Elections municipales : les palois veulent le changement

2014-02-12 10.32.41Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Alors que la semaine dernière l’équipe de David Habib donnait l’impression de pouvoir prendre le dessus, cette semaine s’achève sur un temps fort pour François Bayrou, conforté par un sondage favorable, et par la venue ce samedi d’Alain Juppé, une des personnalités politiques les plus populaires en France, pour le soutenir. Un retournement de situation brutal, tant la semaine précédente a vu probablement le plus grand nombre de propositions effectuées par le candidat Habib ; 28 pour le logement, 14 pour le sport, pour ne citer que celles-ci. Une inflation sans doute sensée donner aux palois l’impression d’une équipe omniprésente qui travaille, qui surclasse les concurrentes dans tous les domaines. A ce torrent de propositions, s’ajoutait une apparente dynamique positive, laissant penser à ce que le prochain sondage confirmât le croisement des courbes au profit du socialiste.  Pourtant, il n’en fut rien. Pourquoi ?

La réponse tient en un mot : changement, ou plutôt demande de changement, comme le laissait déjà apparaître l’enquête CSA de février, qui soulignait que 67% des palois souhaitaient un changement profond, sur fond d’un jugement sévère de la municipalité sortante de Martine Lignières Cassou. Or, le sondage Sud-Ouest, France Bleu et France 3 du jeudi 6 mars vient confirmer deux choses : la sanction pour ceux qui incarnent peu ou prou l’actuelle municipalité, et la récompense pour ceux qui incarnent le changement.

Du côté des sanctionnés, il y a d’abord Yves Urieta, dont le score continue à s’effriter, sondage après sondage, et qui a sans doute fait l’élection de trop. Bien que très actif durant cette campagne, il est en effet difficile pour lui de faire oublier qu’il est ancien Maire, et qu’il a longtemps fait partie du système Labarrère, qui est pour les palois ce qu’est l’ancien régime pour les français.

Il y aussi Olivier Dartigolles, qui, malgré une campagne qui n’est pas mauvaise,  a du mal à faire oublier qu’il a fait pleinement partie de l’exécutif sortant.

Il y a enfin David Habib, qui a cru un moment que le rythme soutenu qu’il imprimait à la campagne allait faire oublier les 12 élus sortants sur sa liste, dont les principaux collaborateurs de Martine Lignières Cassou, leur soutien au bus tram et à la politique idéologique inefficace des dernières années qui a conduit Pau à accélérer son déclassement. Mais ce rythme était un faux rythme, les divisions étant encore profondes entre les « anciens » et les « modernes » ; une impression renforcée par la salve quasi-quotidienne de dizaines de propositions dont la complexité et le caractère parfois technocratique ont empêché les palois de retenir les messages principaux.

Du côté des récompensés, Eurydice Bled, bien qu’élue sortante, a su capitaliser sur des colistiers sans expérience en politique, et sur une ligne assumée en opposition avec les deux écologistes alimentaires restés dans l’équipe Habib. La simplicité de sa campagne, sa jeunesse, et ses prises de positions courageuses, par exemple sur la dénonciation des emplois publics promis par David Habib, ont permis à cette candidate de doubler ses intentions de vote, et de pouvoir prétendre à peser sur le second tour.

François Bayrou, enfin, capitalise sur son slogan « Pau a besoin du changement ». Un changement qu’il incarne grâce à un discours en rupture sur les principaux sujets (circulation, bus-tram, baisse des impôts, commerce, les halles, ..), et à une équipe ne comportant que 3 élus de la majorité sortante socialiste tous en rupture avec la Maire actuelle. Un changement aussi incarné par l’espoir de mettre fin à 43 ans d’une municipalité socialiste, qui n’a pas connu que des mauvais moments, mais dont les politiques hésitantes des quinze dernières années n’ont pas permis à Pau de se projeter dans le XXIè siècle.

Il reste 15 jours de campagne, c’est-à-dire très peu, et à ce stade, rien n’est encore joué. Toutefois, en incarnant de manière plus évidente le changement aux yeux des palois, il est probable que François Bayrou ait pris un avantage décisif. L’impossibilité de David Habib de se détacher pleinement de l’équipe sortante, malgré un projet novateur sur bien des points, l’a empêché de prétendre à ce statut.

par Emmanuel Pène

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Pau, Municipales 2014 : la chronique 8 – Habib n’a plus le monopole de l’économie

2014-01-11 11.32.13La fin d’une mandature médiocre – Les caciques du PS – Rififi à l’UMP national -Urieta résiste – Bayrou met fin au monopole Habib sur l’économie – Dartigolles peut-il créer la surprise ? – Le Front national sort du bosquet. La campagne municipale paloise vue et analysée par Emmanuel Pène dans une chronique sans langue de bois.

La fin d’une mandature médiocre

Alors qu’un nouveau sondage vient confirmer une légère avance pour François Bayrou, mais aussi une élection très serrée, on a vu jeudi se tenir le dernier conseil municipal de Mme la Maire Martine Lignières-Cassou. Un conseil municipal « teinté d’émotion » pour l’équipe sortante, mais qui apparaît aussi aux yeux de beaucoup de Palois comme la fin d’un chapitre médiocre pour la ville, ce qu’a confirmé d’ailleurs le même sondage CSA en décernant à la mandature sortante la pire note des villes sondées.

Les caciques du PS

Entre les deux candidats favoris, la compétition est féroce et s’intensifie mais elle ne reste pas circonscrite à Pau et à son agglomération ; on l’a vu la semaine dernière avec le rassemblement de plusieurs dizaines de têtes de listes et d’élus socialistes du bassin de l’Adour, venus soutenir David Habib. Un rassemblement sensé donner un poids politique aux projets du candidat socialiste, mais il n’est pas certain qu’un attroupement bigarré de caciques dont beaucoup sont adeptes du cumul des mandats soit de nature à apporter une quelconque dynamique à sa campagne.

