Pollution des océans et exploitation pétrolière offshore

expedition-7e-continent-pollution-oceans-plastique   On a vu dans les épisodes précédents que Total n’est pour rien dans le réchauffement climatique puisque l’arrêt total de sa production n’entraînerait aucune baisse de la consommation mondiale ni à court ni à long terme. Qu’en est-il de la pollution des océans liée à l’exploitation en offshore profond ?

Premier problème bien connu et majeur : la surpêche a vidé nos océans.

« Aujourd’hui, au niveau mondial, 80% des poissons sont surexploités ou au bord de la surexploitation. Pour les différentes espèces de  thon, le cabillaud, l’espadon et les requins, la situation est encore pire. Il y a trop de bateaux et plus assez de poissons. Au rythme actuel, les océans pourraient être vides de poissons dès 2048. (Greenpeace)

Deuxième problème les débris et les « continents de plastique »

« Les substances solides, généralement des déchets, que l’on trouve dans le milieu marin s’appellent débris marins. Pour la plupart, nous sommes probablement convaincus que les débris marins ne sont constitués que de quelques détritus éparpillés sur les plages et qu’ils ne font de mal à personne. Ce n’est malheureusement pas le cas. Les débris marins sont devenus un problème de pollution généralisé qui affecte tous les océans du monde. Ils sont la cause de lésions et de décès de nombreuses espèces marines (tortues, albatros, phoques, baleines ou poissons), soit parce que ceux-ci y restent emprisonnés soit parce qu’ils les prennent pour des proies et les avalent.  » (Greenpeace)

Troisième problème : les pollutions diverses dont les hydrocarbures

« We can stop huge amounts of ocean pollution without even leaving home. Ocean protection begins on land – especially as much of the ocean pollution comes from there too.

But oil spills at sea only account for just a fraction of the pollution problem. Domestic sewage; industrial discharges; leakages from waste tips; urban and industrial run-off, accidents, spillage and explosions; sea dumping operations; oil production; mining; agriculture nutrients and pesticides; waste heat sources; and radioactive discharges are all sources of marine pollution. These land-based sources account for around 44% of all the pollutants in the oceans, while atmospheric toxins add an additional 33%. Ironically, only 12% of ocean pollution comes from activities at sea! In most cases, it is literally in our hands to prevent ocean pollution! » (Greenpeace)

« Ironiquement, seulement 12% de la pollution des océans provient des activités en mer ! » (Greenpeace)

Dans ces activités marines (production offshore, pêche, transport maritime, dégazages sauvages, …etc, la production deep offshore n’est qu’une minuscule partie, sûrement bien inférieure à 1%.

Il faut compléter par un mot de la pollution naturelle liée à la migration des hydrocarbures, phénomène important, mal connu du grand public et qui mérite quelques lignes d’explication. Depuis des millions d’année et sa formation dans les roches mères, le pétrole (et le gaz) migrent vers la surface. Une partie s’arrête dans des pièges stratigraphiques (avec une couverture étanche et constituent ainsi les gisements) l’autre partie (la majorité ?) remonte jusqu’au fond de l’océan ou la surface de la terre. On estime aujourd’hui à 12 000 Bbls /jour la quantité qui fuit au fond des mers. L’océan, depuis des millions d’années reçoit des hydrocarbures qui participent à la chaîne alimentaire en étant absorbés par des bactéries :

« En octobre 2003, une étude américaine publiée dans la revue Geo-Marine Letters a conclu que 53% des hydrocarbures qui entrent dans les océans sont issus des fuites naturelles de pétrole. Ces fuites totalisent 12000 barils par jour, l’équivalent de 0,01% de la consommation mondiale. »

«On pensait que les microbes sous-marins capables de digérer les hydrocarbures étaient rares, explique le biologiste Kenneth Lee, du ministère fédéral des Pêches et Océans. On s’est rendu compte que 95% d’entre eux sont trop sensibles pour être cultivés en laboratoire. C’est pour ça qu’on en avait peu identifié. Il semble que le pétrole est un nutriment important pour les océans.» (La Presse, Montreal)

 On retiendra donc :

« Ironiquement, seulement 12% de la pollution des océans provient des activités en mer ! »

Et moins de 1% pour la production pétrolière offshore…

Bien d’autres actions beaucoup plus importantes sont à mener avant de venir manifester à Pau contre Total. On le voit, dans ce domaine aussi les manifestants écolos se trompent de cible.

Ecoutons donc encore Greenpeace : « Nous pouvons arrêter une énorme partie de la pollution des océans sans quitter notre maison. La protection des océans commence à terre, parce que la majorité de la pollution vient de là. »

 

Daniel Sango

 

Crédit photo : Expédition 7éme continent