Biarritz Municipales 2014 – Questions à Michel VEUNAC, tête de liste de « Le Rassemblement pour Biarritz »

VEUNAC-Michel-HD-Studio-Deepix-682x1024Les débuts en politique de Michel Veunac sont écologiques. Il fut aux côtés de Brice Lalonde, lors de la création de Génération Ecologie. Un motif qui amèna Didier Borotra à l’appeller à la Mairie de Biarritz en 1991 pour s’occuper d’environnement.
Depuis, présent sans discontinuer à la Mairie de Biarritz, l’élu aura eu comme responsabilités, celles de l’action sociale, du tourisme, de la vie associative et de la participation citoyenne. Michel Veunac s’est aussi profondément impliqué dans la communauté d’agglomération.
En 2007, Michel Veunac, rejoint François Bayrou lors du lancement du MoDem. L’adhérent du parti centriste est aujourd’hui l’un des trois élus de la majorité sortante, avec MM. Brisson (UMP) et Lafite (Radical de Gauche), à briguer la succession de Didier Borotra. Une élection à fort suspens.

AltPy – Quel regard portez-vous sur la mandature qui s’achève ?
Michel Veunac – Didier Borotra, maire « bâtisseur », a bien servi sa Ville en la dotant des équipements, des grands évènements, des aménagements et des outils de développement (comme Biarritz-Tourisme) qui lui manquaient. Il a replacé Biarritz à son rang de grande ville touristique européenne, renforçant sa solidité économique. Il a embelli sa ville, l’a équipée, l’a protégée du bétonnage. Il a porté une attention moins soutenue aux préoccupations quotidiennes des Biarrots, aux questions sociales et sociétales que connaissent aujourd’hui toutes les villes : le logement, la sécurité publique et les incivilités, la mobilité et les déplacements, la vie et l’animation des quartiers, les services urbains, l’écologie urbaine au quotidien. Mais c’est un grand Maire qui va quitter la scène.

Quels sont les principaux grands enjeux auxquels est confrontée la ville de Biarritz ?
D’abord le logement, notamment pour les jeunes ménages actifs, avec un fort décalage entre l’offre et la demande. Le problème ne se résoudra qu’à l’échelle de l’agglomération, mais Biarritz doit cependant faire un effort supplémentaire pour produire du logement locatif aidé. Le nombre croissant des résidences secondaires ne facilite pas les choses. Deuxième enjeu : la qualité des eaux de baignade, domaine où la performance doit être sans arrêt améliorée. Le troisième enjeu est économique, en faveur de l’emploi : renforcer notre économie touristique trop exclusivement résidentielle et prendre place dans la filière scientifique et industrielle de l’économie de la mer.

Quelles réponses comptez-vous y apporter ?
Biarritz connaît beaucoup de contraintes qui limitent les possibilités de construire. Il faut cependant rechercher sur son territoire les niches foncières mobilisables. Mais, je le répète, la question du logement ne se résoudra qu’à l’échelle de l’agglomération élargie. Pour la qualité des eaux de baignade, nous devons améliorer les équipements existants (bassins de rétention, émissaires en mer…) et en réaliser de nouveaux. Il faut aussi faire appel à de nouvelles technologies plus performantes. Pour l’enjeu économique et l’emploi, l’objectif est de consolider notre économie touristique en attirant sur notre territoire des entreprises produisant des biens pour le tourisme et, d’autre part, de faciliter l’accueil à Biarritz de jeunes entreprises et d’équipes scientifiques engagées dans l’économie de la mer.

L’emploi est la préoccupation première de nombreux Français et donc des Biarrots. Elu, quelles actions souhaitez-vous engager pour favoriser la création d’emplois ?
Comme pour le logement, la question de l’emploi doit s’envisager au niveau du territoire de l’agglomération. Mais Biarritz, par son rayonnement, peut fixer des entreprises sur la filière du tourisme et sur celle de « l’économie bleue », avec des emplois plus durables et plus stables que ceux du seul tourisme résidentiel. Par ailleurs, le développement de nouveaux services, notamment dans le domaine de l’environnement et dans celui de la solidarité, doit être créateur d’emplois.

En quoi votre méthode de gouvernance serait-elle différente de l’équipe municipale actuelle ?
Je porte depuis plus de dix ans les Conseils de Quartier à Biarritz et je leur donnerai le nouvel élan dont ils ont besoin. Je considère que les habitants d’une Ville ne sont pas de simples administrés, mais des citoyens actifs, qui veulent participer aux décisions qui les concernent. La décision publique s’enrichit toujours de « l’expertise d’usage » des citoyens. Je serai le Maire d’une autre gouvernance, d’une démocratie locale vivante, un Maire à l’écoute. Je ferai tous les six mois, publiquement, un compte-rendu de mandat.