Rififi à l’UMP national

François Bayrou, lui, a fait l’objet d’une « motion de méfiance »  de la part de jean-François Copé, celui-ci répondant à une question d’un journaliste qu’il ne soutenait « pas vraiment » le centriste. Une déclaration qui a fait son effet dans le Landerneau politicien palois, mais qui a été assez vite contrée par un franc support de plusieurs personnalités UMP, Jean-Claude Gaudin, Jean-Pierre Raffarin, et surtout Alain Juppé qui sera présent à Pau le 8 mars pour soutenir le Béarnais. Il est vrai, il ne faut pas le nier, qu’une partie des sympathisants UMP a du mal à accepter le ralliement de leur parti à François Bayrou. Iront-ils pour autant voter pour un candidat produit du même appareil politique que le Président qu’ils abhorrent ? On a du mal à le croire, mais après tout, ne dit-on pas qu’on a la droite la plus bête du monde ?

La résistance d’Urieta

Une partie de la réponse est peut-être contenue dans le dernier sondage CSA dont un des faits marquants est la résistance d’Yves Urieta qui, avec 14% d’intentions de vote au premier tour, met fin à l’érosion que les précédents sondages ont mis en évidence. Une partie de la droite se reporterait vers l’ancien Maire, sans doute par reconnaissance de son engagement passé auprès de Nicolas Sarkozy, ou par rancune à l’égard de François Bayrou. Le score d’Yves Urieta, et sa capacité de résistance au second tour constituent toujours l’inconnue et peut-être la clé de ce scrutin. Un Yves Urieta dont les propositions manquent pourtant singulièrement d’ambition et d’originalité.

Ainsi, à la lecture de ses propositions pour « redynamiser l’économie », on pouvait s’attendre à quelques mesures exceptionnelles. Au lieu de cela, il s’agit « d’amener du monde en ville pour faire marcher l’économie »,  la « gratuité du parking le mercredi après-midi et le samedi» ou encore de « revoir tout le plan de circulation à l’échelle de l’Agglo ». Quand la banalité concourt avec les déclarations de bonnes intentions…

Les enjeux économiques et la contre-offensive de Bayrou

L’économie semble être le sujet du moment, d’abord largement exploitée par David Habib qui s’est positionné très tôt sur ce créneau sur lequel il pense avoir quelque atout. Un David Habib, aux propositions économiques nombreuses et ambitieuses en apparence, mais aussi marquées par une complexité et une inspiration technocratique qui font douter de l’efficacité de mesures à l’allure « d’usines à gaz ». En tout cas, ce monopole de l’initiative et du management économique auquel le candidat socialiste voulait prétendre a été cette fin de semaine battu en brêche par les propositions du candidat Bayrou en la matière ; des propositions dont l’ambition est au moins aussi grande que celles de David Habib, mais qui paraissent aussi plus concrètes dans leur application et plus modernes dans leur contenu. C’est un sujet qui sera largement développé dans un prochain article.

En tout cas, il semblerait que David Habib soit gagné par la folie des grandeurs, comme en témoignent ses « 28 propositions pour le logement». On espère qu’en cas d’élection, il sera bien secondé, car on imagine l’armée de collaborateurs, fonctionnaires et missionnés nécessaires pour mener à bien autant de projets. On est bien là dans l’habitude socialiste marquée par l’omniprésence de la puissance publique qui veut tout faire, et par le manque de confiance dans l’initiative privée.

Olivier Dartigolles peut-il créer la surprise ?

A gauche, le patron de Mourenx a un concurrent dont on parle peu, mais qui fait une bonne campagne, Olivier Dartigolles. Idées simples, humilité, contact quotidien avec le « peuple de gauche » ; en somme en opposition de style par rapport au manager économique Habib et à ses collaborateurs plus « bobos » que « prolos ». Bien que la présence au second tour n’ait pas été abordée par les instituts de sondage (et on se demande pourquoi ?), Olivier Dartigolles et son front de gauche pourrait constituer la surprise inattendue de ce scrutin en dépassant les 10% ; ce qui laisse augurer de discussions intéressantes pour le deuxième tour, et surtout d’un virage forcé très à gauche qui sera sans doute moins du goût des méchants patrons spoliateurs séduits par David Habib.

Le Front national se dévoile mais ne s’assume pas

De même, le Front national a commencé à faire parler de lui – il était temps -, ne brillant pas par sa présence aux halles et dans les rues paloises, mais par presse interposée. Les propositions du Front national pour la ville sont toutefois décevantes pour un parti qui nous avait plus habitués à des positions plus iconoclastes et parfois même à des bonnes idées. Le programme de Georges de Pachtère est marqué par une prudence, voire un malthusianisme assumés. On est étonné au passage que les thématiques traditionnelles du Front national (immigration, sécurité, patriotisme, ..) ne soient pas plus mises en avant. Enfin, que dire d’une liste qui n’ose pas dévoiler les noms de ses colistiers ?

Bayrou en biarnés

On terminera cette chronique par un sujet qui me tient à cœur : la langue béarnaise. Après un carnaval biarnés réussi qui a dignement animé les rues paloises, on ne peut s’empêcher de penser à l’identité béarnaise de Pau. On sait que le sujet tient à cœur de François Bayrou, ce qu’il nous confirme dans une interview où non content de parler béarnais, il en récite même quelques vers. Un peu de poésie dans ce monde de brutes… Pau en a bien besoin..

Adixat !

IMPORTANT : Cette chronique est écrite par son auteur en son nom et n’engage nullement l’association Alternatives-paloises.com

– Par Emmanuel Pène
(2 mars 2014)

 

Retrouvez les précédentes chroniques :

http://alternatives-pyrenees.com/2014/02/16/pau-municipales-2014-la-chronique-7-cohesion-et-leadership/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/02/08/pau-municipales-2014-la-chronique-6-la-ville-la-plus-pauvre-daquitaine/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/02/01/pau-municipales-2014-la-chronique-vers-la-fin-du-bus-tram/

Pau, Municipales 2014 : La chronique 7 – Cohésion et leadership

David Habib sur la défensive ? – Les enseignements de la liste Bayrou – Listes : la cohésion fera la victoire – Yves Urieta et les Halles – David Habib et l’emploi. La campagne municipale paloise vue et analysée par Emmanuel Pène dans une chronique sans langue de bois.

La campagne s’est nettement accélérée avec l’annonce de la composition de la liste Bayrou. Avec celle d’Yves Urieta, on connaîtra donc semaine prochaine la composition des 3 listes favorites ; Pourquoi est-ce important ? Car au-delà des noms et compétences individuels, cela renseigne sur la volonté de renouvellement, l’ouverture et la capacité de rassembler, et sur la méthode de management, préludes à ce que sera la gestion de la Mairie et de l’agglomération pendant les 5 prochaines années.

