La Cour règle les comptes

gabegie  La corporation des Maires de France donne un bien piètre exemple aux citoyens. Manifestations, pleurs et lamentations, ils « sont à l’os », on aurait presque envie de les plaindre. Mensonges !
La Cour des Comptes est heureusement là pour dire la vérité sur les finances des collectivités territoriales, où le bloc communal représente la dérive la plus importante. Et elle n’est pas belle pour nos Maires pleurnicheurs et avant tout piteux gestionnaires, par manque de courage ou incompétence.

Morceaux choisis du discours de Didier Migaud, le 13/10/2015 lors de la présentation de son dernier rapport.

Les coûts de fonctionnement une nouvelle fois à l’index…

« Pour la troisième année consécutive, les dépenses de fonctionnement des collectivités territoriales (177 Md€) ont progressé davantage que leurs recettes (214 Md€), respectivement de 2,2 % et de 1,3 %. Les dépenses de rémunération (62,5 Md€), dont la Cour avait déjà souligné le rythme de progression très rapide en 2012 (+ 3,4 %) et en 2013 (+ 3,3 %), ont augmenté encore plus vite en 2014 (+ 4 %). »

C’est donc en 3 ans une augmentation de 11,1% de la masse salariale ! soit plus de 6 milliards d’euro !!!

 Pendant ce temps, les collectivités territoriales diminuent les investissements…

« Les dépenses d’investissement ont aussi connu un recul important : -8,6 % pour les administrations locales dans leur ensemble, -9,2 % pour les seules collectivités territoriales. »

Et la dette continue à augmenter …

« En dépit de la réduction du besoin de financement des collectivités locales, la dette publique locale ne s’est pas stabilisée. La dette des administrations publiques locales (188 Md€) a augmenté de 3,2 % et, en leur sein, celle des collectivités territoriale (179 Md€) de 2,6 %. Ces constats amènent la Cour à réitérer ses recommandations en faveur d’une gouvernance renforcée des finances locales. »

Pourtant, les marges de manœuvre existent …

« La masse salariale constitue un gisement potentiel d’économies. Sa progression découle pour partie, je l’ai dit, de décisions qui échappent aux collectivités. Mais les exécutifs locaux disposent d’importants leviers pour ralentir sa progression. En particulier, des surcoûts importants continuent de résulter de pratiques contestables, auxquelles les gestionnaires publiques peuvent mettre fin : durées effectives de travail inférieures à la durée légale, lutte insuffisante contre l’absentéisme, recours excessif aux heures supplémentaires ; évolution non maîtrisée des effectifs. C’est possible, comme le montrent les exemples cités dans le rapport. Au-delà de ces efforts, une réduction significative de la masse salariale ne saurait être obtenue sans une réflexion sur les missions des différents niveaux de collectivités, sur leur organisation, et sur la répartition et l’évolution de leurs effectifs. »

 Les mutualisations constituent également une piste intéressante. La couverture du territoire par des groupements intercommunaux est désormais intégrale. De nouvelles mutualisations et des économies de gestion sont possibles, qui pourraient être couplées au renforcement des compétences transférées par les communes. Les travaux des chambres régionales des comptes mettent en évidence l’intérêt du développement de services mutualisés et le caractère encourageant de bonnes pratiques. Les démarches locales, encore hésitantes, pourraient être intensifiées et recentrées sur la recherche d’économies nettes, notamment sur les fonctions « support ». Des objectifs chiffrés d’économies pourraient accompagner les schémas de mutualisation, afin d’encourager les approches évaluatives.
L’exemple de Pau est tout à fait en ligne avec ce rapport.

Mais que fait donc François Bayrou ? ( « Bayrou et le budget de la ville de Pau : Où est la vérité ? » AP du 22/4/2015)

Il déforme la réalité dans sa description du budget et enfume maintenant les citoyens avec son « Pays de Béarn », une couche de plus dans le mille feuille que Bayrou transforme en pièce montée, tout cela pour ne pas s’attaquer aux vrais problèmes.

Pourtant il s’indigne contre le taux d’absentéisme des fonctionnaires territoriaux palois (16% !!!) ou les sureffectifs, mais ne fixe aucun objectif quantifié de progrès ni ne prend aucune mesure sérieuse. On pourrait hélas dire la même chose de l’immense majorité des Maires.
Le Département des Pyrénées Atlantiques n’est pas en reste. Il est d’ailleurs pitoyable de voir qu’après la gabegie socialiste, le MoDem et JJ Lasserre sont incapables de s’attaquer aux vrais problèmes : une masse salariale qui a augmenté de 30% entre 2009 et 2014 ( « Labazée et Lasserre : Zéro en mathématiques » AP du 30/6/2015) Sans parler de la gabegie des « Maisons du Département » ou les voyages touristiques en Argentine…

Pendant ce temps, les impôts locaux continuent d’augmenter…

Quand les contribuables s’éveilleront…

par Daniel sango