Paradoxe de la micro-économie individuelle et de la macro-économie nationale.

Les économistes politiques de la macro-économie et les dirigeants qui mènent notre monde, en France entre autres, affirment que la consommation des citoyens doit être sans cesse plus importante dans tous les domaines : alimentation, énergie, matériel technologique, produits industriels, transports internationaux….;

c’est essentiel pour la bonne tenue du PIB donc la santé du pays.

Même les morts sont exploitables financièrement ; dans Sud Ouest de mercredi 14 novembre on était déçu que le tourisme n’ait pas été très actif,… à la Toussaint !!!

L’excès en tout n’est plus un défaut mais une qualité républicaine !

Les scientifiques affirment que la bonne santé des citoyens ne peut être obtenue que par une sobriété généralisée et équilibrée dans tous les domaines. Une bonne santé est l’assurance d’une efficacité dans le travail.

Tout excès est générateur de troubles pathologiques.

Cette divergence de vue entre une conception (croyance) économico-politique et le domaine scientifique nous amène à poser une question qui, à première vue, semble complètement ridicule, tant la réponse paraît évidente.

Faut-il mieux être en bonne santé ou malade ?

Illustrons par quelques exemples de la vie actuelle :

Au niveau alimentaire :

+Le monde médical est formel, il convient de :

Réduire le bilan calorifique moyen actuel journalier, trop élevé.

Prendre le temps de manger, en famille, bien mastiquer pour aider l’estomac et l’intestin dans son travail de dissociation des nutriments.(intestin = 2 ème cerveau !)

Manger équilibré, donc de tout et modérément, de bonne qualité gustative et organoleptique, sans pesticides ni herbicides, donc bio de préférence.

Diminuer la consommation de viande (hormones et antibiotiques des élevages industriels), le sel, le sucre, donc bannir les plats industriels préparés, les aliments transformés, qui contiennent des additifs goûteux mais douteux, des perturbateurs endocriniens facteurs d’obésité et de multiples troubles de santé, cancers entre autres.

Privilégier les graisses végétales riches en acides gras insaturés…

Manger chaque jour, des fruits et des légumes, au minimum épluchés.

Surveiller son poids…

+Le monde économique est formel, il convient :

Pour faire marcher la production, le commerce, les profits, ..d’augmenter le bilan calorifique de chacun, la consommation de viande, de sel, de sucre, de graisse… La confirmation est spectaculaire dans la vision de l’étalement quantitatif et qualitatif des immenses et nombreux rayons des grands hypermarchés, dans les pubs associées. Ce sont, à portée des neurones et des mains, tout ce que le citoyen ne devrait pas consommer pour rester en bonne santé (règlement Reach). C’est le grand gaspillage des invendus… Les fast foods «obesicompatibles» ne sont souvent pas loin, les enfants adorent cela, leur organisme beaucoup moins ! Tout cela en réduisant le pouvoir d’achat !

Les gilets jaunes risquent de perturber les achats de Black Friday : catastrophe !

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB.

Au niveau mode de vie :

+Un équilibre familial est fondamental : qualité du logement dans une zone accessible avec un service public de proximité : école, commerce, médecin, infirmière, hôpital…., vie commune au moins au repas du soir, et la nuit ; temps pour surveiller l’éducation des enfants, l’aide aux parents âgés mais aussi pour un contact intergénérationnel afin d’établir un suivi historique de la famille, ses racines, l’identité donc, et de son environnement…

+L’adaptation au travail passant par la disponibilité, de jour comme de nuit, il faut être capable de se rendre à un emploi proche ou à des centaines de kilomètres ; la vie familiale explose ; on ne se voit plus, au mieux le soir tard, au retour, après des heures de galère dans les transports ; on arrive quand les enfants devraient se coucher ! Les séparations se multiplient, les enfants passent de l’un à l’autre, sans véritable éducation du fait que chaque parent cherche soit à ne plus s’occuper de sa progéniture, soit la couver pour se l’attacher. Dans les établissements scolaires, par classe, le nombre de jeunes vivant «normalement» avec leurs deux parents procréateurs, se comptent sur les doigts de la main.

Le midi, c’est le fastfood ou le sandwich, pris à la va-vite, assis sur une borne en regardant la montre.

C’est le stress permanent, la culpabilisation, la dépression, l’énervement allant jusqu’à la violence, la drogue pour se donner l’illusion d’être bien dans sa peau.

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB

Au niveau physique :

+L’épanouissement du corps tant au niveau anatomique, physiologique et psychologique, le bien-être en somme, passe par des exercices physiques variés, modérés, non compétitifs mais journaliers, pour brûler les calories en excès, entretenir son capital cardiovasculaire et respiratoire, acquérir des coordinations nouvelles et entretenir les anciennes au niveau cérébral.

+L’individualisme génère la compétition au niveau de l’entreprise, la recherche de valorisation auprès d’autrui, conduit à des comportements irresponsables dans le choix de la durée, de l’heure, de l’intensité, de l’adaptation à l’âge…, des joggings du week-end ; les urgences du dimanche le savent.