Un David Habib sur la défensive ?

Peu avant le dévoilement de la liste Bayrou, David Habib insistait sur le fait qu’il amenait avec lui du « sang neuf », contrairement à François Bayrou, qui lui était «entouré depuis trente ans des mêmes têtes ». un argument qui, depuis vendredi, ne peut plus être utilisé, et qui risque même de se retourner contre lui, dans une liste socialiste qui s’est créée dans la douleur et où les fractures sont encore vives. De fait, depuis le dernier sondage, l’équipe socialiste semble être sur la défensive ; on l’a vu lors de la passe d’armes sur les halles semaine dernière, où une version précoce du projet Habib a été précipitamment rendue publique et a servi d’angle d’attaque à un François Bayrou qui n’en demandait pas tant. Sur la défensive, comme en témoigne sa demande d’un débat avec François Bayrou sur « le développement économique et l’emploi » dont il fait une « question d’honneur pour la ville » – on sait que les débats sont demandés généralement par le challenger – un débat refusé par le candidat centriste qui n’entend pas se laisser imposer le thème, et qui renvoie les hostilités au deuxième tour. Les débats cependant auront bien lieu, mais via médias interposés.

La liste Bayrou : les enseignements

Ce fut le grand moment de la semaine, assez peu d’informations ayant filtré auparavant sur la composition de la liste, en dehors d’une vingtaine de noms incontournables, mais dont on ne savait quelle serait leur place. S’il n’est pas utile ici d’en dresser la liste détaillée – ceci étant disponible sur le site de LA REP – on peut néanmoins en tirer quelques enseignements.

D’abord c’est que le renouvellement politique est au rendez-vous, la grande majorité des candidats n’ayant pas d’expérience politique, le candidat ayant largement puisé dans un vivier de citoyens. Ce renouvellement est aussi générationnel, avec une moyenne d’âge de 47 ans légèrement supérieure à celle de la liste Habib, mais bien inférieure à celle d’Eurydice Bled ou d’Olivier Dartigolles.

Deuxième enseignement, c’est qu’il y a une forte volonté de représentativité et de diversité, ce qui se retrouve dans les nombreuses catégories socio-professionnelles, de l’étudiant au chef d’entreprise, en passant par le fonctionnaire ou le retraité, mais aussi dans la géographie des colistiers, chaque quartier étant représenté.  Le candidat au aussi pu trouver des personnes aux histoires et aux origines diverses, ce qui est incontestablement un élément original de sa liste. On notera au passage que Josy Poueyto, à laquelle M. Bayrou a rendu hommage vendredi, a été très active dans la recherche de colistier, s’appuyant pour cela sur ses nombreux réseaux.

Le troisième fait notable est l’œcuménisme politique de cette liste, où l’on retrouve, autour d’un noyau dur de colistiers Modem, des UMP, des UDI, et des (ex ?) PS. C’est indéniablement une réussite, là où beaucoup prédisaient de nombreuses difficultés ; on notera au passage deux faits marquants. D’abord que l’accord Bayrou – Saubatte s’est traduit par un apport net de 10 colistiers de  la liste UMP, dont 9 éligibles, Eric Saubatte décrochant une 5è place. Ensuite, l’absence remarquée et remarquable de Patrick de Stampa. A ce dernier sujet, tout le monde comprend que l’excuse officielle pour justifier son absence, à savoir un possible risque d’inéligibilité, n’est qu’un artifice peu élaboré pour lui permettre de sauver un minimum la face. La réalité se trouve ailleurs, et probablement dans cette volonté affichée de renouvellement qui aurait été atténuée par la présence de M. de Stampa – un homme aux multiples mandats socio-économiques, et présent depuis de nombreuses années dans le paysage des élites béarnaises. Sans doute pourra-t-il ainsi se consacrer pleinement à la CCI, un pilier essentiel de notre territoire et qui a besoin d’un président à temps plein.

Le renouvellement se traduira-t-il dans les responsabilités ?

A ce stade, aucune responsabilité n’est définie, et le code électoral ne prévoyant pas de définir celles-ci avant l’élection, on en est réduit aux hypothèses et à l’étude des CV des colistiers. La vraie question de fond est en fait de savoir si le renouvellement visible sur la liste se retrouvera aussi dans les faits au jour de distribuer les responsabilités, si l’équipe gagne bien entendu..

Bayrou – Habib – La cohésion fera la victoire

David Habib et François Bayrou ont donc suivi des chemins différents jusqu’à aujourd’hui. Du côté du socialiste, la liste s’est faite dans la douleur et on peut supposer que derrière l’unité de façade, les rancunes et les arrières-pensées sont encore nombreuses. Du côté de François Bayrou, la liste s’est faite par compromis et adhésion à un projet mais surtout à un personnage. Toutefois, cet assemblage hétéroclite a aussi ses faiblesses que seul un esprit de groupe fort peut juguler.

Il est donc probable que la cohésion dans les équipes et entre ses membres sera un facteur essentiel conditionnant la victoire. Car pour entrer en résonance avec les palois, il faut d’abord être soi-même en harmonie.

Yves Urieta tacle Eric Saubatte

Yves Urieta, qui présentera sa liste cette semaine, semble s’être fait une cible de la droite, et en particulier d’Eric Saubatte, qu’il traite de « rallié peu fiable ». Faut-il voir derrière ces attaques une volonté du candidat sans étiquette d’améliorer son image auprès d’EELV et du front de gauche qui excluent pour le moment catégoriquement tout rapprochement incluant l’ancien Maire ? Cela semble en tout cas indiquer qu’il semble faire le deuil d’un rapprochement avec la liste Bayrou.

Eurydice Bled : une jeune dans une équipe de vieux ?

La liste d’Eurydice Bled a été rendue publique. Elle indique une moyenne d’âge assez élevée à 52 ans, ce qui est un paradoxe alors qu’elle est elle-même la plus jeune candidate. La liste est clairement positionnée à gauche, avec de nombreux socialistes ou anciens socialistes ; elle comporte aussi des catégories socio-professionnelles variées.

