A Pau, Bayrou An 1 Jour 1

Mairie pau

Ambiance et discours dans le premier conseil municipal palois de l’ère Bayrou – L’intervention incongrue d’Olivier Dartigolles. Le nouveau Maire de Pau, François Bayrou, s’est installé dans la bonne humeur, porté par des centaines de Palois venus célébrer ce moment important de la vie communautaire. L’air du changement, déjà ressenti pendant la campagne, était clairement présent dans la salle du conseil municipal, sous l’œil bienveillant de Nouste Henric. Puis vint le temps des discours, ceux attendus du nouveau Maire et du chef de l’opposition, et celui, plus incongru, d’Olivier Dartigolles.

Peu avant l’entrée des conseillers municipaux, la salle bruissait de murmures. Des têtes connues, délégués, responsables de services, apparaissaient peut-être pour la dernière fois dans leur fonction. Dans cette ambiance de fin de règne, dans l’assistance, un sympathisant de l’ancienne majorité discutait avec un adjoint sortant bien connu et demandait en désignant un directeur de services : « celui-là, il est chez-nous ? » ; et l’autre de répondre : « Oui, c’est (son nom) », puis après quelques secondes de silence méditatif, le premier d’ajouter avec l’air de celui qui sait : « il va y avoir du nettoyage… ».

Les conseilleurs de l’opposition entrèrent les premiers, et vinrent s’installer sans hésitation dans l’ordre exact du classement de la liste, David Habib en tête. Dans un contraste saisissant, ceux de la nouvelle majorité arrivèrent en ordre dispersé, pour ne pas dire dans le plus grand désordre, s’asseyant sans hiérarchie bien précise, tout en laissant quand même au nouveau futur Maire la place la plus proche de l’escalier menant à l’estrade municipale. Le public suivit, finissant de remplir debout les moindres interstices d’une salle qui s’apprêtait à vivre un moment historique. Les nombreux journalistes complétaient ce tableau dans une forêt mouvante de caméras, trépieds et appareils photos.

On retiendra peu de choses du discours introductif de Michèle Etcheverry, que l’on sentait empreinte d’émotion, et probablement un peu dépassée par la solennité du moment. On passa vite à l’élection du Maire, et à l’arrivée sur le siège souverain du 44ème Maire de Pau. Empreint d’une émotion et d’une fierté non feintes, François Bayrou témoigna de son bonheur et de l’honneur qui lui était fait après un parcours personnel marqué par des défaites qui ne furent cependant jamais des déshonneurs. Après avoir rappelé le provincial qu’était ce jeune garçon arrivé de Bordères, cité Kipling dans If, Il rendit un hommage vibrant à ces deux grands Maires disparus que furent Louis Sallenave et André Labarrère. D’Yves Urieta et Martine Lignières-Cassou, il cita les réalisations qu’étaient la médiathèque et le stade nautique, notant laconiquement que cette dernière réalisation faisait dorénavant partie de la ville de Pau. Le nouveau Maire, reconnaissant, rendit hommage à son équipe, et magnanime, souhaita à l’opposition de jouer un rôle constructif pour le meilleur de cette ville. Une longue ovation d’applaudissements suivit, qui fut même un bref instant suivie par le conseiller de l’opposition Jean-François Maison, avant que les regards inquisiteurs et insistants de ses colistiers ne l’incitassent à reprendre la station immobile.

Ce fut le moment de l’opposition et de David Habib, dans un discours un peu convenu dans lequel il était de bon ton de souhaiter le meilleur pour Pau et le nouveau Maire. Ce discours poli et qu’on sentait un peu obligé, décelait quand même quelques piques à l’attention du nouveau maire. Ainsi, après avoir rappelé que si l’un était monté de Bordères, lui l’était aussi de Mourenx, et il souligna le caractère « grandiloquent » du discours de François Bayrou. Il conclua finalement en expliquant qu’ils seraient vigilants à la gestion de la ville. On sentait que si les circonstances poussaient à l’acclamation réelle ou feinte du nouveau maire, les blessures et déceptions de la campagne étaient, elles, toujours là.

