Quelques précisions dans le cadre du débat sur la retenue à la source

imagesLes  prélèvements obligatoires sont d’une part les impôts, de l’autre les cotisations sociales et il ne faut  pas tout mélanger.  

Très souvent les gens de droite, le patronat, les idéologues ultra libéraux, mais aussi les gens ignorants de tout ce qui concerne les différences de notions  affirment qu’en France nous avons les impôts les plus élevés d’Europe voir du monde. C’est faux !!!!

Le choix des mots n’est pas neutre et c’est sciemment que le mot « impôt » est utilisé donc, pour recouvrir  des réalités différentes.
En effet dans l’inconscient populaire  le mot impôt  est moins bien ressenti que celui  de cotisations sociales qui correspondent directement à la protection sociale, et pour laquelle on met plus facilement un contenu, en particulier : assurance maladie (hôpitaux etc.) retraite,  chômage.
Pour éviter cette notion de cotisations ils emploient aussi le  mot charge qui évoque évidemment un poids excessif (toujours rappeler que l’ensemble des cotisations sociales est répercuté entièrement sur le prix de vente ou la facturation du service et donc qu’in fine c’est le consommateur qui paye).
Une particularité toutefois la CSG, qui a été reconnue comme un impôt par le conseil constitutionnel, mais un impôt affecté à la protection sociale.
Nous n’avons donc pas les impôts les plus élevés mais un taux de prélèvement élevé  avec l’existence de  2 budgets distincts :
– le budget de l’ État alimenté par les impôts ;
– le budget de la protection sociale qui est le double de celui de l’ État  alimenté par les cotisations sociales et la CSG.
L’impôt et toutes les missions qui s’y rapportent ; assiette, contrôle,  recouvrement sont des missions  régaliennes et qui doivent être effectuées par des agents de  l’État. C’est pourquoi la retenue à la source est une privatisation.
La gestion du budget de la protection sociale, qui n’est pas considérée comme une mission régalienne, se fait par divers organismes par des agents qui ne sont pas fonctionnaires et dont la gouvernance est souvent tripartite ; partenaires sociaux, État.  Dans ce cadre il n’appartient pas à l État de recouvrer les rentrées des cotisations. Ceci ne peut donc être utilisé comme élément de justification de la Retenue à la source.
Toutefois dans les pays scandinaves il n’existe qu’un seul budget et tout est payé par l’impôt y compris donc la protection sociale. Ceci peut être un débat.

La  TVA pourquoi ce sont les entreprises qui sont collecteurs ?
—  cela résulte d’un choix fait (en 1967-1968)  de considérer qu’ à ce stade de la création d’ une valeur ajoutée dans un cycle de production ou dans le cadre de ventes ou de prestations de services,  il fallait permettre une certaine  » neutralité » ce qui offre la possibilité à chaque acteur économique de récupérer de la TVA que lui même paye en amont de ses recettes : récupération TVA sur ses achats, sur ses investissements, sur ses frais généraux.
C’est pourquoi ce sont les acteurs économiques en bout de chaine qui payent la TVA.
Ce choix économique se traduit par des fraudes nombreuses et connues : fausses factures, fraudes carrousels (factures tournent et les marchandises restent sur place) sous évaluation des recettes,  création de sociétés bidons  etc. Dans les 1.000 Milliards d’Euros de fraude évaluée par la commission européenne il s’agit majoritairement de la fraude à la TVA intra communautaire.
Il faut noter que depuis plusieurs années les ministres des finances Allemands réfléchissent à supprimer ce système afin de ne taxer que le dernier intervenant dans la création de la Valeur Ajoutée. Sans succès pour l’instant.

La notion de Consentement à l impôt, la justice fiscale  et la retenue à la source.