Quel rôle êtes-vous prêt à donner à l’opposition municipale ?
Dans toute assemblée démocratique, l’opposition a un statut qui doit être respecté. Les conseillers d’opposition sont des élus minoritaires, mais représentant des citoyens de la Ville. Je souhaite des relations constructives avec l’opposition municipale, mais pour y parvenir, il faut aussi qu’elle ait la même attitude.

Quelle place donnerez-vous aux conseils de quartier, référendum d’initiative populaire ou toute autre méthode pouvant amener les citoyens à participer à la vie de la cité ?
Comme je l’ai dit dans la question ci-dessus je donnerai une place plus importante aux Conseils de Quartier, d’abord en les reconnaissant davantage dans leur rôle d’interface entre les habitants et l’autorité municipale, en établissant une relation plus directe et efficace avec les élus et l’administration municipale, en formant les conseillers de quartier à leurs responsabilités. Je ne suis fermé à aucune forme légale de démocratie participative.

Comment envisagez-vous la place de votre ville dans le cadre de la Communauté d’Agglomération Côte-Basque Adour ? Quelle est votre position par rapport à la Présidence de celle-ci ?
Les intercommunalités vont prendre dans les années qui viennent une place plus importante de chef d’orchestre et de pilote stratégique dans le développement des territoires. Chaque ville doit s’inscrire dans le Bloc local, en conservant ses prérogatives et des fonctions stratégiques de conduite de son Projet, dans une relation étroite et équilibrée avec l’intercommunalité et dans la dynamique métropolitaine qui s’annonce. Par son rayonnement et sa notoriété, Biarritz doit être pour son Agglomération un moteur puissant de développement. Quant au Président, il doit être tout naturellement désigné par l’assemblée communautaire élue.

– propos recueillis par Bernard Boutin

Le site de campagne de Michel Veunac : http://www.michelveunac2014.fr

Biarritz Municipales 2014 – Questions à Guy Lafite, tête de liste « Esprit de Biarritz ! »

Guy LafiteA Biarritz, Didier Borotra (MoDem) ne se représente pas pour les élections municipales de mars 2014. Cinq candidats se sont déclarés à ce jour : Michel Veunac soutenu par le MoDem, Max Brisson soutenu par l’UMP, Richard Tardits (candidat indépendant), Jean-Benoît Saint-Cricq qui mène un rassemblement de la droite et du centre, ainsi que Guy Lafite, membre du Parti Radical de Gauche, soutenu par la gauche biarrote. Un sixième candidat pour le Front National pourrait se rajouter à la liste. Questions à Guy Lafite qui vient de créer la surprise puisqu’un sondage, paru le 20 février, le donne deuxième au premier tour. Un Guy Lafite pour qui l’exercice municipal n’est pas nouveau puisqu’il est actuellement adjoint en charge des finances et affaires juridiques auprès de Didier Borotra.

AltPy – Quel regard portez-vous sur la mandature qui vient de s’achever ?
C’est en fait toute une période, plutôt qu’une mandature, puisque Didier Borotra gère la ville depuis 23 ans, après avoir battu Bernard Marie avec une majorité composée de diverses sensibilités. Il a un bilan globalement positif, il a réveillé la ville, il l’a équipée et a maintenu un tourisme qui s’étale beaucoup plus tout au long de l’année. De ce point de vue là, cela a été un tournant très positif pour Biarritz. Je pense, par contre, qu’un certain nombre de points n’ont pas été suffisamment anticipés comme la question du logement et la nécessité d’une politique pour retenir les familles avec enfants. Il s’agit-là d’enjeux majeurs pour l’avenir.
Et puis Didier Borotra n’était pas vraiement doté d’un esprit intercommunal. Il y a donc un tournant urgent à prendre en ce qui concerne notre communauté d’agglomération comme il y a un tournant à prendre pour Biarritz.

AltPy – Au delà du logement, il semble qu’il y ait un problème au niveau des écoles, du primaire…
Le constat très inquiétant que je fais, c’est une perte de population liée en quasi-totalité à l’effondrement du nombre de familles avec enfants qui vivent à Biarritz. C’est nous qui avons fait de cette question un thème central (ndlr : de la campagne), repris aujourd’hui par tous les autres candidats. Lorsqu’on regarde les données, il y avait 3000 familles avec enfants en 1999, 1800 en 2009 et aujourd’hui probablement autour de 1500. C’est absolument dramatique. Si nous continuons comme cela, c’est une ville qui va perdre son dynamisme, sa créativité et des problèmes d’activité commerciale hors saison. C’est l’esprit de note ville qui risque de s’en aller.
C’est le premier enjeu, un enjeu majeur. Cela se traduit par des écoles qui sont en train de perdre massivement leurs élèves. Pour vous donner une idée, les maternelles ont perdu 30% d’effectif en dix ans.

