?

A@P –  Marc Cabane, ancien préfet et donc connaisseur en « ingénierie territoriale », rappelle que la DATAR a identifié ce qu’elle appelle des « systèmes urbains métropolitains ». Il ne s’agit pas de métropoles au sens de la loi sur la décentralisation mais de territoires s’inscrivant dans des dynamiques d’échanges et de services.  La DATAR a classé Béarn-Bigorre parmi les 26 systèmes urbains nationaux identifiés. Pour autant, l’Etat n’a pas de solution incitative, pour favoriser la mise en relation entre territoires proches, malgré son intérêt stratégique pour le développement. Pour mémoire, le concept de « réseau de ville » a été un fiasco. 

Rien n’étant-là pour favoriser un rapprochement pérenne de ces territoires, on en est à se reposer sur la « bonne volonté des hommes » comme le dit M. Labazée, Président du Conseil Général des PA. Est-ce suffisant ? 

Martine Lignières-Cassou – Vous prêchez une convaincue puisque c’est tout le sens du projet Pau porte des Pyrénées : agir en coopération entre territoires du piémont pyrénéen pour assurer leur dynamisme et leur développement. Depuis 5 ans que je porte ce projet, je considère que nous avons significativement avancé même si beaucoup reste à faire. A cet égard, l’étude de la DATAR est très intéressante. Elle dit qu’entre Bordeaux et Toulouse, il y a un bipôle formé principalement, sur le piémont Pyrénéen, par Bayonne et Pau auquel il convient d’ajouter Tarbes. Bayonne et Pau en sont les deux principaux éléments puisque notre ville a un bassin de vie de plus de 250.000 habitants avec l’équivalent sur le Pays Basque. Tarbes a une population moindre. A noter, que dans cette analyse sur la structuration le long du Piémont Pyrénéen, Bayonne est bien incluse par la DATAR. C’est à cette échelle que je m’efforce de travailler avec les uns et les autres pour porter en commun des dossiers afin d’exister entre Toulouse et Bordeaux, villes qui profitent à plein du phénomène de métropolisation.

A@P – Pour autant, Tarbes semble beaucoup plus proche de Pau au niveau économique…

Martine Lignières-Cassou – Ce que je veux dire, c’est qu’il y a aussi des liens avec la région bayonnaise. Ne tournons le dos à personne. Le port de Bayonne a une importance stratégique pour le Béarn.Une interdépendance existe entre tous les pôles au pied des Pyrénées, il faut l’entretenir à l’échelle de pertinence nécessaire selon ce dont on parle. Il est évident que la Communauté d’agglomération de Pau-Pyrénées a un rôle de locomotive, parce que c’est la plus importante, par rapport à l’ensemble du sud-est aquitain et au-delà en incluant Tarbes.

Georges Labazée a raison de dire que les relations entre ces pôles reposent sur la bonne volonté des différents acteurs mais pas seulement des politiques. Il y a aussi les acteurs du monde de l’économie et de la société civile.  Souvent les politiques ne font que refléter l’état d’esprit des sociétés dans lesquelles ils vivent. Nous ne nous en sortirons, face à Bordeaux et Toulouse en particulier, que si nous savons nous allier.

A@P – Au niveau humain, on a l’impression que les relations entre les régions paloises et tarbaises sont plus fortes que celles entre les régions paloises et bayonnaises. Malheureusement, les chiffres ne sont pas connus…

Martine Lignières-Cassou – Tout à fait. Nous sommes en train de mener une étude avec Laurent Davezies* sur notre aire urbaine, par rapport à des aires comparables, et son impact sur le piémont Pyrénéen. Les résultats de l’étude seront rendus publics à la mi-avril. Ils rappelleront, on le sait déjà, que notre territoire est diversifié dans ses activités et ainsi, assez préservé jusqu’à présent.

A@P – Revenons aux « Les hommes de bonne volonté »…

Martine Lignières-Cassou – « Bonne volonté » bien sur. Ce n’est pas la loi qui peut imposer. Au plus, elle peut prescrire. Les avancées se font au fil des opportunités. Il faut savoir construire des coopérations avec nos voisins, d’abord à l’intérieur même du Béarn. Un exemple : dans le domaine de la santé, nous avons été une des premières région en France à créer une « communauté hospitalière de territoire »  incluant les hôpitaux de Pau, d’Oloron, d’Orthez et les cliniques qui les complètent.