Au niveau démocratique pour considérer qu’il y a consentement à l’impôt il faut bien évidemment disposer de toutes les informations  le concernant, de tous ses éléments constitutifs et d’avoir la capacité de vivre et ressentir les choses.
Le consentement à l’impôt est aussi dépendant de la  capacité donnée à chaque citoyen de juger de justice fiscale. Tout cela est donc lié.
La retenue à la source est un élément qui rend beaucoup plus indolore l’impôt : qui anesthésie le ressenti, et qui donc atténue les capacités de débat démocratique.
L’argument développé par le gouvernement  et que cela servirait à  tout à chacun de mieux gérer son budget.
Or si l’on examine la situation aujourd’hui
 :
– Les 3/4 des contribuables sont mensualisés et donc pour savoir ce dont on dispose par mois il suffit de consulter son relevé bancaire
– Il est possible à tout moment de demander le changement du montant de la mensualité prélevée ensuite en cas de difficultés particulières. Existe également la possibilité de demander des étalements de paiement, des remises gracieuses.
Demain :
Sans développer à nouveau  les arguments concernant les complications à venir:
changements d’employeurs, existence de nombreux CDD, périodes de chômage, changement de la situation familiale ( divorce, naissances, décès) tout ce qui influe
directement sur le taux de prélèvement ;
Combien de français à la sortie d’un super marché, le caddie rempli, regardent le montant de la TVA qu’ils ont payée ?
La retenue à la source repose sur un énorme malentendu créé depuis des années dans l’opinion publique : ce serait plus simple, il n’y aurait plus de déclaration d’impôt à faire.
Or la retenue à la source ce sera :
– plus de complications pour les contribuables (notamment au niveau des déclarations et régularisations) ;
–  des pertes de rentrées budgétaires ayant des conséquences sur l’équilibre budgétaire.

– par Christian Steenhoudt


Insupportable IR

impots2   L’évolution de la situation des contribuables français soumis à l’impôt sur le revenu devient scandaleuse, et ce n’est pas la fausse réforme du prélèvement à la source qui changera quoi que ce soit.

En 2014, 17,6 millions de foyers français ont payé l’impôt sur le revenu, soit 47,5 % des foyers imposables, contre 52% un an plus tôt.

En 2015 après la suppression de la première tranche de l’impôt et la réforme de la décote ce seront 3 millions de foyers supplémentaires qui en seront exonérés, démagogie et approche des élections obligent. Ce seront donc seulement 39, 4 % des Français qui seront soumis à l’impôt sur le revenu.

Dans le même temps, ces deux dernières années le montant de l’IR a augmenté de 10 milliards d’euro (75,4 milliards en 2014 contre 65,5 en 2012).

Pour accentuer encore la différence entre ces deux groupes de Français, il faut ajouter les nombreux avantages que confère la situation de non imposable : exonérations, aides diverses. Clairement, ceux qui se situent à la frontière, ne sont pas vraiment encouragés à travailler… D’autant qu’on retrouve une situation analogue dans la fiscalité locale.

« Dans de nombreux pays tous les contribuables sont soumis à l’impôt sur le revenu dès le 1er euro. Tel est le cas au Royaume-Uni, en Russie, en Espagne, en Finlande, en Irlande, en Italie, en Lituanie, en Macédoine, aux Pays-Bas, en Pologne, au Portugal, en Slovaquie, en Slovénie et en Suède. Dans ces pays, par principe aucun contribuable n’est exonéré du paiement de l’impôt, quand bien même ce dernier n’aurait qu’un caractère symbolique. » (Atlantico)

Et que dire de cet impôt scandaleux que constitue l’ISF qui consiste à imposer chaque année ce qui a déjà été imposé et qu’il vous reste après que vous avez payé les impôts ! Une spoliation indigne qui d’ailleurs n’existe nulle part ailleurs en Europe, supprimé en Allemagne et en Espagne par les socialistes lorsqu’ils étaient au pouvoir. Ceci est d’autant plus anormal que les vraies grandes fortunes contournent aisément cet impôt … et les nouvelles vont se construire à Londres ou Bruxelles.

Quant à la réformette du prélèvement à la source elle est là uniquement pour amuser la galerie, pour tenter de camoufler le vide de la politique menée, car aucune vraie réforme de structure n’a encore été faite et ne le sera. Quel sera le nombre de Français concerné ? Très minoritaire bien sûr puisque au chiffre de 39% il faut retrancher tous les non salariés : commerçants, artisans, professions libérales, …etc. Et cela pour quel gain ? Aucun puisque :

– il faudra faire une déclaration complémentaire (ne serait-ce que pour déclarer votre cotisation à AP, déductible …)

– les entreprises auront une tache supplémentaire

– les fonctionnaires de Bercy devront, en plus, contrôler le travail des entreprises

Les deux dernières années de Hollande seront consacrées à des mesures démagogiques et des promesses pour le futur en vue de l’élection de 2017 et ce n’est pas l’arrêt de la hausse du chômage obtenue grâce à de nombreuses aides qui changera quoi que ce soit à la situation calamiteuse de notre pays en panne de compétitivité malgré la dévaluation de l’euro et les taux d’intérêt nuls.

