Soutien total

Cette période estivale est favorable à une prise de distance pour considérer le long terme. L’échéance des élections européennes se profile. Mais on peut encore la voir de manière pas trop partisane, et apercevoir ses implications pour la région.

Que l’Europe offre des déceptions, voire des désillusions, n’est pas surprenant. Mais elle apparaît tout de même comme un pôle de sécurité et de paix dans un monde menaçant. Notre voisin russe a montré à plusieurs reprises (Crimée, Ukraine, Syrie) qu’il n’hésite pas à recourir à la force et que ses engagements internationaux ne le retiennent guère. De son côté, la montée en puissance du modèle chinois n’a rien d’attirant avec sa course à l’hégémonie économique et à la surveillance généralisée. La direction impulsée par M. Trump n’est pas plus séduisante. Il est clair qu’il ne s’intéresse pas à l’avenir de la planète ni aux façons de voir des autres nations. Si ses positions ne sont pas insanes (elles sont même dans la ligne de la doctrine de Monroe : ce qui est bon pour les Etats-Unis est bon pour le monde), mais il distille suffisamment d’insanités pour être un repoussoir. La dernière en date est son jugement sur les causes des gigantesques incendies en Californie : la cause en serait les défenseurs de la nature car ils veulent protéger les forêts !

Aussi, il importe que l’Europe soit la plus forte possible et qu’elle pense en termes globaux et avec la sagesse d’une vieille personne, ou plutôt d’une vieille contrée. Elle a créé ou soutenu plusieurs institutions comme l’ONU (et avant elle la Société des Nations), l’Unesco, l’organisation mondiale de la santé … Elle peut faire émerger des règles financières et une monnaie de référence modiale qui pourraient contribuer à l’équilibre mondial. Il n’est pas normal que les contrats internationaux soient libellés en dollars. On a vu d’ailleurs en 1929 et en 2009 qu’un déséquilibre de l’économie américaine pouvait se propager à travers le monde et avoir des conséquences désastreuses (chômage, faillites, guerres…) pour des nations qui n’ont aucune responsabilité dans les causes.

Laissons aux spécialistes le soin de déterminer si cette monnaie devrait être assise sur un panier de monnaies ou sur un panier de biens (or, acier, uranium, céréales…). L’important serait qu’il ne serait plus possible de condamner des pays à ne plus faire des affaires avec les Etats-Unis s’ils ont des relations commerciales avec un pays dans le collimateur des Etats-Unis comme l’Iran aujourd’hui, un autre pays demain. L’Iran a de bons cinéastes et commence à avoir de bons scientifiques. Ses ressources pétrolières sont importantes pour une société comme Total. Cette dernière a fidèlement aidé la région en matière de développement économique ; ses habitants se doivent de l’aider dans une passe difficile imposée par M. Trump.

Au-delà du soutien que les électeurs peuvent apporter à l’idée de l’instauration d’une monnaie internationale, il convient de renforcer l’indépendance de l’Europe et de préserver le futur de la planète et de la paix. Relisons « Comment je vois le monde » d’un certain Albert Einstein qui préconisait une police internationale chargée de maintenir la paix à travers le monde. Les casques bleus ont pu jouer un rôle non négligeable dans les conflits récents, mais on est loin du compte. Dans le domaine économique et financier, on ne peut pas non plus en rester aux dispositifs du genre G7 et G20. L’Europe doit montrer le chemin.

Paul Itaulog

Il n’y a pas que les ours, il y a aussi les moutons !

L’homme est une espèce sociale ; son comportement grégaire est évident : de la verticalité dans les immeubles il passe à l’horizontalité sur les plages, les salles de spectacles, les défilés, les meetings…Il suit avec empressement les modes qui se succèdent, les conseils, dans tous les domaines, donnés par les oracles à succès dans les médias ; les boutiques et restaurants ont du monde s’ils ont du monde !!,….Les grands tribuns politiques ou économiques cherchent à franchir le seuil d’attraction.

Une fois encore, la biologie permet de réfléchir sur la motivation de ce comportement qu’on pensait justifier par un déterminisme raisonné de rejoindre un groupe dont on partage les émotions ou les idées.

Nos connaissances sur le rôle des localisations cérébrales ont énormément progressé ; des études menées sur des patients souffrant de dommages cérébraux au niveau de l’insula, petite région du cortex, ont décelé des anomalies importantes dans leurs activités quotidiennes ; ces personnes sont complètement déconnectées de leur environnement et d’eux-mêmes. L’insula frontale est liée à nos émotions, à l’amour, à la haine, à la gratitude, au ressentiment, à la honte, à la méfiance, à l’empathie, au mépris., il existe même un point où se focalisent tous les processus associés aux addictions.

En bref, l’insula est le siège de notre conscience sociale.

L’insula, la source de nos émotions et de l’empathie – Nos Pensées

https://nospensees.fr/linsula-source-de-nos-emotions-de-lempathie/

Pour la Science.fr dévoile des résultats d’expériences qui montrent que dans chaque homme il y a un mouton qui sommeille.

«La découverte d’une zone cérébrale incitant l’être humain au conformisme éclaire d’un jour nouveau le débat sur l’influence des masses et des sondages… Une structure cérébrale nommée insula, repli du cortex cérébral au niveau des tempes, semble déterminer le basculement d’opinion, l’abandon de l’analyse personnelle au profit de la posture conforme aux attentes du groupe. Cette insula est réputée centraliser des informations de nature émotionnelle en provenance du corps, et s’activer lorsque l’individu sent peser la menace d’être exclu de son groupe d’appartenance. Le biais de conformité résulterait d’une pression sociale exercée par le groupe sur l’individu, créant une peur d’être marginalisé.»

Le grégarisme ne serait pas lié à un partage des idées mais a la peur d’être isolé, rejeté, marginalisé. Du grégarisme on passe au panurgisme !

L’Insula ne mènerait-elle pas en partie le monde d’aujourd’hui ?

«une étude réalisée dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle française en 2012 : Quelque 1000 votants étaient interrogés sur leurs intentions de vote au second tour ; dès lors qu’on leur présentait les résultats d’un sondage fictif allant dans le sens contraire de leur intention initiale, ils changeaient d’opinion dans 25 pour cent des cas, pour rallier l’avis majoritaire exprimé par le sondage. Neurosciences, mathématiques et psychologie sociale concordent donc sur un point : pour éviter de réveiller le mouton qui sommeille en l’homme, évitons de le perturber par des influences majoritaires.»

L’important n’est pas d’avoir raison mais de savoir rassembler assez de suporters pour réveiller le mouton.

