Réseau des médiathèques : déconnecté !

Depuis le 17 février 2018, les usagers « internautes » du réseau des médiathèques de Pau et agglomération, ne peuvent plus utiliser un des services proposés : les postes informatique ne sont plus disponibles.

En effet, depuis plus d’un mois, les PC ne sont plus disponibles.

Communication de la MIAL sur plusieurs panneaux au rez-de -chaussée + 3 plateaux (1er, 2ème et 3ème étage) :

depuis mi février : « En raison d’une panne sur un serveur, les postes informatiques sont indisponibles. Nous mettons tout en œuvre pour résoudre le problème rapidement. Nous vous remercions de ne pas essayer de forcer l’allumage des postes. Un cahier est à votre disposition au rez-de-chaussée pour toutes remarques. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour ce désagrément. »

Début mars 2018 : « Panne informatique : information du 10 mars 2018. 

La Direction du Numérique et la société Archimed, notre prestataire, travaillent actuellement ensemble pour essayer de résoudre les problèmes. Nous espérons une remise en fonctionnement en début de semaine prochaine. Les problèmes sont en partie liés à une infrastructure obsolète. Pour y mettre un terme, nous changerons l’ensemble du système informatique du réseau en avril prochain. Nous vous remercions de ne pas essayer de forcer l’allumage des postes. Un cahier est à votre disposition au rez-de-chaussée pour toutes remarques.

Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour ce désagrément ».

En bref, les usagers d’un des services du réseau des médiathèques doivent être compréhensifs et… patients !

On ne peut que déplorer le manque de réactivité ainsi que le manque de considération et d’information au public sur la date de remise en service du réseau internet.

Depuis l’ouverture de la MIAL, en juin 2012, cette médiathèque et d’autres dans le réseau, ont connu des pannes intermittentes (pas d’accès au réseau internet ou difficulté d’accès, lenteurs).

Voir SVP les deux articles suivants  intitulés (site Alternatives Paloises) :

1 – « L’informatique « rame » à la médiathèque André Labarrère » paru le 3 septembre 2012 http://www.alternatives-paloises.com/article.php3%3Fid_article=6142.html

2 – « Pau, Noël avant l’heure à la médiathèque André Labarrère » paru le 11 février 2013            http://www.alternatives-paloises.com/article.php3%3Fid_article=6481.html

On ne peut être que consterné par cette longue interruption d’un des services proposés par le réseau des médiathèques de Pau et son agglomération.

Cela constitue un réel désagrément pour tous les usagers qui ne disposent pas d’un accès à internet chez eux, d’une tablette ou d’un PC portable (accès via WI-FI à la MIAL), ou tout simplement accès à un PC relié au réseau internet, via une de leurs relations privées.

Pour info et/ou rappel : à Pau, le dernier lieu (Cybercafé, rue Lamothe) où l’on pouvait, en tant que particulier accéder à un poste informatique en dehors du réseau des médiathèques a fermé le 31 mai 2017. NDLR : si un touriste de passage à Pau, souhaite envoyer des messages, il devra chercher très longtemps !

Bien évidemment cette situation impacte la fréquentation de toutes les médiathèques de l’agglomération : rien qu’à la MIAL, avec plus de 50 postes informatiques réservés au grand public, cela fait au minimum 50 x 25 jours ouvrables = 1250 personnes/mois.

Questions :

Peut-on imaginer une si longue interruption d’accès à internet dans d’autres médiathèques de France et de Navarre ?
Peut-on imaginer le même problème dans les entreprises du  secteur privé ?

En effet, même avec un changement de serveur (ou de programme informatique), il devrait exister une continuité du service public, et ce, jusqu’au jour du basculement de l’ancien vers le nouveau serveur ou nouveau logiciel, à moins que rien n’ait été prévu ou anticipé par contrat avec le ou les prestataires de services.

NDLR : le personnel du réseau des médiathèques n’est pas touché par cette panne, SAUF à devoir faire face à quelques usagers mécontents dont quelques uns expriment de façon vindicative et directe, leur ras-le-bol sur le cahier de « Remarques et suggestions » qui est à leur disposition près du bureau d’accueil.

Allez, Messieurs de la Direction Numérique, encore un p’tit effort pour avoir un niveau de service … digne de ce nom !

Par Robert Contrucci

Pau, le 20 mars 2018

La médiathèque est-elle dangereuse ?

 Médiathèque 002Lors de mes pérégrinations dans la ville de Pau, je me suis arrêté devant la médiathèque André Labarrrère et j’ai vu qu’un spot était tombé sur l’avancée qui recouvre la petite entrée du bâtiment.

 Visiblement cette chute a eu lieu depuis peu car ce mercredi matin à 8 h 30, personne ne savait chez les instances responsables.

 J’ai laissé un message à François Bayrou qui très aimablement, m’a rappelé pour me remercier, à Josy Poueyto qui m’a également rappelé et auparavant j’avais cru de mon devoir d’informer les services techniques de la ville.