Et la France gardera son titre de championne de monde des dépenses publiques.

 

 

par Daniel Sango

 

Égalité

imagesC’est un des trois principes figurant sur les frontispices des bâtiments de notre République. La devise a de l’envergure, mais se nourrir de mots est forcément plus facile que d’en respecter les concepts. Le mot égalité est, aux yeux de beaucoup, le plus difficile à respecter ou à faire respecter pourtant il est sans doute le plus essentiel. Pour autant il n’a pas la signification facile que certains lui accordent. Mais égalité de qui ? Egalité en quoi ?

 Nous ne sommes pas tous égaux, Coluche le disait dans un de ses sketchs, mais par rapport à l’ancien régime ce terme marquait une évolution. Egalité de tous devant la loi et devant l’impôt. La nuit du 4 août 1789 a proclamé l’abolition des privilèges. A partir de cette date La Fontaine ne pourra plus dire « Selon que vous serez puissants ou misérables les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » (Les animaux malades de la peste). La loi s’appliquera à tous avec la même rigueur, selon les mêmes principes.

 Parmi les décrets de ce 4 août 1789 figurait le principe absolu de l’égalité de tous devant l’impôt. Mais pourquoi ce principe a-t-il été de nos jours autant oublié ? Il n’est pour s’en convaincre que de comparer la pression fiscale locale. J’ai eu l’occasion ces jours-ci de comparer la taxe d’habitation récoltée à Pau avec celle pratiquée à Oloron. Par chance la comparaison porte sur deux cas parfaitement identiques. Les maisons d’habitation récemment estimées sont de même valeur. Les revenus sont légèrement plus élevés chez le contribuable oloronais.

 Force est de constater que la taxe d’habitation payée par le Palois est trois fois plus élevée que celle payée par l’Oloronais. Oui vous avez bien lu, trois fois !

 Alors comment expliquer cette flagrante inégalité des citoyens devant l’impôt ? La réponse facile est de dire : «  oui mais vous à Pau, vous avez un Zénith, un Palais des Sports, un Stade d’eaux vives, un stade nautique, un Jaï Alaï, un palais  Beaumont, une médiathèque ». Comme si ces lieux étaient interdits aux habitants des autres communes du Béarn.

 L’autre réponse est de dire : «  Mais vous avez voté pour des candidats qui se sont engagés sur des dépenses excessives ». Et là c’est plutôt vrai. André Labarrère avait coutume de dire que l’on n’est pas élu sur des économies d’impôts mais au contraire sur des projets de dépenses. C’est un peu le défaut du système dans lequel les élus locaux disposent d’une latitude exagérée pour gérer les collectivités. Ils sont plus soucieux de laisser leur nom à la postérité par le moyen de réalisations dispendieuses, que de réellement servir l’intérêt général.

 Les projets actuels de François Bayrou vont dans le même sens. Le stade de rugby, les Halles,  les alentours du stade d’eaux vives et plus tard le parc des expositions doivent être agrandis, aménagés, rénovés voire déplacés. Ce n’est pas tout de construire il faut ensuite entretenir et toutes ces installations ne sont pas budgétairement autonomes.

 La solution de facilité pour les responsables politiques a toujours été de ponctionner davantage les contribuables. Certains y verront, avec raison, une dérive de la décentralisation où ces pouvoirs trop larges reconnus aux élus locaux ont entraînés ces inégalités. Un pouvoir central qui fixerait des règles communes au niveau national ne serait pas après tout inconcevable. Il limiterait, dans des proportions significatives, les pouvoirs des baronnets locaux. Ceux-ci d’ailleurs, comme tous les politiques de notre pays, sont incapables de baisser les impôts. F. Bayrou s’était engagé à baisser les impôts locaux de 1% (SIC). En réalité il n’a baissé que le taux de la taxe d’habitation de 1%, ce qui n’est pas la même chose *.

 Alors, devons-nous nous résigner ? En attendant évoquons le cynisme d’Henri QUEUILLE :

« Toute réforme fiscale consiste à supprimer des impôts sur des choses qui étaient taxées depuis longtemps pour les remplacer par de nouveaux plus lourds sur des choses qui ne l’étaient pas. »

 

Pau, le 24 février 2015

Par Joël BRAUD

 *Pour ce qui concerne mon cas personnel, la taxe d’habitation a baissé de deux euros.