Olivier Dartigolles et la lutte des classes

Olivier Dartigolles a lui aussi présenté la liste « une ville pour nos vies », qui, comme celle d’EELV, a 52 ans d’âge moyen. On y retrouve Hélène Lérou-Pourqué, actuelle adjointe à la culture, et une forte proportions d’encartés, ce qui n’est pas une surprise pour une extrême gauche qui a une tradition de militantisme. Aucune surprise non plus sur la composition des catégories socio-économiques, puisque outre la sur-représentation d’enseignants ou retraités de l’enseignement, on remarque l’absence de tout commerçant ou chef d’entreprise. Il est vrai qu’on ne fait pas disparaître d’un coup de baguette magique une mentalité de lutte des classes bien ancrée.

Le questionnement occitan

On terminera ce chapitre des listes par des questions lancées depuis par certains occitanistes sur l’absence visible de « délégué à l’occitan » dans la liste Bayrou. Cette question est intéressante, car elle marque l’obsession de certains pour une politique linguistique en tant que telle, qui consiste à ce que des militants mettent en œuvre une politique à destination d’autres militants. Or, ce dont Pau a besoin est surtout d’affermir son identité, la langue béarnaise en faisant partie mais n’en étant pas le seul élément. Une politique culturelle plus globale est donc nécessaire, et elle doit se faire non pas à destination d’une petite partie de la population, mais de tous les citoyens.

Yves Urieta et les Halles

Sur le fond, Yves Urieta a précisé ses propositions sur le dossier des Halles, qui sont au final assez proches de celles de François Bayrou (il accuse d’ailleurs ce dernier d’avoir copié ses idées). Les lignes directrices sont le maintien de l’activité pendant les travaux, un étage supplémentaire pour accueillir les bureaux des services municipaux, et un toit végétalisé accessible aux promeneurs. Enfin, le projet se veut écologique, l’habillage extérieur des halles serait en bardage de bois ajouré, et les halles fonctionneraient de manière autonome du point de vue énergétique. Pour le candidat, le projet serait « le seul des trois à avoir une forte constante écologique ». Un projet chiffré entre 10 et 12 millions.

David Habib et l’emploi

Pour David Habib, « l’emploi, c’est capital ». Il veut ainsi s’engager dans une politique active pour l’emploi. Pour cela, il annonce « un effort massif » sous la forme de contrats d’avenir, contrats d’apprentissage et contrats d’accompagnement à l’emploi, qui seraient signés… par la mairie, bref financés par le contribuable. David Habib nous avait habitué à mieux en matière d’économie, mais il est vrai qu’il faut séduire les potentiels alliés du deuxième tour, et quelques emplois publics en plus ne font pas de mal !

En outre, il annonce un « label Pau » pour mobiliser les entreprises ; en fait un système de bons points pour les entreprises qui s’engageront dans le parrainage de demandeurs d’emploi de longue durée. Il n’est pas certain que cette mesure, qui ressemble à une contrainte administrative supplémentaire, plaira à des employeurs déjà touchés par la crise et par une pression fiscale et administrative très fortes.

En attendant bon carnaval et surtout bonne campagne à tous ceux qui s’engagent !

Adixat ! A la semaine prochaine

– Par Emmanuel Pène
(16 février 2014)

Retrouvez les précédentes chroniques :

http://alternatives-pyrenees.com/2014/02/08/pau-municipales-2014-la-chronique-6-la-ville-la-plus-pauvre-daquitaine/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/02/01/pau-municipales-2014-la-chronique-vers-la-fin-du-bus-tram/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/26/pau-municipales-2014-la-chronique-4-sous-les-projecteurs-nationaux/

Pau, Municipales 2014 : La chronique 6 – la ville la plus pauvre d’Aquitaine

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Le couvent des réparatrices

La ville la plus pauvre d’Aquitaine – l’aveuglement de Lignières-Cassou – Une nouvelle liste citoyenne – Bayrou, Habib et la bataille des Halles – Urieta, Bayrou et Dartigolles et la Culture.

La campagne municipale paloise vue et analysée par Emmanuel Pène dans une chronique sans langue de bois.

La ville la plus pauvre d’Aquitaine

La réalité du déclassement de Pau se confirme. On apprend ainsi, dans une étude du  Centre d’observation et de mesure des politiques d’action sociale (Compas) que Pau est la ville qui compte proportionnellement le plus de pauvres en Aquitaine, 19% de ses habitants vivant avec moins de 977 € par mois. Cette piètre performance résulte probablement moins d’une situation socio-économique difficile, que du départ constaté de la ville de près de 5000 personnes ces dernières années. La perte de couches de la population majoritairement classes moyennes ou supérieures n’a pu que contribuer mécaniquement à l’augmentation du pourcentage de pauvres. C’est le symptôme criant du manque d’attractivité de notre ville.

C’est ce que n’a visiblement pas compris Martine Lignières-Cassou dans une vidéo enregistrée plus tôt dans la semaine pour la République (http://bit.ly/1ecgkkG), pour qui François Bayrou et Yves Urieta n’ont « vraiment rien compris », accusés de vouloir faire revenir les voitures en centre-ville. Il est vrai que la politique de Madame la Maire est une réussite spectaculaire : un centre piétonnier inaccessible et déserté, des centaines de commerçants qui ont mis la clef sous la porte ces dernières années, la baisse de la population, l’insalubrité, les SDF, les tags, etc..

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Source : http://www.larepubliquedespyrenees.fr/

Martine Lignières-Cassou devrait lire le résultat de l’enquête de la République des Pyrénées (http://bit.ly/1eHqVIY) qui a demandé à ses lecteurs quels seraient les trois chantiers prioritaires pour Pau. Plus qu’une longue analyse, l’image ci-contre (où les mots apparaissent proportionnellement au nombre de fois qu’ils ont été cités) parle d’elle-même : Circulation, Routes, Centre-ville, Proprété, Parkings. Ce n’est donc pas MM. Urieta et Bayrou qui n’ont « rien compris » pour Mme Lignières Cassou, mais bien les palois..

La nouvelle liste « Citoyenne »

L’actualité des listes a été moins fournie après les présentations largement commentées des listes de David Habib, et en moindre mesure, d’Yves Urieta. On attend le prochain gros chapitre, à savoir l’annonce de la liste Bayrou, laquelle devrait d’autant plus faire couler d’encre, que peu d’informations ont fuité jusqu’à aujourd’hui.

