Quelques longues à bâtons non rompus.

Parmi les grandes préoccupations du moment on ne veut pas reconnaître qu’elles sont toutes des conséquences de causes communes dans le temps et l’espace. La politique individualiste et l’économie libérale anarchique, comme toujours, se refusent à les considérer, quand il s’agit de prendre des décisions ayant un intérêt financier immédiat. Le problème se complique encore car on veut les résoudre séparément.

C’est toujours la même chose ; on gère les conséquences, surtout pas les causes !

Ce qui vient augmenter le désarroi et… l’énervement, tient aux mots utilisés : réformes, développement durable, les courageuses déréglementations, la flexibilité, compétitivité, le chômage… la pauvreté, le pouvoir d’achat… Ils sèment le doute, le trouble, l’incompréhension,… la fureur, car le contenu est flou, changeant, volontairement sournois, différent suivant les interprètes.

«La compétitivité ? De laquelle parle-t-on ? Celle des entreprises (cash flow, profits, valeur boursière..) ou celle des sociétés elles-mêmes (cohésion sociale, plein emploi, dynamisme, confiance.., laquelle faudrait-il préférer?)» J-Cl Guillebaud.

En effet le langage unique et la langue de bois ambiante sont l’illustration du danger des mots qui ensorcellent nous dit J-Cl Guillebaud : «les mots sont rarement neutres, tout langage transporte avec lui, comme le filigrane d’un billet de banque, un corpus de préjugés, préférences, partis pris, jugements de valeur qu’il faudra décoder».

Alors que la croissance c’est faire toujours plus avec plus, moderniser c’est faire plus avec moins !

1°)La fameuse dette publique ! Et si on stigmatisait la dette privée, bien plus importante que la dette publique et dont les effets peuvent être dramatiques ! La vision macroéconomique est à reconsidérer. N’oublions tout de même pas que la crise financière actuelle a été déclenchée par un excès d’endettement privé aux Etats-Unis.

Dette publique, dette publique… Et la dette privée alors – Nouvel Obs

https://www.nouvelobs.com › Rue89 › Economie

2°)L’Europe ; et si on revenait en arrière en reconsidérant l’histoire et la culture des pays, de l’Est entre autres : Pologne, Hongrie…, on pourrait comprendre le populisme et la peur qui les gagnent en les sommant de s’adapter aux exigences «européennes», émanation d’une science économique «hors sol». L’unanimité exigée pour faire avancer la politique est forcément vouée à l’échec; c’est absolument normal, compte tenu du passé, de la situation géographique(Italie, Grèce, Espagne, Portugal..), climatique, sociale, des craintes, des richesses économiques spécifiques, des intérêts de chaque pays. Alors qu’à la majorité simple les lois sont déjà difficilement applicables dans notre pays, mettre tout le monde d’accord à 28 !!!!! Va-t-il falloir que les seuls pro-européens reconnus soient ceux en accord avec la politique de Merkel et de Macron, c’est-à-dire un libéralisme dévoyé uniquement financier ! Pour qui voteront les vrais pro-européens, largement majoritaires en France, ceux qui se soucient des peuples, de leur culture, leur histoire, leur droit à la santé, à la sécurité, au travail pour vivre….? Il y a de la place pour une nouvelle Europe ! Les Etats-Unis ont bien construit une fédération d’états tous différents !

3°)Migrants. « Ils sèment le vent, ils récolteront la tempête » (Traduction Œcumènique de la Bible, VIII e siècle avant J.-C.).

L’avidité pour les profits de bien des pays européens, sur le continent africain, est et a été redoutable car elle a provoqué la perte d’identité culturelle et l’appauvrissement généralisé des populations locales. Les extrémismes religieux salafistes en ont profité pour habiller ce désarroi de principes religieux revitalisant pour beaucoup de jeunes, perdus et fragiles, que la politique de la République n’a pas su ou voulu aider afin de les accompagner vers un ascenseur social plein d’espoir.

4°) La Sécurité, ce mot à multiples facettes, recouvre pratiquement tous les problèmes. On ne considère que la sécurité extérieure (défense), intérieure (agressions) ; en fait, il convient d’ajouter la sécurité environnementale, de l’emploi, du logement, de l’alimentation, de la santé, du pouvoir d’achat, de la liberté de penser, de s’exprimer…Malheureusement, elle est rarement assurée et bien des faits restent, malgré les évidences, dans l’indifférence du gouvernement et de bien des gens.

La réforme du système de santé devrait s’en inspirer !