Coupe Davis : la Suisse bat les suisses

coupe davis  Alors que la fiscalité écrase les français, on montre du doigt ces contribuables qui s’exilent en Suisse, en Belgique en Grande Bretagne ou en Russie. Pourtant, il est étonnant de voir que la vindicte médiatique s’acharne sur certains et oublie les autres.

 

Ce dernier week end était l’occasion d’une rencontre de tennis entre Suisses. La totalité des joueurs et même certains non joueurs français sont résidents dans le secteur de Genève : Gilles Simon et Richard Gasquet (Neuchâtel) Jo-Wilfrid Tsonga et Gaël Monfils (près de Nyon) Julien Benneteau et Arnaud Clément (Genève) comme Guy Forget et Arnaud Boetsch (ancien joueur et commentateur sur France Télévision) …etc.

Et on y va d’une marseillaise accompagnée de la foule des drapeaux français devant le Président de la République, les ministres, et même Martine Aubry…

Personne pour s’interroger sérieusement de cette double anomalie ?  Même pas un politique jaloux pour s’indigner ? Bizarre.

Et les primes ? (dont le calcul est très complexe, fonction des recettes de la FFT, elles étaient estimées en 2010 à environ 1 million d’euro avec une finale perdue) perdues aussi pour le fisc français ?

En fait, ce qui sans doute, choque les contribuables importants, ce n’est pas tant le montant des impôts que la manière dont est utilisée l’argent public. La gabegie qui règne, avec une dépense publique toujours en augmentation, incite bon nombre de nos concitoyens aisés à quitter la France, créant par là un préjudice irréversible.

Et pour les autres, moins fortunés et ne pouvant quitter leur région, la révolution du contribuable approcherait-elle ?

 

 

 

par Daniel Sango

La phobie et le député.

loup17_jpgIl est une phobie parmi celles légions dont j’ignorais l’état d’esprit …

celle de cette angoisse, néanmoins sans danger pour le cas dont je parle ici nous menant doucement mais sûrement vers des stratégies si compliquées qu’elles nous assurent de leurs illégalités puis vers l’oubli de s’acquitter d’impôts tout comme de loyers ou encore de PV vers un Trésor Public pourtant si acharné envers le contribuable en grande majorité raisonnable. Phobie administrative et si possessive celle-là d’un sujet du gouvernement devenu hors la loi car même auprès de son bailleur, la peur d’honorer son loyer apparaît agressive à ce modèle de notre société qu’aurait du être ce député et son exemplarité .

En voilà une belle image et ce qu’elle cause de dommages pour le français moyen et celui de bas étage qui, en lisant toutes les paperasses publiées et autres actualités télévisées à ce sujet voient bien là qu’il n’y a rien de normal à cet état de fait de la part d’un loueur comme d’un secrétaire d’Etat fraîchement nommé que de se savoir ainsi l’objet d’une telle maladie. Sauf que voilà, comme beaucoup d’entre nous et sans le moins du monde juger  l’homme malgré tout, j’estime ce monsieur atteint d’une autre maladie, celle hautement plus néfaste et touchant nombre de politiques nous voilant leur face qu’ils conservent bien gardée, celles d’indignes personnages dont la malhonnêteté présume du peu de courage qu’ils ont à quitter un emploi bien payé … se servant de lui plutôt que servir ce dernier tandis qu’ils nous représentent à l’Assemblée. Je plains son épouse qui elle aura payé le prix de cette maladie qui a pour nom … phobie !

– par Samie Louve

Mais, ai-je l’air aussi con que ça ?

imagesCe matin à l’occasion de me ablutions matinales, j’ai passé un long moment à me regarder dans le miroir. Je m’interrogeais en effet pour savoir si mon apparence pouvait laisser paraître à ce point une grande naïveté dont beaucoup semblent actuellement profiter. Ces « beaucoup » se trouvent rassemblés essentiellement dans le monde politique. Croient-ils vraiment que nous sommes leurs dupes ?

 Commençons par le local. Le conseil général des Pyrénées Atlantiques va investir l’argent du contribuable pour participer à Sidney, en Australie, à une sorte de congrès mondial sur les parcs nationaux. Bien que nous ne sachions toujours pas le profit que nous pourrons en retirer, considérons que nous en avons déjà parlé, n’y revenons donc pas.

