Politique – Démocratie verticale ou démocratie horizontale : Que voulons-nous ?

imgdemocratie002Oui, la France est « en démocratie ». Nous élisons nos représentants. Mais notre démocratie fonctionne t-elle au mieux des intérêts de ses citoyens ? A voir tous les déficits qui courent, la très mauvaise perception du personnel politique par les électeurs français, l’étendue du chômage, on peut douter que les institutions correspondent à l’air du temps. 

Démocratie verticale : C’est celle qu’a voulu pour nous Charles De Gaulle. Une démocratie, certes élective, mais où le citoyen ne compte pas entre deux échéances. Cette démocratie-là ne fait pas le pari du citoyen mais d’un seul homme : le Président élu (et ses équipes). Ce phénomène a été renforcé depuis la mise en place du quinquénnat, suivi de l’élection des députés pour la même période de temps. Une assemblée gaudillot.

Beaucoup en France, reviennent vers les années De Gaulle : le sens de l’autorité et de l’Etat. Mais est-ce cela qui fait avancer un Nation ? N’est-ce pas plutôt de donner aux citoyens les moyens pour que, compte tenu de leurs capacités individuelles, chacun contribuent, dans son domaine de savoir, voire d’excellence, à l’évolution de notre société dans toute sa diversité économique, sociale, scientifique, culturelle, sportive… De Gaulle n’avait pas mis l’Homme au cœur de son projet mais la Nation. C’était une autre époque.

Oui, bien entendu, il nous faut un pays centralisé pour que l’ordre soit la règle et ainsi « éviter la chienlit ». Mais, cela crée une condition nécessaire mais pas suffisante. Non, il ne faut pas que le pouvoir tombe entre les mains de quelques uns. Pour une bonne pioche, combien de mauvaises ? Au vu de l’état actuel de notre pays, qui a été la « bonne pioche » de la Vème République ? Parmi les Présidents De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterand, Chirac, Sarkozy, Hollande ? Parmi les Premiers Ministres ? Parmi les Parlementaires ? etc.

Cette démocratie verticale, ne fait pas le pari du citoyen. Elle part du principe qu’il n’est pas capable. L’Etat est là pour lui. L’Etat avec son élite, ses énarques, ses politiciens inamovibles. L’élite ! Quel horreur que cet attribut-là ?

L’élite de la France, se sont les Français eux-mêmes, leur savoir-faire, leur éducation, leur perception du monde, d’ici et d’ailleurs. Malheureusement, ils sont bridés, étouffés, freinés par l’impôt, les normes, les rigidités, les monopoles etc. Jamais ils ne sont consultés tant par référendum que par votation populaire. Notre démocratie française ne croit pas en ceux qui la composent : les Français.

Pourquoi tant de Français partent s’installer à l’étranger ? Beaucoup pourraient souvent trouver du travail en France. Ils partent parce qu’ils ont le sentiment qu’ailleurs les opportunités existent plus que dans leur propre nation.  Quel désastre ! A qui la faute ?

Démocratie horizontale : L‘élu n’est pas plus que le Français. Il est là pour créer les conditions de son épanouissement, de sa réussite « dans les domaines économiques, sociaux, scientifiques, culturels, sportifs ». Il doit s’assurer que les services (administration centrale, régionale, départementales, communales), à tous les niveaux n’entravent en rien l’initiative, la prise de risque des citoyens sans laquelle ceux-ci sont condamnés à être dans l’attente, en dépendance de l’Etat.

Pour cela, l’élu ne doit plus être au même poste qu’un nombre de mandatures très limité dans le temps. Il « tourne ». Monte de la vie civile, fait un temps « en politique » et reprend sa place parmi les Français.

Ces passages rapides permettront plus d’horizontalité, plus de « créativité citoyenne ». Notre démocratie, en finira avec les postures, les certitudes de trop nombreux élus en poste depuis si longtemps et qui n’ont plus qu’un seul objectif : le Pouvoir encore et toujours.

Disons le haut et fort, la Vè est aujourd’hui en situation d’échec. Un mode de « démocratie verticale » qui n’est plus de notre époque. La France s’enfonce dans les classements et la pauvreté. Rendons le pouvoir aux Français eux-mêmes. Ils ont beaucoup plus de capacités que les soit-disant « élites » du sérail. Finissons-en avec le cumul dans le temps ! Il y a urgence.

– par Bernard Boutin