AltPy – Quelles réponses comptez-vous y apporter ?
Il n’y en a pas cinquante. Le problème est tellement grave et massif que, de mon point de vue, on ne peut s’y attaquer que si l’on crée du logement adapté à ceux qui en ont besoin. Les gens qui ont des situations très modestes, il y en a beaucoup à Biarritz, mais également les couches moyennes sont en difficulté avec un foncier trop cher. 70% des ménages sur Biarritz ont des revenus qui leur donnent potentiellement accès au logement social.
Pour y faire face, il y a d’abord deux opérations importantes qu’il faut réaliser : c’est d’une part Aguillera, d’autre part Iraty ; avec comme potentiel 400 à 500 logements à chaque fois. D’autre part, il faut essayer de densifier le centre pour faire revenir les familles en cœur de ville, sous réserve de respecter le patrimoine architectural de Biarritz.
Je n’ai pas envi de revoir en effet ce qu’on a vu dans les années 70 – 80 avec des bâtiments qui ont enlaidi Biarritz. Il y a un travail sur la densification qui est tout à fait faisable et réaliste.
Il y a aussi quelque chose d’assez inattendu qui est la gestion du logement insalubre. C’est paradoxal à Biarritz mais il y en a plus qu’on ne le pense en particulier dans certains quartiers.
Sur ces trois volets, il faut agir fortement et rapidement pour stopper cet effondrement du nombre des familles avec enfants.
Pour les écoles, je ne suis pas du tout sur la position de mes concurrents qui voudraient faire fermer des écoles. C’est prématuré et en tout cas pas très logique parce que si on réussit à réinstaller les familles, les écoles verront leur effectif remonter.
Nous avons surtout un besoin de modernisation des écoles qui sont assez vétustes. Tout cela doit se faire en concertation avec la communauté éducative. Par ailleurs, lorsqu’il y a des salles disponibles, il y en a, nous avons des besoins de création de salles de repos, salles d’animation, salles de jeux, notamment avec la réforme des rythmes scolaires.

AltPy – Un autre axe important, celui de l’emploi. Une fois élu quels types d’actions vous pourriez engager pour favoriser l’emploi sur le territoire de Biarritz ?
La situation est paradoxale : nous avons perdu beaucoup de familles avec enfants et en même temps le nombre d’emploi à Biarritz a plutôt augmenté. Il n’a pas massivement augmenté mais il est passé de 11.700 emplois fin 90 à plus de 12.000 aujourd’hui ! Cela se traduit par les mouvements d’entrée et sortie de la ville, le matin et le soir, de ceux qui sont allés se loger à l’extérieur et qui reviennent.
Créer des emplois, c’est travailler sur deux volets : les emplois liés au tourisme ce qui à Biarritz est très important (25% des emplois sont directement liés au tourisme). Il faut continuer le développement du tourisme et sa diversification avec une politique forte pour attirer des salons et congrés en plus de l’action vers le tourisme individuel. Tout ceci doit être poursuivi.
Mais en même temps, nous avons une agglomération qui a beaucoup de potentiel : Une université, un port, un aéroport, des technopoles qui fonctionnent bien. Il y a plus de 1000 emplois sur Izarbel par exemple et si l’on veut avoir une gamme d’emplois qui permette aux gens de travailler dans l’agglomération, il faut une action forte en matière économique sur l’agglomération. Sur Biarritz de façon isolé, cela n’a pas de sens car nous avons peu de terrains disponibles. On peut créer un certain nombre d’activités sur la zone d’Iraty mais la plupart des activités qui doivent se développer ou s’implanter vont plutôt sur le reste de l’agglomération à Biarritz, Bayonne, Anglet, Bidart, Boucau. Egalement à la périphérie.

AltPy – Le développement économique est la compétence première de l’agglo…
C’est théoriquement la compétence de l’agglo. Encore faudrait-il qu’elle l’exerce correctement ! Vous savez combien il y a de personnes qui se chargent du développement économique à l’agglomération ? Il y en a deux. Cela montre bien que ce n’est pas une vraie priorité. L’agglo doit s’organiser pour être à la mesure des enjeux. Elle doit mettre en place un vrai service économique. Deuxièmement elle doit fédérer les acteurs, travailler avec la CCI, avec le port et les organisations d’entreprises. Elle doit aussi s’ouvrir sur la périphérie et demander aux autres communautés alentours si elles considèrent qu’il s’agit d’un enjeu majeur. Auquel cas il faudra travailler ensemble.

