À chacun sa vérité !

Depuis «Fin du monde ou fin du mois, …..nous devons traiter les deux», la transition écologique est au point mort. La seule préoccupation est  Croissance et  PIB.

L’économie est devenue religion, le langage utilisé une langue morte psalmodiée, la dette une faute, un péché même, il faut faire pénitence ; comme l’observait, jadis, Bernard Maris, l’idée (crédule) d’une croissance infinie n’est pas sans rapport avec le rêve d’immortalité, c’est-à-dire de vie éternelle (d’après J-Cl Guillebaud – Sud Ouest dimanche 13/01/2019).

Mesurer la production de richesses à partir du seul PIB est un non sens ; la véritable production de richesses est l’investissement dans une économie «raisonnable», l’instruction et la santé, potentiels de créativité et d’efficacité.

Cet «obscurantisme» est éclatant si on analyse deux comportements :

La nature et l’amplitude des questionnements et des mesures prises pour lutter contre les causes du désordre climatique, la pollution généralisée et la malbouffe.

La politique menée en matière d’instruction (réforme du bac…) pour former une société démocratique, informée, d’un bon niveau scientifique, dans laquelle les opinions publiques pourraient faire pression sur les politiques responsables et les industriels, eux-mêmes convaincus que l’intérêt général est aussi leur intérêt propre.

1°) L’économie «raisonnable» se matérialise dans le silence assourdissant du chef de l’État sur la transition écologique ; il laisse planer une hypothèse :

Les retombées du réchauffement comme les destructions-reconstructions, travaux d’isolation, climatisation, vente d’herbicides et pesticides, arrosages, reboisement après les feux ou les tornades…, la lutte contre les pathologies, etc., donnent beaucoup de travail aux entreprises, c’est bon pour le PIB ; on aurait tort de s’en priver !

Croissance d’abord, transition écologique après !

Mais le raisonnement a ses limites car cette croissance là a des retombées ayant un coût; qui paiera ? Pas les coupables, les victimes, comme d’habitude !

Hélas! Les victimes se réveillent !

De plus, cette hypothèse de croissance, par ce biais, est une illusion car elle dépend déjà, et dépendra de plus en plus, des conditions climatiques qu’elle engendre ; c’est le serpent qui se mord la queue ! : baisse des productions agricoles (pollinisateurs et parasites), baisse des productions halieutiques, baisse des réserves d’eau potable, de neige dans les stations, des ressources minérales, perte de territoires habités… Passons sur les famines, les migrations climatiques, les pollutions, les incendies.. Pourtant : « l’action contre le réchauffement climatique… ne doit pas opposer les problèmes de fin du monde aux problèmes de fins de mois.»

Sauf que les problèmes de fins de mois dépendent de plus en plus des problèmes de fin du monde !

Plus qu’une erreur, c’est une faute.(Talleyrand ?)

En cas d’erreur, quelqu’un s’est trompé, en cas de faute, il y a un coupable.

Continuer, c’est se rendre coupable de ne pas porter assistance à société et civilisation en danger, d’où les 2 millions (provisoires) de signatures.

L’écologie d’abord et l’économie suivra.

Nous sommes les enfants du climat. Le genre Homo, est né des convulsions climatiques que l’Afrique a traversées. L’agriculture est attestée à la fin du dernier épisode glaciaire, il y a 11 500 ans ; les conditions climatiques du croissant fertile ont été le lieu d’explosion de l’agriculture et de l’élevage ainsi que des grands empires, babylonien, assyrien, chaldéen… Par contre, d’autres se sont effondrées : civilisation de l’Indus, les Akkadiens,… À plusieurs reprises, des troubles climatiques ont contribué ou servi de gâchette climatique (Emmanuel Le Roy Ladurie) à des effondrements civilisationnels. (1 et 2)

Bien sûr, le climat ne fait pas l’histoire mais il y contribue lourdement, les sociétés, par leurs choix, s’adaptent ou périssent. Nous en sommes là, devant l’indifférence du pouvoir en place.

L’avenir de nos enfants se joue maintenant.

Futura planète 12/12/2018 (3)

+Un article de Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas), pour rendre compte des effets du réchauffement climatique en cours, doit remonter à environ 50 millions d’années…, à une période de l’histoire de la Terre où elle était proche du maximum thermique du Paléocène-Éocène Thermal Maximum, ou PETM.

Une époque donc où le Groenland méritait bien son nom !

+«l’Humanité est en train de produire un changement climatique bien plus rapide… On aurait donc tort de croire que finalement l’Humanité n’aura qu’à s’installer «tranquillement» dans les régions arctiques devenues tempérées et accueillantes»

+Malgré le développement important de l’utilisation des énergies renouvelables… :

«Après trois ans de plateau et une hausse modérée de 1,6 % de CO2 en 2017, les émissions sont reparties avec une augmentation de 2,7 % en 2018, soit la plus forte hausse depuis 7 ans : dernier rapport du Global Carbon Project» car, quelques titres :

«La croissance économique est plus rapide que les progrès énergétique.»