Toujours dans «Pour la Science» :

«Dès les années 1950, le psychologue Solomon Asch montrait que la connaissance de l’avis majoritaire suffit à faire prendre des décisions absurdes à des individus qui, isolés, répondent correctement.»

On comprend le rude combat communicatif que se mènent les mondes financier et économique (donner confiance!), les syndicats et le gouvernement, pour la conquête de la majorité de l’opinion publique dans les conflits qui les opposent. On voit aussi tout le poids des images, de la pub, de la propagande, des tribuns politiques et économiques, des chiffres, des sondages, des détournements de sujets….dans la manipulation des gens pour leur faire perdre leur esprit critique et leur liberté de penser à des fins commerciales, politiques ou idéologiques.

Méfions nous donc autant des ours que des moutons.

La démocratie est polluée par ceux qui cherchent, à droite comme à gauche, sans aucune réflexion, à vaincre leur solitude sociale en suivant des prédateurs qui deviennent légitimes..

La vraie réponse est dans une lutte contre l’individualisme donc la solitude !

Dans chaque homme, un mouton ? | Pour la Science

https://www.pourlascience.fr/util/…/dans-chaque-homme-un-moutonnbsp-11545.php

La pensée unique, ou la critique, diffusée par le haut, suivie en permanence par les sondages, transmis à longueur de journée par les ondes et la presse, certains sur les réseaux sociaux, imprègne chacun et chacune d’entre nous d’une «vérité» : partout dans le monde, les réformes se multiplient car le «monde» bouge ; il est donc indispensable, comme les autres, de bouger aussi dans le même sens.

Ainsi, si «les autres»ne partagent pas notre conception de la laïcité, faudrait-il les suivre ? Le populisme hongrois ou polonais doit-il devenir le nôtre ?

Devons-nous suivre ce monde là sans s’y opposer ? On nous démontre, chiffres, courbes, statistiques à l’appui, que la France est en retard et qu’elle doit suivre absolument les autres pays européens (conformisme, addiction, dépendance, panurgisme…) et prendre les mesures libérales qui s’imposent pour devenir compétitive, conquérir les marchés et accepter docilement la banalisation de l’injustice sociale, le consumérisme, sans se poser de questions sur l’avenir de la planète et de nos descendants…

«Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté.» disait Confucius.

Quand on parle du monde qui bouge, il ne s’agit pas du monde planétaire que nous sommes obligés de subir mais du monde culturel que nous créons !

Si on ne peut pas changer le premier, on peut tout à fait changer les idées du second.

Il est faux de penser que nous devons accepter des lois intangibles contre lesquelles nous n’aurions aucune prise.

Nous avons eu droit à l’étape de l’indignation dont la lecture seulement, hélas, a été suivie ; il est temps de s’extraire du troupeau et d’afficher notre capacité de penser à contre-courant, certains évoquent une résistance, si on le ressent ainsi.

L’histoire est riche d’exemples où les minorités ont été à l’origine des changements, jamais les majorités.

Il s’impose «de garder notre esprit critique, notre liberté plutôt que de nous conformer à la doxa du moment qui prend aujourd’hui divers visages : scientisme docile, individualisme claquemuré, matérialisme militant, propension au cynisme.» J-Cl Guillebaud.

+ Cynisme, quand on affirme que la politique économique préconisée fera baisser le chômage, augmentera le pouvoir d’achat, mettra un toit au-dessus  de chaque individu, et surtout, cerise sur le gâteau, rendra les gens plus heureux !!

+ Cynisme, quand en jonglant avec les chiffres, on leur fait dire ce que l’on veut afin de justifier un raisonnement sur des bases qu’on veut faire passer pour scientifiques. La finance et l’économie ne sont pas des sciences mais des dynamiques politiques.

+ Cynisme, quand on constate que la souffrance physique et culturelle doit être vécue comme une situation insupportable dans les mots, mais incontournable dans les faits. L’entraide bénévole est même redoutée car elle ne rentre pas dans le PIB !

+ Cynisme, quand on affirme que l’économie ne peut pas faire autrement que d’entraîner l’hécatombe d’un tiers des oiseaux en 15 ans, de près de 80% des insectes en Europe, que la moitié des vertébrés a disparu lors des quatre dernières décennies, que le bilan est semblable pour les amphibiens, le reptiles, que la vie dans les sols, les mers, les airs ; les écosystèmes qui nous permettent de produire de la nourriture grâce à leur diversité sont détruits ; tout cela, cette fois, n’est pas la faute

d’une météorite ou d’une éruption semblable aux coulées du Dekkan !

+ Cynisme, quand on doit subir une pollution soi-disant incontournable de l’eau, de la mer, de la terre et de l’air pour maintenir la rentabilité des entreprises ; il faut bien qu’elles produisent et libèrent, pour s’en débarrasser, dans la nature, les métaux lourds, les plastiques ou les polluants organiques…!

L’agriculture a le privilège de cette pollution avec ses intrants chimiques de synthèse, ses cultures et élevages industriels, ses contaminants de la chaîne alimentaire.

La Nouvelle-Aquitaine, première région agricole d’Europe est directement concernée.

+ Cynisme, quand on refuse de réguler la production des polluants de toute nature (perturbateurs…) qui sont à l’origine de maladies graves pour les jeunes et les adultes, on préfère dépenser beaucoup (PIB) pour soigner, en utilisant les «chers soins» des entreprises pharmaceutiques et autres.

+Cynisme, en ne prenant pas en compte (épigénétique) les dernières grandes découvertes de l’action du milieu, des contraintes blessantes du management au travail, du chômage, de la malbouffe, des drogues, de la pauvreté… sur la modification de l’activité génétique et la transmission à la descendance.

«Stress, alimentation, expositions aux pesticides… Les conditions de vie ont un impact sur la manière dont nos gènes fonctionnent et sur l’apparition de maladies.» Deux livres récents se penchent sur l’importance de l’épigénétique, cette discipline qui s’attelle à comprendre l’influence de l’acquis sur l’inné.

La symphonie du vivant, comment l’épigénétique va changer notre vie (Ed. Les liens qui Libèrent) Joël de Rosnay.

«Peut-on se libérer de ses gènes ?» Ariane Giacobino, chercheuse et médecin adjointe agrégée dans le service de médecine génétique des Hôpitaux Universitaires de Genève.

Une lecture qui ouvre des horizons et devrait suggérer des décisions ; on y trouve, entre autres, l’explication des différences souvent considérables entre les jumeaux monozygotes.