= Sud Ouest titre le 9/09/2018 «La chute sans fin des insectes»

Le pare-brise n’est plus rendu opaque par les cadavres d’insectes que la voiture récupérait jadis, les nuits sont devenues silencieuses, le grillon ne chante plus, le crapaud et la grenouille gros prédateurs d’insectes, sont muets ; les chauves-souris, les hirondelles se raréfient, les moustiques de tous pays peuvent proliférer avec leurs parasites ! Les maraîchers et les arboriculteurs constatent des baisses de rendements et cherchent à louer des drones car les ruches se font rares. Les chinois qui, jadis, frappaient pour effaroucher les oiseaux, paient maintenant des gens qui, juchés toute la journée sur une échelle, pollinisent à la main les arbres fruitiers.

Une étude menée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le muséum d’histoire naturel et l’Office pour les Insectes et leur environnement (Opie) a conclu qu’une espèce sur 5 était menacée de disparition en France métropolitaine.

Les causes sont suffisamment connues pour agir positivement car les conséquences  retentissent sur la sécurité alimentaire, le pouvoir d’achat, le travail, la santé…

++ L’ensemble des pesticides(+12,4% entre 2009 et 2016)

++ Dégradation de l’environnement : disparition des haies, des zones humides, artificialisation et pollution des sols, vers de terre en chute libre, bétonnage et urbanisation, desherbage des fossés et des cultures, là où les insectes se développent, pollution lumineuse pour de nombreux papillons, ne parlons pas du remplacement des arbres variés de la forêt tempérée par des peuplements monospécifiques favorisant la prolifération des espèces parasites, de l’extension des plantes ornementales et des variétés de plantes cultivées sélectionnées comme des variétés de colzas qui n’attirent pas les pollinisateurs. «la rose moderne n’envoie aucun message attractif de la part de ses nectaires» Sud Ouest.

++ Le réchauffement climatique perturbe les concurrences, les résistances, la répartition, les équilibres donc. Réjouissant, les GES n’ont jamais été aussi abondants!

On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Gardez-vous de rien dédaigner ;
Surtout quand vous avez à peu près votre compte.

                                      Si seulement on sentait un frémissement de bon sens ! Or, cela ne fait que s’accentuer : croissance, croissance !

= Sud Ouest encore, mardi 19/09/18 :«Du glyphosate sous les pins et dans le miel». On peut lire que depuis 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’environnement, de l’alimentation et du travail (Anses) a homologué et autorisé la mise sur le marché d’une quinzaine de nouveaux herbicides à base de glyphosate pour une utilisation en forêt ; le dernier, le Glifonet NG a été autorisé le 9 février dernier. Début 2000, seuls trois herbicides étaient homologués par l’Anses ;

maintenant, les sylviculteurs disposent de 27 produits principalement à base de glyphosate.»

Un ingénieur forestier du CNPF (centre régional de la propriété forestière) prétend que ces homologations ne se sont pas faites à la demande des utilisateurs mais des producteurs d’herbicides (voir plus loin l’importance des lobbies). Facile, car l’utilisation n’était pas obligatoire !

Ramassage des champignons à reconsidérer !!!

= Nanoparticules : un danger pour le cerveau – Futura-Sciences

https://www.futura-sciences.com/…/medecine-nanoparticules-danger-cerveau-34445/

Les nanoparticules qui sont 1.000 à 100.000 fois plus petites que les cellules sont partout. Elles peuvent être inhalées, ingérées, traverser la peau, se retrouver dans le sang et atteindre de nombreux organes du corps où elles s’accumulent. Entre autres, elles sont nocives sur la barrière entre cerveau et circulation sanguine, sur le placenta…

« l’exposition aiguë aux nanoparticules de zinc déclenche chez les animaux nouveau-nés une accélération anormale suivie d’un arrêt définitif du rythme respiratoire. »

«On est en plein dans le cadre du principe de précaution, avance Magali Ringoot, porte-parole d’Agir pour l’environnement. D’un côté, on a des études scientifiques qui s’accumulent et qui sont gravement alarmantes. De l’autre, on peut se poser la question du rapport bénéfice-risque: pour le consommateur, l’utilisation des nanoparticules dans l’alimentation est purement esthétique.»

= Depuis plus de trente ans, nous assistons à une féminisation de l’ensemble de la faune terrestre, être humain inclus. Les poissons des lacs, des estuaires et des mers où se déversent les polluants se féminisent, les ours polaires, les tortues dans les Grands Lacs….