La surprise fut alors d’entendre Olivier Dartigolles prendre la parole ; non qu’il n’en eut pas le droit, mais on ne comprit pas à quel titre il le fit. Si c’est en tant que membre de l’opposition, la préséance eût voulu que la numéro deux de la liste, Nathalie Larradet se chargeât de cette tâche. Il faut donc supposer que c’était en tant que chef de la liste « une ville pour nos vies », auquel cas on peut se poser la question de la légitimité d’une équipe éliminée au premier tour et qui arriva en cinquième position, après celle de Georges de Pachtère (FN) et d’Eurydice Bled (EELV). Faut-il en effet rappeler que la présence de M. Dartigolles au conseil municipal est due à un accord de cuisine électoraliste conclu entre les deux tours de l’élection, et auquel Mme Bled, qui jugeait que ses valeurs valaient plus qu’un poste de conseiller municipal, refusa de participer ? Ceci n’aurait pas été très grave finalement si le communiste s’en était tenu à l’exercice classique des félicitations feintes agrémenté éventuellement d’une ou deux piques subtiles, mais de subtilité il n’avait point, et il décida que ses 5% du premier tour valaient mieux que cela. Il se lança alors dans un discours politique dont on retint que l’élection était ternie par le fort taux d’abstention, et, qu’entre autres maux dont il fallait se méfier, celui du racisme était bien le pire. Après avoir, durant la campagne, décrété un  monopole sur le cœur (le cœur de la gauche et la gauche du cœur), M. Dartigolles essayait donc de nous faire croire qu’il avait la solution pour mobiliser les abstentionnistes, pour juguler le racisme et promouvoir les droits de l’homme. Rien de moins. M. Dartigolles, moins que quiconque, a des réponses à ses questions, et les conditions de sa présence au conseil municipal, qui doivent moins à son (piètre) résultat qu’à son habileté à négocier, auraient dû l’inciter à plus d’humilité.

Cet épisode toutefois, ne fut pas de nature à ternir les sentiments joyeux qui se dégageaient de ce premier conseil municipal. Après l’élection des adjoints et la désignation des responsabilités, c’est dans une ambiance bon enfant que les conseillers, journalistes, sympathisants et spectateurs se mêlèrent, ne quittant que lentement la salle, comme si personne ne voulait refermer ce moment historique pour la ville. C’est le début d’une nouvelle ère que l’on espère féconde. L’ère Bayrou An 1.

Par Emmanuel Pène

Twitter @epene64

Georges De Pachtère (FN) signe le « Pacte des Nouvelles Pratiques Municipales » d’Alternatives Pyrénées

DSCF1394Après Medhi Jabrane, Olivier Dartigolles, c’est au tour de Georges De Pachtère de signer le deuxième « Pacte des Nouvelles Pratiques Municipales » proposé aux candidats à l’élection municipale de Pau.

Une signature qui parait tout à fait normale pour le candidat du FN qui serait allé bien plus loin en matière de transparence notamment en y incluant une demande d’informations sur les rémunération des élus et de leur cabinet.

Une signature recueillie en présence de Michèle Henriot, Georges de Pachtère et Pierre Esposito pour le Front National et d’Hélène Lafon, Joël Braud et Bernard Boutin pour Alternatives Pyrénées.

Pau, Municipales 2014 : la chronique 8 – Habib n’a plus le monopole de l’économie

2014-01-11 11.32.13La fin d’une mandature médiocre – Les caciques du PS – Rififi à l’UMP national -Urieta résiste – Bayrou met fin au monopole Habib sur l’économie – Dartigolles peut-il créer la surprise ? – Le Front national sort du bosquet. La campagne municipale paloise vue et analysée par Emmanuel Pène dans une chronique sans langue de bois.

La fin d’une mandature médiocre

Alors qu’un nouveau sondage vient confirmer une légère avance pour François Bayrou, mais aussi une élection très serrée, on a vu jeudi se tenir le dernier conseil municipal de Mme la Maire Martine Lignières-Cassou. Un conseil municipal « teinté d’émotion » pour l’équipe sortante, mais qui apparaît aussi aux yeux de beaucoup de Palois comme la fin d’un chapitre médiocre pour la ville, ce qu’a confirmé d’ailleurs le même sondage CSA en décernant à la mandature sortante la pire note des villes sondées.