«Par exemple, avec des patrimoines génétiques identiques, deux jumeaux peuvent évoluer différemment en fonction de leurs environnements respectifs. Les individus, et par voie de conséquence leurs gènes, sont en effet soumis à de nombreux facteurs environnementaux : alimentation, maladies, médicaments et toxiques, stress, lieu & hygiène de vie, qui peuvent modifier autant leurs cellules que leur ADN. Ainsi dans les paires de jumeaux monozygotes, de grandes différences en ce qui concerne la trajectoire de vie ont été constatées. L’un pouvait développer une obésité et l’autre rester mince ; l’un pouvait être sain d’esprit et l’autre développer une pathologie mentale»

Épigénétique : Comment l’environnement influence nos gènes …

http://www.encyclopedie-environnement.org/sante/epigenome-facteurs-environnementaux

+ Cynisme, quand on lit qu’il faut :

++ moins de fonctionnaires, d’aides sociales, causes de «dépenses inutiles» alors qu’on gaspille des tonnes et des tonnes de nourriture et qu’on produit des tonnes et des tonnes de déchets toxiques dont on ne sait que faire et qu’on libère, sous une autre forme, dans la nature. Les cibles prioritaires sont à réévaluer !

++ «mettre au boulot les cheminots» sans mettre les «électriciens au boulot», alors que la dette de la SNCF est «une goutte d’eau» par rapport à celle d’EDF et du nucléaire : indemnités pour retard, malfaçons à l’EPR, sous-traitance incompétente, mise aux normes de sécurité, démantèlement inévitable, traitement des déchets, KW/h sous  payés, Areva…Le contribuable ne peut pas supporter la dette de la SNCF mais ne bronche pas pour financer ce tonneau des Danaïdes ! Bizarre !
++ «mettre au boulot les cheminots» sans faire la balance avec les conséquences d’une SNCF soumise à la concurrence libéralisée donc rentable, car la circulation routière s’intensifiera : chiffrage de la pollution, des maladies cardio-pulmonaires, de l’usure, donc de l’entretien des routes secondaires, de l’augmentation des accidents et des traitements post opératoires, de la solitude des régions non rentables… On vante les avantages d’une programmation sur son smartphone, de son trajet en voiture, pour prendre en stop les demandeurs, aux passages, alors que l’auto-stop a toujours été une source de danger aussi bien pour le preneur que pour le transporté. Traiter séparément c’est détruire, réunir c’est construire.
++ on s’offusque que les chaînes publiques ne donnent la parole qu’aux grévistes ou contestataires de gauche ou extrême gauche alors qu’on nous serine à longueur de journée les mérites des réformes prévues et que la 5 fait tout ce qu’elle peut, à «C dans l’Air» pour convaincre les usagers de rejoindre le «bon sens» du gouvernement pour peser sur sa détermination.

46% d’opinions favorables à la défense du service public des transports c’est gênant !

Macron s’exprime sur TF1 et BFM-TV ; il y a plus respectueux du service public ! Mediapart est-il un interlocuteur représentatif pour un Président de la République ?

++ ND des Landes : on ne dit pas tout ; on orchestre spectaculairement, par la force, son autorité sur les casseurs ; TB, mais on ne parle pas des partisans non violents d’une agriculture paysanne, comme celle réalisée sur le Larzac !

Le cynisme est finalement de ne pas vouloir admettre que le problème a dépassé, et de loin, celui de la finance, de l’économie, de la politique de droite de gauche, du haut ou du bas, du privé et du public dont l’opposition entretenue n’a pour résultat que de semer les exclusions, les conflits, voire les haines entre les Français.
il est, avant toutes ces choses, un problème de respect et de préservation de la vie humaine sur terre.

Suivre ce panurgisme ambiant, c’est faire preuve de décadence intellectuelle et accepter de finir comme Dindenault et ses moutons !

Une tribune intéressante est publiée dans Sud Ouest du lundi 9 avril 2018 : « Réconcilier la politique et le vivant » Nicolas Thierry, Vice-Président de la région chargé de l’environnement.

Signé Georges Vallet

crédits photos beekoz.fr

Marchons, marchons !

Mais de grâce, n’abreuvons pas nos sillons d’un sang considéré comme impur. Pour une mère, pour un père, le sang de son enfant n’est pas impur. Je suis de ceux qui aimeraient bien substituer à ce chant de guerre un hymne plus pacifique, même si cette antienne évoque tant de moments forts de notre histoire (*). Bien sûr, il y a d’autres priorités (**).

La première est la lutte contre le chômage. On ne peut redresser le pays avec 10% de chômage. C’est une plaie pour les finances publiques, les cotisations sociales et c’est une souffrance pour les personnes touchées et leur entourage. La nouvelle donne est porteuse d’espoir. Mais l’espoir ne suffit pas. « Charlie hebdo », avec sa dérision habituelle (teintée cette fois de bien mauvais goût) montre une Première Dame enceinte en parlant de miracles.  Les Français n’attendent pas de miracles ; ils attendent des mesures efficaces. Ils attendent que l’inspirateur du CICE demande des comptes au patronat qui avait promis un million d’emplois nouveaux.

Ils attendent aussi que les travailleurs d’une entreprise en difficulté soient aidés pour trouver des repreneurs ou pour reprendre eux-mêmes leur outil de travail. Ils attendent surtout qu’un meilleur dialogue social soit instauré. Des germes sont présents et si d’autres peuples y parviennent, le nôtre devrait aussi pouvoir y parvenir. La décomposition des grands partis, leurs fractures ou leurs lézardes montrent à l’évidence qu’une plus grande écoute, une plus grande tolérance est nécessaire. Les sans-emplois n’ont guère de moyens de défense collective. Mais ils doivent être entendus des salariés et des syndicats comme des patrons et  des actionnaires. Des limites peuvent être imposées à la recherche du bénéfice maximal, comme des limitations doivent être imposées aux indemnités pour perte d’emploi si celles-ci menacent la survie d’une entreprise. L’optimisation fiscale doit être jugulée au sein de l’Europe. C’est une des raisons pour lesquelles une Europe forte est souhaitable. Mais ce n’est pas la seule. Une protection des frontières communes s’impose et il n’y a pas de raison que la France supporte un effort en matière de défense plus important que celui des autres pays européens.

De nouvelles attentes en matière de fonctionnement de la vie politique, de probité dans la vie publique sont nées. Elles ne doivent pas être déçues. Les nuits debout comme les assoupis peuvent éclairer les marcheurs et éviter au pays des conflits ravageurs.

