Faut-il en rire ou en pleurer ?

bdx et toulouseOn croyait la rivalité entre les 2 premières villes du Grand Sud-Ouest cantonnée aux derbys sportifs, au rugby et au foot. Et bien pas du tout !

Une vidéo de YouTube «La vraie vie des Toulousains» qui met en exergue le chauvinisme  toulousain et aborde pendant quelques secondes la rivalité Toulouse/Bordeaux, est reprise par la depeche.fr* dès le 1er octobre, puis le 2. Le 3, sudouest.fr**, à son tour, entre dans le jeu et diffuse la vidéo. Le phénomène « rivalité entre les deux villes » s‘amplifie….

Selon ces mêmes journaux, la vidéo a été vue plus de 100 000 fois en 3 jours.

Plus de 5500 internautes-lecteurs de Sud Ouest ont participé au sondage : « Entre Bordeaux et Toulouse, quelle est votre ville préférée ? ». Celui de La dépêche – « Toulousain, quel cliché (vous qualifiant NDLR) vous agace le plus ? » –  a obtenu 1811 votes. Que 1811, direz-vous, certes, mais  la question posée ne portait pas sur la rivalité entre les deux villes mais sur les défauts supposés des Toulousains qui les exaspèrent le plus : toujours en retard ; anti-Bordelais ; l’accent chantant etc…

Et les commentaires. La depeche.fr a en reçus 35  le 1er octobre et 129 le 2 octobre. Dans sudouest.fr, on en comptait 129 le 3 octobre à 11h.

Dans les commentaires, les expressions « les Bordelais », « les Toulousains »  sont employées et répétées. Cela ne devrait-il pas nous amener à nous interroger ? Dire « les Toulousains », « les Bordelais » n’est-ce pas déjà tenir des propos racistes ? Des propos tout aussi racistes que de dire les Portugais, les Espagnols, les Allemands,  les Roms, les Arabes, les Noirs, les blonds, les bruns.

Sociologie de comptoir, sociologie de café de commerce, direz-vous.

Mais faudrait-il pousser bien loin les échanges pour qu’un commentateur toulousains (ou bordelais) se laisse aller à dire : « et vous savez, je ne suis pas raciste, j’ai un ami bordelais (ou toulousain) »…

Cette vidéo humoristique sur la rivalité entre deux capitales régionales voisines, est du domaine du divertissement. Son but premier n’était-il pas de faire du Buzz à la comédie «1 de perdu, 10 façons de se retrouver» qui fait l’ouverture du Café-Théâtre des 3T ? Mais lorsque les images et propos sont relayés par la presse locale via leur lettre d’information, l’impact grandit, grossit. Ne risque-t-on pas, alors, d’en perdre le contrôle ?

La sociologie de comptoir est devenue celle des réseaux d’Internet, prenons-y garde.

 – par Hélène Lafon
le 3 octobre 2013

* L’article de la depeche.fr du 1er octobre, c’est ICI

Celui du 2 octobre, c’est ICI

** Celui de sudouest.fr, c’est ICI