Les caciques du PS

Entre les deux candidats favoris, la compétition est féroce et s’intensifie mais elle ne reste pas circonscrite à Pau et à son agglomération ; on l’a vu la semaine dernière avec le rassemblement de plusieurs dizaines de têtes de listes et d’élus socialistes du bassin de l’Adour, venus soutenir David Habib. Un rassemblement sensé donner un poids politique aux projets du candidat socialiste, mais il n’est pas certain qu’un attroupement bigarré de caciques dont beaucoup sont adeptes du cumul des mandats soit de nature à apporter une quelconque dynamique à sa campagne.

Rififi à l’UMP national

François Bayrou, lui, a fait l’objet d’une « motion de méfiance »  de la part de jean-François Copé, celui-ci répondant à une question d’un journaliste qu’il ne soutenait « pas vraiment » le centriste. Une déclaration qui a fait son effet dans le Landerneau politicien palois, mais qui a été assez vite contrée par un franc support de plusieurs personnalités UMP, Jean-Claude Gaudin, Jean-Pierre Raffarin, et surtout Alain Juppé qui sera présent à Pau le 8 mars pour soutenir le Béarnais. Il est vrai, il ne faut pas le nier, qu’une partie des sympathisants UMP a du mal à accepter le ralliement de leur parti à François Bayrou. Iront-ils pour autant voter pour un candidat produit du même appareil politique que le Président qu’ils abhorrent ? On a du mal à le croire, mais après tout, ne dit-on pas qu’on a la droite la plus bête du monde ?

La résistance d’Urieta

Une partie de la réponse est peut-être contenue dans le dernier sondage CSA dont un des faits marquants est la résistance d’Yves Urieta qui, avec 14% d’intentions de vote au premier tour, met fin à l’érosion que les précédents sondages ont mis en évidence. Une partie de la droite se reporterait vers l’ancien Maire, sans doute par reconnaissance de son engagement passé auprès de Nicolas Sarkozy, ou par rancune à l’égard de François Bayrou. Le score d’Yves Urieta, et sa capacité de résistance au second tour constituent toujours l’inconnue et peut-être la clé de ce scrutin. Un Yves Urieta dont les propositions manquent pourtant singulièrement d’ambition et d’originalité.

Ainsi, à la lecture de ses propositions pour « redynamiser l’économie », on pouvait s’attendre à quelques mesures exceptionnelles. Au lieu de cela, il s’agit « d’amener du monde en ville pour faire marcher l’économie »,  la « gratuité du parking le mercredi après-midi et le samedi» ou encore de « revoir tout le plan de circulation à l’échelle de l’Agglo ». Quand la banalité concourt avec les déclarations de bonnes intentions…

Les enjeux économiques et la contre-offensive de Bayrou

L’économie semble être le sujet du moment, d’abord largement exploitée par David Habib qui s’est positionné très tôt sur ce créneau sur lequel il pense avoir quelque atout. Un David Habib, aux propositions économiques nombreuses et ambitieuses en apparence, mais aussi marquées par une complexité et une inspiration technocratique qui font douter de l’efficacité de mesures à l’allure « d’usines à gaz ». En tout cas, ce monopole de l’initiative et du management économique auquel le candidat socialiste voulait prétendre a été cette fin de semaine battu en brêche par les propositions du candidat Bayrou en la matière ; des propositions dont l’ambition est au moins aussi grande que celles de David Habib, mais qui paraissent aussi plus concrètes dans leur application et plus modernes dans leur contenu. C’est un sujet qui sera largement développé dans un prochain article.

En tout cas, il semblerait que David Habib soit gagné par la folie des grandeurs, comme en témoignent ses « 28 propositions pour le logement». On espère qu’en cas d’élection, il sera bien secondé, car on imagine l’armée de collaborateurs, fonctionnaires et missionnés nécessaires pour mener à bien autant de projets. On est bien là dans l’habitude socialiste marquée par l’omniprésence de la puissance publique qui veut tout faire, et par le manque de confiance dans l’initiative privée.

Olivier Dartigolles peut-il créer la surprise ?

A gauche, le patron de Mourenx a un concurrent dont on parle peu, mais qui fait une bonne campagne, Olivier Dartigolles. Idées simples, humilité, contact quotidien avec le « peuple de gauche » ; en somme en opposition de style par rapport au manager économique Habib et à ses collaborateurs plus « bobos » que « prolos ». Bien que la présence au second tour n’ait pas été abordée par les instituts de sondage (et on se demande pourquoi ?), Olivier Dartigolles et son front de gauche pourrait constituer la surprise inattendue de ce scrutin en dépassant les 10% ; ce qui laisse augurer de discussions intéressantes pour le deuxième tour, et surtout d’un virage forcé très à gauche qui sera sans doute moins du goût des méchants patrons spoliateurs séduits par David Habib.