Paul Itaulog

(*) On pourrait aussi mettre en valeur et en usage ces paroles de la Marseillaise si ignorées :
Français, en guerriers magnanimes
Portez ou retenez vos coups
Épargnez ces tristes victimes…
Cela pourrait aussi valoir dans les stades !
(**) Malgré des fautes généralisées d’accords de participes que l’on constate sur tous les médias, il est douteux qu’une majorité de Français range parmi les priorités une simplification de la grammaire et de l’orthographe, sujets quasi-religieux. Mais une telle simplification aurait sa place parmi d’autres plus pressantes dans notre maquis de règles et de codes.

L’Europe unie est une belle et indispensable aventure.

Son édification va dans le sens de la dynamique générale de l’évolution de la vie ; la complexification par l’union est ce qui a permis de passer de la première molécule à l’extraordinaire intelligence humaine ; l’émergence culturelle a pris le relais et poursuivi dans cette voie. Il a fallu des milliards d’années d’avancées et de reculs, de constructions et de destructions pour en arriver là.

Vouloir anéantir cette dynamique créative de progrès qui a arrêté les massacres de millions de nos parents est proprement scandaleux.

Ce n’est pas la constitution de l’Europe qu’il faut rejeter, c’est la politique qui est et a été menée par les gouvernements des nations depuis son élaboration.

Il ne faut pas changer le contenant mais la gestion du contenu !

La situation actuelle du fonctionnement européen est basée sur la volonté, le consentement parfois, des gouvernements des Etats issus eux-mêmes du suffrage universel. L’Europe est ce que les citoyens européens ont accepté ou voulu, en désignant leurs représentants. Si l’Europe est libérale c’est bien parce que les règles du jeu ont été acceptées, par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche. La rapidité avec laquelle on a voulu laisser entrer les pays de l’Est avides de libéralisme, a accentué le déséquilibre. La dérive ultralibérale n’est pas étrangère à l’influence pressante de ceux qui veulent maintenant partir !

Un système ouvert comme le système européen est complexe :

le tout est plus que la somme des parties ;

il en résulte une émergence qui justifie le proverbe : l’union fait la force ; l’avantage obtenu, par contre, inhibe secondairement certaines propriétés préexistantes.

Le tout est donc aussi moins que la somme des parties.

Ceci explique les critiques comme la perte de maîtrise de certaines souverainetés.

Si la vie isolée est impossible pour l’homme, espèce sociale, la vie en famille, ou en groupe, impose aussi des contraintes indispensables pour la bonne marche de la communauté.

C’est une notion que les souverainistes de tout bord devraient comprendre !

>Nous avons l’Europe que nous méritons du fait du manque de vigilance dans le choix de nos représentants et dans celui des élus eux-mêmes !

>C’est une leçon qui devrait faire réfléchir ceux et celles, hélas, bien trop nombreux, qui s’abstiennent de participer aux élections, européennes particulièrement, car ils considèrent que leur vote ne sert à rien ou qui préfèrent aller se distraire !

>C’est aussi une leçon pour tous les politiciens, les journalistes, les médias en général, qui préfèrent entretenir la dissension plutôt qu’informer et expliquer, le plus complètement et objectivement possible, l’Europe aux citoyens. Les différents accords à venir, avec le Royaume-Uni, seront-ils expliqués aux Français ?

Si les avantages de l’Union européenne sont incontestables, le modèle économique choisi n’est pas celui des peuples mais celui des intérêts particuliers faisant fructifier pouvoir, puissance, inégalités ; il devrait être repensé, modifié, renégocié, pour l’adapter au bien-être des citoyens européens : il érode, uniformise, les cultures, les langues, les coutumes, la diversité et la qualité des productions agricoles et des élevages ; il favorise la production industrielle, le transport polluant sur de longues distances, la consommation générale de produits de médiocre qualité ; il disperse la pollution,  …Les frontières rendaient le commerce plus difficile pour les grandes entreprises mais favorisaient les particularités culturelles et contribuaient à protéger les producteurs et les marchés locaux, les circuits courts, la compétitivité pour la qualité ; le «consommer français» revendiqué par beaucoup est maintenant une complète utopie.

La diversité est combattue car c’est  un obstacle à l’hyper-production par la monoculture et l’élevage industriels, de produits standard(s) calibrés, adaptés aux exigences de conservation, à la résistance pour le transport, des légumes et des fruits traités, ramassés non mûrs, sans goût ….; c’est l’uniformisation et le gaspillage ; on le retrouve dans l’alimentation, animale comme humaine, l’habillement, l’architecture, la culture…, c’est déterminant pour une croissance de plus en plus rapide. Un seul marché européen de 500 millions de personnes est essentiel. Tout cela nécessite une seule monnaie et l’élimination de frontières, la mécanisation, des droits de l’homme «  assouplis», du chômage, des contraintes de surveillance et de créativité «allégées», des normes écologiques de plus en plus inexistantes.

 Tout cela n’est pas la conséquence de l’Europe mais de sa gestion.

Si l’absence de frontières a des côtés largement positifs pour la circulation des personnes, des biens, des idées, de la culture, de l’économie, la façon dont elle est gérée entraîne une contrepartie destructrice de civilisation.

Vouloir réformer la gestion politico-économique pour la mettre au service des européens, ce n’est pas rejeter l’Europe c’est au contraire la vouloir plus unie, plus respectueuse, plus forte, plus compétitive, c’est-à-dire, au fond, faire l’Europe que n’a pas pu réaliser jusqu’au bout Jacques Delors.

C’est à nous de choisir, lors des diverses élections à venir, europénnes entre autres, les candidats européens convaincus de cette orientation pour, progresssivement et non par la rupture, convaincre petit à petit nos partenaires de leur intérêt pour ce choix.

Les élections successives montrent que la France est coupée en deux ; avant c’était la droite et la gauche, maintenant c’est celle des «optimistes» et celle des «pessimistes»(Daniel Cohen), «la France ouverte et la France fermée, parce que, dans la seconde, les indicateurs économiques et sociaux (pauvreté, chômage, familles monoparentales…) sont moins bons, et qu’on a que le sentiment que la situation ne va pas s’améliorer.» Hervé Le Bras.

Permettre à ces deux France de vivre correctement est la seule solution d’un avenir optimiste. Celui qui réussira aura permis, avec une égalité de soutien gouvernemental, deux façons de vivre, actuellement très inégalitaires :

  • L’une axée sur une haute technicité, productivité,  compétitivité, pour réaliser des échanges commerciaux internationaux ; il faut alors sélectionner à l’export une qualité  haut de gamme, c’est-à-dire privilégier ce que les évolutionnistes appellent la stratégie K à la stratégie r, notion élaborée par Mac Arthur et Wilson en 1967.