AltPy – Comment envisagez vous la place de votre ville dans le cadre de la Communauté d’Agglomération Côte Basque-Adour ? Quelle est votre position par rapport à la Présidence de celle-ci ?
Jusqu’a présent la Communauté d’Agglomération a fonctionné avec des villes un peu repliées sur elles-mêmes et qui l’utilisaient essentiellement pour des compléments de financement. Il faut en sortir. Nous devons passer le cap comme cela se fait dans la plupart des agglomérations en France. Nous devons travailler ensemble pour avoir un vrai projet collectif d’agglomération.
Biarritz doit être forte dans une agglomération qui elle-même doit être forte et qui tire tout le monde vers le haut.
L’agglomération doit exercer toutes ses compétences, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ; les élargir aujourd’hui ne me semble pas une nécessité immédiate. Biarritz doit prendre toute sa place dans cette démarche et porter ses propositions dans le cadre des projets de l’agglomération.
Il y a beaucoup à faire entre le développement économique, la qualité des eaux, les transports, le logement.

AltPy – C’est aussi l’ACBA qui doit gérer le problème de la pollution des plages biarrotes…
Bien sûr. L’assainissement fait partie des compétences de l’agglomération et d’ailleurs Surf Rider* a interrogé tous les candidats de l’agglomération. Ceux de sensibilité de gauche de Bayonne, d’Anglet, de Biarritz ont décidé de répondre ensemble. Nous leur avons adressé une lettre très détaillée, pas une réponse de principe. Nous y décrivons le projet que nous souhaitons mettre en œuvre pour traiter le problème de la qualité des eaux.

AltPy – En quoi votre méthode de gouvernance serait-elle différente de l’équipe municipale actuelle à laquelle vous apparteniez ?
Connaissant bien les collectivités et la gestion financière de celles-ci, Monsieur Borotra m’avait proposé de rejoindre son équipe en 2008. Avec le temps, je me suis aperçu que sa façon de fonctionner n’est pas tout à fait la mienne. Je considère que l’équipe municipale doit travailler de façon collégiale avec de vrais délégations. Je n’ai pas eu de problème particulier mais, dans les domaines plus opérationnels, la méthode de M. Borotra ne laissait pas beaucoup de marge de manœuvre à ses adjoints.
J’ai pu expérimenter, à titre professionnel les deux méthodes, celle que je propose me parait la plus efficace. Il faut surtout travailler en concertation avec les acteurs de la ville et la population. Il y a deux volets à développer. D’une part les conseils de quartier qui doivent être des acteurs de concertation, pas seulement sur le quartier mais aussi sur les politiques de la ville et ses grands projets et, d’autre part, créer des structures qui fédèrent les acteurs dans les domaines qui sont importants. Il faut par exemple une structure regroupant commerçants, hôteliers, restaurateurs pour éviter d’imposer des décisions incohérentes par rapport à leur besoin. Même démarche pour la culture, l’animation et la vie associative.
Cette façon d’associer les acteurs de la ville et la population à la gestion de la ville me parait fondamentale.

AltPy – Pourriez-vous aller jusqu’à des référendums d’initiative populaire ?
Je n’ai pas d’opposition de principe au référendum d’initiative populaire mais je trouve que c’est très lourd à organiser. On ne doit y arriver que quand un sujet n’a pas pu être traité par les structures de concertation normales. Cele ne me parait pas la panacée. Je n’ai rien contre le principe mais on ne peut pas les multiplier.

AltPy – Quel rôle pensez-vous donner à l’opposition municipale ?
L’opposition municipale sera dans toutes les commissions y compris les commissions extra-municipales. Cela me parait logique. Je m’engage aussi à les rencontrer régulièrement pour faire le point sur les projets, nos divergences, leurs propositions. Je reste ouvert. Il faut écouter tout le monde.
La majorité met en œuvre le projet qu’elle a porté devant les électeurs. C’est normal, mais cela n’interdit pas d’écouter l’opposition. Cela dit, si l’opposition prend des postures, la discussion ne sera pas d’une très grande portée. Si elle veut agir de façon constructive, la situation sera différente.

AltPy – Question ouverte au sujet de votre choix
Nous sommes à un tournant important pour la ville et pour l’agglomération. La situation va être très difficile avec des baisses fortes des dotations de l’Etat prévues pour 2014 et 2015 qui risquent fort de continuer, au moins en 2016. Dans cette situation, la force des équipes résidera dans leurs compétences et notamment celles de leur tête de liste pour arriver à gérer la ville sans pression sur la fiscalité.
Mon but est de ne pas toucher au niveau des taux. Mes expériences de gestionnaire de la ville de Marseille comme de la ville de Paris, de responsable du financement des collectivités dans de grandes banques me donnent une expérience très forte en matière de gestion pour la ville. J’ai rassemblé autour de moi un certain nombre de représentants des partis de gauche mais aussi majoritairement des gens de la société civile qui ont de fortes expériences dans le privé, dans le public, dans l’associatif. C’est cet ensemble de compétence que l’on souhaite mettre au service de la ville.
Ce volet est très important tout comme le volet « Ethique ». Toute personne qui s’engage avec moi signera une charte éthique. Je serai très attentif à ce que son comportement, le fait d’éviter tout conflit d’intérêt avec la ville et ses satellites, soit une règle que chacun s’impose.

