Les bûches de Joël et l’économie circulaire.

elagage-04Dans son dernier article monsieur Braud attirait l’attention sur l’arrêt, de facto, du ramassage des branches mortes des particuliers sans doute élaguées ou tombées au sol.

Il ajoutait : « La thèse qui voudrait que ces branchages soient broyés ne manque pas d’intérêt. Le paillage des massifs y trouverait un avantage mais au prix d’un investissement parce qu’il faut bien un appareil pour le réaliser. Voyez il y a beaucoup de questions en suspens à propos d’une décision qui paraît à première vue anodine. »

De fait apparaît, et c’est nous qui reprenons la parole autour de cet exemple, toute la notion d’économie circulaire qui va devenir une nécessité  à court terme, si l’on veut que la planète ou plutôt les humains qui la peuplent perdurent encore quelques milliers d’années.

Ce qui est proposé c’est le broyage des branches une notion qui valorise si peu que cela soit la matière récupérée. Certes il convient de trouver le meilleur modus operandi, l’action la plus économiquement optimisée. Cela doit pouvoir se faire.

De fait à partir du moment où l’on valorise c’est à dire où l’on fait rentrer de la monnaie autour d’une matière voire d’une action citoyenne tout fonctionne mieux.

A ce propos rappelons nous les années 70 où surgirent, de toutes parts, les supermarchés et leurs inévitables files de caddies que l’on retrouvait partout dans la ville voire dans les rivières ou les massifs floraux.

L’idée géniale et d’une simplicité biblique fut d’engager obligatoirement une pièce de 1 F pour que les caddies soient rangés et la modeste pièce récupérée.

L’intérêt c’est que la dite économie circulaire est, de par le monde, la préoccupation majeure des villes des villages ou, à tout le moins, des agglomérations en lien naturellement avec le système économique. C’est la bonne échelle pour traiter la question, sauf peut-être pour notre ami Donald le héros de l’Amérique profonde… Encore qu’il n’est pas dit qu’on puisse faire du business avec du recyclage et qu’ il ne revoie pas sa copie…
Dans le rayon des choses simples revenons autant qu’il est possible à la notion de consigne. Même idée on optimise un bien sans valeur au départ en le monétisant. Dans cette notion de consignes pensons à tous les portables usagés qui traînent dans les tiroirs.

Là ce sont des objets de valeur de par leur complexité et surtout de par les métaux rares qu’ils recèlent. Une vraie mine d’or pour l’économie circulaire. On peut imaginer à l’achat des consignes de + de 20 euros qui feraient tourner le système en accéléré. Osons dire que tout bien considéré c’est un système plus efficient que les simples dons des appareils usagés.

C’est ainsi que dans des pays pauvres ou moins pauvres les enfants récupèrent les canettes en aluminium pour les revendre en vue de recyclage.

Des villes comme Hambourg ou San-Francisco en sont des exemples marquants avec une idée de 100 % recyclage ou dit autrement d’économie circulaire.

L’idée ultime est que les déchets n’existent pas mais doivent se fondre à nouveau dans le circuit productif. A ce propos on peut noter que c’est ainsi que la nature fonctionne.

Pareillement, on pourrait économiser certains frais engagés par les services municipaux dans une région qui regorge de grimpeurs bien équipés et qualifiés. En effet les décorations de Noël, qui pour chacune d’elles, immobilisent une nacelle et au moins quatre personnes pour la servir pourraient être posées par des petites compagnies privées spécialisées dans l’escalade et la pause d’objets en tout genre.

C’est un sujet immense que les branches entassées de Monsieur Braud ont bien voulu soulever.

Pierre Yves Couderc entre vous et moi
Entre le foie gras et la messe de minuit
le 25/12/2016

Pau, les vieilles branches.

imagesA Pau, les vieilles branches ne sont plus acceptées. Ne craignez rien pour vos anciennes relations mais interrogez-vous sur une nouvelle façon de gérer votre jardin. Enfin si vous avez la chance d’en posséder un. Il s’agit d’une décision du conseil d’agglomération qui, soyons honnête, ne va pas bouleverser le quotidien des habitants, mais doit conduire chacun à modifier quelque peu sa façon de gérer ses déchets verts.

Après la modification (temporaire) de la fréquence de ramassage des bacs marrons destinés aux végétaux, voilà que maintenant, la communauté d’agglomération vient de décider que le ramassage, gratuit jusqu’alors, des branches ou branchages ne se fera plus que de manière payante. La réforme n’est pas d’une application aussi simple qu’il y paraît, des habitudes ont été prises, contre lesquelles il va bien falloir réagir.

Dans mon quartier, lorsqu’un propriétaire voulait se débarrasser de ces branches qui résultent d’un élagage, il les déposait sur le domaine public. Puis d’autres voyant là l’opportunité de faire la même chose venaient accumuler sur ce premier tas d’autres branchages. Se constituait alors un amoncellement à l’épaisseur grandissante qui, après parfois plus d’un mois, finissait par être ramassé par les services publics. Visiblement personne ne prenait la peine d’aviser la municipalité et ce n’est qu’au hasard d’un passage de celle-ci que ce dépôt était signalé.

Maintenant que vont devenir ces tas aussi disgracieux qu’encombrants ? Sera-t-il possible d’identifier le ou les contrevenants ? Faudra-t-il compter sur le civisme de nos concitoyens pour changer de comportement ? Ces dépôts devenant des dépôts dits sauvages sur le domaine public, ce qui est une infraction pénale du niveau contraventionnel, il faudra mettre en branle la procédure répressive. Il ne sera pas facile pour la police municipale d’identifier les infracteurs.

Et puis contrairement à ce que l’on peut penser, les habitants en appartement seront également concernés. Plus rarement certes puisque ce n’est qu’à la période de Noël qu’ils achètent des sapins dont ils devront se débarrasser par la suite. A cette occasion également, selon toute vraisemblance, le ramassage sera supprimé. Un beau spectacle en perspective de tous ces végétaux séchés sur les trottoirs. Il faudra inciter à ne plus utiliser des sapins naturels mais uniquement artificiels.

L’hypothèse qui voudrait que ces branchages soient broyés ne manque pas d’intérêt. Le paillage des massifs y trouverait un avantage. Mais au prix d’un investissement parce qu’il faut bien un appareil pour le réaliser. Voyez il y a beaucoup de questions en suspens à propos d’une décision qui paraît à première vue anodine.

Mais pourquoi donc supprimer ce service ? On nous répond que Pau était la seule ville en France, à permettre la gratuité de ce ramassage. Oui celle-là on nous l’a déjà servie avec la place de Verdun. La réalité est qu’il faut bien trouver des moyens de faire des économies. Parce que s’il ne s’agissait que de faire comme tout le monde, pourquoi ne pas décider de ne plus appartenir à cette catégorie des villes où les impôts locaux figurent parmi les plus élevés de France.

Pau, le 21 décembre 2016
par Joël Braud