  • L’autre axée sur la résurrection des régions, des terroirs, des communes, premier maillon de la chaîne sociétale et premier niveau d’apprentissage de la lecture du monde réel, les circuits courts, l’entraide, le développement des énergies renouvelables, le renouveau des villages, de l’espace public, de la vie des gens amoureux du bien fait, du fait maison, de la diversification des produits, de la qualité K saine et non polluée, du local….Toute cette économie créatrice d’emplois, source incomparable de vie et d’attraction pour un tourisme avide d’authenticité.

Le très probable futur nouveau Président, très européen, prétend être ouvert à l’union des bonnes volontés, c’est une occasion de montrer qu’il a compris ; il pourra alors gouverner dans le calme et l’efficacité.

Georges Vallet

crédit photos : lucien-pons.over-blog.com

Aux urnes citoyens !

imgresNotre pays est malade – Il nécessite que nos gouvernants s’occupent efficacement de lui et une prise de conscience de la gravité de la situation par nos citoyens. Est plus que nécessaire.

Le traitement de la France est indissociable d’une vision globale de ses difficultés et de la connaissance des ressorts psychologiques de son peuple et de l’Histoire qui l’a façonné.
Tout d’abord un constat :
– Nous rétrogradons dans tous les classements économiques et sociaux mondiaux.
Ainsi à travers 3 exemples :
– Les investissements étrangers connaissent un recul préoccupant par rapport à nos voisins (signe d’attractivité…).
– Le nombre de jeunes Français s’exilant est dramatique pour l’avenir de notre pays (4 diplômés sur 5 de nos grandes écoles se disent prêts à partir !).
– Alors que la France a toujours été une terre d’accueil désirée par ses valeurs et l’espérance d’un emploi, les déracinés de ce monde ne veulent plus que traverser notre pays.
Pourquoi en sommes-nous là ?
A cela plusieurs explications :
– Une formation économique qui a longtemps été très incomplète dans notre système scolaire ;
– Une représentation nationale (députés, sénateurs etc.) souvent éloignée du contexte de la vie d’un entrepreneur ;
– Une tendance nationale à revendiquer des droits et oublier que la déclaration de 1789 stipule des droits et des devoirs.
– La peur nationale du changement et donc les réticences à toute réforme (la mondialisation, qui a toujours existé, et dans laquelle la France joue un rôle depuis fort longtemps, est anxiogène pour trop de Français).
Aussi quelle image négative envoie-t-on au monde entier !
– Si les Suisses ont refusé par référendum de passer aux 35 heures, c’est qu’ils ont su se poser la vraie question : comment un pays dans un monde de concurrence exacerbée peut-il tout seul décider d’une telle mesure ?
– En plein Euro de foot, voir certains citoyens appartenant à des catégories sociales, socio professionnels parmi les moins en difficulté (SNCF, pilotes…) prendre un pays en otage, nous pousse à nous interroger sur le sens de la solidarité nationale. D’autant que certains d’entre eux, pour défendre des privilèges à l’égard des autres, se sont servis dans les caisses de retraite du privé afin de maintenir « les avantages acquis »…
– Et le nombre de policiers agressés, alors qu’ils sont garants de l’ordre républicain (à nouveau déclaration de 1789).
– Le pouvoir exécutif actuel après avoir pendant 2 ans cassé le travail de ses prédécesseurs puis tergiversé au moment où de nombreux voisins prenaient des mesures courageuses et impopulaires, se décide à réaliser les réformes de fond nécessaires, mais s’étant depuis longtemps discrédité, a-t-il les reins suffisamment solides pour les faire passer dans un pays si difficilement réformable ?
Oui une entreprise a besoin de souplesse pour qu’elle puisse recruter plus facilement et contribuer à lutter contre le chômage. Regardons là encore nos voisins qui s’en sortent mieux que nous, en particulier sur le chômage des jeunes et demandons-nous pourquoi.
Le rôle des gouvernants est d’anticiper et d’accompagner les changements pour cela de s’appuyer sur tous les liens sociaux.
Tant qu’en France, nous ne réformerons pas en profondeur le monde syndical, nous en pâtirons. Car bien entendu, au sein de chaque entreprise et de chaque branche professionnelle, la concertation est essentielle, elle fait partie du management et est la clé de la motivation.
Les syndicats représentatifs ont un rôle essentiel dans les réformes à entreprendre. Il est peut-être encore temps de renforcer les mesures contribuant à un dialogue social digne de ce nom : en particulier comment rendre les syndicats plus représentatifs.
Force est de constater qu’au niveau international, le socialisme a échoué (le dernier exemple en date : le Venezuela), quant au capitalisme sauvage, il est dangereux.
En nous appuyant sur les leçons de l’Histoire, nous avons à construire un libéralisme social. La France se recroqueville dangereusement et permet-elle encore d’offrir des perspectives ambitieuses à sa jeunesse ?
La France a la chance d’appartenir à l’Union européenne, qui est garante de la paix depuis plus d’un demi siècle et, après le traumatisme des deux guerres mondiales, a largement contribué à ce que notre zone géographique redevienne le premier foyer économique mondial (l’Asie de l’est est en passe de nous doubler).
Oui à l’Europe qui nous pousse à nous réformer, contrairement à ce que les populistes des deux extrêmes lui reprochent.
Notre pays a toujours été un grand pays européen et grâce à l’Europe, on peut continuer à tenir un rang mondial, par une ambition partagée.
Alors d’ici quelques mois, nous allons voter. Il nous faudra être attentifs à plusieurs critères pour évaluer les candidates ou candidats :
– Connaît-il le fonctionnement d’une entreprise ?
– Est-il un partisan de l’Europe ? (seul moyen de rester avec les grands : « un pour tous, tous pour un »).
– Quel bilan a-t-il eu dans l’exercice de ses mandats précédents ? (dans quel état est sa ville, ou sa région…).
– A-t-il le souci de travailler en équipe (complémentarité des talents) ou souffre-t-il d’un ego surdimensionné ?
– Annonce-t-il les réformes structurelles nécessaires et la démarche sociale pour la réussir ?
– A-t-il du respect pour les personnes qui ne pensent pas comme lui ?
– Est-il fier de notre devise: Liberté – Égalité – Fraternité ?
Alors citoyens, aux urnes !

 Par Philippe GUILHEMSANS

Hollande mène bien une politique de gauche

 touche-pas-a-mon-electorat  A écouter la minorité d’extrême gauche qui commence aux « frondeurs », Hollande mènerait une politique de droite. C’est tout le contraire.