«La consommation de pétrole est tirée par le plastique : 8 millions de tonnes sont déversées chaque année dans les océans selon une étude de la revue «Science.»

«Avions, route : l’inexorable croissance des kilomètres parcourus.»

Ajoutons : le permafrost menace, en fondant, de libérer des virus oubliés et des milliards de tonnes de GES qu’ils emprisonnent depuis des millénaires, au risque notamment de provoquer un emballement du réchauffement climatique.»

«Dans l’océan Austral, les coquilles de petits escargots marins se dissolvent. C’est une des premières preuves de l’impact de l’acidification des océans.» Rapport scientifique commandé par la Banque mondiale.

Tant que la gouvernance sera assurée par des hauts fonctionnaires et des politiques ayant la même «Vérité», tous formatés de la même façon (ENA, grandes écoles…), qui ignorent totalement «l’autre Vérité», la vraie vie des citoyens qu’ils dirigent, ce sera l’individualisme, la recherche du pouvoir, de la puissance, du profit, la concurrence, l’hyperconsommation énergétique, matérielle et informationnelle.

Dans ce cas, inégalités et colère persisteront ; la transition écologique ne pourra être que punitive.

C’est un changement de logiciel, que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a mis en scénarios. La transition écologique est inséparable d’une transition économique adaptée.

L’évolution a toujours procédé ainsi, par transformations de l’existant.

Entreprendre la transition écologique, ce n’est pas taxer plus les consommateurs mais leur permettre, au contraire, de dépenser moins !

Le constat de la façon dont est conçu le commerce montre qu’il serait possible d’augmenter le gain des producteurs, de diminuer largement les dépenses des consommateurs, de réduire énormément le taux de CO2 rejeté dans l’atmosphère,

de la vraie transition écologique non punitive.

Pour diminuer la pollution et la consommation des carburants fossiles, quand va-t-on commencer à s’attaquer :

+ A celle du gas-oil des millions de camions accidentogènes qui traversent la France, usent, polluent et encombrent routes et autoroutes, depuis les pays du N, l’Allemagne, le Royaume Uni, vers l’Italie ou l’Espagne.

+ A la longueur des déplacements aériens, tourisme et marchandises (kérosène détaxé), à la non taxation du fioul maritime, aux transports terrestres de personnes et de marchandises (réfrigérées ou pas) avec un remboursement partiel de la TICPE ; les très GES compatibles fabrications, stockages, distributions des produits transformés.

+ Aux apports de produits frais que l’on cultive ou élève parfois tout près, transportés par avion sur des milliers de kilomètres.

+ A l’évolution de 4 à 7% en plus, en 2018, des camions utilitaires et industriels qui roulent probablement au gas-oil. (Sud Ouest dimanche 12/01/2018).

Qu’attend-t-on pour s’attaquer sérieusement au plastique ? La plasturgie française est passée de 26,1 à 30,2 milliards d’euros de 2009 à 2017 (4), un gouffre de consommation d’hydrocarbures fossiles et de pollution des mers !!

Non, une société qui taxe les camions parcourant des milliers de kilomètres, qui ne passe pas les vacances de Noël aux Seychelles, qui ne consomme pas de fraises ou de pêches au Jour de l’an, de l’ail du Chili ou de l’agneau de Nouvelle Zélande n’est pas une société frugale, c’est une société qui n’a plus besoin de taxer les automobilistes obligés de prendre leur voiture pour aller au travail !

Une partie importante des biens matériels utilisés en France est produite en Chine ; une petite partie est triée en France, le reste repart en Chine où ils sont recyclés, puis de nouveaux utilisés pour produire des biens qui seront importés de nouveau en Europe. Si l’économie circulaire s’appuie sur un «cercle» dont le diamètre est de plus de 10 000 km, est-ce écologiquement rentable ? Qu’attend-on pour créer, chez nous, cette économie circulaire à proximité des lieux de consommation ? Que d’emplois créés, utiles pour le PIB, et d’économie de GES ?

Il faut avoir le courage politique d’agir sur la pollution de l’air, de la terre, des nappes… par les engrais chimiques, pesticides… fabriqués à partir d’hydrocarbures ; les industries peuvent fabriquer et vendre des aliments dangereux pour la santé, c’est la malbouffe, l’augmentation de l’obésité, de la spermatogenèse, des malformations, des cancers, du diabète, des allergies, des troubles cardiovasculaires et respiratoires… La biodiversité est en chute libre… : autant de dépenses pour la Sécu et les particuliers.

26 décembre 2018, partie de réponse de Priscillia Ludosky à celle de Macron :

Le principe du «pollueur/payeur», n’est-il applicable qu’aux automobilistes ?? Vous favorisez la mise en place sur le marché de véhicules électriques dont on sait qu’ils ne sont pas moins polluants au regard de tout le processus de leur chaîne de production… ; vous ne mettez pas les moyens nécessaires au développement de moyens de transports dans les régions qui en sont dépourvues et dont les habitants n’ont d’autres choix que d’utiliser leurs véhicules».