La propagation globale des perturbateurs endocriniens  ne cesse d’augmenter ;  ils proviennent, entre autres, des femmes sous contraceptifs oraux qui rejettent par leur urine dans les eaux usées des quantités d’hormones monumentales. On note une baisse générale de la fertilité (diminution de 50% du nombre de spermatozoïdes actifs en cinquante ans), des malformations génitales se multiplient : à Montpellier, le Pr Charles Sultan, pédiatre endocrinologue, estime que le nombre de garçons qui ont un micropénis et d’autres malformations de l’appareil génital comme la descente incomplète des testicules (cryptorchidie) a été multiplié par trois en vingt ans. Le ratio de natalité fille/garçon, traditionnellement favorable aux garçons, s’est inversé».

Entre autres :La féminisation du monde – AgoraVox le média citoyen

http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/la-feminisation-du-monde-44513

= «L’incrustation des lobbies dans le cœur de l’exécutif fait tache.»(Sud Ouest 7/09/18. «Qui gouverne ?»

+«Audrey Bourolleau qui a été à l’origine de l’assouplissement de la loi Evin en 2015, est l’ancienne déléguée générale de l’association Vin et société, structure de promotion de la filière viticole, ancienne diplômée de l’école de commerce de La Rochelle. Elle a intégré le cabinet du président de la République où elle s’occupe des questions agricoles.»

+ «Le premier ministre Edouard Philippe a dirigé le service des relations publiques du groupe nucléaire Areva. Le secrétaire d’Etat Benjamin Griveaux a occupé les mêmes fonctions au sein du groupe immobilier Unibail-Rodamco.»

+ «Aucune réglementation efficace n’encadre l’usage de ces carnets d’adresses constitués à l’ombre du pouvoir ;… Nombre de cadres ou d’anciens dirigeants du privé multiplient les allées et venues dans les cercles du pouvoir»

Les nouveaux élus, de la société civile, constituent un milieu proche du pouvoir qui connaît le monde de l’entreprise et ses pratiques rarement désintéressées !

= Les troubles psychiatriques touchent 1 adulte sur 4 soit 27% de la population française.75% des affections psychiatriques débutent avant l’âge de 25 ans.

Santé mentale : les chiffres qui font peur – Actualités Santé

https://www.observatoire-sante.fr › Actus

Parmi les pathologies les plus préoccupantes au XXIe siècle, 5 ont été identifiées par l’Organisation Mondiale de la Santé : la schizophrénie, le trouble bipolaire, l’addiction, la dépression et le trouble obsessionnel compulsif.

Les maladies psychiatriques et les troubles du comportement …

http://www.frcneurodon.org/…/les-maladies-psychiatriques-et-les-troubles-du-comportement…

Faut-il armer la police municipale, augmenter le nombre de policiers, de caméras de surveillance ?…Et si on s’interrogeait sur les causes de la délinquance ? Pourquoi le nombre de malades mentaux, en errance car sans thérapie valable, parfois potentiellement dangereux, que nous côtoyons chaque jour, est si important et parfois responsables d’actes de barbarie, y compris terroristes ?

=Le danger des plastiques : émission Cash investigation d’Elise Lucet mardi 11/09/2018

Une sidérante enquête, Plastique, la grande intox, pointe notamment du doigt :

+le lobbying effréné (et efficace) des industries plastiques et dévoile les failles potentiellement dangereuses du recyclage de certaines matières plastiques.

+des associations pour l’environnement financées par des industriels.

+des produits toxiques dans des jouets.

= Envoyé spécial: les secrets des aliments ultra-transformés. Jeudi 13/09/18

Aliments ultra-transformés : 60 Millions de consommateurs alerte, l …

https://www.usinenouvelle.com › Consommation

Le jeudi 12 avril une enquête intitulée «Ces aliments qui nous empoisonnent» décrypte les ingrédients de 100 produits et dénonce des pratiques de l’industrie agroalimentaire:« Pauvres en matières premières brutes (légumes, fruits, lait, viande…) mais riches en additifs, les aliments ultra-transformés regorgent d’ingrédients à bas coût, dénaturés pour leurrer notre goût. Sel, sucre et graisses combinés stimulent les pics de glycémie,(et d’obésité aussi), entraînant des réactions addictives”, attaque le magazine. “Les ingrédients qui fâchent sont souvent dissimulés derrière des allégations alléchantes.»

