Labazée et Lasserre : zéro en mathématiques !

Lasserre Labazée  Depuis quelques semaines, les media locaux diffusent des messages alarmistes des élus sur les problèmes financiers du Conseil Départemental. Ce débat est typique du scandale qui règne dans notre mille feuille territorial : gabegie financière, mensonges des élus, laisser-faire de l’opposition, myopie des média. Jusqu’à quand ?

Ainsi donc, il aurait fallu un audit financier des finances du Conseil Départemental pour que nos élus se rendent enfin compte qu’il existait un problème ! Messieurs Brisson et Lasserre se moquent des citoyens !

Avant d’aller plus loin, et pour clarifier le problème, je vous engage, en cliquant sur le lien ci après a relire ce qu’on pouvait lire sur Alternatives Pyrénées le 21 février 2014 « G Labazée : zéro en mathématiques ! «  La présentation des orientations budgétaires 2014 faite par G Labazée ont été un tissu de mensonges contredits par les chiffres mêmes qu’il annonçait, et aucun Conseiller Général ne pouvait le croire tellement c’était évident, même pour quelqu’un qui n’a aucune formation comptable. J’écrivais :

« dans très peu de temps le Conseil Général sera en faillite car il faut bien se rendre compte que le déséquilibre budgétaire est très important par rapport aux possibilités de recettes, d’autant qu’en plus, la tendance à l’endettement est à la hausse : 45 M€ empruntés l’an dernier, 75 M€ en 2014 ! Il est regrettable que les média locaux ne jouent pas leur rôle de contre-pouvoir en débattant de ces anomalies. A cause de ce manque d’information, les citoyens, déjà profondément endormis, font de beaux rêves à la place du cauchemar de la réalité. »

Aujourd’hui donc JJ Lasserre, et M Brisson ne s’étaient rendu compte de rien… Il faut dire qu’on ne peut à la fois vouloir être sénateur et Président du Conseil Départemental, mais cela est un autre scandale. Pourtant, en plus de l’évolution catastrophique de l’endettement, tous les élus ont eu des informations sur l’évolution du déséquilibre grave des finances.

 Année Recettes de Fonctionnement       (en M€) Dépenses de Fonctionnement       (en M€) Epargne brute(en M€)
2010 618,34 500,03 118,31
2011 649,32 522,00 127,32
2012 650,11 553,26 96,85
2013 655,83 567,93 87,91
Prévisions 2014 675 609 66
Prévisions OB 2015 650 610 40

Extrait de « Bilan de la mandature socialiste »

On voit bien l’effet ciseau dû a l’augmentation énorme des coûts de fonctionnement + 22 % face a une augmentation des recettes, normale, + 5,2 % et donc l’effondrement de l’épargne brute. Le remboursement du capital de la dette étant de 26,8 millions d’euro pour 2015, l’épargne nette est de seulement 13,2 millions d’euro.

Dans le même temps, alors que la capacité de désendettement s’effondre, le montant de la dette passe de 164 millions d’euro à 420 millions d’euro !

Et, plus grave, ils n’auraient aucune solution sérieuse pour redresser les finances calamiteuses du Conseil Départemental…. Et nos média les croient …

« Finances du Département : un audit alarmiste

Max Brisson et Jean-Jacques Lasserre ont taclé chacun à leur façon la gestion de l’exécutif socialiste. Mais leur marge restera très étroite pour redresser les finances départementales. » (Nicolas Sabathier) (Site Internet La Rep )

Leurs premières propositions sont celles des très mauvais gestionnaires et typiques de nos élus incompétents et pleutres : on supprime ou on diffère des investissements !

Alors que dans le vrai monde économique, quand on veut redresser une entité, une entreprise en difficulté on diminue en priorité les coûts de fonctionnement et ce n’est qu’en dernière limite qu’on diffère les investissements…les moins importants. Mais pour cela il faut du courage… Et là n’y comptez pas !

Pourtant, c’est d’une simplicité enfantine de redresser les comptes du Conseil Départemental. Quelques exemples à l’usage de nos élus et des média locaux, pour un débat plus riche.

Diminuer la masse salariale qui a augmenté de manière injustifiable ces dernières années

 La masse salariale du Conseil Départemental a augmenté de 30 % depuis 2009 !

2009: 82,8 M€ 2010: 87,1 M€ 2011: 93,4 M€ 2012: 96,8 M€ 2013: 102 M€ 2014: 107 M€* (*estimation)

Proposition : revenir au niveau de 2010. Economie récurrente : 20 millions d’euro par an. Et la diminution doit continuer ensuite, avec celle de l’absentéisme.

Recentrer les dépenses du Conseil Départemental sur ses seules compétences obligatoires

C’est bien connu, notre mille feuille territorial est une gabegie car tout le monde s’occupe de tout grâce à la clause de compétence générale.