A@P – mais, il s’agit là des coopérations les plus « faciles », celles mises en place entre politiques béarnais qui se retrouvent régulièrement dans un cadre ou un autre. Pour travailler avec les bigourdans, de tels cadres n’existent pas…

Martine Lignières-Cassou – Nous avons créé un établissement public pour l’école d’art entre Pau et Tarbes parce que nécessité a fait loi. D’ici quelques temps, à mon avis, Biarritz intégrera cet établissement de coopération culturel parce qu’il sera confronté aux mêmes obligations qu’ont eues Pau et Tarbes.A mon sens, c’est ce que fait Georges Labazée avec son collègue des Hautes Pyrénées, par exemple, sur les aéroports. Peut-on offrir des lignes low-costs entre les deux aéroports de Pau et de Tarbes ? C’est aussi ce qu’il fait pour les déchets (voir interview Georges Labazée du 25 février). On doit pouvoir multiplier ces dossiers.

A@P – à ce propos sur le forum d’Alternatives-Paloises, les commentateurs s’étonnaient qu’il y avait toujours un directeur pour chaque école. L’établissement public, va se retrouver avec trois directeurs…

Martine Lignières-Cassou – En règle générale, la mutualisation ne porte ses effets qu’à moyen terme. Il faut prendre en compte la dimension du temps dans les processus de mutualisation.

A@P – Gérard Trémège, président du Grand Tarbes propose de mettre en place une structure, légère et pratique, une « Agence de développement économique » où siègeraient les grands élus : les Présidents des conseils généraux, des communautés d’agglomération et des CCI de Pau et de Tarbes. Objectif : travailler sur les sujets concrets de développement économique et de « marketing territorial » concernant les deux départements. Monsieur Cabane dit à peu près la même chose et Georges Labazée en appelle à la rencontre des « hommes de bonnes volontés ». On fait quoi pour aller plus loin ?

Martine Lignières-Cassou – Sur mon initiative, nous nous étions rencontrés, mon collègue tarbais et moi, il y a un an. Membres de la Fédération des entreprises publiques locales (les SEM), nous nous sommes vus, il y a un mois et nous sommes convenus de nous rencontrer pour parler de pôle métropolitain. Un rendez-vous est pris et nous devrions aborder le sujet dans quelques jours.

J’ai aussi parlé à mes homologues béarnais de l’idée de « pôle métropolitain ». C’est une direction dans laquelle il faut qu’on aille.

A@P – Vous avancez donc avec Monsieur Trémège…

Martine Lignières-Cassou – Comme j’avance aussi avec Jean Grenet ou avec Georges Labazée, Bernard Uthurry ou David Habib.

A@P – sauf qu’il y a cette frontière réelle entre Béarn et Bigorre qui fait qu’il faut avancer d’une façon différente.

Martine Lignières-Cassou – Encore une fois, nécessité fait loi. Je suis très préoccupée par le devenir de l’aéroport de Pau et je pense que deux aéroport à 40 kilomètres l’un de l’autre, à terme, l’un sera sacrifié si rien n’est fait. Pour éviter une solution de ce type, il va falloir mutualiser. J’en suis convaincue.

A@P – A qui revient le responsabilité de mettre cela en place ?

Martine Lignières-Cassou – Nous allons avoir un conseil d’administration du Syndicat Mixte de l’Aéroport Pau-Pyrénées bientôt. Je pense que son Président, Bernard Uthurry qui représente la Région, proposera à l’Assemblée de lancer une expertise sur la suite de la concession qui s’arrête en 2015. Il y a 3 ou 4 scénarii possible à mettre sur la table.

A@P – N’y a-t-il pas un autre aspect sur lequel Béarn-Bigorre pourraient travailler sur le fond, à savoir la promotion touristique des Pyrénées ?

Martine Lignières-Cassou – Ce travail est bien entamé à travers le label « pôle d’excellence touristique » sur le thème de l’eau auquel sont parties prenantes Lourdes et Tarbes, mais aussi Mont de Marsan, Dax, Anglet, les Conseils généraux du Gers, des Hautes-Pyrénées, des Pyrénées-Atlantiques, l’Université de Pau, le Crédit agricole, Total, les organismes de formation, de tourisme. Le territoire couvert est celui compris entre les Pyrénées, la Gascogne et l’Atlantique soit 4 départements : le Gers, les Hautes-Pyrénées, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques. Nous avons tous en commun, à des titres divers, l’eau. Voilà une piste de développement qui va se traduire par la création d’organismes de formation et d’actions de mise en visibilité du territoire concerné à travers la recherche et l’innovation.

– propos recueillis par Bernard Boutin

* Laurent Davezies est un économiste d’origine béarnaise qui vient de publier « La crise qui vient ».