Election sans campagne

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  Depuis des années, les intercommunalités fonctionnent dans une grande opacité, multipliant les dépenses de fonctionnement alors que leur existence avait pour but de mutualiser les services intercommunaux pour en faire baisser les coûts. Ce strate du millefeuille fonctionnait aussi dans une certaine inconstitutionnalité puisque les Conseillers Communautaires, n’étaient pas élu au suffrage universel alors qu’ils lèvent l’impôt.

Bien évidement, les Maires de France freinaient des quatre fers pour mettre un peu de suffrage universel puisque ce sont eux qui désignaient les Conseillers Communautaires. Il était particulièrement évident que le rôle de ces Conseillers était réduit à la portion congrue, les Maires décidant entre eux des orientations prises, parfois même avant que les Conseillers Communautaires aient voté  ( « Conseillers Communautaires, à quoi servez vous ? » AP du 18 octobre 2010).

Mais cette situation évolue très légèrement. Aux municipales 2014, une nouveauté sera mise en place : l’élection des membres des communautés de communes de plus de 1 000 habitants au suffrage universel. Vous ne l’avez sans doute pas remarqué, mais le libellé officiel est bien : Elections municipales et communautaires. Cela ne changera bien sûr pas grand chose…

Il faut dire que le pauvre citoyen placé face à l’inextricable mille-feuille français ne sait pas qui fait quoi entre les Communes, les Intercommunalités, le Conseil Général, le Conseil Régional, l’Etat et l’Europe, le tout assaisonné de quelques Pays (du Grand Pau) et des innombrables SIVOM et autres Syndicats Mixtes…

D’autant plus que, comble de clarté, grâce à la « clause de compétence générale » tous les strates du millefeuille peuvent tout faire !

Jusqu’à quand les citoyens accepteront-ils d’aller voter pour des élections dans lesquelles ils sont incapables de dire qui a fait quoi et pourquoi ?

Jusqu’à quand les citoyens contribuables accepteront-ils une organisation territoriale inefficiente et dépensière dans une période où le contribuable est rançonné ?

Mais cela ne gêne nullement les Maires qui se targuent d’être les élus les mieux connus des français. Forcément, au pays des aveugles les borgnes sont roi !

Mais qui peut porter aujourd’hui un jugement argumenté sur la politique menée dans la CDAPP (Communauté d’Agglomération Pau Pyrénées) ?

Et ne comptez pas sur les Maires pour faire de la pédagogie sur ce fonctionnement, on est si bien entre nous et la politique est une chose trop sérieuse pour que les citoyens s’en mêlent. Pourtant le budget de la CDAPP avec ses 115 millions d’euro en 2013 est presque aussi important que celui de la ville de Pau (147 millions d’euro) …

D’ailleurs, il suffit de regarder les programmes des candidats à Pau, ou bien dans  les autres  intercommunalités. « Interco : silence radio » telle est la devise.

« Nous, nous sommes porteurs du changement pour une nouvelle vision plus ouverte et plus transparente de la communauté. »  (François Bayrou)

 « Créer un pôle métropolitain pour réaliser collectivement les grands investissements » (David Habib)

Ecran de fumée ou incompétence ?

Il ne faut pas s’étonner de voir les communes de la première couronne fuir la CDAPP quitte à se marier totalement contre nature comme le Luy de Béarn avec… Thèse !

Vous trouverez chez tous les candidats des programmes à rallonge, avec des centaines de mesurettes très détaillées destinées à ratisser large, mais pas un seul qui propose un programme cohérent pour une intercommunalité paloise aujourd’hui incohérente dans son contour, inefficiente dans son fonctionnement (plus de 1000 emplois créés alors qu’il aurait dû y avoir une diminution, « Gabegie à gogo à l’Agglo » AP du 9 juillet 2012) et sans aucun programme, projet ou vision à moyen terme.

Vous allez donc désigner des listes de candidats aux fonctions de Conseillers Communautaires, sans que ces candidats ne vous aient proposé le moindre programme, la moindre orientation claire susceptible d’orienter votre choix…

Même dans les républiques bananières africaines on fait mieux.

Quand les citoyens s’éveilleront…

par Daniel Sango