Droit de réponse de Fête le Mur Pau

FLM_NEWLOGOSuite à l’article qui a été publié le 13 novembre 2016 nous souhaiterions avoir un droit de réponse à une vision bien restrictive de la fresque qui a été faite sur notre mur d’entraînement. Nous vous remercions par avance de publier l’article ci dessous qui permettra à monsieur Norbert K. de peut- être revoir son jugement et surtout d’éviter de faire partager des points de vue diffamatoires sur un quartier qui n’en a pas besoin.

L’association « Fête Le Mur Pau » souhaitait tout d’abord remercier Norbert K, auteur de l’article « Décryptage » pour la belle définition de l’action que porte l’association…à quelques nuances près…Oui la vocation de Fête Le Mur est bien d’aider les enfants des quartiers en difficulté à trouver leur place dans la société, leur transmettre des valeurs par le biais du sport, le tennis. Notre projet tente de valoriser aussi bien le volet sportif, éducatif, social et ouvrir les perspectives pour accompagner le projet de vie des enfants.

Cela passe, bien sûr, par l’acceptation de l’autre, le non jugement et l’ouverture d’esprit…ce qui a manqué, me semble-t-il à l’interprétation qui a été faite de la fresque.

Cette image, apposée sur le mur, provient  d’un dessin d’un jeune de l’association qui avait compris le sens de notre action. Le Parcours Fête Le Mur Pau est parti de la volonté d’une école de quartier, les 4 Coins du Monde et d’une école de Pau, Lapuyade qui souhaitaient mener un projet  porté par les enfants de divers milieux sociaux pour le partager avec un grand nombre de classes de l’agglomération paloise : Créer un jeu de piste éducatif et parlant de notre culture locale et se retrouver à travers l’activité tennis pour apprendre à se connaître.  Oui le cartable est présent  puisque les écoles sont nos partenaires et que Fête Le Mur Pau fait de l’accompagnement scolaire et de l’initiation tennis dans les écoles. Oui les perspectives deviennent plus grandes lorsqu’on dépasse les limites de son quartier. Oui le château de Pau prend tout son sens puisque la culture fait parti du monde éducatif dans lequel nous tentons d’apporter une pierre à l’édifice. Et Oui, veuillez nous pardonner, il nous arrive parfois de mettre notre casquette à l’envers pour mieux voir la balle lorsque elle est en l’air….et pour finir …OUI on peut aussi voir les choses autrement sans jugement surtout lorsqu’on parle d’action sociale tournée vers les jeunes  et éviter les a priori bien gratuits.

Pour conclure, NON Monsieur, le Parcours Fête Le Mur 2016 n’avait pas vocation à faire une révolution mais bien de rassembler…a priori nous n’avons pas croisé votre chemin au Parc Beaumont ou sur la place Clemenceau et c’est bien dommage car vous auriez pu voir qu’il faisait très beau ce jour là dans la tête de tous le monde !

Cordialement,

Anne Lise Bardet
Directrice

Décryptage

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Voici une fresque murale, peinte sur le mur d’entraînement du pôle de tennis de l’Ousse-des-Bois. Ce club est géré par la branche locale de l’association « Fête le mur » et permet aux jeunes de la cité de se former au tennis. Un petit panneau « PPP, ville de Pau », en haut et à gauche du mur, nous rappelle l’origine du financement des deux courts de tennis, du club-house, du mur et de la fresque : les contribuables palois.

Examinons cette fresque. On y voit un jeune garçon, ou un adolescent, qui a posé son cartable d’écolier contre le mur pour le troquer contre une raquette de tennis. Pourtant, il n’est pas habillé en joueur de tennis. Il porte des chaussures de ville et un jean. Il porte également une casquette. La casquette est mise à l’envers, comme la portaient les gangs new-yorkais puis les amateurs de hip-hop pour signifier leur rébellion face à l’ordre établi.

Le jeune homme semble courir vers le mur. Il tend le poing de la main gauche, dans un geste de défi qui n’a rien de tennistique. Devant son poing, le mur s’est largement ouvert, comme s’il avait été transpercé par le geste du garçon. Ce n’est pas la balle de tennis qui est responsable de cette fracture, puisqu’elle retombe mollement de ce côté du mur.

Derrière le mur, on aperçoit un panorama lumineux, avec au premier plan un ensemble de maisons aux toits d’ardoise, peut-être un château, et au loin les montagnes dans le ciel bleu : le centre ville de Pau, donc. Les maisons sont elles-mêmes entourées d’un mur de parpaings et les champs alentour sont clos par un grillage.

La symbolique de la fresque apparaît d’une grande simplicité : Écartons la raquette et la balle, qui manifestement ne sont là que comme prétexte, tant elles jurent avec les habits du garçon et son attitude. Nous avons devant nous un adolescent de la cité, rebelle, qui tend un poing menaçant contre les habitants du centre ville de Pau, chez qui il compte rentrer par effraction, après avoir détruit les différents obstacles qui se dressent sur sa route.

L’association fête le mur a pour devise « le tennis contre l’exclusion », un but certainement tout à fait louable. Hélas, l’objet de la fresque peinte sur le mur d’entrainement est d’une toute autre nature. Loin de porter un message de solidarité entre tous les Palois, entre ceux qui ont financé le pôle de tennis et ceux qui l’utilisent, cette fresque constitue en fait un appel à la haine. Les enfants qui s’entraînent devant ce mur toutes les semaines, contemplent un de leurs pairs, magnifié par la fresque, en train de défier et menacer les « bourgeois » de Pau. Gageons que ces enfants comprennent très bien le message qui leur est ainsi délivré.

Merci à la municipalité de Pau pour cette très saine utilisation des deniers publics.

Norbert K.