 Rassurez-vous Palois, piétons, ce secteur va être  protégé et sécurisé. Les élus prennent le problème à bras le corps.

 Mais quand-même à y réfléchir de plus près, ce spot est tombé pas très loin du trottoir emprunté aux différents moments de la journée par de nombreux chalands. Nous sommes aujourd’hui mercredi et les Halles connaissent une plus grande activité qu’un jour ordinaire.

 Le danger est réel d’autant que des spots de cette même facture existent en nombre à une hauteur de 7 ou 8 mètres et on peut s’interroger sur la fiabilité de leur fixation.

 Cette médiathèque dont personnellement j’apprécie beaucoup la fréquentation et les différents services qu’elle offre, est, de mon point de vue, depuis l’extérieur, particulièrement laide et mal intégrée dans le quartier. Serait-elle maintenant dangereuse ?

                                                                                                                       Pau, le 16 juillet 201

                                                                                                                       par Joël BRAUD

Le livre d’or

arton6094          L’agglomération paloise se couvre de médiathèques, après Billère et Lons, la MIDR (Médiathèque Intercommunale à Dimension Régionale) André Labarrère (les palois l’appellent MIAL) est ouverte. La médiathèque Trait d’Union (Ousse des Bois), attend ses nouveaux locaux en cours de construction (voir photo du projet). Il faut rajouter à ces équipements, les établissements plus anciens ( Arbizon, la Pépinière, P. Lafon) et ceux des autres communes de l’agglomération Pau Pyrénées (Lescar et Jurançon.)

Tout ceci est il justifié ?

Et tout d’abord, combien cela coûte-t-il ?

Les réalisations de fonctionnement 2011 de la « lecture » à l’agglomération Pau Pyrénées ont été de 5,35 M€ en 2011 (dont 4,1 M€ de masse salariale). La Direction de la Culture serait très satisfaite des performances de 2011 avec 803 000 prêts réalisés… A ces coûts, il faut rajouter les amortissements des investissements (bâtiments entre autres) faits ou en cours. Prenons 40 M€ sur 20 ans donnant ainsi un coût de 7,35 M€/an pour la fonction lecture.

C’est énorme !

Un rapide calcul nous indique que chaque fois que vous empruntez un livre ou une BD ou un CD il en coûte 9,2 euro au contribuable. Il serait bon que l’usager en soit informé. On pourrait placer au dessus des lieux d’enregistrement des prêts un panneau ainsi libellé :

« Pour chaque ouvrage emprunté, un contribuable paye 10 euro « 

Une autre approche consiste à regarder comment se situe Pau par rapport à d’autres villes de taille similaire.

J’ai choisi Reims, qui a, elle aussi depuis quelques années, une BMVR en centre ville.

L’agglomération de Reims compte 220 000 habitants, la ville de Reims, 191 400 habitantsK. Elle a aussi un gros avantage, la transparence existe à Reims (ce qui n’est pas encore le cas à Pau). Sur le site des Bibliothèques de Reims, vous pourrez trouver tous les chiffres du fonctionnement des médiathèques et bibliothèques. Ils n’étaient pas à jour lorsque je l’ai consulté, et, en ayant informé la Directrice par courriel, le jour suivant, l’année 2011 était sur le site…avec un mot de remerciements de sa part.

Pau, pourtant, utilise la même architecture de site Internet, il suffirait d’y rajouter comme à Reims « les médiathèques en chiffres »…

Bien utile pour la transparence et les NPM (Nouvelles Pratiques Municipales)

Reims dispose donc de :
la BMVR (elle s’appelle Jean Falala, le Labarrère local, elle est située face à la cathédrale, ouverte en 2003)
la médiathèque Croix Rouge (ouverte en 2003)
la médiathèque Laon Zola (réaménagée en 2005)
la bibliothèque Carnegie (livres anciens et patrimoniaux)
des bibliothèques de quartier (Holden, Saint-Rémi, Chemin-vert)
3 bibliobus
etc… (www.bm-reims.fr)

Les statistiques de Reims pour 2011 sont les suivantes : Coûts de fonctionnement 5,36 M€ dont 3,98 M€ de coût total du personnel (permanent et temporaire) correspondant à 104 temps pleins. Nombre de prêts 1 018 000. Si on rapporte ces chiffres à l’agglomération paloise (en ne prenant pour base que la population de la seule ville de Reims)

 

Il faut rajouter que la Médiathèque centrale de Reims est ouverte 35h par semaine plus un dimanche après midi par mois. A Pau ouverture 32h/semaine.

A Pau il a été évoqué qu’il manquerait actuellement 12 postes ( !!!) alors qu’en fait pour être comparable à Reims il y en a 26 en trop!

Les financiers de l’agglomération doivent être un peu conscients du problème puisque, malgré la contestation des employés, ils ont reporté toute décision à la rentrée, d’où des horaires d’ouverture limités de la MIAL.

La suite sera donc intéressante…

Il est évident qu’il existe un problème de fonctionnement dans l’agglomération Pau Pyrénées (« Gabegie à gogo à l’agglo » AP du 9 juillet 2012) et bien évidement dans la Direction de la Culture.