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Mehdi Jabrane

L’information importante est donc l’arrivée d’une nouvelle liste « Pau’pulaire », conduite par Mehdi Jabrane, un entrepreneur de 35 ans. Nous annoncions cette liste déjà la semaine dernière dans la chronique. Que sait-on de cette liste ? D’abord qu’elle est 100% citoyenne, c’est-à-dire sans politiques de carrière ou encartés. On apprend aussi que leur but est de « remettre le bien commun et le citoyen  au centre des décisions politiques », et que leurs valeurs sont « justice, solidarité, sincérité ». Très bien, on peut dire que ce sont de bonnes bases, mais avec lesquelles finalement tout le monde est d’accord. On attend donc des positions plus concrètes sur les sujets qui intéressent les palois. Qui se retrouve sur cette liste ? D’abord on peut citer Gregory Ortega, Rachid Qasbaoui, Yannick Labannère, qui ont co-signé quelques articles sur Alternatives Pyrénées. On remarque aussi une forte présence de personnes « issues de la diversité ».

L’ancien bâtonnier de Pau avec Pau Bleu Marinepierre-esposito-est-avocat-ancien-batonnier-de-pau_1006014

Enfin, pour clôturer le chapitre des listes, on observe un peu de mouvement sur la liste « Pau Bleu Marine », puisque Pierre Esposito, ancien bâtonnier de Pau, a rejoint la liste de Georges de Pachtère et devrait occuper le rôle de « Porte-Parole ». Il n’est pas certain toutefois que ceci suffise à compenser le manque de présence sur le terrain du FN, sa principale faiblesse.

La bataille des Halles

2014-02-01 11.23.49Sur le fond, l’affrontement s’est fait cette semaine sur le thème de la rénovation des Halles entre un François Bayrou offensif et un David Habib montrant qu’il ne s’en laisserait pas compter.

David habib a ouvert les hostilités en présentant, lundi 3 février, sont projet de réhabilitation des halles. Les idées principales sont la réalisation d’une esplanade près du complexe de la République, qui ferait que les halles ne couperaient plus en deux le quartier, et la construction d’une nouvelle halle sur deux niveaux de l’autre côté de l’esplanade. Le dessin illustrant « l’esprit » du projet a été aussi publié.

La riposte ne s’est pas fait attendre, François Bayrou critiquant des Halles à « l’architecture de supermarché des années 60 », et surtout le fait que les producteurs étaient rétrogradés au sous-sol du nouveau bâtiment. Il chiffre aussi à 25 millions d’euro le cout du projet au lieu des 12 millions annoncés par le candidat socialiste.

Mis sur la défensive, David Habib a d’abord essayé de se justifier, en rappelant que l’image publiée était uniquement un concept en attendant le concours d’architectes. De fait, il revenait en fin de semaine avec quatre nouvelles ébauches visuelles, sensées désamorcer le problème de l’architecture « stalinienne », et une maquette de l’intérieur des halles, pour rassurer les producteurs du sous-sol..

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Les 4 « ébauches ». La première présentée lundi est en bas à gauche
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Ebauche de l’intérieur des halles sur le projet Habib

 

Cette vive passe d’armes montre que le sujet des halles, et du commerce, est au centre des préoccupations. Elle montre aussi, ce qui est plus étonnant, que David Habib fait preuve d’un peu de précipitation, en laissant sortir des projets pas assez ficelés. Il faut sans doute y voir le fait que, légèrement distancé dans les sondages, il doit maintenant prendre l’initiative et occuper le terrain, ce qui, immanquablement, l’expose aux tirs de l’artillerie ennemie.

Pour Bayrou, faire de Pau une capitale culturelle

La Culture est un thème qui a fait fureur ces derniers jours, largement au cœur des préoccupations et des propositions des candidats. François Bayrou souhaite faire de Pau une capitale culturelle. Il a ainsi souhaité que Pau organise un évènement à portée « nationale » (pourquoi d’ailleurs se limiter au « national » ?) sur l’histoire des idées, avec invitation de nombreuses personnalités. Pour cela, le candidat met en avant sa notoriété nationale, à même de faire venir de prestigieux invités. Sur le principe, c’est une bonne proposition, et l’on ne pourrait que se réjouir que ce type d’évènement fût organisé à Pau ; toutefois, il n’est pas certain que ce thème, bien qu’intéressant, soit très mobilisateur. Il faudrait aussi éviter d’organiser un évènement trop « parisien», ce qui implique un recrutement plus international des intervenants.

Cette proposition vient donc s’ajouter, pour le candidat, à celles d’un auditorium palais Beaumont, et d’un nouveau lieu festif du côté des hangars du Sernam.

Yves Urieta veut redonner à Pau son « dynamisme culturel »

Yves Urieta annonce la création de pas moins de trois festivals nationaux ou internationaux dans le domaine de la danse, de la musique et du théâtre, qu’il ne budgétise pas pour le moment. Il veut aussi transformer le musée des beaux arts en musée arts déco, avec extension (4 millions euros), ou encore la création d’un « espace d’art et d’histoire » dans l’ancien couvent de la rue Lamothe, estimé à 1,5 millions d’euros. On retient aussi une mesure certainement très attendue, à savoir l’extension des horaires de la médiathèque.

Pour Olivier Dartigolles, une salle de spectacles démontable

Olivier Dartigolles n’est pas en reste sur la Culture, et il innove si on peut dire en proposant une salle de spectacles de 500 à 600 personnes, démontable. Cette structure serait utilisée pour le spectacle vivant, le théâtre, la danse et les concerts à Pau. D’un coût de 2 millions d’euro, il aurait une durée de vie de 10 ans. Ce n’est certes pas aussi « sexy » que ce que proposent d’autres candidats, mais cette proposition a le mérite d’être économe avec l’argent public ce qui, pour une proposition communiste, est déjà un grand bond en avant..