Le Front national se dévoile mais ne s’assume pas

De même, le Front national a commencé à faire parler de lui – il était temps -, ne brillant pas par sa présence aux halles et dans les rues paloises, mais par presse interposée. Les propositions du Front national pour la ville sont toutefois décevantes pour un parti qui nous avait plus habitués à des positions plus iconoclastes et parfois même à des bonnes idées. Le programme de Georges de Pachtère est marqué par une prudence, voire un malthusianisme assumés. On est étonné au passage que les thématiques traditionnelles du Front national (immigration, sécurité, patriotisme, ..) ne soient pas plus mises en avant. Enfin, que dire d’une liste qui n’ose pas dévoiler les noms de ses colistiers ?

Bayrou en biarnés

On terminera cette chronique par un sujet qui me tient à cœur : la langue béarnaise. Après un carnaval biarnés réussi qui a dignement animé les rues paloises, on ne peut s’empêcher de penser à l’identité béarnaise de Pau. On sait que le sujet tient à cœur de François Bayrou, ce qu’il nous confirme dans une interview où non content de parler béarnais, il en récite même quelques vers. Un peu de poésie dans ce monde de brutes… Pau en a bien besoin..

Adixat !

IMPORTANT : Cette chronique est écrite par son auteur en son nom et n’engage nullement l’association Alternatives-paloises.com

– Par Emmanuel Pène
(2 mars 2014)

 

Retrouvez les précédentes chroniques :

http://alternatives-pyrenees.com/2014/02/16/pau-municipales-2014-la-chronique-7-cohesion-et-leadership/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/02/08/pau-municipales-2014-la-chronique-6-la-ville-la-plus-pauvre-daquitaine/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/02/01/pau-municipales-2014-la-chronique-vers-la-fin-du-bus-tram/

Pau, Municipales 2014 : la chronique (5) – vers la fin du bus-tram ?

2014-02-01 11.23.41Bayrou en tête dans un sondage – Habib ne veut-il plus du bus-tram ? – Bayrou et son plan de circulation – Urieta et les bus électriques – Dartigolles et l’école.  les listes d’Habib et Urieta. La campagne municipale paloise vue et analysée par Emmanuel Pène dans une chronique sans langue de bois.

 

Le sondage qui donne Bayrou en tête

sondage pau jan 2014
Crédit Pau Municipales Asnaro https://www.facebook.com/xavier.asnaro

Le sondage Ifop paru en début de semaine a été largement commenté dans les locaux de campagnes palois. Il faut dire que c’est le premier qui donne François Bayrou en tête, au premier, et au second tour, que ce soit en situation de duel ou de triangulaire. De ce sondage, qui n’est, rappelons-le, qu’une photo à un instant t de l’opinion avec une marge d’erreur, donne toutefois quelques enseignements.

D’abord, il confirme que le duel Bayrou – Habib a tendance à éclipser les autres candidats. On le voit clairement avec Yves Urieta, dont les intentions de vote semblent se tasser, distancé de plus de 14 points par David Habib. Il nous apprend aussi que la stratégie de François Bayrou de rapprochement avec la liste UMP d’Eric Saubatte semble porter ses fruits, et mobiliser relativement bien une opposition de droite qui est pourtant toujours méfiante à son égard. Au niveau des autres candidats, on remarque le score relativement élevé d’Olivier Dartigolles, qui fait une bonne campagne, et le score moyen du Front national de Georges de Pachtère, qui paie là certainement son manque d’ancrage local et surtout la quasi inexistence d’une campagne de terrain.

Au second tour, il est notable que François Bayrou l’emporterait largement en cas de duel (53% contre 47% à David Habib), tandis qu’en cas de triangulaire avec Yves Urieta, les scores seraient beaucoup plus serrés (42% contre 40%). De ceci, on peut en déduire que ceux qui votent Urieta au premier tour, voteraient majoritairement en faveur de François Bayrou, en cas d’absence de leur champion au second tour.