= franceinfo, jeudi 13 septembre 2018. Hydrolysat, peptides, lactosérum, lécithine, amidon, sirop de glucose… ces noms  sont sur l’emballage des yaourts, plats préparés ou n’importe quel aliment « ultra-transformé ». L’industrie agroalimentaire raffole de ces composants peu coûteux à produire et faciles à utiliser: des nutriments obtenus par « cracking », ou fractionnement d’un aliment en dizaines de poudres et de sirops. Le lait, l’œuf, la pomme de terre, le riz, le maïs… tout, ou presque, peut être « cracké ».

Devant les menaces climatiques extrêmes les réseaux sociaux, puis les citoyens, se mobilisent pour que les enjeux climatiques deviennent la priorité des gouvernements alors que c’est actuellement l’indifférence programmée; pot de terre contre pot de fer !

Un rapport récent de l’ONU invite les politiques à opérer des changements drastiques dans les modèles économiques, tandis que le secrétaire général des Nations unies a appelé lundi les gouvernements« à ne plus perdre de temps ».

«La vraie révolution, c’est quand les rôles changent et pas seulement les titulaires»

Gilbert Cesbron, mourir étonné1980)

signé Georges Vallet

crédits photos:writeawriting.com

France : une compétitivité nationale fortement bridée

çasuitderriere-allemagne-competitiJeudi 2 avril, à l’EISTI (Ecole internationale des sciences du traitement de l’information) de Pau, se tiendra la « Journée Nationale de l’Ingénieur » avec un sujet de choix : « Les ingénieurs et scientifiques, architectes de la compétitivité et du redressement de la France » (le programme de la JNI est publié sous l’article). 

Il y a, pour simplifier, deux types de compétitivité, celle d’un pays (ou d’un territoire) et celle d’une entreprise. Si la compétitivité des entreprises dépend principalement de la R&D, de l’innovation, des « process » ou encore de la diminution des coûts, la compétitivité d’un pays dépend de données multiples, bien différentes de l’entreprise. Avant la JNI, qui traitera de la compétitivité de notre bassin de vie et de ses entreprises, penchons-nous sur la compétitivité de la France.

La France est classée 23ᵉ dans classement mondial de la compétitivité (Global Compétitive Index 2013/2014) du World Economic Forum, forum connu par sa très médiatique réunion annuelle de Davos. Un classement bien moyen d’autant plus que 11 pays européens se trouvent devant elle. La Suisse est première du classement, les autres : Finlande 4ᵉ, Allemagne 5ᵉ, Hollande 8ᵉ, Grande-Bretagne 9ᵉ, Suède 10ᵉ, Norvège 11ᵉ, Belgique 18ᵉ, Luxembourg 19ᵉ, Autriche 21ᵉ et France 23ᵉ.

La place de 23ᵉ, sur 144 pays analysés, n’est que la résultante de la compilation de nombreuses données, classées par « socles ». Chaque socle (12 au total) a son propre classement et apporte son lot d’informations sur la compétitivité de la France dans des domaines très variés. Certaines données sont favorables à la France, d’autres franchement mauvaises…

Inventaire de ces socles, par ordre décroissant de compétitivité, pour terminer avec ceux sur lesquels la France devrait se « réformer en priorité », si elle veut regagner en compétitivité.

Ce qui va plutôt bien pour commencer :

1 et 2 – La France est classée 8ᵉ sur 144 pour son socle « Infrastructures ». Une force indiscutable. Nos routes, nos trains, nos services téléphoniques, notre approvisionnement en électricité sont jugés bons. Seules les infrastructures portuaires sont moins bien classées. La France est aussi classée 8ᵉ pour le socle : « Taille de son marché » qui prend en compte le marché national et sa part dans les marchés internationaux.

3 – L’accès à la technologie est aussi un atout de notre pays (17ᵉ). Elle serait le 4ᵉ pays au monde, pour les connexions fixes à internet pour 100 habitants.

4 – Le socle « Santé et l’éducation primaire » donne à la France la 18ᵉ position. Parmi les données prises en compte, la santé et l’espérance de vie sont bonnes (6ᵉ). Le primaire est moins bien évalué (24ᵉ).

5 – Socle « Innovation » : 19ᵉ. Parmi les données, on peut noter la qualité des instituts de recherche scientifiques (12ᵉ) et les dépôts des brevets qui donnent la quinzième place à la France. La collaboration industrie-université en R&D est jugée plus moyenne : 29ᵉ place.