Drin de tout

Yves Urieta confirme en vidéo son opposition au bus-tram

Georges de Pachtère interviewé sur France Bleu http://fn64.fr/2014/02/interview-du-0402-de-georges-de-pachtere-a-france-bleu-bearn/

France 3 et « la bataille de Pau » http://aquitaine.france3.fr/2014/01/31/la-bataille-de-pau-diumanche-2-fevrier-19h-406547.html

Adixat ! A la semaine prochaine

– Par Emmanuel Pène
(8 février 2014)

 

Retrouvez les précédentes chroniques :

http://alternatives-pyrenees.com/2014/02/01/pau-municipales-2014-la-chronique-vers-la-fin-du-bus-tram/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/26/pau-municipales-2014-la-chronique-4-sous-les-projecteurs-nationaux/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/19/pau-municipales-2014-la-chronique-3/

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Pau, Municipales 2014 : la chronique (4) – sous les projecteurs nationaux

2014-01-11 11.33.32Pau champion des tweets – Bayrou et les transfuges du PS – Habib et les occitanistes – Bayrou sur la démocratie participative et la propreté des rues – Habib sur l’emploi et l’économie – Urieta sur la baisse des impôts.

La campagne municipale paloise vue et analysée par Emmanuel Pène dans une chronique sans langue de bois.

On a parlé beaucoup de Pau ces derniers jours, notre ville étant selon une enquête de France info, celle de moins de 150 000 habitants où on gazouille le plus, avec plus de 19200 tweets sur une semaine. Surprenant ? Pas vraiment quand on sait que François Bayrou et son alliance avec l’UMP en génère près de 95%. Ce score ne devrait pas faiblir avec le passage samedi de Marine Le Pen, venue encourager un FN local bien discret.

La constitution des listes a continué d’agiter la Pau-sphère, chacun y allant de son annonce.

A ce jeu, David Habib a indéniablement trouvé la méthode la plus efficace pour faire parler de ses colistiers, et donc de lui : annonces deux par deux, et sans ordre particulier sur la liste. Chaque personne fait ainsi l’objet d’une attention des média pendant un ou deux jours.

Des autonomistes occitans place Royale ?

Ce qui retient l’attention, ce sont d’abord les deux occitanistes du mouvement « Bastir », Estelle Laymand et Luce Bordenave,  avec en prime un poste d’adjoint pour la première. Cette annonce est assez surprenante quand on connait l’opposition (passée ?) de David Habib avec le gourou de la mouvance occitaniste, David Grosclaude. En fait, le mouvement occitaniste, traditionnellement allié des verts,  fait preuve d’opportunisme en rejoignant une liste PS qui leur donne bien plus de chance d’être élus. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé à Toulouse, où, d’abord sur une liste EELV, les « Bastir » sont partis sans prévenir sur la liste PS de M. Cohen. Mais qu’est-ce que « Bastir » ? Ce n’est ni plus ni moins qu’une excroissance électorale du « parti occitan », « Mouvement politique occitaniste autonomiste luttant pour la reconnaissance et l’autonomie de l’Occitanie »  d’après leur site internet, animé par leurs deux élus régionaux David Grosclaude et Guilhém Latrubesse. Or, on a du mal à imaginer que David Habib se soit pris subitement d’occitanite aigüe, et on peut donc penser qu’il s’agit plutôt d’une stratégie pour couper l’herbe sous les pieds de François Bayrou, plus légitime naturellement sur ce terrain. Si David Habib est élu, et étant donné le peu de goût de ce dernier pour la langue de Simin Palay, on risque d’avoir un blanc-seing donné à une association occitaniste d’inspiration autonomiste. C’est ce risque que je dénonçais récemment sur ce site dans l’article « Langues régionales et municipalités ».

Des trentenaires et des syndicalistes

Jérôme Marbot et Charline Claveau-Abbadi ont eux aussi été annoncés cette semaine sur la liste Habib, la seconde à une flatteuse 6ème place. Cette jeune entrepreneur non encartée se dit néanmoins « de gauche », tandis que Jérome Marbot, avocat, est adjoint au maire sortant au « développement et au rayonnement ». Etant donné le manque de dynamique de développement et de rayonnement de la ville ces dernières années, on ne sait toutefois si cette expérience est un atout ou un handicap pour l’ambitieux trentenaire…

Jean-Marc Soubervie, ancien rugbyman de 38 ans, rejoint lui aussi David Habib à la 33è place. On apprend qu’il est chef d’entreprise et qu’il dirige un cabinet qui conseille les entreprises pour payer moins de charges sociales. Il aura sans aucun doute matière à discuter de coût du travail avec les deux syndicalistes annoncés en fin de semaine sur la liste, le délégué syndical CGT, Ottavio Cilluffo,  et Jean-Pierre Barthe, retraité syndical de la CFDT. Ils devraient intervenir, sans surprise, sur la thématique de l’emploi, une des priorités du candidat.

Chez François Bayrou, on recycle des sortants de la majorité

François Bayrou a continué dans la voie de l’ouverture sur sa liste. Il lui manquait des gens de gauche ; c’est désormais chose faite en les personnes de Pascal Boniface, Odile Denis et Anne Castera, tous trois élus de la majorité sortante, et qui sont en délicatesse soit avec la Maire actuelle, soit avec le candidat PS. On aimerait mieux connaître leurs motivations. François Bayrou est-il uniquement une bouée de secours pour ces sortants reniés par leur camp ? Il y a assurément urgence à ce qu’ils donnent les raisons de leur choix.

Les listes Urieta, Dartigolles et Bled

Yves Urieta, lui, annonce ses colistiers par dix. Les nominés sont Alain Arraou, Nicole Benssoussan, Daniel Bialeoko, Sophie Campagnolle, Johanne Charmet-Zoia, Jean-Pau Céré, Jacqueline Decaudin, Adoum Isseini, et Paola Rodrigues. Parmi eux, deux transfuges de la liste sortante de François Bayrou aux dernière élections, Nicole Benssoussan et Adoum Isseini, nous rappellent qu’en politique, il vaut mieux être darwinien que larmarckien…

Olivier Dartigolles lui, continue à s’en prendre à Yves Urieta et à son alliance sarkoziste de 2008. Dans une peu probable alliance avec David Habib au second tour, il serait en effet difficile de cohabiter avec celui qui a obtenu le soutien de l’ancien président de la République en 2008. Le leader communiste promet de dévoiler sa liste de gauche le 13 février.

