La place de Verdun est une belle tirelire

imagesLe projet de rendre le stationnement payant place de Verdun à Pau fait couler beaucoup d’encre et anime les ressentiments de nombreux Palois. Les élus ont trouvé là une source de rapport dans une gestion toujours à la recherche de nouvelles recettes budgétaires. Mais n’y avait-il pas une autre solution ?

Il faut bien reconnaître que les stationnements sur la place de Verdun sont quelque peu anarchiques. Sur la zone bleu, toutes les voitures n’affichent pas le sacro-saint ticket précisant l’heure limite de l’autorisation de stationnement. Pire que cela, des véhicules en nombre sont stationnés en dehors des marquages au sol et provoquent une difficulté de circulation. Et encore pire que cela il existe un certain nombre de voitures dites ventouses, c’est-à-dire dont la durée de stationnement dépasse les sept jours réglementaires.

En prenant le temps on observe que les services d’ordre qu’ils appartiennent à la police nationale ou à la police municipale sont vraiment peu présents sur cette place et de ce fait ne verbalisent que très rarement les infracteurs. On sait pourtant que le montant des amendes va directement et quasi intégralement dans les caisses de la municipalité (ou de la CDAPP, peu importe d’ailleurs) ; cela constitue un apport budgétaire.

On savait et cela est maintenant de notoriété que la police nationale se désintéresse de ce genre de mission pour des raisons qui n’ont pas lieu d’être et qui ne résultent que de sa propre volonté. La police municipale est de son côté plutôt timide. A ce propos justement il y avait, à une époque, qui remonte maintenant à plus de dix ans, un policier du commissariat qui circulait en scooter sur la place de Verdun. Doté d’un souci d’efficacité et d’un tempérament peu porté à l’indulgence il faisait régner un ordre impeccable. On le surnommait « El Gringo » sa réputation était connue du maire de l’époque qui lui vouait un grande reconnaissance. Pensez-donc un fonctionnaire de l’État qui fait rentrer des sous dans les caisses de la ville ! En bon politique l’édile n’hésitait pas à affirmer lorsqu’on lui reprochait un trop grande sévérité, qu’il n’y pouvait rien et qu’il n’entrait pas dans ses compétences de donner des directives à la police nationale.

Attitude que le maire actuel doté d’une police municipale et dans un contexte où la police nationale s’investit moins, ne peut se permettre d’adopter. Un effet inattendu de l’existence d’une police municipale.

Mais revenons au projet qui voudrait, qu’en 2017 sur décision de l’actuelle municipalité, le stationnement sur la place de Verdun devienne payant. Cela reviendrait à faire payer tout le monde y compris ceux qui avec un scrupule exemplaire et une constance sans faille respectent le code de la route. Et si on ne faisait payer des amendes qu’à ceux qui contreviennent aux lois. Ce ne serait que justice. Il faudrait juste savoir si la rentrée d’argent serait du même volume qu’un péage imposé à tous. La question reste posée. On sait que grâce à une répression efficace, l’indiscipline peut devenir une source inépuisable de recette budgétaire. La fréquentation de la place de Verdun en dépend.

Une seule difficulté, il faudrait interdire la repentance et favoriser la récidive parce qu’un contrevenant verbalisé a une tendance aussi fâcheuse que regrettable à ne pas recommencer. Mais que ne ferait-on pas pour redonner du dynamisme au centre-ville ?

Pau, le 23 mars 2016
par Joël Braud

Crédit photo La République des Pyrénées.