François Bayrou est-il un mauvais gestionnaire ?

dépenses   Dans son article « Pau, Taxe d’habitation » Joël Braud s’interroge sur le montant toujours plus haut de sa taxe d’habitation… Eléments de réponse, rapides.

« Qui peut répondre à ces questions sans aller évoquer ces poncifs imbéciles selon lesquels la ville de Pau possède des équipements bien supérieurs à ceux d’Oloron ? Raisonner ainsi revient à affirmer que les équipements de Pau sont interdits aux habitants des autres villes ou que, pour les utiliser, les habitants de Pau bénéficient de tarifs préférentiels. »

En fait et avant tout il faut raisonner au niveau de l’agglomération en agrégeant les budgets communaux et intercommunaux. Cela est compliqué, d’autant plus compliqué que les Maires, pratiquement tous, ont peur de la transparence et ne publient pas les Comptes Administratifs de leurs communes et intercommunalités. Et ce malgré les nombreuses demandes d’AP … ( « Bayrou et le budget de la ville de Pau, où est la vérité ? » AP du 22/4/2015 ).  Il faut noter à ce sujet que la situation à Oloron est honteuse, bien pire qu’à Pau ; vous ne trouverez rien de détaillé, même peu, sur les finances de la ville : scandaleux

N’en déplaise à Joël Braud, oui la ville de Pau possède des équipements plus nombreux et plus coûteux que l’agglomération oloronaise… (et aussi, parfois, les palois payent moins cher que les autres, par exemple au Tennis Club de Pau…)

Stade d’eaux vives, Stade de rugby du Hameau, Palais des sports de basket, Zénith, Jaï Alaï, Orchestre Pau Béarn, Médiathèques pléthoriques, salles de spectacles surabondantes, subvention des équipes professionnelles de Rugby, Basket, Foot, Hand Ball, Grand prix automobile de Pau, Concours hippique international, étape du Tour de France, … la liste est longue, très longue, des investissements, mais aussi des dépenses de fonctionnement. Car plus on construit, plus les coûts de fonctionnement augmentent…pour longtemps…
Peut on faire des économies dans ces domaines ? bien évidement oui, et dans des proportions considérable, au minimum 10 M€

Quelques ordres de grandeur :

– médiathèques, fermeture des plus petites, diminution de 30% du personnel, 2 M€

– suppression partielle aide au sport pro et facturation at cost des installations 2 M€

– suppression du Grand Prix de Pau 2 M€

– réduction du déficit du stade d’eaux vives 1 M€

-réduction du déficit de l’orchestre 1 M€

– etc…

Mais la comparaison doit porter sur la totalité du budget, et c’est aussi dans le domaine des coûts de fonctionnement que se situent aussi des gisements d’économies considérables.

Pau et son agglomération ont beaucoup trop de fonctionnaires territoriaux, et en prime , l’absentéisme (16% selon F Bayrou) y est surréaliste (4 fois supérieur aux bonnes entreprises privées ! )

Les coûts de fonctionnement sont de 96 M€ dont 50 M€ pour la seule masse salariale. C’est au minimum une baisse de 10 M€ que l’on peut obtenir sans effort.

Ce sont donc 20 M€ d’économies possibles à reporter sur les impôts (taxe Habitation et foncière) qui représentent 74,6 M€ c’est une baisse de 27% des impôts qui est possible.

Encore faudrait-il qu’André Bayrou stoppe sa folie des grandeurs et ne se comporte pas en politicien clientéliste…

Car le vers est dans le fruit. En France nos politiciens de pacotille n’ont qu’une obsession : être réélu et donc le clientélisme y est roi. Seuls un peu plus de 40% des citoyens payent des impôts locaux (et a peu près la même proportion pour l’impôt sur le revenu)

La gabegie est donc indolore (pour le moment ) pour une majorité de citoyens…alors pourquoi s’en priver ! (enfin, pour le moment, car nos collectivités territoriales ont une dette qui croît fortement…)
Pourtant, en 2012, François Bayrou alors candidat à la présidence de la république claironnait : « ce n’est pas avec une diminution de 5% des dépenses que la France va s’arrêter de fonctionner… » ( « Bayrou apprend l’arithmétique « AP du 23/01/2012)

Pourquoi n’applique-t-il pas cela à Pau ?

Simplement parce que gérer, faire des économies, implique de faire preuve de courage, il faut arbitrer et donc se mettre à dos les corporatismes. Il est beaucoup plus facile de ne rien faire, d’emprunter, et après moi…

Daniel sango

Envoyé Spécial dans le mille-feuille

mille-feuille-1Ce soir Envoyé Spécial visite nos intercommunalités, la crème du mille-feuille. Une occasion de montrer l’incapacité de nos élus, obnubilés par leur seule réélection, à gérer nos communes.

Le constat de l’anomalie française avec ses 36600 communes n’est pas nouvelle. Mais devant l’immobilisme des maires, arc-boutés sur leurs territoires dont ils pensent être les uniques propriétaires, le législateur avait jeté l’éponge (1971) et laissé le soin à chacun d’organiser les intercommunalités selon ses logiques ou affinités. Il avait encouragé ces regroupements financièrement (et le coût a été très important), sans pour autant obtenir les économies d’échelle espérées.

Pendant ce temps, depuis les années 70, les autres pays européens réorganisaient leur territoire pour une plus grande efficience.

Dans d’autres pays (Allemagne de l’ouest, Belgique, Pays-Bas) des lois parfois anciennes ont organisé de manière autoritaire, des regroupements de communes, aboutissant à réduire significativement le nombre de celles-ci : par exemple, depuis la réforme de 1976, la Belgique ne compte plus que 589 communes pour 10 millions d’habitants à comparer aux 36 000 communes pour 62 millions d’habitants en France ; en Allemagne de l’ouest, le nombre de communes a été ramené dans les années 60 et 70 de plus de 24 000 à environ 8 400.

Cour des Comptes: Rapport sur l’intercommunalité (Nov 2005)

Dans une période où les français sont les citoyens les plus imposés du monde, la responsabilité des élus locaux de tous bords est immense et scandaleuse.

Rappelons que les impôts locaux sont passé de 35 à 47 milliards d’euro entre 2007 et 2013.

Les intercommunalités n’ont cessé d’embaucher des centaines de milliers de fonctionnaires territoriaux sans que le nombre des employés diminue dans les communes : LE scandale!

Pour compléter, ce soir, Envoyé Spécial nous montrera sans doute quelques unes des belles réalisations régionales de nos élus.

Quand les citoyens s’éveilleront…

                                                            par Daniel Sango

Envoyé Spécial 21/11/2013  20h45 France 2