– propos retranscrits par Joël Braud et Bernard Boutin

Le site du candidat : http://www.espritbiarritz.fr/les-actualités/municipales-biarritz-2014-avec-guy-lafite

Le sondage qui donne Guy Lafite en deuxième position au premier tour : http://www.sudouest.fr/2014/02/20/sondage-a-biarritz-l-ump-donnee-en-tete-au-premier-tour-des-municipales-1468201-6030.php

*La fondation Surf Rider : http://www.surfrider.eu/fr/presentation/notre-histoire.html

Biarritz Municipales 2014 – Questions à Richard TARDITS, tête de liste de « VIVRE BIARRITZ »

Capture d’écran 2014-02-12 à 18.04.56 Biarritz a son candidat hors-norme : Richards TARDITS. Basque d’Amérique, titulaire d’un MBA (Master d’administration des affaires) de l’Université de Georgie, seul Français à avoir été professionnel de foot US dans la National Football League, écologiste mais aussi entrepreneur, pragmatique… voilà une carte de visite d’un genre nouveau dans notre région !
Si l’homme est « différent », sa vision l’est aussi. Quelques mots-clés : vélo électrique, circulation douce, économies vertes et bleues, taux de natalité mais aussi plus classique : gestion financière, écoute des Biarrots etc.

AltPy – Quel regard portez vous sur la mandature qui s’achève ?
Richard TARDITS – En premier lieu, mon regard se porte bien sûr sur l’aspect esthétique de notre ville : notre ville est belle et sa place sur le tableau des plus belles villes d’Europe et du monde n’est plus à prouver. Monsieur Borotra n’y est pas étranger. Ensuite, mon attention se porte sur la situation financière de notre ville. Beaucoup d’investissements ont été faits ces quinze dernières années sans logique économique et sans consulter les Biarrots. La priorité de la nouvelle équipe sera de rétablir un équilibre financier afin de pouvoir investir dans le futur.

Quels sont les principaux grands enjeux auxquels est confrontée la ville de Biarritz (en dehors du thème de l’emploi traité plus loin) ?
L’enjeu principal est la sauvegarde et la conquête des familles à Biarritz. Le taux de natalité Biarrote n’a jamais été aussi bas et les écoles se vident à vue d’œil. Il est capital, pour que nos enfants puissent profiter de notre ville comme nous en avons profité, d’investir dans l’avenir des jeunes familles.

Quelles réponses comptez-vous y apporter ?
Le seul moyen de garder nos familles et d’attirer les familles de l’extérieur est d’investir dans nos écoles et nos équipements. Le budget dédié aux écoles maternelles et primaires doit être révisé et nous comptons rénover les 11 écoles Biarrotes au cours des 6 prochaines années. Cette rénovation couvrira non seulement les bâtiments mais aussi les équipements mis à disposition des enfants dans les classes. De plus, la réforme scolaire est un tremplin formidable pour développer leur culture à travers les activités périscolaires en impliquant les associations. Les équipements sportifs de notre ville doivent aussi être rénovés. Les vestiaires et points d’accueil de l’hippodrome des fleurs, du parc Gramont, Fall, Lycée Malraux, etc…ont un besoin vital de modernisation. Le parc des sports d’Aguiléra doit devenir une destination incontournable pour le sport dans notre région et nous avons présenté un projet d’aménagement aux Biarrots qui a fait l’unanimité.

L’emploi est la préoccupation première de nombreux français et donc des Biarrots. Elu, quelles actions souhaiterez-vous engager pour favoriser la création d’emplois ?
La pépinière Izarbel est la première créatrice d’emplois du territoire (plus de 1000 emplois) et il est donc logique de se focaliser sur ce type d’outils afin d’aider des entreprises à s’implanter dans notre agglomération. Biarritz, par sa réputation, est une destination recherchée et la nouvelle équipe devra répondre à leurs exigences afin de les aider à s’implanter chez nous. N’oublions pas que notre commune et son agglomération ont aujourd’hui des pôles d’enseignement, ingénierie, audio-visuel et hôtellerie de première qualité. Nous pouvons enrichir l’offre d’enseignement supérieur autour de ces thématiques existantes. Ces étudiants sont les créateurs d’emplois de demain (plus 15% des étudiants sortis d’ESTIA restent sur le territoire)