Au lieu de conduire les enfants à pied, en vélo ou en bus, on prend la voiture, c’est, parfois!, plus rapide et plus sécurisant ; on va chercher son pain industriel en voiture, l’exercice chez beaucoup de jeunes, et d’adultes, se réduit à tapoter sur l’ordi ou la tablette ou à regarder les matchs de foot à la télé.

La voiture est privilégiée, hélas par obligation souvent, il y en a plusieurs par famille, mais c’est bon pour le PIB (fabrication, consommation, réparation, renouvellement fréquent pour ne pas trop perdre.., aides de l’État). Infarctus, accidents circulatoires, diabète.., c’est bon pour les fabricants de médicaments.

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB

Au niveau éducatif et culturel :

+Apprendre le respect des autres, l’entraide, le pluralisme de notre société, c’est essentiel pour vivre ensemble apaisés ; il en est de même de la connaissance de son corps, des grandes connaissances en général (importance de l’école pour tous), des grandes orientations culturelles et l’esprit critique pour pouvoir comprendre et s’adapter au monde qui évolue et l’accompagner ou le combattre suivant ses orientations.

Apprendre le respect des choses en pratiquant la sobriété dans la consommation technologique. «Objets inanimés, avez-vous donc une âme» se demandait Lamartine !

Apprendre le respect des animaux et de la nature sans qui nous ne pourrions pas vivre.

+Le numérique énergivore délivre des informations à trier, la plupart n’en sont pas capables par manque de formation et de temps, d’où les conflits.

La compétition, la loi du plus fort, du plus beau, du plus riche, indispensable pour être les premiers de cordée, avoir un job, contribuent à considérer les autres comme des concurrents voire des ennemis à écarter, à éliminer même ! Les étrangers, les noirs, les juifs,…. mangent le pain des Français, certains ajoutent les femmes, les homos ! Jusqu’au jour, suivant la parabole de F. Raynaud, où il n’y a plus de boulangers pour faire notre pain ou d’éboueurs à Paris (P. Perret).

La culture, l’école… pour quoi faire ? Le numérique est là pour s’y substituer.

Ces constats expliquent toutes ces violences pathologiques généralisées.

Les choses, jetables par nécessité, pour en acheter d’autres, s’accumulent dans des décharges, sources de contamination minérales et bactériennes.

Les élevages industriels fournissent «des choses mangeables» sans intérêt gustatif, peu importe les conditions de vie, d’alimentation, de surveillance sanitaire, d’abattage ; les autres espèces sont considérées comme inutiles, voire nuisibles (pesticides), dans la biodiversité les pollinisateurs de raréfient. Les cours de SVT qui permettraient une tout autre approche, disparaissent.

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB.

Au niveau psychologique :

+Le sommeil en qualité et durée est prépondérant pour une bonne assimilation et récupération. Il faut prévoir dans la journée des pauses de relaxation, de détente, physique et psychique.

La curiosité, la reconnaissance du travail bien fait, l’encouragement, un milieu convivial où l’on comprend son rôle et où on est respecté, sont autant de facteurs de bonne santé et d’efficacité, de dévouement, dans la réussite de l’entreprise.

+Au lieu de cela,

La durée moyenne du sommeil réparateur a diminué, on va de plus en plus vers un travail du soir tard, de la nuit même, des jours fériés,

On ouvrira exceptionnellement tous les dimanches et jours fériés !

Le management aveugle, l’insécurité, le harcèlement, non seulement au travail mais à l’école, voire dans la famille parfois, est démotivant, déstructurant, mortifère même.

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB.

D’ailleurs la mauvaise santé est une source considérable de revenus, de créations de nombreux emplois, plus ou moins parasites: commerces de parapharmacie, de rajeunissement, d’amaigrissement..) au service d’un public souvent crédule.

Lutter contre les causes des pathologies fait perdre de l’argent, chercher à les guérir en rapportent !

C’est pourquoi, a posteriori, la mauvaise santé, la lutte contre le vieillissement, l’augmentation des capacités humaines, etc., préoccupent tant ; des profits considérables sont à réaliser mais de plus en plus inégalitairement ; qui pourra se payer les accompagnements personnalisés, ces opérations si complexes, l’aide des robots, de cette technologie merveilleuse permettant aux handicapés de pouvoir remarcher, courir, voire faire de l’escalade ?. Sûrement pas la Secu ! Allonger l’espérance de vie ? Merveilleux d’un côté, moins enthousiasmant de l’autre ; comment vivront ces «nouveaux jeunes» ? En allongeant la durée du travail et en robotisant encore plus ? Que deviendront les «nouveaux vieux», non rentables, embarrassants et coûteux pour les familles et la collectivité individualiste, «peu prêteuse, c’est là son moindre défaut», qui ne voudra ou ne pourra pas multiplier et entretenir des Ehpads.

Réfléchir avant d’agir !! Mais ce n’est pas tout !