Contrairement à la musique des partis de gauche et des syndicats, largement relayée par les media, il n’y a en France aucune politique d’austérité, et même pas de rigueur budgétaire. Les chiffres de l’INSEE sont là pour le démontrer.

Entre 2012 et 2015 la dépense publique française est passée de 1186 à 1243 milliards d’euro, soit une augmentation de 19 milliards d’euro par an alors que l’inflation est quasi nulle et que, grâce à la baisse des taux (nuls voire négatifs !) la charge de la dette a baissé de 56 à 44 milliards d’euro.

Ainsi donc la dette française continue à croître à 95,7 % du PIB. Elle dépasse les 2100 milliards d’euro elle était de 1720 milliards d’euro au 1/1/2012 ! Hollande mène donc bien une politique de gauche, où la redistribution est massive, les impôts élevés, et menée à crédit grâce à une augmentation très dangereuse de la dette.

La France est un bateau handicapé par le poids de sa dépense publique, la Cour des Comptes ne cesse de le répéter, et ce qui reste hallucinant c’est que le pays est divisé en deux camps. Les uns, à l’extrême gauche rêvent d’une fabrique de faux billets qui leur permettrait de vivre encore plus au dessus de nos moyens . Comment, jusqu’à quand ? Mystère, car personne au monde n’a expérimenté une voie laxiste. Même Tsipras et Syriza, confrontés aux réalités économiques de la Grèce sont revenus dans le rang, et eux, si on compare à la France, mènent une vraie politique d’austérité, enfin sur le papier, car les nouvelles décisions tardent à s’appliquer dans la réalité. Les autres (j’exclue le FN dont le programme économique est incomplet et fantaisiste), plus réalistes que le PS et Hollande préparent de vraies réformes de structures, déjà en application dans les pays européens qui ont réussi à baisser fortement le chômage, où la loi travail actuelle (destinée aux travailleurs du privé et qui, bien curieusement met les fonctionnaires dans la rue…) ne sera qu’une réformette. Et ne parlons pas de l’indispensable réduction de la dépense publique qui devra être drastique vu sa dérive continuelle.

Deux camps composent également le monde du travail. D’un côté le privé à qui on demande plus de flexibilité, plus de compétitivité, des durées de travail plus longues, dans une économie mondialisée irréversible. De l’autre le public, où les conditions sont très différentes, contrat de travail incassable, flexibilité nulle, augmentation de la productivité plate, âge et conditions de départ à la retraite très avantageux, participation très limitée à la solidarité en matière d’emploi (pas de cotisation chômage), …etc.

Cette différence n’est plus acceptable car injuste et contre productive. Mais clientélisme de gauche oblige, Hollande ferme les yeux.

Les trois quarts des fonctionnaires ne devraient pas en avoir le statut ! Déjà, ce n’est qu’au sein des fonctions régaliennes de l’État qu’on devrait les trouver. Employés territoriaux, personnel hospitalier ou enseignants devraient relever d’un contrat identique à celui du privé.

Dans beaucoup d’États européens c’est le cas : Danemark, Italie, Finlande, Suède, Royaume Uni.

Il ne peut plus y avoir une France du travail à deux vitesses.

On le voit, François Hollande mène bien une politique de gauche, n’en déplaise aux tenants d’un socialisme archaïque. Mais la situation de la France nécessite des mesures bien plus efficientes.

Daniel Sango

Comment aider les agriculteurs ?

imagesHuit Français sur dix déclarent se sentir en accord avec les agriculteurs dans leur mouvement de révolte. Mais que font-ils pour marquer leur solidarité ?

Rien, ou peu. Il est vrai que les leviers ne leur semblent pas être entre leurs mains. Ils ne sont guère plus entre les mains du gouvernement, lié par les décisions de Bruxelles et n’ayant d’autres armes que la baisse ou le report de charges sociales ou l’aide d’urgence. C’est la loi du marché qui régule les prix. Or les agriculteurs ne maîtrisent pas la demande. D’où leur colère et leur exaspération.

Leurs moyens d’action ne sont pas sans conséquences économiques. Bloquer les routes, causer des retards, mobiliser les forces de l’ordre a un coût. Celles et ceux qui le subissent sont le plus souvent étrangers au conflit. On ne leur a pas demandé s’ils préféreraient payer quelques centimes de plus leur lait ou leur viande plutôt que de subir les préjudices qu’ils encourent. Ont-ils d’autres moyens ?

D’abord être mieux informés. Cette information ne sera pas livrée volontiers par les distributeurs. Raison de plus pour insister. Si une bonne partie des consommateurs posaient des questions sur l’origine de la viande des plats préparés au comptoir des grandes surfaces, l’écart de prix entre l’achat au producteur et le prix exigé du consommateur (souvent de l’ordre du triple ou plus) et bien d’autres questions, il en résulterait des queues. Les directions seraient obligées d’en tenir compte d’une manière ou d’une autre. La pression s’exercerait directement sur les distributeurs.

Il existe sans doute d’autres moyens. Boycotter les marques ou les enseignes qui se fournissent à moindre coût en achetant dans des pays qui n’ont pas les mêmes normes de qualité ou les mêmes modes de production. On ne peut pas oublier le rôle rempli par les agriculteurs dans le domaine de l’environnement et le maintien d’une vie rurale par
exemple.

Aider les agriculteurs à mettre en place des circuits courts et de qualité. Dans un pays ou tant de jeunes et de seniors ne trouvent pas de travail serait-il impossible d’organiser des tournées, de tenir des stands qui seraient facilement accessibles aux consommateurs, de remplir des tâches (comme les formalités administratives, la comptabilité ou la
prise en charge des enfants) qui soulageraient les agriculteurs ?

Faisons travailler notre imagination et notre sens de l’entraide.

Paul Itaulog

La région a t-elle un pouvoir ?

imgresEn matière économique la loi lui en reconnaît un. Mais aura-t-elle l’autorité nécessaire ?

En un temps d’incertitudes juridiques et administratives, on peut se permettre des approximations. On consacre beaucoup d’encre et de salive sur une proposition de déchéance dont on sait qu’elle n’aura aucune efficacité, sinon d’inciter des binationaux à se sentir un peu plus rejetés. On s’inquiète du rejet de la vaccination par de plus en plus de parents, mais la loi autorise la possibilité par un patient de ne pas se soumettre à une thérapeutique. On pourrait multiplier les exemples.