Chez EELV, Eurydice Bled a choisi, comme Yves Urieta, les annonces par dix. On a ainsi appris les dix nouveaux colistiers constituant sa liste, ainsi que leur âge et leur profession : Laetitia Larrouy-Castera, 24 ans, spécialisée en droit de l’environnement ; Vincent Cilluffo, 21 ans, étudiant en médecine ; Christine Cazaubon, 41 ans, prothésiste dentaire ; François Garcia 57 ans, vice-président de la Section Paloise Karaté ; Sylvie Hourcade, 53 ans, monitrice d’atelier en espaces verts au sein de l’association des PEP 64 ; Jean-Claude Serrano, 54 ans, travaille dans la restauration ; Annick Potier, 60 ans, retraitée de l’animation sportive ; Alain Mallet, retraité hydrogéologue; Patti Lévy, prépare le concours de professeur des écoles ; Jean-Yves Deyris, ancien chargé de mission auprès du service de la formation professionnelle du Conseil régional d’Aquitaine. De la variété dans les âges, mais ça manque quand même d’entrepreneurs ou de commerçants. Mais il est vrai que ces derniers ont du mal à interpréter la logique de décroissance prônée par certains écologistes.

Bayrou, la démocratie participative…

Sur le fond, François Bayrou a présenté ses propositions en matière de démocratie participative. Ainsi, il y aura, s’il est élu, une réunion citoyenne une fois par semaine au théâtre St Louis, où les Palois viendront discuter avec le Maire de ce qui marche ou ne marche pas. Autre engagement, une évaluation annuelle des élus et des services, via un questionnaire. Voilà qui aurait donné des sueurs froides à certains élus de la majorité sortante…

Tract Bayrou propreté

… et l’insalubrité

Autre thème largement développé par le candidat Bayrou, la lutte contre l’insalubrité et l’insécurité, objet d’un tract distribué cette semaine « Pau ville propre et soignée ». Les mesures incluent la lutte contre les tags, fléau que je dénonçais déjà il y a deux ans sur alternatives-paloises.com : Pau, les tags sauvages envahissent la ville, un service « urgence vie en ville » pour les problèmes de propreté et d’insécurité, et la lutte contre les déjections canines.

Plus surprenant, François Bayrou a estimé, à une question posée dans une réunion de quartier sur les nuisances des sorties de boîte de nuit, que celles-ci pouvaient être transférée dans un quartier « en dehors de la ville ». Il faudra qu’il nous explique ce qu’il entend par là, car on voit mal une ville dynamique, jeune et vivante, se passer de toute vie nocturne en centre-ville.

Urieta remet une couche sur les impôts

Sur le thème de la baisse des impôts, Yves Urieta a continué à en faire un axe majeur de sa campagne, au travers d’une vidéo :

Le candidat sans étiquette fait aussi parler de lui par ses BD, dont nous reproduisons ici la planche sur la baisse des impôts

Urieta BD Impots

Pour Habib, focus sur l’emploi et l’économie

Le candidat PS s’est, lui, clairement positionné sur la question de l’emploi et a présenté quelques propositions. Deux d’entre elles pourraient très certainement contribuer à une dynamique économique : la création de 4 pépinières d’entreprises en six ans, et un fond d’amorçage pour la création d’entreprise. De bonnes mesures sur le papier, mais il faudra que ces projets semi-publics ne se transforment pas en usine à gaz administrative et soient largement associés à des entrepreneurs privés. La création d’un échangeur à Berlanne est un de ces vieux dossiers qui n’avancent pas depuis longtemps, et que l’association Béarn Adour Pyrénées a le mérite de remettre régulièrement en haut de l’agenda. Enfin, la création d’un conseil économique et social sur l’Agglo pose plus de questions. N’y a-t-il pas un « conseil de développement du grand Pau » qui a déjà du mal à fonctionner ?

En tous les cas, David Habib fait de l’emploi sa priorité, et met en avant son bilan sur le bassin de Lacq. Il définit aussi des secteurs d’activités prioritaires pour le développement : les géo-sciences, l’agroalimentaire, l’aéronautique, et l’énergie. C’est intéressant, mais on aurait pu y ajouter les filières TIC (technologies du numérique), secteur d’avenir mais peu soutenu par les pouvoirs publics en Béarn.

Adixat ! A la semaine prochaine

– Par Emmanuel Pène 

(26 janvier 2014)

 

Retrouvez les précédentes chroniques :

http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/19/pau-municipales-2014-la-chronique-3/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/12/pau-municipales-2014-la-chronique-2/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/04/pau-municipales-2014-la-chronique/

Pau Municipales 2014 – David Habib : La liste

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David Habib révèle dans la presse, au compte goutte, sa liste pour les élections municipales à Pau. AltPy vous propose un récapitulatif. Mise à jour du 23 janvier 2014. 24 noms sur 49 sont désormais connus.

NOUVEAU Quand et où ? Le 24 janvier sur le site de la République des Pyrénées et Sud Ouest
– Qui ? Ottavio Cilluffo
– Quelle place dans la liste ? Pas communiqué
– Ce que l’on sait : délégué syndical CGT, M. Cilluffo est actuellement conseiller municipal à Billère. Il habite sur Pau.
– Ce que l’on ne sait pas :  Quelle mission ?

NOUVEAU – Quand et où ? Le 24 janvier sur le site de la République des Pyrénées et de Sud-Ouest
– Qui ?  Jean-Pierre Barthe
– Quelle place dans la liste ? Pas communiqué
– Ce que l’on sait : retraité syndical de la CFDT
– Ce que l’on ne sait pas : Quelle mission ?
– Analyse : Ces deux candidats syndicalistes ont été présenté en même temps que les (intéressantes) propositions pour l’emploi et le développement économique du candidat Habib.  Cela pouvait ressembler à une bien mauvaise blague que de présenter des militants syndicaux en même temps que des propositions pour le développement économique. La sociale démocratie : c’est des représentants syndicaux mais aussi… des représentants du monde des entreprises !

 – Quand et où ? Le 22 janvier sur le site de Sud-Ouest
– Qui ? Charline Claveau-Abbadi
– Quelle place dans la liste ? 6è dans la liste
– Ce que l’on sait : Estelle Laymand, 28 ans, « s’est lancée voilà deux ans en créant son entreprise, « Project Matter », sous le statut d’auto-entrepreneur. A travers sa structure, elle conseille des laboratoires de recherche, mais aussi des structures publiques ou privées pour décrocher des fonds européens destinés à la recherche et à l’innovation. » « Un symbole de renouvellement ». Un profil intéressant.
– La mission : Porte-parole de la campagne de David Habib avec Jérome Marbot.
– Ce que l’on ne sait pas : Ce qu’elle fera après.