En quoi votre méthode de gouvernance serait-elle différente de l’équipe municipale actuelle ?
Notre méthode de gouvernance sera basée sur la proximité. Notre commune compte plus de 500 collaborateurs et se sont eux qui sont les bras et les jambes de notre gouvernance. Il sera primordial de réunir toute l’équipe municipale au moins deux fois par an pour renforcer les liens intergénérationnels et inter-sociaux afin que nous puissions travailler d’une manière soudée avec les mêmes objectifs. De plus, le maire sera accessible aux Biarrots puisque deux fois par mois, je dédierai une matinée pour répondre directement aux appels téléphoniques des Biarrots, et une fois par semaine, 20 Biarrots pourront déjeuner avec le Maire dans un restaurant de Biarritz.

Quel rôle êtes-vous prêt à donner à l’opposition municipale ?
N’oublions pas que l’opposition municipale est constituée d’hommes et de femmes qui se sont présentés aux élections avec la même volonté : Améliorer la vie des Biarrots ! Nous formons tous une équipe avec le même but, donc il me paraît indispensable d’impliquer l’opposition municipale dans le travail journalier de gestion de notre ville.

Quelle place donnerez-vous au conseil de quartier, référendum d’initiative ou toute autre méthode pouvant amener les citoyens à participer à la vie de la cité ?
Les conseils de quartier sont indispensables à la vie de Biarritz car ils nous permettent de récolter de l’information sur les modes de vie de tous les Biarrots. Ce qui est capital c’est de s’assurer que cette information soit enregistrée dans les bons services et qu’elle serve de fondations à des solutions pragmatiques pour les quartiers concernés.

Comment envisagez vous la place de notre ville dans le cadre de la Communauté d’Agglomération Côte Basque-Adour ? Quelle est votre position par rapport à la présidence de celle-ci ?
La nouvelle organisation du conseil d’agglomération va permettre à celui-ci de garder une certaine indépendance par rapport aux communes. La communauté d’agglomération va prendre une place grandissante dans l’organisation de notre région et ses compétences vont rapidement être élargies.
Biarritz, de par sa notoriété, restera un fer de lance de notre territoire, et travaillera dans la concertation, en complète transparence, et dans un souci de réussite collective.

Question ouverte au sujet de votre choix :
Comment rentabiliser la Cité de l’Océan ?
La cité de l’Océan appartient aux Biarrots.
A court terme, il faut rapidement réconcilier la population avec cette réalisation. Trop de Biarrots n’ont jamais visité la Cité de l’Océan. Et la municipalité doit faciliter ce premier pas vers Ilbarritz.
Il faut créer un élan, en proposant des journées « portes ouvertes » pour les biarrots, en amenant des expositions temporaires attractives, renouvelées tous les 3 ou 4 mois, en créant des animations autour du site, en liaison avec les festivals de la ville (FIPA, temps d’aimer, Festival latino-américain).
Il faut également proposer une offre culturelle plus élargie, en proposant des modules plus simples, plus ludiques et plus variés.
A moyen terme, il faut rattacher la Cité de l’Océan à la ville.
Elle doit être accessible, de manière piétonne par tous les Biarrots. Il faut l’intégrer dans un centre de vie en créant un quartier sud de Biarritz, le quartier Milady. Ce projet doit commencer par la finition de l’accès longeant la côte des Basques jusqu’à la plage Marbella. Cette voie permettra aux Biarrots de longer le littoral (piéton ou vélo) du Phare jusqu’à Ilbarritz. Ce quartier doit ensuite devenir un pôle d’attractivité autour des économies vertes et bleues, créateur d’activité et d’emplois.

L’aménagement verra apparaître les outils suivants :
– Hôtel entre la cité de l’Océan et centre équestre et parking de délestage à coté et sous l’hôte
– Parc de jeux/skate parc entre la cité de l’Océan et la plage d’Ilbarritz
– Délocalisation du parking camping cars
– Rénovation des serres «Gelos » et aménagement d’un parc botanique et jardin participatif
– Mise en valeur du centre d’artistes et création d’un salon de thé sur le site
– Maison de la mer pour études des menaces biologiques sur nos plages
– Ecole d’enseignement supérieur et logements étudiants sur le site de l’ancien Leclerc
– Rond point à la sortie de la plage Marbella
– Parking souterrain devant Thalmar avec commerces de proximité en surface

– propos recueillis par Bernard Boutin

Le site de « Vivre Biarritz » : http://www.vivrebiarritz-richardtardits2014.fr
La page FaceBook « Vivre Biarritz, Richard Tardits 2014 » : https://www.facebook.com/pages/Vivre-Biarritz-Richard-Tardits-2014/565253733522415

Pièces jointes : les plans des deux projets phares de « VIVRE BIARRITZ », le parc des sports d’aguiléra et le quartier Milady.

