Aucune retenue de la part de Jean Lassalle

A la lecture des propos tenus par le député Jean Lassalle à l’égard du Préfet des Pyrénées Atlantiques on peut légitimement s’interroger sur les capacités de ce personnage à tenir son rang. Il y a en effet une limite à tout et surtout, il n’est pas admissible qu’un simple élu puisse insulter le représentant de l’Etat dans le département.

Si l’on s’en tient à ce qui est rapporté par la presse locale, le député Jean Lassalle a prononcé les propos suivants : « Qu’est-ce qui a conduit un préfet sexagénaire, qui a un an de plus que moi, à péter un câble sur l’ensemble de la presse locale ? ». Puis : « Ce préfet est pris en flagrant délit de mensonge ».

Bien sûr le sujet porte sur l’ours dans les Pyrénées et la prochaine réintroduction de deux ourses. Le sujet suscite localement les passions les plus exacerbées, mais ce n’est pas une raison et ceci n’excuse en aucune manière cela. D’ailleurs que l’on soit pour ou contre cette réintroduction n’intervient que très secondairement et n’a ici aucun intérêt. Car enfin, Jean Lassalle insulte le Préfet.

Ensuite, comme toujours, l’élu de la vallée d’Aspe se perd en propos peu clairs. Et il revient sur cette théorie du complot dont il se dit victime au niveau national et sans doute au plus haut niveau de l’Etat. Voilà où conduit une passion mal maîtrisée.

De son côté, le préfet des Pyrénées Atlantiques, représentant de l’Etat (et non du gouvernement) dans le département réagit de façon mesurée à ces propos outranciers (La République des Pyrénées du 2 juin 2018, page 6). Il cite Talleyrand : « Tout ce qui est excessif est insignifiant ». Il dit qu’il a de l’estime pour Jean Lassalle, bon on va le croire ! Et il souligne que « dans ce dossier (de l’ours), les attitudes sont irrationnelles ». C’est le moins que l’on puisse dire.

Alors, monsieur Jean Lassalle reprenez-vous et adressez au Préfet des excuses. Même si celles-ci ne pourront effacer ces outrances de votre part. Elles seront de nature à démontrer que de temps à autre vous êtes capable d’adopter un comportement mesuré. Rappelez-vous surtout que lorsqu’on est un élu de la République, il y a des mots qu’on ne peut prononcer. Rappelez-vous également que vous n’êtes qu’un député qui ne représente que ses électeurs d’un vote, tandis que le Préfet, représentant de l’Etat dans le département, a reçu pour mission d’organiser la concertation afin que cette réintroduction se fasse dans les moins mauvaises conditions. Il vous a fait l’honneur de vous recevoir pour vous préciser les décisions du gouvernement et c’est ainsi que vous vous comportez.

Monsieur Jean Lassalle, vous êtes maintenant le seul, après ce débordement incontrolé, à pouvoir retrouver une image autre que celle que vous donnez actuellement et dont je n’ose ici rapporter les termes le plus souvent répandus. Vous, l’enfant du pays ne bénéficiez plus de l’indulgence qui jusque là vous était accordée a priori.

Pau, le 4 juin 2018

par Joël Braud

Crédit photo : closermag.fr