Non seulement le citoyen est malade ainsi que la démocratie mais l’environnement planétaire aussi. Le monde financier, commercial, est malade, le climat est malade, l’atmosphère est malade, l’eau est malade, la mer est malade, la terre est malade, l’ensemble des êtres vivants est malade (biodiversité)..

et vogue la galère !

Personne n’ose évoquer le fondement de l’actualité brûlante qui résulte de cette distorsion entre la microéconomie des individus et la macro-économie dominante qui les asservi; les gros maux, politiquement incorrects, se nomment «capitalisme», devenu hypocritement plus acceptable sous les termes de «libéralisme» puis d’«économie de marché», politique devenue complètement débridée et dépassée par les pulsions addictives de la spéculation, de l’argent facile, de la puissance politique, favorisés par le numérique.

Bien que l’ex. chef d’État-Major des armées, dit Pierre de Villiers, prétende que la France ne se résume pas à la finance et au PIB,

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB.

Hélas !!

Signé Georges Vallet

crédits photos:https://www.foozine.com/…/12293-ce-nest-pas-un-signe-de-bonne-sante-mentale/

Attaché parlementaire, un vrai contrat de travail ?

imagesLes réactions en tous sens aux révélations concernant un candidat désigné à la prochaine élection présidentielle justifieraient, semble-t-il, quelques réflexions sur le contrat d’attaché parlementaire.

En premier lieu, il conviendrait de rappeler que la création de ce nouveau métier ne remonte qu’à 1975  par imitation d’une pratique américaine. Encore un mimétisme pour tout ce qui vient des Etats-Unis, comme les « primaires » d’ailleurs, dont la perpétuation risque d’être compromise après les résultats qu’elles viennent de donner.

L’idée n’était pas innocente car ses promoteurs se sont bien gardés de l’encadrer et quelques quarante ans plus tard on en découvre la perversité.

La première question qui vient à l’esprit est de se demander pourquoi les parlementaires ont besoin de collaborateurs.

Pour lire la presse en leur absence (ils la lisent sur leurs téléphones ou tablettes) pour les représenter dans certaines manifestations (clientélisme), pour leur correspondance (le service existe dans chaque assemblée)… il suffirait d’une personne pour répondre au téléphone d’une permanence pas forcement ouverte tous les jours, ce qui pourrait être la contribution d’un conjoint aux besoins du foyer.

Or, retenons que le budget accordé aux parlementaires serait de 9561 € mensuels pour les députés et de 7593 € pour les sénateurs.

Les charges patronales sont assurées par des fonds publics et c’est là un premier vice, puisque si le montant du salaire qu’il consent à son attaché ne coûte rien au parlementaire, il influera sur la retraite, l’indemnité de chômage, bref sur tous les droits qui en dépendent. Le système permet d’être généreux, puisqu’il ne coûte rien au parlementaire. Mais il obère les finances du pays.

Deuxième vice, en corrélation avec le précédent, la liberté d’employer son conjoint ou tout autre membre de sa famille et, pour dissimuler un tel choix, la possibilité d’embaucher le conjoint ou un proche d’un collègue en échange d’une réciprocité. C’est l’embauche croisée.

Il existe, certes, un semblant de modération puisque le salaire d’un proche ne peut excéder la moitié de la dotation du député et le tiers de celle du sénateur, ce qui n’est pas rien au regard des chiffres précités.

Poudre aux yeux, puisque l’embauche croisée entre collègues permet d’outrepasser la limitation.

Mais la farce vient de ce que le système n’a rien à voir avec un véritable contrat de travail dont le critère principal est la subordination du salarié.

Comment le conjoint, le proche, peut-il être subordonné à celui qui l’a choisi dans un intérêt familial et lui fournir un revenu ?

Imagine-t-on un député, un sénateur privant son ménage du salaire de son conjoint ou un proche de revenus substantiels ?

Et un contrat de travail, c’est un horaire, une activité précise.

Rien de tel pour l’attaché parlementaire qui peut même exercer une autre activité rémunératrice.

De fait, aucun contrôle.

Comme pour l’indemnité mensuelle de représentation du parlementaire utilisable sans justification et non imposable, c’est la gabegie.

Alors, quelle solution ? Mettre un terme au système :
– en interdisant l’embauche de conjoint, partenaire de vie, enfant, allié,
– en limitant l’emploi à quelques heures par semaines,
– en encadrant le salaire puisque l’État assure les cotisations patronales outre les prestations attachées à l’importance de la rémunération ,
– en obligeant à la publication de l’identité du salarié et…
– en prévoyant des sanctions pénales et  pécuniaires contre les contrevenants.

Mais qui osera le faire ? Sûrement pas ceux qui en bénéficient. Or, ils sont les seuls à détenir le pouvoir !

En fait, dans cette histoire comme dans d’autres tout ce qui est légal n’est pas forcément moral. Ce n’est pas de la corruption, mais ça s’en approche. Il en sera ainsi tant que la politique sera conçue comme une activité professionnelle, ce qui n’est pas le cas de toutes démocraties.

Pierre ESPOSITO
Avocat honoraire

Crédit photo : contact-avocat.com