Bayrou maquille Pau

Pau commerce fermé    Le problème du commerce en centre ville de Pau fait débat depuis des années et après deux ans de mandature Bayrou, le déclin continue. Il n’est pas prêt de s’arrêter.

 On apprend que la ville de Pau disposait d’un stand au SIEC (Salon de l’Immobilier Commercial ) et qu’Henri Bayrou s’est déplacé à Paris pour vanter les attraits de Pau auprès d’une trentaine d’acteurs (La République, Sud Ouest ). Pas de coup de foudre en vue… il faut dire que les investisseurs sont bien plus sensibles aux chiffres qu’aux lettres de notre roi du Béarn.

Car dans une approche d’implantation commerciale, ils vont d’abord s’intéresser à plusieurs critères comme : la zone de chalandise, la concurrence, le pouvoir d’achat des clients potentiels, …etc.

Et il faut dire que pour le centre ville de Pau, la grande majorité des critères sont dans le rouge.

Le centre ville de Pau s’est dépeuplé car les logements ne correspondent plus aux souhaits des habitants. Vieux, mal éclairés, mal isolés, sans parking, un grand nombre de logements sont vétustes et donc vides. Le centre ville est le secteur au plus bas niveau de revenus de l’agglomération. On y retrouve des personnes âgées et des jeunes. La classe moyenne et supérieure l’a quitté et construit son pavillon ou habite des résidences récentes à Lescar, Lons, Idron, etc.

Le repoussoir est complété par un niveau des impôts locaux bien trop élevé qui traduit la mauvaise gestion de la ville, et la situation n’est pas prête de s’arranger.

Moderniser le centre ville est un conte de Bayrou. Pau ne se « métamorphose » pas, elle se maquille.

Rendre plus beau le Château ou le boulevard des Pyrénées est utile pour le tourisme, pour la promenade des retraités, mais pas suffisant pour dynamiser le commerce de centre ville. Mais c’est, bien sûr, la chose la plus facile à faire.

La modernisation des logements en centre ville est une tâche d’une toute autre difficulté et de longue haleine, André Bayrou préfère le clinquant et l’immédiateté. Le PLH (Programme Local de l’Habitat), comme d’ailleurs ses précédents, ne modifiera rien en profondeur.

Dans un classement des villes de France de plus de 50 000 habitants les plus dynamiques (Août 2017) Pau se classe 106 éme sur 113 !

Pour faire vivre un commerce en centre ville, il faudrait donc que les banlieusards se déplacent pour venir y consommer. C’est d’ailleurs ce qui se passe dans toutes les grandes villes qui ont réussi à conserver un centre ville attractif. Mais pour cela il est un impératif incontournable : un accès rapide et facile. Elles ont pour cela, pour la plupart, choisi les parkings relais et le tram.

Pour l’automobile, à Pau, c’est mal parti car dans la voirie rien n’a changé depuis des décennies (encore un domaine ingrat pour les politiciens professionnels qui veulent être ré élus car difficile et long). Les quatre accès, Nord, Sud, Est, et Ouest sont saturés de même que le sentier périphérique, et la « boucle » est bouclée…

Pour ce qui est du tram, « Fée Bus » pourrait être l’outil adapté, mais à la seule condition que la seconde ligne Est Ouest soit opérationnelle, ainsi que des parkings relais rapidement accessibles.

Or André Bayrou préfère construire des salles de spectacle totalement inutiles ou des tribunes pour les gladiateurs, parce que c’est beaucoup plus facile… Et aussi plus rapide et moins cher, vu que les finances sont exsangues. Les impôts n’ont pas baissé, et la dette (impôt caché sous le tapis) a considérablement augmenté ! Quand sera donc mise en service cette ligne indispensable ? Mystère, mais pas demain… elle ne serait même plus à l’ordre du jour alors qu’elle est partie intégrante du projet initial subventionné ! Aujourd’hui la ligne Hôpital / Gare n’apportera rien au commerce du centre ville, les étudiants pourront y aller prendre un verre plus rapidement, et c’est bien tout. Mais c’était le plus facile à faire… Que disent, que font les commerçants ?

J’aurai l’occasion de comparer ce que font les basques du BAB dans le domaine du bus tram, rien à voir avec l’incohérence paloise.

Les investisseurs regarderont aussi la concurrence qui tente ces banlieusards au pouvoir d’achat confortable. Et là, c’est très dur car il y a tout ce qu’il faut sur les zones de Lons/Lescar, Bizanos/Idron, Mazères Lezons ou Serres Castet…

Il faut bien sûr rajouter la part inexorablement croissante du commerce en ligne.

Quant à l’effet des nouvelles halles, passé la curiosité initiale, elles ne seront pas plus fréquentées que les anciennes… malgré l’embauche inutile et coûteuse de Sophie Borotra.

On le voit, les vitrines vides resteront encore longtemps très nombreuses et les palois se consoleront en écoutant François Bayrou leur seriner que Pau se « métamorphose », alors qu’il la maquille seulement.

Daniel Sango

Phote : Pau rue Montpensier.