Il est clair que la collectivité ne peut supporter des coûts aussi élevés, alors qu’à l’évidence on peut faire beaucoup mieux. Ces organisations doivent être revues avec des critères réalistes qui privilégient l’efficience, en commençant par se poser la question du dimensionnement global de la fonction lecture.

Répartition différente des horaires d’ouverture, suppression d’établissements peu efficients, optimisation des postes, …etc., les remèdes sont nombreux et faciles à mettre en œuvre.

On est ahuri de voir toujours plus de personnel dans cette activité alors que partout la productivité augmente. D’ailleurs Pau s’est doté du plus gros robot de tri de France pour récupérer les ouvrages empruntés. L’informatique a fait des progrès gigantesques, les ouvrages sont équipés de puces électroniques qui permettent des suivis des ouvrages sans intervention. Mais il faudrait toujours plus de personnel…il y a donc bien un problème d’organisation.

En terme d’efficacité, on doit s’interroger sur l’offre des médiathèques. Le taux de pénétration sur l’agglomération, avant l’ouverture de la MIAL est élevé, et c’est logique puisque depuis plusieurs années, la Bibliothèque Municipale (puis la médiathèque délocalisée aux allées de Morlaas), Billère, Trait d’Union, puis Lons offrent de nombreuses possibilités aux lecteurs de l’agglomération paloise. Il est probable que l’ouverture de la MIAL n’augmentera pas sensiblement le taux de pénétration, il y aura simplement un transfert des usagers de ces médiathèques vers la MIAL. Aujourd’hui 18 000 emprunteurs réguliers et 35 000 inscrits (taux de 23 % ce qui paraît très important).

Quant à son rôle régional, son accès pour les habitants des villages hors agglomération n’est pas facile. Elle aura bien du mal à jouer ce rôle, une fois la première curiosité passée.

Ces investissements sont trop nombreux, trop importants. On aurait sans doute pu économiser la médiathèque de Lons et/ou les nouveaux locaux de Trait d’Union, la MIAL est aussi trop grande (nous verrons dans quelques mois les chiffres de la fréquentation journalière) D’autre part, ils arrivent sans doute trop tard car l’utilisation généralisée d’Internet vient en concurrence directe et la tendance des fréquentations est à la baisse :

« Plus de la moitié des équipements qui enregistrent le nombre d’entrées depuis 2004 ou 2005 ont connu une baisse significative de ce chiffre. La tendance est donc bien à une érosion de cette forme de fréquentation. Cette tendance n’est pas propre aux bibliothèques municipales car on la retrouve ailleurs. Entre 2004 et 2008, le nombre moyen de visites par jour d’ouverture a baissé de 18 % au haut-de-jardin de la Bibliothèque nationale de France et de 16 % à la Bibliothèque publique d’information entre 2004 et 2009. Le détail de ces résultats interroge aussi, car la baisse est particulièrement forte dans les établissements de grande taille. Ce sont les trois quarts des bibliothèques centrales de communes de plus de 50 000 habitants qui sont frappés par une baisse de leur fréquentation. Les établissements qui représentent la lecture publique par des bâtiments d’envergure sont encore plus touchés que les autres. Même des réalisations récentes, qui ont fait la fierté de la profession, sont délaissées par les citoyens : Vénissieux (- 31 %), Évreux (- 30 %), Orléans (- 28 %), Villeurbanne (- 24 %), Nice (- 23 %), Poitiers (- 22 %), Châlons-en-Champagne (- 20 %), Limoges (- 20 %), Blois (- 17 %), La Rochelle (- 17 %), Chambéry (- 16 %), Reims (- 16 %), Toulouse (- 10 %), Montpellier (- 9 %). Bibliothèques municipales à vocation régionale (BMVR), établissements construits par des architectes qui ont fait briller l’étoile des bibliothèques, aucun de ces équipements n’échappe à cette désaffection. »

(Source : Bulletin des Bibliothèques de France, Claude Poissenot Université de Nancy 2)

Les collectivités locales doivent comprendre dans quel contexte nous sommes. Il est vrai que les premières mesures prises par le PS au pouvoir évitent le cœur du problème français : l’obésité de la dépense publique. Jusqu’à quand ?

Pourtant, il n’y a aucune raison pour que Pau ne fasse pas mieux que Reims ! Car, en plus, à Reims aussi on doit trouver des marges de progrès très importantes.

Adeline Hazan, Maire de Reims est une personnalité du PS. Elle pourra utilement conseiller les élus palois pour cette indispensable première cure d’amaigrissement.

On attend donc avec impatience que la CDAPP se mette enfin à l’heure de l’efficience en faisant fonctionner ses médiathèques très vite avec 30% de personnel en moins. Car maintenant ce sont les dépenses qui doivent s’adapter aux recettes, et non l’inverse comme cela est le cas depuis des décennies. La justice, ce n’est pas augmenter toujours plus les impôts.

par Daniel Sango