Intouchables

imagesUne récente émission de télévision nous a rappelé que, bien que l’égalité fut inscrite dans leur Constitution depuis plus de 60 ans, les Hindous continuaient de pratiquer une ségrégation, prétendument inspirée par les dieux – réellement imposée par la caste « supérieure » des brahmanes  qui, à leur gré, déterminent qui, par rapport à eux, est plus ou moins pur. Et, tout en bas, par nature, impurs : les Intouchables !  25% de la population, si impurs que leur seul contact impose une « purification formelle ».

 Chez nous si depuis quelque temps, certains «  s’autorisaient » déjà à   distinguer les partis républicains de ceux qui, pour eux, ne l’étaient pas. Aujourd’hui, à l’approche des élections, ces « brahmanes » en sont   à qualifier le degré de pureté démocratique  de certains de leurs concitoyens ! Et, sur ce point, notre premier ministre qui, jusqu’à présent recueillait la sympathie d’une majorité de Français, devrait retrouver un peu plus de modestie et de mesure.   Après l’emploi, controversé, du mot « ghetto »  quant il aurait sans doute  fallu dire « casbah » ( mais…), s’efforcer d’entretenir la confusion étymologique, entre République  et Démocratie. C’est oublier que si la première ne résulte que d’un mode d’administration, la seconde relève d’un principe que ni lui, ni personne, pour quelque raison que ce soit, et surtout pas à   l’occasion d’élections,  n’a à réinventer à sa guise.

La Démocratie  n’a pas à se mettre au service de telle faction ou de tel parti plus ou moins momentanément majoritaire. Sauf à se renier, elle a le devoir de nourrir un débat dont personne, quelles que soient ses idées, son point de vue, sa religion ou sa couleur ne peut être exclu. Débat dont, c’est sa force et sa faiblesse, la Démocratie ne peut qu’espérer en sortir renforcée. A cet égard, faire de certains des « intouchables »,   c’est non seulement incroyablement méprisant, mais certainement pas le meilleur moyen d’y parvenir !

 

                                                                                Maurice Meireles