Bientôt,  François Bayrou, maire de Pau, président de la communauté d’agglomération Pau Pyrénées, ancien ministre va se rendre en Chine. La porte à côté. Il y sera du 22 au 27 septembre pour participer aux journées  internationales de la Paix. Nul doute qu’après ce grand rassemblement mondial, il n’y aura plus aucun conflit dans le monde et que notre agglomération paloise va enfin pouvoir jouir d’une paix jamais disparue. Il y prononcera un discours et inaugurera un jardin palois, pourquoi pas, dans la ville de XI’An qui, paraît-il, est jumelée avec Pau. Il sera bon après cet indispensable rapprochement que quelqu’un se penche un peu sur les retombées économiques dont ne manquera pas de bénéficier notre Béarn. Personne ne le fera, soyez tranquille, de même que nous aurons beaucoup de difficultés à savoir combien ce très confortable périple aura coûté au contribuable. Il est présumé que ce dernier est disposé à tous les sacrifices pour permettre aux élus d’enrichir leur culture.

A un autre niveau, nous apprenons qu’un député ayant bénéficié d’une erreur de casting a failli devenir secrétaire d’Etat à je ne sais plus bien quelle fonction. On s’est aperçu a posteriori que ce garçon avait oublié de se soumettre à l’impôt sur le revenu depuis trois ans, qu’il ne payait pas son loyer au point de faire l’objet d’une mesure d’expulsion locative et qu’enfin il avait omis, l’inconscient, de déclarer l’entreprise à la tête de laquelle il se trouvait. Cela ne fait rien, il reste député et plus encore il avoue que son comportement est le résultat d’une pathologie dont il souffre  le pauvre !  La « phobie administrative » n’était pas encore répertoriée dans les manuels de médecine ; eh bien maintenant ça y est ! L’erreur est réparée.

Ne nous y trompons pas nous avons affaire à une victime qui est harcelée par une opinion publique de moins en moins encline à tolérer ce genre de comportement. Il souffre à n’en pas douter et son épouse également qui vient de perdre son emploi de chef de cabinet auprès du président du Sénat. Ce poste lui avait forcément été attribué en raison de ses compétences et surtout pas en raison de l’entregent de son époux. Qu’allez-vous imaginer là ?

Alors ce matin dans mon miroir, je trouve que ma tête prend de plus en plus la forme d’une poire, d’une bonne poire, selon l’expression, juteuse à souhait pour alimenter les finances publiques.

Allez pour terminer ce cadeau : « Comme un homme politique ne croit jamais ce qu’il dit, il est étonné quand il est cru sur parole » Charles de Gaulle.

 

                                                                                               Pau, le 10 septembre 2014

            Par Joël Braud

Contribuable, mon frère !

 imagesL’observatoire des finances locales vient de publier le 16 juillet 2014 son rapport sur les finances des collectivités locales. Cette structure présidée par André Laignel fournit ici une étude inquiétante pour les contribuables que nous sommes. On en parle peu et pourtant…

 En 2013 les dépenses totales de collectivités locales sont de 233,6 milliards d’euros. Ils affichent une progression de 3,2% par rapport à l’année précédente. De combien était l’inflation en 2013 ?

 Sur ce total, les Régions représentent 28,7 milliards, les Départements 72,4 et les Communes (dont communautés d’agglomération et communautés de communes) 132,5 milliards.

 Lorsqu’on se penche sur la nature des dépenses on constate que les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 2,9% et représentent 162,5 milliards tandis que les dépenses d’investissement ont, elles, augmenté de 4 % et totalisent 71,1 milliards d’euros.

 Et là où on s’aperçoit que la démocratie a ses limites c’est lorsqu’on apprend que, avant les élections municipales, les dépenses ont cru de 7,9%. Contribuables j’utilise votre pognon pour me faire réélire.

 Entre 2009 et 2013, les dépenses de personnel n’ont cessé d’augmenter :

  • 2009 : 45,5 milliards
  • 2010 : 46,35
  • 2011 : 47,23
  • 2012 : 48,63
  • 2013: 49,89

Il n’y a pas de raison pour cette sinistre progression de 9,64 % ne s’arrête, ne serait-ce que parce que les nouveau rythmes scolaires vont entraîner une augmentation des embauches.

 D’ailleurs, les effectifs des collectivités locales qui étaient de 1 667 900 en 2006 sont passes en 2012     à 1 912 800. Soit une progression de 14,70%. Cela s’appelle, parait-il, du clientélisme.