6 – Le socle « Business sophistication » donne à la France la 22ᵉ place. La mauvaise note va à la capacité à déléguer d’un supérieur vers un inférieur (se reporter à l’annexe 1 pour voir la question posée en anglais) : 52ᵉ place.
Ceci n’est pas sans rappeler le phénomène de verticalité à la française mentionné dans « Démocratie verticale ou démocratie horizontale : Que voulons-nous ? ». En France, on délègue mal. On verra plus loin, que les relations management-salariés sont aussi très mal évaluées. La France, un pays où la population communique mal (politiques inclus) ! Dans ce socle, l’état du développement des clusters (Pôles de compétitivité) est jugé insuffisant (Annexe 2) : 32ᵉ place.

7 – Le socle du « marché financier » situe la France à la 23ᵉ place. Rappel : 23ᵉ est la place moyenne du pays en termes de compétitivité.

A partir de ce socle, nous entrons dans la zone de qui « tire la France vers le bas » en matière de compétitivité.

8 – Le socle « Éducation supérieure et formation » est classé 28ᵉ. Si la France à un fort taux d’éducation dans le secondaire (11ᵉ), celui-ci tombe au 46ᵉ rang mondial dans le « tertiaire » (le supérieur). Au niveau qualitatif, le pays n’est que 34ᵉ pour la préparation des jeunes à un environnement compétitif. La France serait aussi au 55ᵉ rang mondial pour l’accès à internet dans les écoles. Certainement insuffisant.

9 – Les « Institutions » : 32ᵉ sur 144 pays avec un jugement particulièrement sévère pour les dépenses de l’État (72ᵉ) ou encore le poids des contraintes administratives (121ᵉ). La transparence à la française émarge à la 70ᵉ place. Les politiques n’ont pas la confiance des Français : 42ᵉ au classement du socle.

10 – « L’efficacité du marché » donne la 46ᵉ place à la France. L’effet de l’impôt sur les décisions d’investissements est jugé catastrophique et place la France en 135ᵉ position (Annexe 3) et en 132ᵉ position pour le taux de taxation global ( 4). La France est au-bas du tableau. Comme vu précédemment, trop de dépenses de l’État (et de mauvaises dépenses) font trop d’impôts !

A ce stade, nous pouvons nous demander ce qui est pire encore pour la compétitivité de la France !

11 – Freine la compétitivité du pays : « L’efficacité du marché du travail » où la France n’est classée que 61ᵉ. Sont mis en avant comme freins : « la coopération dans les relations de travail employeurs-salarié » : 129ᵉ au classement (Annexe 5) ou encore les  « pratiques d’embauches et de licenciement » trop régulées : 134ᵉ (Annexe 6).

12 – Le dernier socle « Environnement macroéconomique » décerne à la France la 82ᵉ place. Il prend en compte le déficit budgétaire, l’épargne, l’endettement de la Nation. Des éléments connus mais qui projettent la France loin derrière dans le classement.

Trop d’État, trop gourmand, dépensant mal. Trop d’impôts à tous les niveaux. Des comptes nationaux calamiteux. Un marché du travail trop rigide. Pas assez de dialogue entre les politiques et les citoyens, entre les patrons et leurs salariés. La France était 3 ou 4ᵉ puissance mondiale au lendemain de la guerre. Les institutions de la Vᵉ république auraient-elles précipitées le déclin de la France et continueraient-elles à le faire ? Les « 30 glorieuses » ne camouflaient-elles pas en fait le « chant du Cygne (gaulois) » ?

– par Bernard BOUTIN

*Le programme de la « Journée Nationale de l’Ingénieur » du jeudi 2 avril à compter de 16h à l’EISTI située sur le campus palois. Entrée gratuite et libre pour tout le monde. Venez y nombreux. Le sujet est extrêmement actuel.

16H00 – Accueil
16H15 – Allocution d’accueil par Laurence LAMOULIE, Directrice de l’EISTI (Ecole internationale des sciences du traitement de l’information), Campus de Pau et par René BEAUSSIER, Président Union Régionale Ingénieurs et Scientifiques -IESF- du Bassin de l’Adour accompagné de Baptiste COMTE, Vice-Président Bureau Régional des Elèves-Ingénieurs Pyrénées
16H45 – Table ronde
 « Ingénieurs, scientifiques, décideurs publics : Des coopérations pour gagner en compétitivité » 
– ESC Pau : Youssef ERRAMI, Pr de Management
– AVENIA : Jérôme PORFIRIO, Directeur du Pôle de compétitivité
– UPPA : Christophe DERAIL, Vice-Président délégué valorisation de la recherche
17H45 – Réalisation d’un étudiant-ingénieur de l’EISTI, Nicolas DAGES, sur le Cloud Computing
18H00 – Témoignages d’industriels 
« Etre compétitif ! Oui, mais comment ?« 
– TIGF : Pierre CHIQUET, Ingénieur gisement et Guilhem CAUMETTE, ingénieur HSEQ
– HAULOTTE Groupe : Pierre SAUBOT, Président du Conseil d’Administration et Directeur Général
– TURBOMECA : Manuel SILVA, Chef de Projet Recherche et Technologie
19H45 – Cocktail