– Quand et où ? Le 22 janvier sur le site de Sud-Ouest
– Qui ? Jérome Marbot.
– Quelle place dans la liste ? 6è dans la liste
– Ce que l’on sait : Il s’agit en fait d’une confirmation de candidature. Jérôme Marbot, 37 ans, Avocat de profession, était adjoint au « développement et au rayonnement » de MLC. Il était aussi adjoint référent de Pau-Sud.
– La mission : Porte-parole de la campagne de David Habib.
– Ce que l’on ne sait pas : Possiblement « aux finances » ?

– Analyse : théoriquement impliqué sous MLC dans les relations avec les territoires situées autour de Pau, on ne peut dire que les relations Béarn-Bigorre ou encore que l’évolution de la CDAPP soient un franc succès à mettre à l’actif du candidat.

– Quand et où ? Le 18 janvier dans la République des Pyrénées
– Qui ? Estelle Laymand
– Quelle place dans la liste ? Pas communiqué.
– Ce que l’on sait : Estelle Laymand est membre du mouvement occitaniste Bastir
– La mission : aurait une fonction d’adjointe mais aussi « d’autres responsabilités ». Résultat concret de cette alliance : une deuxième calandreta ouvrira à Pau à la rentrée prochaine
– Ce que l’on ne sait pas : C’est ce que coûtera en investissement cette nouvelle calendretta, quels seront les coûts de fonctionnement et sur quels budgets sera mis en place ce nouveau site ?
Qui est Estelle Laymand, outre un nom et une appartenance à une association ?

– Quand et où ? Le 18 janvier dans la République des Pyrénées
– Qui ? Luce Bordenave
– Quelle place dans la liste ? Pas communiqué.
– Ce que l’on sait : Luce Bordenave est aussi membre du mouvement occitaniste Bastir
– Ce que l’on ne sait pas : Qui elle est cette candidate outre un nom et une appartenance à une association ? En quoi mérite t-elle les suffrages ?

– Quand et où ? Le 17 janvier dans la République des Pyrénées et Sud-Ouest
– Qui ? Jean-Marc Soubervie
– Quelle place dans la liste ? N°33. Position éligible.
– Ce que l’on sait : Jean-Marc Soubervie est rugbyman. 14 ans de carrière à la Section, Bègles, Perpignan… Directeur d’un cabinet de conseil en réduction et optimisation de charges sociales.
– La mission : Le rugbyman aura pour tâche de réhabiliter le stade la Croix du Prince. Budget : entre 2 et 2,5 millions d’euros dont 50% pourraient être financés à l’extérieur.
– Ce que l’on ne sait pas : Comment s’insère ce budget dans les autres projets ci-dessous ? Quel timing ? Prioritaire ou non ?

– Quand et où ? Le 14 janvier dans la République des Pyrénées
– Qui ? Leïla Kherfallah
– Quelle place dans la liste ? N°8
– Ce que l’on sait : Leïla Kherfallah est née à Mourenx, avocate à Pau, non encartée au PS, âgée de 43 ans.
– La mission : Partagée avec celle de Jean-Christophe Tixier (voir ci-dessous) : La culture car il s’agit là de « la première clé pour permettre l’implantation économique dans une ville ». « Le candidat Habib, rêve d’une salle de 800 à 1 200 places qui fonctionnerait 200 à 250 jours par an » et qui serait également utilisée par les associations. Implantation : Dans le quartier de la Porte des Gaves.
– Ce que l’on ne sait pas : C’est en quoi Leïla Kherfallah est plus ou moins apte qu’un autre pour remplir une mission culturelle. Rien n’est dit non plus sur le montant de l’investissement « rêvé », son financement, ses charges de fonctionnement.

– Quand et où ? Le 14 janvier dans la République des Pyrénées
– Qui ? Jean-Christophe Tixier
– Quelle place dans la liste ? N°9
– Ce que l’on sait : Jean-Christophe Tixier est auteur et formateur. C’est un des organisateur du salon « un aller et retour dans le noir » dédié au polar.
– La mission : Partagée avec celle de Nathalie Larradet (voir ci-dessus)
– Ce que l’on ne sait pas : Qui sera l’adjoint à la culture ?

– Quand et où ? Le 10 janvier dans la République des Pyrénées
– Qui ? Nathalie Larradet
– Quelle place dans la liste ? N°2
– Ce que l’on sait : Nathalie Larradet est architecte et David Habib l’a déjà fait travailler. A dessiné le nouvel immeuble de l’Eisti à Pau.
– Ce que l’on ne sait pas : A l’écoute de la video mise à la disposition des internautes, il est impossible de savoir, pour quelle mission Nathalie Larradet est n°2 de cette liste ? Un numéro important puisqu’il peut-être amené à remplacer le n°1… Le public peut-être « frustré » par le manque de perspectives annoncées et l’impossibilité à juger des qualités de la future N°2 de Pau (si David Habib est élu).

– Quand et où ? Le 10 janvier dans la République des Pyrénées
– Qui ? Claude Bergeaud
– Quelle place dans la liste ? N°49 (dernière position)
– Ce que l’on sait : Claude Bergeaud est entraîneur de l’Elan Béarnais
– Ce que l’on ne sait pas : A l’écoute de la video mise à la disposition des internautes, il est impossible de savoir, pour quelle mission Claude Bergeaud est sur cette liste. C’est un « symbole », pour David Habib, d’une liste qui va « au-delà du PS ». Le candidat socialiste « n’aime pas l’eau tiède ». Il veut construire une équipe mobilisée « contre l’immobilisme ».

– Quand et où ? Le 7 janvier dans la République des Pyrénées : On en parle…
– Qui de l’équipe municipale actuelle ? Frédéric Fauthoux, Nathalie Cabannes, Anne Bernard, Marc Jubault-Brégler, Mina Labat-Chahid, Nicole Juyoux, Bernard Laclau-Lacrouts (mal placé), Stéphanie Maza, Jérôme Marbot, Jean-François Maison.

En balance : Thomas Huerga et Guillaume Descorps

– Quels « petits » nouveaux ? Patrice Manuel, l’ancien directeur de la Mission locale, le chef d’entreprise Julien Pardon, l’ancien secrétaire fédéral du PS, Pierre Chéret, Louisette Mayereau ex-conseillère régionale verte.

– une compilation préparée par Bernard Boutin