Mais une hypothèse non testée nous parait aussi plausible, c’est celle du maintien au second tour de Georges de Pachtère, si tant est que celui-ci arrive à un score suffisant. Dans ce cas, et si Yves Urieta est lui aussi qualifié, la quadrangulaire qui en résulterait serait certainement une configuration beaucoup moins favorable au responsable du Modem.

David Habib présente l’intégralité de sa liste

On connait donc désormais l’intégralité de la liste de David Habib. Celle-ci a déjà été largement décrite et commentée (voir site infographie la Rep). Quelle est l’impression générale ? D’abord celle d’un renouvellement confirmé, avec seulement 12 sortants qui sont repris dans la liste, et pas obligatoirement aux meilleures places ; Il y a certes des fidèles de David Habib, comme Patrice Manuel (5è) ou Jérôme Marbot (13è), mais aussi des citoyennes non encartés comme Nathalie Larradet (2è) ou encore Charline Claveau-Abbadie (6è) 28 ans, qui apporteront sans doute en plus de leur fraîcheur une fidélité sans faille à celui qui les a promues.

Une belle liste de 46 ans de moyenne, certes, mais qui est largement composée de personnes payées par l’Etat, les collectivités locales ou les organismes para-publics, ou retraités de ces institutions, soit 18 sur 49 ; avec une hyper-représentation des fonctionnaires ou retraités de l’éducation nationale qui comptent à eux seuls 7 représentants.

Eurydice Bled ne veut pas d’Yves Urieta

La candidate écologiste, qui a un peu de mal à exister entre Olivier Dartigolles et David Habib, a posé les « bases d’un dialogue avec le parti socialiste palois ». outre un discours sans surprise malthusien visant par exemple à critiquer les infrastructures de transport ou les grands investissements publics, on apprend surtout qu’une éventuelle alliance de David Habib avec Yves Urieta ne serait pas du goût des militants écologistes. Olivier Dartigolles ayant lui aussi agité ce chiffon rouge, David Habib risque d’avoir bien du mal à rassembler sur ses deux ailes en cas de duel avec François Bayrou au second tour.

Yves Urieta et les commerçants

Yves Urieta a dévoilé 15 nouveaux colistiers, et on remarque la proportion importante de chefs d’entreprises, commerçants ou anciens commerçants, ce qui dénote une volonté du candidat de se positionner sur cet électorat réputé influent. Mais on attend ses propositions pour redynamiser le commerce, qu’on espère plus ambitieuses que la création d’un abonnement stationnement pour les commerçants.

Une nouvelle liste 100% citoyenne

La chronique a eu la confirmation qu’une liste 100% citoyenne, c’est-à-dire sans professionnels de la politique ni encartés à un parti politique, était en cours de constitution et bien avancée. On leur souhaite bonne chance et bienvenue dans cet univers impitoyable de la politique…

Bayrou : un plan de circulation ambitieux

Sur le fond, François Bayrou a annoncé ses propositions en matière de plan de circulation, et celles-ci sont intéressantes. Il fait d’abord le constat, largement partagé par la population, que les aberrations du plan actuel n’aboutissaient qu’à une désertion du centre-ville par tous ses usagers.

La proposition la plus emblématique est sans doute la création d’un « ring » (anneau), autour de l’hyper-centre, permettant la circulation facilitée des véhicules, et l’accès aux parkings. Par des aménagements, il serait possible de faire le tour de ce ring en 10-12 minutes. A l’intérieur de ce ring, les transports en commun seraient gratuits.

Le point le plus intéressant du programme se situe au niveau des parkings, avec la création de 3 emplacements supplémentaire, deux le long du ring, un de 500 à 600 places autour de la gare, avec un accès par ascenseur au boulevard des Pyrénées ; un deuxième de 1000 places place de Verdun, avec un projet très intéressant d’aménagement souterrain avec mise en valeur de la surface par des jardins et autres équipements ; et un troisième au niveau de la sortie de l’autoroute.

Voilà enfin des propositions concrètes et efficaces pour résoudre ce problème majeur, et on ne peut qu’espérer que les autres candidats fassent preuve d’autant d’imagination sur ce sujet. La revitalisation du centre-ville ne passera que par une bonne irrigation de la circulation, et une amélioration tangible du stationnement.