S’inscrire à la JNI à Pau mais aussi à Tarbes

Nota et précautions : Le « Global Compétitive Index 2013/2014 du World Economic Forum » est complexe à analyser et demanderait une « thèse ». La méthodologie ne m’est pas apparue clairement (par manque de temps). Il est annoncé 15.000 entrepreneurs sondés sur 144 pays. Je n’ai su trouver combien ont été sondés sur la France. Cet index est-il « statistiquement significatif à l’échelle d’un pays ? ». Ceci dit, nous pouvons retenir les grandes tendances ressorties des « socles ».

(Annexe 1) La question était : In your country, how do you assess the willingness to delegate authority to subordinates? [1 = not willing at all—senior management takes all important decisions; 7 = very willing—authority is mostly delegated to business unit heads and other lower-level managers].
(Annexe 2) In your country, how widespread are well-developed and deep clusters (geographic concentrations of firms, suppliers, producers of related products and services, and specialized institutions in a particular field)? [1 = nonexistent; 7 = widespread in many fields]
(Annexe 3) (In your country, to what extent do taxes reduce the incentive to invest? [1 = significantly reduce the incentive to invest; 7 = do not reduce the incentive to invest at all])
(Annexe 4) (Total tax rate,% profit :This variable is a combination of profit tax (% of profits), labor tax and contribution (% of profits), and other taxes (% of profits)
(Annexe 5) (In your country, how would you characterize labor-employer relations? [1 = generally confrontational; 7 = generally cooperative]
(Annexe 6) (In your country, how would you characterize the hiring and firing of workers? [1 = heavily impeded by regulations; 7 = extremely flexible]

crédit photo : http://www.ruedeschamps.net

La compétitivité et nos politiques

Dessin-humoristique---Chaunu---Ouest-France-5-mars-2009  La dernière conférence de presse de François Hollande  a montré des avancées significatives. L’équation se précise enfin, et ce que l’on peut lire sur AP depuis des années commence à prendre forme : la France a une dépense publique beaucoup trop importante et une des sources d’économie se trouve dans la gabegie de son organisation territoriale.

Ceci étant enfin posé par F. Hollande, on attend la suite…

Le premier ballon d’essai a été lancé vers les Régions…histoire de voir. Les réactions sont immédiates de la part de nos rentiers de la politique : touche pas à mon poste !

iIs préfèrent regarder couler la France plutôt que de remettre en cause leur rente.

Alain Rousset le premier montait au créneau, forcément il est Président des Présidents de Régions:

« Le problème, c’est la puissance de feu, pas la taille », a-t-il insisté, en soulignant que le Pays basque espagnol avait « un budget de 10 milliards d’euros, et l’Aquitaine de 1,4 milliard ».(Sud Ouest du 16/01/2014)

Bien sûr Monsieur Rousset, d’abord vous conviendrez que le Pays Basque Espagnol est un cas particulier, et la cause de ce budget étriqué est simple, je m’étonne que vous n’ayez pas trouvé la réponse !

C’est notre millefeuille qui dilue les responsabilités et donc les budgets ! Seriez-vous donc d’accord avec moi ?

Supprimons l’échelon départemental et ramenons toutes ses compétences à la Région. En plus c’est d’une logique imparable : collèges et lycées ensemble (quoi de plus logique ?), les routes et infrastructures au niveau régional c’est plus de cohérence et des économies d’échelle, le social, qui consiste principalement à distribuer des prestations selon la loi : rien de plus simple. Et d’un seul coup le budget de la Région Aquitaine passerait à environ 7 milliards !

On supprimerait 250 élus inutiles et on donnerait enfin un peu de travail aux Conseillers Régionaux désœuvrés. Par la-même on pourrait par simple optimisation supprimer plusieurs milliers de fonctionnaires, fermer des « parlements » départementaux, etc. C’est d’ailleurs ce que fait Gérard Collomb à Lyon où le Département est supprimé au niveau de l’agglomération Lyonnaise.