 Une bonne nouvelle cependant, c’est ce 27 juillet que nous, les contribuables, fêtons le « jour de la libération fiscale ». Cela veut dire que jusqu’à ce 208ème  jour de l’année, la totalité de nos revenus était allée alimenter les caisses de l’Etat et des collectivités territoriales. Maintenant nous disposons de l’intégralité de ce l’on gagne. Nous sommes, selon les études, le pays d’Europe où cette durée est la plus longue. De quoi être fier de si bien servir la communauté à hauteur d’ailleurs de 56% du PIB.

 Réjouissons-nous également de savoir que selon la récente déclaration de revenus imposée aux élus, c’est Georges Labazée qui a la palme des mieux rémunérés du Béarn avec 8000 euros mensuels.

 Alors écoutons-les poliment nos politiciens lorsqu’ils nous disent qu’ils vont baisser les impôts. Poliment oui, car c’est notre nature et que la politesse n’empêche pas le scepticisme. Mais, sauf en période révolutionnaire, les impôts n’ont jamais baissé.

 La conclusion appartient à Henri Queuille « Toute réforme fiscale consiste à supprimer les impôts sur des choses qui étaient taxées depuis longtemps pour les remplacer par de nouveaux plus lourds sur des choses qui ne l’étaient pas ».

 

                                                                                                                      Pau, le 29 juillet 2014

               Par Joël BRAUD

On coule !

   image on coule

La France est un bateau avec 4 rameurs et 6 passagers qui fait la course avec les autres pays qui ont 6 rameurs et 4 passagers. Nous serons donc les derniers.

C’est ainsi que je terminais « Courage fuyons » AP du 10/11/2013.

L’énorme dépense publique française, 57% du PIB, 10 points de plus que la moyenne européenne 12 points de plus que l’Allemagne soit 240 milliards d’euro, est un chiffre qui commence à pénétrer dans le sommeil des citoyens français.

Plus grave, cette dépense publique ne baisse pas, contrairement à ce que voudrait faire croire le gouvernement, et ne baissera pas dans les années à venir.

Comment en est-on arrivé là et pourquoi ?

Une réponse partielle est donnée par Jean-Philippe Delsol, ( Pourquoi je vais quitter la France, Histoires vraies d’exilés fiscaux, éditions Tatamis, novembre 2013, 200 pages)

 

Dans son état des lieux, il fait le compte des actifs (et inactifs) qui sont rémunérés par l’Etat ou soutenus par la collectivité. Pour commencer, les 5,2 millions de salariés du secteur public au sens strict ( Etat, collectivités locales, fonction hospitalière  dont les effectifs ont augmenté de plus de 36 % depuis 1983, le nombre des fonctionnaires territoriaux, lui, ayant augmenté de 260 000 depuis 2002, principalement dans les intercommunalités et communes…) Ils représentent 22 % de l’emploi contre 15 % en moyenne dans les autres pays de l’OCDE. Ceci représente 1,5 million de fonctionnaires de plus (en trop ?).

Ensuite, il y a les 2 millions de salariés du secteur parapublic, c’est-à-dire des structures juridiques contrôlées majoritairement par l’Etat ou les collectivités.

Puis viennent 60% du 1,6 million d’emplois du secteur associatif, premier bénéficiaire des emplois aidés.

Les contrats aidés ont été initiés en 2012 (490 000, dont 430 000 dans le secteur non marchand) Le cru 2013 est du même ordre, mais il faut lui ajouter les 100 000 emplois d’avenir et les 12 000 contrats de génération créés par F. Hollande pour tenter d’inverser la courbe du chômage.

Delsol ajoute ensuite logiquement la part des agriculteurs (1 million) qui vivent des revenus de la PAC (environ 50 %).

Enfin, il inclut ceux qui ne reçoivent pas de salaires de la collectivité mais en tirent des revenus accidentels : 3,22 millions de chômeurs et 1,3 million de bénéficiaires du RSA.

Ce serait donc, au final, environ 14,5 millions de personnes concernées sur une population active de 28 millions.

 emploi-public_4533320      L’Express 24/11/2013

Mais je pense que J.P. Delsol oublie un gros morceau, il s’agit des retraités de la fonction publique. Ils sont aujourd’hui 2,3 millions et les cotisations des actifs ne couvrent que 25% de leurs pensions. L’Etat doit fournir 37 milliards d’euro par an pour les payer.

Ceci nous amène au total vertigineux d’environ 16,2 Millions de personnes rémunérées par l’argent public.

Comment le secteur privé peut-il soutenir un tel poids ? Il est donc normal que la barque France avance beaucoup moins vite que les autres… Comment voulez-vous parler de compétitivité ?