Capture d’écran 2014-02-12 à 18.51.07              Capture d’écran 2014-02-12 à 18.50.11

Questions à Jean-Benoît SAINT-CRICQ, tête de liste de « BIARRITZ ENSEMBLE »

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Didier Borotra (MoDem), 76 ans et emblèmatique maire de Biarritz depuis 1991, ne se représente pas pour les élections municipales de mars 2014. Cinq candidats se sont déclarés à ce jour : Michel Veunac pour le MoDem à la tête de « Mon parti, c’est Biarritz », Max Brisson avec la liste « Le temps des Biarrots » soutenue par l’UMP, Richard Tardits (candidat indépendant),  Jean-Benoît Saint-Cricq qui mène « Biarritz Ensemble », un rassemblement de la droite et du centre, ainsi que Guy Lafite pour le Parti Radical de Gauche. Un sixième candidat pour le Front National pourrait se rajouter à la liste. Questions à Jean-Benoît Saint-Cricq dont on peut retrouver ICI une précédente intervention sur AltPy.

AltPy – Quel regard portez-vous sur la mandature qui s’achève ?
Jean-Benoît SAINT-CRICQ – Un regard sévère. Cette mandature aura été marquée par deux scandales, celui de la Cité du Surf et celui de la SOGICOBA. La Cité du Surf devenue Cité de l’Océan, a été lancée dans le cadre d’un PPP (Partenariat Public Privé) outil financier de plus en plus décrié qui s’apparente au Crédit revolving pour collectivités locales.
L’opération qui devait coûter 8,4 M€ aboutit à 90 M€ ce qui est phénoménal pour une ville de 26.000 Hbts. Non seulement BIARRITZ OCÉAN a été ruineuse à la réalisation, mais elle s’avère ruineuse à l’exploitation. Les comptes de la Société sont dans le rouge et la situation ne cesse de s’aggraver : 2012 : – 300.000 €, 2013 : – 474.000 € ! Mais ce ne sont que les pertes officielles car, il faut y ajouter les quelques 400.000 € de subventions par an et la part de loyer de 600.000 €/an payée à Vinci et non répercutée sur la Sté d’exploitation. Au total les pertes réelles sont de l’ordre de 1.450.000 € / an ! Un gouffre !
La SOGICOBA est le second scandale. Alors qu’il n’avait aucun mandat pour le faire le maire a vendu notre parc HLM au quart de sa valeur à la Sté Marseillaise ERILIA. Ces logements valaient plus de 120 M€ et ils ont été vendus 32 M€. Erilia devait construire le quartier Kléber. Le programme est en panne depuis 7 ans. Nous venons d’apprendre qu’elle n’a pas l’argent pour construire et demande à la CABAB une autorisation de démembrement, scandaleux ! C’est un scandale dans le scandale.
Tout ceci est agrémenté d’un rapport accablant de la Cour des comptes sur la gestion de l’hôtel du palais qui appartient à la ville. 200.000 € par an d’invitations NON JUSTIFIÉES pendant une période de 7 ans ! Près de 100.000 € par an de voyages non justifiés pour la direction de l’hôtel pendant 7 ans !
Ajoutez à cela la mise en examen du maire pour immixtion et détournement de fonds et d’effets publics et le tableau sera complet ! Triste fin de règne. Les trois adjoints qui se présentent pour briguer sa suite sont directement impliqués dans cette gestion pitoyable. Ils sont tous administrateurs de la Société BIARRITZ OCÉAN qui a précipité BIARRITZ dans une dette de plus de 70 M€ !

AltPy – Quels sont les principaux grands enjeux auxquels est confrontée la ville de Biarritz (en dehors du thème de l’emploi traité plus loin) ?
L’enjeu principal est celui du redressement des finances pour éviter de voir l’impôt flamber. Dans une période où l’aide de l’Etat à la Ville (DGF) va baisser de 500.000 € /an dans les 10 prochaines années, cette folie dépensière tombe mal.
Les plages sont régulièrement polluées par des déversements d’eaux usées ce qui va finir par nuire gravement à la station.
La sécurité se dégrade notablement surtout l’été. La grande Plage devient infréquentable, alcool, drogue, violence.
La circulation est incohérente et le stationnement très insuffisant.

