Au ras des pâquerettes

imgresEn un temps où tant d’hommes (mais moins de femmes) se trouvent une vocation à devenir l’égal  d’Alexandre, Confucius, Sully ou Churchill, et y va de son livre ou de son dossier de mille pages, à tel point que B. Le Maire, auquel on n’aurait pas attribué tant d’humour, déclarait aux Journées de la production française que la France savait produire…des candidats aux primaires, il est rafraîchissant de se plonger dans les petits problèmes de ses concitoyens. C’est ce qu’a dû se dire F. Bayrou, le maire de Pau, en invitant les habitants des quartiers du Buisson et de Trespoey à un forum au Conservatoire de musique le vendredi 16 septembre.

Comme il l’a rappelé, l’exercice n’est pas inédit et ses rencontres  avec les Palois, en personne ou par le truchement de ses adjoints, sont hebdomadaires (ou quasi quotidiennes si l’on prend en compte les permanences des conseillers municipaux). C’est un sain exercice qui n’a pas toujours eu cours dans le passé : en démocratie, il est bon que la parole aille aussi du bas vers le haut. Et pour un homme politique, montrer sa sympathie, son habileté et son humour est un bon investissement. Au passage, il peut emporter l’adhésion de l’auditoire sur le fait plus que probable qu’il ne tire pas un profit personnel de l’abattage des arbres comme il en a été accusé, soulignant ainsi le contraste avec un candidat aux plus hautes fonctions de l’État qui a fait des professions de foi appuyées, mais pas forcément crédibles, d’intégrité et de respect des règles en matière de financement des campagnes électorales.

La démarche a une vertu pédagogique illustrée par des images de racines d’arbres emmêlées dans plusieurs réseaux souterrains. Cela consolera-t-il celles et ceux qui regretteront la splendeur des cerisiers à fleurs aux abords du stade nautique et qui aimeraient la retrouver ailleurs si ce n’est pas possible là ?

De la pédagogie et de la bienveillance, il en faut pour écouter les diverses doléances. Telle dame qui a été insultée par un malotrus peut-elle faire croire que la petite voie bucolique qui a été à deux reprises la scène d’une altercation est le théâtre d’affrontements mettant en danger la quiétude de la ville ? Pour ma part je n’y ai rencontré que des conducteurs prudents et courtois qui n’effraient pas les passants et les cerf-volants (ou lucanes) mettant à mal l’écorce et l’aubier des vieux chênes que l’on a heureusement laissé en paix jusqu’ici.

Certes, la situation n’est pas la même sur de grandes voies qui sont souvent le théâtre de vitesses excessives et de compétitions pour les places de stationnement. L’assemblée est partagée entre répression, interdictions et tolérance. Les édiles ont choisi l’éducation et implanté des radars affichant les vitesses, mais sans pénalisation. Une voie qui mérite d’être suivie…par les conducteurs autant que par les autorités. J’ai d’ailleurs constaté que je roulais à 32km/h. Je m’efforcerai de ne plus le faire…

Terminons par une suggestion qui rejoint la question pédagogique évoquée plus haut. Il n’y a pas que les nouveaux arrivants qui peuvent avoir du mal à suivre de tels débats. De vieux habitants du quartier peuvent ne pas situer les rues en discussion tout en les connaissant bien. Aussi, il serait bon qu’un plan s’affiche lorsqu’il est question des pâquerettes ou des pissenlits de telle ou telle rue. L’auditoire n’en appréciera pas moins la connaissance des dossiers montrée par F. Bayrou et J.-P. Brin. Et lorsque pointe un sujet de plus grande envergure comme l’aménagement de la gare et de l’ancien bâtiment de la Sernam, c’est sur l’avancement et le suivi que pourra se porter l’attention des citoyens.

Jean-Paul Penot