David Habib prône la création d’un pôle métropolitain Béarn – Bigorre

David Habib pense, comme beaucoup d’acteurs socio-économiques de la région, d’ailleurs, qu’un rapprochement Béarn-Bigorre est nécessaire. Pour lui, il prendrait la forme d’un « pôle métropolitain » rassemblant les deux zones géographiques. L’objectif est d’attirer les investisseurs en mettant en valeur le potentiel et les acteurs de cette nouvelle entité. On sait que David Habib dispose d’une expérience économique réussie à Lacq, mais ce nouveau « pôle » pose tout de même la question d’ajouter encore une couche administrative supplémentaire. Toutefois, ce dossier Béarn-Bigorre étant à notre avis vital pour le futur de notre région, nous ne pouvons que soutenir toute initiative dans ce domaine pour lequel de nombreux articles ont déjà été écrits sur ce site.

Il se démarque du bilan de Martine Lignières-cassou

Pour le candidat PS, le bilan de l’équipe sortante semble être de plus en plus persona non grata. Il déclare ainsi : « Sur la vidéosurveillance, la propreté, la proximité, je suis en décalage avec ce qui a été fait durant le dernier mandat. » On ne peut pas faire plus clair…

Et essaie de se débarrasser du « boulet » Bus-Tram

Quant à l’emblématique Bus-Tram, qui devait être pour Martine Lignières-Cassou ce que le palais des sports était à André Labarrère, il devient de plus en plus un « boulet électoral », confirmé par un récent sondage qui montre que 58% des palois y sont défavorables. David Habib propose donc qu’un référendum, après l’élection, scelle définitivement le sort du projet controversé. Est-ce une façon de ménager la chèvre (MLC) et le chou (AD) ? Il est en fait assez peu compréhensible de ne pas proposer une position claire aux palois sur ce sujet. Il y a une élection municipale pour trancher cette question, alors pourquoi refaire un référendum après ? Du courage M. Habib, et annoncez l’abandon définitif de ce projet qui n’est que le champ du cygne d’une mairie en perdition !

Même au front de gauche, le bus-tram prend l’eau (et c’est peu dire en ce moment), Olivier Dartigolles prenant ses distances avec le projet. Il ne l’enterre pas, mais il déclare que « le projet n’est pas inscrit dans le marbre », rappelant que pour le front de gauche, la priorité était sur la gratuité des bus et l’aménagement de parking relais.

Yves Urieta veut passer au bus électrique et à la gratuité

Yves Urieta, qui est résolument contre ce projet de bus tram, trop cher à ses yeux, propose de passer les bus palois progressivement à l’électrique, et confirme le principe de gratuité pour les bus en site propre, pour des véhicules de 35 places, plus intéressants économiquement parlant. La gratuité serait financé par la taxe sur les transport (le versement transport ?), mais l’incongruité est qu’il annonce en même temps que cette taxe pourrait baisser plus tard pour alléger les charges. Financer une mesure par une baisse des impôts est une méthode incongrue qui intéressera certainement beaucoup de monde. On attend donc des éclaircissements sur ce sujet.

Quant au stationnement, c’est un plan de 10000 places supplémentaires, que le candidat sans étiquette veut réaliser, généralement en bordure de la ville (stade du hameau, près de l’hippodrome, ..).

Dartigolles et l’école

Olivier Dartigolles a présenté ses propositions pour l’école. Il s’agit de remettre à plat la réforme des rythmes scolaires car « la configuration paloise est la pire » déclare-t-il. Il se garde toutefois de demander le retour à la semaine de 4 jours.

Les autres points défendus concernent le rôle de l’activité périscolaire, où il appelle à moins de clientélisme, l’amélioration des conditions de travail, et la redéfinition de la carte scolaire pour une meilleure mixité sociale.

On notera tout de même qu’avec la paupérisation croissante de Pau, il va devenir de plus en plus difficile de faire de la mixité sociale..

La bataille de Pau sur France 3

On peut enfin signaler que France 3 fait une émission sur les municipales à Pau, ce dimanche à 19h

http://aquitaine.france3.fr/2014/01/31/la-bataille-de-pau-diumanche-2-fevrier-19h-406547.html

Adixat ! A la semaine prochaine

– Par Emmanuel Pène

Retrouvez les précédentes chroniques :

http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/26/pau-municipales-2014-la-chronique-4-sous-les-projecteurs-nationaux/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/19/pau-municipales-2014-la-chronique-3/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/12/pau-municipales-2014-la-chronique-2/

http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/04/pau-municipales-2014-la-chronique/