Qu’attendez vous pour mettre de l’ordre dans la gabegie bordelaise où Bordeaux, la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux) et le Département de la Gironde se superposent en faisant tous ce que fait l’autre ? Aucun Bordelais n’est capable de dire qui fait quoi, même pas les élus d’ailleurs puisque tous peuvent tout faire !

Tout le monde sait que dans notre organisation territoriale il y a deux niveaux de trop : la commune et le Département.

Les départements auraient dû être supprimés le jour où on a crée les Régions. Pour le ridicule, il faut citer la Corse, région avec ses deux départements, ou l’Alsace, idem, qui a pourtant tenté de fusionner Région et département, sans hélas y parvenir.

Quant aux communes elles doivent être remplacées par les intercommunalités, après que celles-ci aient été mises en cohérence avec les bassins de vie.

Ces deux niveaux étaient adaptés aux déplacements à cheval, ils sont très largement obsolètes à l’ère de l’automobile et d’Internet. Nous avons en France les seuls élus se déplaçant à cheval…(on a même en Béarn un élu se déplaçant à pied… c’est dire le retard que nous avons !) Pas étonnant que nous manquions de compétitivité.

Mais nos politiques de droite ou de gauche refusent de moderniser la France, de faire ce qui a été fait en Europe dans les années 60, il y a 50 ans !

Oui nous avons cinquante ans de retard, cinquante ans que la gabegie se prolonge, simplement pour conserver des postes, des rentes à des milliers de politiques en trop et des dizaines de milliers de fonctionnaires dont les activités sont des doublons. François Hollande aura-t-il le courage de moderniser notre classe politique, de rendre notre organisation territoriale enfin compétitive ?

Quand les citoyens se réveilleront-ils ?

– par Daniel Sango

Suicides durables pour compétitivité et croissance durables. Est-ce soutenable?

gvcompetitivitéEn France on compte 10 000 morts par suicide, chaque année, soit un toutes les 50 minutes: chiffres sous-estimés de 20% selon le Haut Comité de la Santé Publique.

  • Agriculteurs exploitants 400 suicidés, soit en moyenne plus d’un par jour.
  • Ministère Ecologie et Equipement: 200 tentatives, 15 à 25 décès par an.
  • Impôts et Douanes:1872 en état de souffrance, 35 suicides, en 2008, cinq sur le lieu de travail.
  • Education Nationale: 39 cas par an pour 100 000 enseignants.
  • 40 à 55 policiers, par an, entre 2005 et 2010 ont mis fin à leurs jours; 53% avec l’arme de service (Sud Ouest: 26/03); 31 et 58 tentatives, pour les personnels militaires et civils de la Gendarmerie,17 Gardiens de prison en 2009.
  • Pour les personnels hospitaliers, on parle de «burn-out», syndrome d’épuisement professionnel. 492 décès chez les médecins en 5 ans.
  • Ne revenons pas sur Renault, France telecom, GDF, les petits patrons..!

Quelles sont les causes? Incontestablement multiples; on peut distinguer:

  • Un facteur individuel: instabilité psycho-pathologique, d’ordre génétique ou pas, ainsi qu’une sensibilité différenciée suivant les individus face au stress.
  • Un facteur environnemental: relations humaines, solitude, chômage, faible niveau de revenu, pressions fiscales et économiques….

La dépression, l’addiction (alcool ou substances diverses) sont à placer dans l’une et l’autre des catégories.
Le stress joue un rôle important dans le monde du travail, source du besoin de croissance et de compétitivité: le sujet évoqué. C’est la réponse de l’organisme à des conditions de vie contraignantes de la part du milieu, professionnel ou pas.

Face à cette situation, le corps se met en état d’alarme pour activer ses forces défensives. On note une secrétion hormonale: les catécholamines; la pression artérielle, la température du corps, le rythme cardiaque, augmentent.

Après l’alarme, l’organisme rentre en phase de résistance. De nouvelles hormones, les glucocorticoïdes, sont secrétées. Elles augmentent le taux de sucre dans le sang pour fournir de l’énergie au cerveau, au cœur, et aux muscles. Cette réaction est régulée par des récepteurs du système nerveux central qui ramènent l’organisme à son niveau d’activité normale, si la situation considérée comme stressante disparaît.

En revanche, si le stress intense se prolonge ou se répète, les récepteurs du système nerveux central sont débordés; l’organisme passe du stress aigu au stress chronique. Le taux de glucocorticoïdes continue d’augmenter, saturant le système de régulation qui sera alors incapable de contrôler cette prodution d’hormones.
Sollicité en continu, l’organisme s’installe dans une phase finale d’épuisement.