AltPy – Quelles réponses comptez vous y apporter ?
Finances : Il faut arrêter les dépenses de prestige pour se concentrer sur les missions premières et redresser les finances.
Eaux de baignade : Il faut un réservoir tampon supplémentaire en urgence et des pompes de relevage plus puissantes pour drainer les eaux usées à notre station d’épuration.
Sécurité : Il faut de l’éclairage, des caméras de vidéoprotection et des moyens policiers supplémentaires.
Circulation stationnement : Il faut mettre en place un vrai plan de circulation et créer du stationnement temporaire gratuit dans le centre pour donner accès aux commerces.

AltPy – L’emploi est la préoccupation première de nombreux français et donc des Biarrots. Elu, quelles actions souhaitez-vous engager pour favoriser la création d’emplois ?
Notre station manque de dynamisme. Il faut accroître son attractivité et suivre l’exemple de BILBAO qui, avec le Musée GUGGENHEIM, a su attirer 1 million de visiteurs / an et bénéficie de plus de 100 Millions d’Euros / an de recettes induites pour son économie. Cela a permis de créer 4.500 emplois. Le Musée d’Art que j’ai l’ambition de créer à Biarritz à la place de la Cité du Surf est LA SOLUTION.

AltPy – En quoi votre méthode de gouvernance serait-elle différente de l’équipe municipale actuelle ?
Ce ne sera pas difficile de faire mieux ! Il suffira de recevoir et d’écouter les Biarrots, ce que je fait depuis 33 ans dans ma profession.

AltPy – Quel rôle êtes-vous prêt à donner à l’opposition municipale ?
J’entends qu’elle soit informée et associée aux processus de décision afin d’éviter les incompréhensions. La ville est en grande difficulté. Si les Biarrots me font confiance, j’agirai dans la concertation pour assurer son redressement. Nous n’aurons pas les moyens de nous disperser en querelles futiles.

AltPy – Quelle place donnerez-vous au conseil de quartier, référendum d’initiative populaire ou toute autre méthode pouvant amener les citoyens à participer à la vie de la cité ?
Les grand sujets d’intérêt seront soumis à référendum. Pas question, en cours de mandat d’aller vendre 650 logement sociaux sans avoir reçu de mandat pour le faire !

AltPy – Comment envisagez vous la place de votre ville dans le cadre de la Communauté d’Agglomération Côte Basque-Adour ? Votre position par rapport à la Présidence de celle-ci ?
Compte tenu de la probable recomposition politique de la Communauté, la présidence tournante sera sûrement abandonnée. Il faudra veiller à ce que les investissements de la Communauté soient bien communautaires et ne procèdent pas du saupoudrage communal stigmatisé par le rapport de la Cour des Comptes de 2007 à l’époque de la présidence BOROTRA. Je défendrai les intérêts de Biarritz

AltPy – Comment voyez-vous le logement à Biarritz ?
Notre souhait est de favoriser une architecture respectueuse de l’identité de Biarritz et de son patrimoine architectural tout en favorisant une légère densification, maîtrisée. En effet, depuis 23 ans la politique urbaine a conduit à un exode des jeunes Biarrots, à telle enseigne que les établissements scolaires ont dû fermer des classes. Cette densification maîtrisée doit être envisagée en maintenant une protection des sites remarquables et en veillant à l’homogénéité architecturale de la Ville.
Avec notre équipe les Biarrots seront garantis de ne plus jamais voir construire des bâtiments sans relation avec l’architecture de notre Ville comme celle du quartier Kléber dont les adjoints de l’équipe sortante, aujourd’hui candidats, portent conjointement la responsabilité.
Pour nous, Aguiléra doit être préservé et doit conserver sa vocation de parc sportif. Les logements nouveaux doivent être implantés en priorité dans le quartier d’Iraty. La création de 400 logements dans cette zone sera une solution cohérente au problème du logement locatif pour répondre à la Loi S.R.U. en mettant un accent sur l’accession à la propriété à destination des jeunes ménages Biarrots, à des prix accessibles et assortis de clauses antispéculatives, afin de préserver la destination de ces immeubles.
Indirectement, cette insertion de logements va dynamiser le quartier d’Iraty qui souffre de son isolement et les commerces s’en porteront mieux. Il ne sert à rien d’étendre les surfaces commerciales si celles déjà en place ne fonctionnent pas. Il vaut mieux créer des logements, tant attendus par les familles.
Cette démarche permettra aussi de rouvrir les classes qui ont malheureusement dû être fermées. Biarritz connaîtra de nouveau la mixité intergénérationnelle. Il conviendra également de favoriser la création d’une nouvelle maison de retraite médicalisée pour répondre à une demande pressante.

– propos recueillis par Bernard Boutin

Pour découvrir les autres interviews, réalisées par AltPy, des candidats dans les principales villes des « Pays de l’Adour » : http://alternatives-pyrenees.com/2014/01/18/pays-de-ladour-municipales-2014-questions-a/