Les régions ont une responsabilité en matière économique. Qu’elles l’exercent ! La nouvelle Aquitaine s’étire sur une grande longueur, du Pays basque au Poitou. Et sur les routes qui la traversent, des files de camions s’étirent. Sait-on que 90.000 camions arrivent chaque matin à Paris. Et d’autres vont beaucoup plus loin encore. Quel gâchis d’énergie et quelle source de pollution !

Le gouvernement a renoncé à l’écotaxe et cédé aux transporteurs routiers. Belle façon de préparer la COP 21 ! Comme on peut douter qu’il revienne sur sa décision, même si le contexte a changé, les espoirs de changement ne peuvent provenir que des régions. J’écris « espoirs » car il est clair que d’autres modes de transport, comme le transport ferroviaire, fluvial ou maritime sont plus économes en énergie et moins polluants. Sans compter qu’une incitation par les prix à consommer plus local ne serait pas mal venue…
Le contexte économique a changé : la donne n’est pas la même avec un prix du baril de pétrole aux alentours de 30 euros que lorsqu’il était 4 fois plus haut il y a quelques mois. Les transporteurs n’ont plus les mêmes marges. Il n’est d’ailleurs pas question de les mettre au tapis, mais de les inciter à se recentrer sur des dessertes locales en utilisant le ferroutage pour les destinations lointaines en utilisant des conteneurs normalisés comme pour le transport maritime. Le produit de la taxe devrait être consacré au développement du ferroutage et au remboursement de l’indemnisation de la société Ecomouv, en droit de réclamer près de 800 millions d’Euros. Soulager les finances de l’État ne serait pas pour déplaire aux contribuables. Alain Rousset, trouvez des alliés dans d’autres régions !

Jean-Paul Penot

Le coût de la vie, le coût de la mort

imgresCe n’est pas seulement au début du mois de novembre que celles et ceux qui sont bien dans la vie pensent à la mort. Mais le font-ils du point de vue économique ? Probablement pas.

Pourtant cet aspect pourrait figurer dans leur réflexion. Seulement les questions de croissance, d’inflation, de Q.E. (quantitative easing), de P.I.B. (produit intérieur brut) paraissent souvent bien abstraites. Ce que le citoyen moyen ressent, c’est la stagnation des retraites et des salaires (cinq ans pour la fonction publique…), la hausse du prix de la viande ou la baisse du prix du carburant. Alors que le Q.E. Représente une somme colossale, de l’ordre de mille milliards d’euros déversés par la Banque centrale européenne pour soutenir l’économie européenne. Avec pour effet une baisse de l’euro favorable aux exportations, mais jouant aussi à la hausse sur les importations.

Plusieurs économistes, dont notre fleuron local Jacques Le Cacheux, soulignent les faiblesses du mode de calcul du P.I.B. qui ne représente que partiellement la richesse d’un pays et son bien-être. Par exemple, une amélioration de l’offre de transport en commun, comme c’est le cas en région parisienne où la validité de la carte Navigo a été étendue de la petite couronne à la grande couronne peut se traduire par une baisse du P.I.B. puisque la consommation de carburant devrait avoir baissé à la faveur de cette offre plus accessible.

Mais l’attention du public est attirée par d’autres faits comme des faits divers ou les manifestations de telle ou telle catégorie sociale. Certains accidents impliquant des autocars ou des poids lourds devraient évidemment souligner la dangerosité d’une politique centrée sur la route et le profit. S’interroge-t-on sur la question des temps de repos des chauffeurs, pourtant cruciale en matière de sécurité ? Pour ce qui est du conflit chez Air France, met-on en avant le point de vue du voyageur ? Pourtant, pour qui a goûté à la qualité du service offert par Transavia, une filiale bas-coût d’Air France, et à l’accessibilité des vols à destination de bien de villes européennes ou non (souvent à partir de 40 à 50 euros), la dispute entre la direction et les pilotes paraît une sale histoire de provocation et de manque de dialogue. Du genre « T’vas voir ta gueule à la récrée ». Pas très bon pour l’image de marque de la France, pas plus que la cherté de la petite bouteille d’eau à l’aéroport de Paris (70 à 80% plus chère que son prix en vol chez Transavia, soit 2,50 euros, un comble !). Idem sur les autoroutes. Tout (ou presque tout) concours à faire apparaître comme chère, sophistiquée et peu fiable la production française. Jusqu’aux restaurants français, notamment à l’étranger, mais aussi ici, en raison d’une course au raffinement.

S’il est bien un domaine pour lequel la ponction sur les ressources des Français est peu productive, c’est bien la question de la mort. Je ne vise pas seulement les frais d’obsèques, dont on nous dit qu’ils devraient baisser grâce à internet. Comme si toutes les familles pensaient à faire jouer la concurrence en de tels moments ! Je pense aux contrats de prévoyance pour les obsèques qui attirent des personnes âgées soucieuses de ne pas créer une gêne financière au moment de leur disparition. L’allongement de la durée de vie conduit bien souvent au versement de sommes trop élevées qui ne font qu’enrichir sans frein des compagnies.

On peut aussi penser à certaine professions comme celle des notaires. Leur rôle social n’est pas en cause : il est clair qu’il y a un besoin de médiation et de conseil pour les familles. Mais lorsqu’un notaire perçoit des droits pour une succession pour un bien qui est encore couvert par un emprunt, alors que l’Etat s’abstient de percevoir des droits sur la dette restante, on est en droit de se demander si ce n’est pas abusif. Et la lettre de menace de mort envoyée par un notaire au moment d’un conflit avec le gouvernement n’a rien fait pour rehausser le prestige de la profession. Oui, Messieurs les notaires (la féminisation de la profession ne semble pas avoir beaucoup progressé), vous faites quelques efforts pour gagner la confiance du public. Vous en avez bien besoin.

Et l’on pourrait en dire autant de bien des secteurs de notre économie.

Paul Itaulog

Mauvais gestionnaires les Maires ?

dépenses  « Les Maires s’insurgent » tel est le titre de l’article du Sud Ouest du 11/07/2015. Ainsi donc nos Maires des Pyrénées Atlantiques seraient maltraités par l’Etat qui leur demande, comme à tout le monde d’ailleurs, de faire quelques menues économies.