Mais la conséquence de ce « secteur public » hypertrophié a une plus grave conséquence encore, c’est que son poids électoral empêche toute réforme visant à une indispensable cure d’amaigrissement.

Pire il en est encore qui réclament plus d’Etat, plus d’augmentations de salaires, plus de … Comment tempérer ces corporatismes?

Quand on rajoute à cela que près de 50% de nos députés font partie de ces catégories (32% d’enseignants et fonctionnaires contre 3% de chefs d’entreprise et aucun ouvrier…) on comprendra facilement l’incapacité de notre pays à réaliser la moindre réforme de structure.

par Daniel Sango

Quelques idées pour les municipales de Pau.

 

imagesLorsque nous aurons dépassé le niveau de la politique politicienne, le jeu des alliances, l’exercice des petites phrases. Lorsqu’enfin nous en aurons terminé avec  les déclarations d’intention vides de sens, les belles phrases langue de bois. Il restera aux candidats à taper dans le dur et à se commettre dans la définition d’un programme ou d’un projet pour Pau. Les sujets ne manquent pas.

 Soucieux de ne pas trop s’engager de façon concrète, les candidats déclarés ou seulement supposés n’abordent pas certains sujets. Il est vrai que c’est un peu tôt, les municipales n’auront lieu qu’en mars 2014. Pourtant à Pau, sans parler de la communauté d’agglomérations, certains sujets, parce qu’ils sont d’actualité ou qu’ils agitent le Landernau local, méritent d’être abordés.

 Les impôts locaux tout d’abord. Nous sommes une des villes de France où les prélèvements sont les plus élevés. Pau se situe sur le plan national au 116 ème  rang avec une taxe d’habitation de 22,48% et une taxe foncière de 25,10%. C‘est en tout cas la ville la plus chère de la CDA. Jamais jusqu’alors, les contribuables n’ont constaté que la pression fiscale à laquelle ils sont soumis, baissait. Alors ce serait faire preuve d’originalité et surtout de bon sens que de parvenir, pas seulement à une pause, mais à une diminution des taxes locales. Pour cela il faudra en premier lieu agir sur les frais de fonctionnement.

 Le bus-tram. Alternatives Pyrénées, sous la plume d’Oscar, s’est livrée à une longue analyse de ce projet. Il est certain que celle-ci fera référence et surtout que ce projet sera un enjeu important des prochains débats.

 Le Grand Prix Automobile de Pau. Peter auto vient d’annoncer qu’il abandonnait le Grand Prix de Pau et qu’il passait la main à l’ASAC. Il ne s’y retrouve plus financièrement. Le projet doit être revu dans un contexte économique incertain. Devant la difficulté à trouver des sponsors privés, la municipalité sera-t-elle davantage sollicitée ?

 Le déménagement du parc des Expositions. Christian Roussille, actuel président, arrive en fin de mandat. Depuis sa prise de fonctions, il clame que le parc des expositions doit s’installer ailleurs. Les bâtiments actuels sont anciens et ne répondent plus aux besoins des manifestations qui s’y déroulent. Des projets ont été évoqués avec un autre lieu d’implantation, puis, plus rien.

 Les halles. Pendant un temps nous avons entendu dire qu’il fallait rhabiller le bâtiment. Une réflexion à laquelle «  Alternatives Paloises » avait participé à sa façon, avait été engagée. Et puis là encore plus rien, silence sur le sujet.

 La réfection des voies de circulation. Tout indique que depuis plusieurs années l’entretien des chaussées de la ville de Pau n’a pas été assuré comme il devait l’être. Un gros retard a été pris, sera-t-il possible de le rattraper ?

 La caserne Pissard-Santarelli. Depuis 1999, la ville de Pau est propriétaire de cet espace de 22 hectares. A l’époque les bâtiments étaient en bon état, ils sont maintenant en ruine. Les gens du voyage s’y sont installés. Y-a-t-il un projet ?

 La friche industrielle du quartier de la gare. Depuis le boulevard des Pyrénées, le paysage est pollué par cette friche. Un véritable handicap pour le classement par l’UNESCO. On a, par le passé, entendu dire qu’il fallait faire quelque chose.  Oui, mais quoi ?

 Pau est une ville où les dépenses de prestige ont été privilégiées. Le Zénith, le Palais des Sports, le Jaï Alaï, le Palais Beaumont, le stade d’Eaux-Vives;  sont-ils utilisés comme ils devraient l’être et ne sont-ils pas surdimensionnés ?