Sans rentrer dans le détail, les compétences attribuées au Conseil Départemental sont : l’action sanitaire et sociale (le gros morceau) les collèges, la gestion des routes (départementales) et le transport scolaire, l’aménagement durable du territoire, les services incendies, une partie culturelle ( les archives, certains musées).

Mais le CD se mêle de beaucoup d’autres choses, avec des Directions, et Services qui utilisent du personnel. Par exemple :

– Le CD dépense environ 19,2 millions d’euro (dont 8,2 millions en fonctionnement !) sous une rubrique développement économique alors que cette compétence est celle de la Région, et du bloc communal. Une économie immédiate est possible.

– Le CD redistribue des aides aux communes. C’est un peu comme pour l’aide à l’économie une distribution de chacun des Conseillers Départementaux vers son territoire qui est en fait un outil électoraliste.

– Le CD est propriétaire des stations de ski de Gourette et La Pierre Saint Martin. Un arrêt immédiat des subventions d’équilibre constitue une économie immédiate de 2 millions d’euro par an, sans compter l’arrêt des investissements inutiles dont la reconstruction du télésiège de Gourette (14 millions d’euro).

– Le CD subventionne tous azimuts pour faire sa publicité (subvention des clubs professionnels du département ) ou par but électoraliste (Stade du Hameau de Pau pour les professionnels du rugby…et faire plaisir à « André » Bayrou, montant 3,7 millions d’euro).

– Même dans son domaine de compétence, les investissements du CD sont à revoir. Un exemple typique est la construction de la nouvelle route au Nord de Pau, appelée « Hauban de Sauvagnon » totalement inutile, et pire, destructrice de la plaine agricole une des plus fertile de France. Coût, environ 12 millions d’euro. Bon là on pourrait même ne pas faire cette économie et investir à la place dans deux maisons de retraite, bien plus utiles…

– Le CD a lancé la construction de « Maisons du Département » avec embauche de personnel inutile (économie inconnue car pas de chiffres disponibles clairs).

– etc.

On voit qu’il est très facile d’économiser au moins 50 millions d’euro par an, mais il faut du courage, qualité inconnue de nos élus.

D’ailleurs, il serait bien plus intelligent que le CD demande une vrai étude de réduction des coûts a un des nombreux cabinet compétent qui travaillent pour l’industrie mondiale, les résultats seraient tonitruants !

Un dernier point, JJ Lasserre s’était personnellement engagé par un courriel à AP a publier sur le site du CD64 les budgets (M 52) et les Comptes Administratifs. Toujours rien ! voir « Transparence : brouillard tenace sur le Béarn ! »

Lorsqu’on aura ces documents, on pourra sans doute suggérer encore de très nombreuses économies…

 par Daniel Sango

G. Labazée : zéro en mathématiques !

manip  

    Nos politiques, à tous les échelons de notre invraisemblable millefeuille orientent leur communication, ne montrant que le côté avantageux de leur action. Les campagnes électorales évitent le sujet des équilibres financiers alors qu’ils sont aujourd’hui mauvais. On parle toujours de ce que l’on va dépenser, mais jamais de la façon dont on va le financer, et ne parlons pas du cancer des coûts de fonctionnement générés par chaque nouvel investissement ! Une illustration parlante par le Président du Conseil Général et ses orientations budgétaires 2014.

« Et bien oui, sans effets d’annonce, je peux dire que nous sommes fiers de ce que nous faisons pour le Département des Pyrénées-Atlantiques et que nos successeurs pourront prendre modèle sur nous, d’autant que nous le faisons sans augmentation de la fiscalité, ce qui est signe d’une excellente maîtrise par les services et les élus et en particulier le Vice-Président en charge des Finances. »

C’est ainsi que s’exprimait Georges Labazée Président du Conseil Général en présentant les orientations budgétaires 2014 du Conseil Général devant ses pairs le 13 février dernier. Comment est-il possible de tenir un tel discours mensonger dans une période ou chaque élu, à chaque échelon de notre invraisemblable millefeuille a une responsabilité dans la faillite de notre pays ? Ce qui est plus grave c’est que pas un seul journaliste ne relève cette supercherie pour informer les citoyens.