Ces mécanismes vont faire apparaître des symptomes:

  • physiques: douleurs, troubles du sommeil, de l’appétit….
  • physiologiques: cardiopathies, maladies vasculaires cérébrales, hypertension artérielle, dépressions, troubles ostéoarticulaires cou et épaule, lombalgie…
  • émotionnels: nervosité, angoisse, excitation..
  • intellectuels: difficulté de concentration, erreurs, oublis…
  • comportementaux: agressivité, isolement social, consommation de produits calmants ou excitants( alcool, tabac, drogues diverses)….

«Propos désobligeants, insultes, actes violents ou à connotation sexuelle… Le harcèlement moral toucherait plus d’un salarié sur cinq en France»(figaro.fr économie.)
Management «offensif» vexatoire, irrespectueux, mise du salarié sous la subordination d’un autre salarié de même qualification, tels sont les comportements que certains considèrent comme indispensables à la croissance et à la compétitivité!!
La psychanalyste Marie Pezé dans son livre «Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés» témoigne de la cruauté des rapports sociaux, de la dissolution des solidarités traditionnelles dans l’entreprise et de la nocivité de certaines formes de management. Elle y fait état de la violence sociale dont sont victimes «des abîmés de l’évaluation individualisée des performances, des fracassés du harcèlement

Le suicide est-il donc devenu le mal nécessaire au salut de la France?

Il serait intéressant de faire la balance financière entre les gains pour les entreprises et les actionnaires, d’une meilleure compétitivité et croissance obtenues de cette manière, et les coûts pour les salariés et la collectivité du stress qui en résulte!
Quels sont ces coûts?

  • Les coûts directs: prise en charge de la maladie: consultations avec dépassements d’honoraires fréquents, consommation de médicaments, coûts d’hospitalisation (courts ou longs séjours), coûts de transport. L’assureur social supporte les effets immédiats. Les soins secondaires sont à la charge du patient et/ou de son entourage (mutuelles): déplacement pour des contrôles, aménagements parfois indispensables de l’environnement de vie: maison, véhicule…, temps pour s’occuper du patient, perte d’une ressource indisponible pour un autre travail de l’entourage.
  • Les coûts indirects:
      1 – Les coûts tangibles: absentéisme au travail, cessation prématurée d’activité, décès prématurés, présentéime avec activité réduite, coût de remplacement du salarié, coût administratif du remplacement….
      2 – Les coûts intangibles: préjudice moral, souffrance de l’individu, temps perdu par les proches, réduction d’espérance de vie, divorce, mal-être des enfants..

Il y a aussi les coûts inhérents aux retombées de la cessation d’activité obligée des artisans, paysans, petits patrons (pression financière des banques, etc.), commerçants, du fait de la concurrence des grandes surfaces, des délocalisations, des expropriations de terres cultivables pour les constructions de routes, autoroutes, voies ferrées..
Certaines études(1) évaluent ces coûts entre 2 et 9 milliards d’euros par an.
Pour le Bureau international du travail (BIT), 3 %à 4 % du PIB des pays industrialisés est le coût économique du stress, soit pour la France « quelque 60 milliards d’euros». Pourquoi ces différences? Les études ci-dessus n’ont pris en compte qu’un seul facteur de stress, le job strain, ou situation de travail tendue: forte pression subie (taches effectuées à cadences rapides et soumises à des échéances serrées) et absence d’autonomie dans la réalisation du travail. Or, ce «job strain» représente moins d’un tiers des situations de travail fortement stressantes! Il ne compte que trois types de pathologies associées et pas les coûts pour l’individu, ce qui est loin de la réalité!

Les profits des entreprises augmentent du fait d’une meilleure croissance et productivité. En contrepartie la collectivité et le salarié ont une charge supplémentaire bien proche de 60 milliards par an. Cela revient à un transfert financier au profit des entreprises. Et cela ne suffit pas!

De combien de vies ont-elles encore besoin?

La compétence créative, la frilosité dansles prises de risques, la recherche de marchés à l’étranger, la carence du savoir-faire commercial, contrairement à beaucoup de concurrents étrangers,est-ce à l’Etat, donc à la collectivité, d’y pourvoir aussi?

– par GeorgesVallet

(1)Evaluation économique du stress au travail: Editions Quae 2013

Crédit photo: fondation-copernic.org

(1)Evaluation économique du stress au travail: Editions Quae 2013