Les maires de France ont pour leur immense majorité une vision très égoïste du fonctionnement de l’Etat. Pourtant, depuis des décennies la France, et donc les communes, vivent très au dessus du nécessaire. Pire, ils n’ont fait durant ces trente dernières années aucun effort pour améliorer et rendre performant le fonctionnement de leurs communes, et l’intercommunalité qui devait permettre de faire des économies par mutualisation des moyens est un vrai fiasco. Nos partis politiques ont toujours capitulé devant les Maires car ce sont eux qui constituent le maillage du clientélisme, qui décident des rentes de sénateur, ou des signatures pour les présidentielles, et constituent aussi un bassin d’emploi non négligeable pour leurs encartés …

Ils n’ont jamais voulu fusionner entre communes pour faire de réelles économies d’échelle et de moyens, chose que tous les États européens comparables ont fait depuis plusieurs décennies. Quant à la compétitivité, ou ici la performance, elle est inexistante.

Quelques chiffres :

En 2009 déjà, la Cour des Comptes avait enfoncé le clou et rappelé que l’emploi territorial avait bondi entre 1980 et 2007 de 71,2 % ! A comparer avec les + 14 % constatés dans le même temps dans la fonction publique d’État.

Plus récemment la Cour des Comptes a donné des chiffres sur l’évolution ces dernières années, les collectivités locales ont globalement créé 287 000 postes entre 2004 et 2010 (+ 2,9 % par an), 152 000 de ces postes l’ont été hors décentralisation, soit une augmentation de 1,6 % en moyenne annuelle (+ 25 000 postes par an).

L’emploi a surtout augmenté dans le bloc communal. Dans les communes, il est passé de 956 000 postes en 1998 à 1,14 million en 2010. Et dans les intercommunalités, les effectifs ont bondi durant la même période de 50 000 à 171 000. Pour compléter le panorama de cette gabegie, il faut citer ce que disait Didier Migaud Président de la Cour des Comptes et homme de gauche le 2/07 /2012 en présentant son rapport : « Hors transferts de compétences, les effectifs des collectivités territoriales se sont accrus de plus de 260 000 postes depuis 2002, dont près des trois quarts concernent les communes et intercommunalités ».

 

  « On est à l’os. Que le préfet vienne regarder nos budgets, et qu’il nous dise quelles dépenses sont indues », lance, comme un défi, Jean-Yves Lalanne (Maire de Billère)

Bon, on va regarder …

Comme dans toutes les municipalités, le cancer est constitué par les coûts de fonctionnement et principalement la masse salariale. Evidemment on pourrait trouver de nombreuses sources d’économies dans tous les secteurs, mais la Mairie de Billère ne donne aucune indication sérieuse sur ses budgets et leur évolution.

Il n’y a ni Budget primitif, ni Comptes Administratifs, ni même les délibérations concernant ces budgets sur le site Internet de la Mairie !… Où est la transparence à Billère ? Des choses à cacher ?

Regardons donc quand même a partir du site national « Collectivités-locales.gouv.fr » et le journal publicitaire de la Mairie.

Depuis le création de l’agglomération paloise, la masse salariale de Billère s’est accrue de 42% (5,5 M€ en 2000 à 7,8 M€ en 2013). Pendant le même temps, la masse salariale de la CDAPP, partie de rien, est arrivée à 27,7 M€. L’agglomération est la mise en commun de différents service pour chacune des communes. Billère avec ses 14 000 habitants compte pour environ 10% dans l’agglomération, sa quote-part « masse salariale »est donc de 2,7 M€ a rajouter à l’augmentation communale. Ce qui donne une augmentation de 5,5 à 10,5 M€ soit 5 M€, près d’un doublement de la masse salariale !

D’un autre côté JY Lalanne nous dit que Billère devrait voir sa dotation globale de fonctionnement (DGF) passer de 2,3 millions en 2014 à 1,8 million en 2016 soit une baisse de 0,5 M€

C’est pas sérieux ! C’est rien du tout, et la masse salariale doit sans problème absorber cette baisse, et même bien plus !

Car, en plus, JY Lalanne augmente sans cesse les impôts locaux : le taux communal a augmenté de 1,64%/an de 2000 à 2007 de 1,03 % de 2007 à 2014 et de 2% en 2015 !!! Sachant bien sûr que la base imposable augmente automatiquement comme l’inflation. Produit fiscal supplémentaire : 140 000 € pour 2015. Ceci sans compter les recettes supplémentaires liées à l’augmentation des tarifs dans certaines activités. La baisse de recettes est donc inférieure à 0,36 M€ pour un budget total de 22 M€ soit – 1,6% ! C’est à dire invisible.

On a d’ailleurs déjà démontré, avec l’exemple de la ville de Pau, que l’incidence de la diminution de dotation de l’État était négligeable dans le budget communal : « Bayrou et le budget de la ville de Pau : où est la vérité ? » (AP du 22/4/2015).

JY Lalanne est donc un mauvais gestionnaire, tout comme « André » Bayrou, car il ne diminue pas les coûts exorbitants de fonctionnement mais diffère les investissements. Réflexe de la facilité lié sans doute à son passé de syndicaliste professionnel à la CGT…

Ainsi le budget d’investissement de Billère va évoluer autour de 2 M€ pour les années à venir ce qui est vraiment bas, conséquence de coûts de fonctionnement disproportionnés. Mettons cependant à son crédit la volonté de mutualiser les services municipaux avec l’agglomération ou les communes voisines. Mais il se garde bien de dire comment et combien de postes il pourrait supprimer …

Il est clair qu’une commune comme Billère aurait dû depuis longtemps fusionner avec Pau. Quelle différence entre deux habitants de l’avenue Jean Mermoz ? L’un est palois et celui d’en face Billerois … Ridicule, mais caractéristique de notre invraisemblable désorganisation communale.

Il faut dire à la décharge des maires de l’agglomération que la mauvaise gestion de la ville de Pau et le niveau invraisemblable de ses impôts locaux n’encourage pas à cette démarche pourtant indispensable et inévitable. Et « La folie des grandeurs » d’André Bayrou n’arrange rien !

Pour terminer, il faut mettre une nouvelle fois en exergue le manque de transparence dans le fonctionnement des collectivités territoriales et Billère est gravement coupable, puisqu’on ne trouve rien sur le site Internet de la ville. On attend donc au minimum, les budgets primitifs (M14) et les Comptes Administratifs (pour les 5 dernières années), et avec ces documents, il y aura la possibilité de trouver de très nombreuses autres sources d’économie…

On en profite pour relancer le Conseil Départemental qui, malgré les promesses écrites de JJ Lasserre n’a toujours rien publié, ou la ville de Pau et la CDAPP où malgré nos nombreuses relances les informations sont toujours très incomplètes.

Vous ne croyez pas ce que vous disent vos élus, et vous avez raison. La plainte des Maires est un vilain mensonge, à moins qu’ils ne soient réellement incompétents ou démagogues, ou les deux à la fois…

 

par Daniel sango