Premier mensonge, véniel mais pernicieux. Vos impôts locaux vont bien augmenter, car si le taux du Conseil Général reste identique, la base d’imposition sera augmentée automatiquement entraînant une hausse de l’ordre de 2% des impôts locaux, comme chaque année…

Le second mensonge est un vrai mensonge car les droits de mutations allant au Conseil Général vont augmenter de 18,4% (pas mal !) passant de 3,8 à 4,5%. Il faut rajouter que rien n’obligeait le département des PA à procéder à cette augmentation. Rien ne l’obligeait non plus à le voter pour 2014 beaucoup de départements ne l’ont pas encore fait (la hausse interviendra alors en 2015 ou pas du tout) Les droits de mutation rapportent entre 80 et 90 millions d’euro au CG, ce sera donc une augmentation de 15 millions d’euro des impôts (Le CG en percevant une grande partie le reste allant au fond de péréquation qui harmonise les recettes entre les départements plus ou moins « riches »)

Le troisième mensonge, le plus gros, le plus dangereux est le mensonge favori de nos « boni menteurs » qui conduit la France à la faillite.

Le Conseil Général empruntera 75 millions d’euro pour équilibrer son budget 2014. Mais monsieur Labazée, c’est quoi ces 75 millions d’euro ?

Ce sont nos impôts supplémentaires, différés, pour les dix ans à venir ! Et ce seront finalement près de 90 millions d’euro d’impôts supplémentaires qu’il faudra bien débourser. Et ceci sans compter les 45 M€ empruntés en 2013 qui seront 52 millions d’euro d’impôts supplémentaires.

Il y eut quand même une voix pour critiquer cet endettement irresponsable, mais votre réponse fut que le département des PA n’est pas plus endetté que les autres… C’est avec cet argument scandaleux que la France est aujourd’hui en faillite après trente années de gabegie où elle n’était pas plus endettée que l’Espagne ou l’Italie. Cette situation est d’autant plus insupportable que le cancer est toujours le même, dénoncé mille fois : coûts de fonctionnement, augmentation du nombre des fonctionnaires et donc de la masse salariale. Voici son évolution ces dernières années:

2009: 82,8 M€   2010: 87,1 M€   2011: 93,4 M€   2012: 96,8 M€   2013: 102  M€   2014: 110  M€*  (*estimation)

Soit une augmentation de 33% depuis 2009 !

En France, l’augmentation de la productivité est de l’ordre de 1% par an ce qui veut dire que le Conseil Général devrait supprimer 25 postes par an rien que par le simple effet de l’augmentation de la productivité. On voit donc la distorsion gigantesque et inadmissible.

G. Labazée, probablement sur le mode humoristique affirme :

« En parallèle, nous réalisons également des économies grâce à une gestion serrée en matière d’emploi, des ressources humaines et des frais de fonctionnement. Nous avons embauché 150 agents en 3 ans, y compris des titularisations de personnels précaires. 75 agents de l’État ont également été transférés au département. Le nombre de 2 500 agents du Département ne devrait plus bouger. »

Formidable, il réalise des économies en dépensant plus ! Décidément, G. Labazée mérite bien zéro en mathématiques !

Ce qui est encore plus extraordinaire, c’est que le Conseil Général emprunte pour dépenser de l’argent dans des domaines qui ne sont pas de sa compétence. C’est le deuxième cancer de notre millefeuille: la « clause de compétence générale » qui permet à tous de s’occuper de tout. Ainsi, le Conseil Général finance :

– le développement économique (4,8% de son budget soit 40 M€) alors que c’est la Région qui a cette compétence avec les intercommunalités et les communes

– les clubs sportifs professionnels

– les événements culturels hors de sa compétence

– les stations de ski

– les associations (environ 1500 associations subventionnées)

– …etc.

Il faut aussi citer les magnifiques voyages d’étude comme le récent voyage d’une importante délégation du Conseil Général en Argentine pour visiter la réserve tropicale d’Iguazù qui a, c’est une évidence, de nombreux points communs avec le Parc National des Pyrénées!  ( « Indignez vous! » AP du 22/4/2013) et les rencontres de la coopération décentralisées franco argentines alternativement à Buenos Aires et Biarritz ( « Tango à gogo au Conseil Général » AP du 19/11/2012)

« Et bien oui, sans effets d’annonce, je peux dire que nous sommes fiers de ce que nous faisons pour le Département des Pyrénées-Atlantiques et que nos successeurs pourront prendre modèle sur nous,… »

Oui, s’il continue et si ses successeurs prennent modèle sur lui, dans très peu de temps le Conseil Général sera en faillite car il faut bien se rendre compte que le déséquilibre budgétaire est très important par rapport aux possibilités de recettes, d’autant qu’en plus, la tendance à l’endettement est à la hausse: 45 M€ emprunté l’an dernier, 75 M€ en 2014 !

Il est regrettable que les média locaux ne jouent pas leur rôle de contre-pouvoir en débattant de ces anomalies. A cause de ce manque d’information, les citoyens, déjà profondément endormis, font de beaux rêves à la place du cauchemar de la réalité.

Quand les citoyens s’éveilleront…

   – par Daniel Sango