 Quelques idées, quelques sujets, mais il en existe bien d’autres. Le rôle des politiques est de définir les priorités.

 

                                                                                               Pau, le 11 septembre 2013

                                                                                               Par Joël BRAUD

Mea culpa

Je ne vais pas revenir sur les aveux de M. Cahuzac. D’une part parce que je les trouve bien tardifs et trop liés à une opération de communication, mais aussi et surtout parce que cette affaire et ses retombées ont fait l’objet de suffisamment de conversations et de commentaires. Parlons plutôt de moi, et peut-être, de vous.

Non, je ne fais pas partie des 353 gros contribuables français répertoriés par UBS dans ses « carnets du lait ». En passant, on peut remarquer que la banque suisse qui s’était illustrée dans le scandale du Libor n’a pas joué dans la finesse pour « traire la France ». Je ne fais pas partie non plus des contribuables absous par les services de M. Woerth dans son opération de dégrisement.

Mais hier, dans une grande surface j’ai acheté un ballon de foot et un lot de cinq paires de chaussettes. En toute inconscience, comme M. Cahuzac. Les montants, de 2 et 4 euros respectivement ne me paraissaient pas propres à une longue méditation. Ce n’est que maintenant que je réalise que je participais ainsi à la mondialisation et que le mot d’ordre « achetons français » était devenu bien inaudible derrière tant de polémiques. Par ailleurs, le consommateur ne peut que se faire à l’idée d’acheter des produits étrangers s’il veut acquérir un appareil photographique ou une tablette. Au-delà du petit fait de départ de cet article, il faut garder à l’esprit la réflexion de Pierre Gattaz, président du groupe des fédérations industrielles et candidat à la présidence du Medef :

« Après avoir connu les Trente Glorieuses, l’industrie française subit les vingt calamiteuses. Elle ne pèse plus que 15% du PIB, contre … 27% en 1974. »

Il convient de mettre cette évolution en rapport avec la ventilation des prélèvements obligatoires : les cotisations sociales représentent 333 milliards d’euros, les impôts indirects 158 milliards d’euros et l’impôt sur le revenu 50 milliards d’euros. Les 6 milliards d’impôts supplémentaires pour 2014 pèsent donc peu dans ce tableau ; mais ils ont un impact psychologique important.

A l’équilibre des comptes publics correspond l’évolution de l’économie du pays. Une différence de quelques millièmes de points du PIB entre les prévisions de Bercy et celles du FMI ne sont pas très significatives. Mais l’évolution positive ou négative aura un retentissement considérable sur le moral des entrepreneurs, des prêteurs et des citoyens.

Aussi, l’idée de ne pas enfoncer l’Europe dans l’austérité ne peut que venir à l’esprit. Le taux de chômage en France et surtout dans les pays du sud de l’Europe est insupportable et ne peut permettre un redressement des comptes publics qu’au prix de sacrifices douloureux. Pour autant, abandonner l’objectif de redresser ces comptes serait irresponsable, comme le soulignent à la fois Karine Berger, en charge des questions financières au PS, le chef du gouvernemant et François Bayrou dans un tribune du journal « Le Monde » du 16 avril. En effet, la France bénéficie à la fois d’un certain calme des relations sociales (hormis les réactions face aux licenciements) et de taux de crédits historiquement bas. Cela vaut que l’on préserve ces facteurs favorables, pas toujours bien mis en valeur dans les médias. Reste à trouver des clés pour trouver des économies et relancer la machine économique. Les mesures de moralisation préconisées par la pétition lancée par François Bayrou (qui n’a recueilli qu’un peu plus de 50.000 signatures jusqu’ici) ou qui seront proposées par le gouvernement ne peuvent conduire à cet objectif. Mais elles peuvent contribuer à rétablir un peu de la confiance nécessaire. Un grand plan de transition énergétique et d’amélioration de l’habitat à partir d’expériences concrètes serait mieux à même de relancer l’activité.

Et si les décideurs du G 20 sortent des incantations pour prendre des mesures concrètes contre l’évasion fiscale, une fenêtre pourrait s’ouvrir sur un ciel plus bleu. Mais à la réunion de Washington de ces derniers jours devra succéder une réunion en juillet à Moscou puis un sommet à Saint-Pétersbourg en septembre. La pression ne pourra pas être relâchée.

– par Paul Itologue