Le numérique est un grand pollueur devant l’Éternel ; mais, chut !, on profite du positif, on pollue en cœur, tant pis pour les autres ; quant à la réussite des gilets jaunes, chacun jugera si c’est une retombée positive ou non du numérique !

Mais combien coûtera la transition écologique ? Beaucoup moins que si on ne la fait pas; de nombreux transferts d’emplois, comme maintenant, des formations et des débouchés nouveaux, pas comme maintenant, une vie rurale renaissante.

2°) Sud Ouest 19 décembre 2018 : Environnement «un enseignement dérisoire»(5)

Alors que le pays doit élever drastiquement le niveau scientifique de sa population, que nous vivons dans une société où la technologie règne en maître, que le pays a besoin d’ingénieurs et de chercheurs hautement qualifiés pour être efficace dans la compétition internationale, que la lutte contre la transition écologique est urgente et plébiscitée, que la population, les médias, les politiques ont besoin de comprendre pourquoi il faut changer de logiciel sur la façon de vivre et d’aborder les perturbations climatiques, le ministre pense qu’il faut renforcer les disciplines littéraires en supprimant, dans le tronc commun, toutes les disciplines scientifiques, en première et terminale ; «deux heures par semaine !» «d’humanités» scientifiques et numériques pour tous à la place (6).

«Selon le ministre de l’Éducation nationale, ce programme vise à donner aux lycéens «les connaissances indispensables pour vivre et agir dans le XXI ème siècle en approfondissant les compétences numériques de l’élève ainsi que sa compréhension des grandes transformations scientifiques et technologiques de notre temps (bioéthique, transition écologique, etc.)».

On ne peut approfondir que ce que l’on a déjà creusé !

Assurer l’acquisition, par tous, des connaissances scientifiques de base, est un des rôles du tronc commun: numérique, math, physique, chimie, SVT, écologie ; les humanités scientifiques et les spécialités semblent plutôt se justifier en terminale, comme approfondissements préparant l’élève à son orientation post bac.

La vision des SVT du ministre est au niveau de celle des années 50 (5).

L’écologie est la science globalisante par essence, elle nécessite des connaissances dans tous les domaines : littéraire, philosophique, scientifique, sociologique, sciences humaines… Le ministre semble l’ignorer ou… ne pas être concerné !

Ce n’est pas une spécialité mais une matière fondamentale ; après la lecture, l’écriture, le calcul, c’est la connaissance de la vie, de son fonctionnement, ses dangers, ses merveilles.

Le fond de la contestation actuelle dans toute l’Europe (naissante aux USA) est une révolution culturelle et politique de rejet du système économique, la réaction française est spécifiquement gauloise.

Signé Georges Vallet

crédits photos:https://twitter.com/fr_citoyen/status/463059612271652864?lang=fr

(1)+«Les civilisations à l’épreuve du climat» de Vincent Boquero avril 2012 Dunod

L’ouvrage explique en quoi la comparaison détaillée de la carte climatique et de la carte historique confirme cet impact fort du climat.

(2)+Le climat fait-il l’histoire ? – Histoire Mondiale

http://www.histoire-mondiale.com/blogs/le-climat-fait-il-lhistoire/

(3)+ Réchauffement climatique | Futura Planète – Futura-Sciences

https://www.futura-sciences.com/planete/environnement/rechauffement-climatique/

(4)+ L’industrie plastique en France – Faits et chiffres | Statistahttps://fr.statista.com › … › Plastique et caoutchouc

(5)+Réforme du bac : quelle place pour les SVT demain …

https://www.sciencesetavenir.fr/…/reforme-du-bac-quelle-place-pour-les-svt-demain_12…

(6)+ Les cours d’humanités numériques et scientifiques arrivent au lycée …https://www.numerama.com › Politique

 

Paradoxe de la micro-économie individuelle et de la macro-économie nationale.

Les économistes politiques de la macro-économie et les dirigeants qui mènent notre monde, en France entre autres, affirment que la consommation des citoyens doit être sans cesse plus importante dans tous les domaines : alimentation, énergie, matériel technologique, produits industriels, transports internationaux….;

c’est essentiel pour la bonne tenue du PIB donc la santé du pays.

Même les morts sont exploitables financièrement ; dans Sud Ouest de mercredi 14 novembre on était déçu que le tourisme n’ait pas été très actif,… à la Toussaint !!!

L’excès en tout n’est plus un défaut mais une qualité républicaine !

Les scientifiques affirment que la bonne santé des citoyens ne peut être obtenue que par une sobriété généralisée et équilibrée dans tous les domaines. Une bonne santé est l’assurance d’une efficacité dans le travail.

Tout excès est générateur de troubles pathologiques.

Cette divergence de vue entre une conception (croyance) économico-politique et le domaine scientifique nous amène à poser une question qui, à première vue, semble complètement ridicule, tant la réponse paraît évidente.

Faut-il mieux être en bonne santé ou malade ?

Illustrons par quelques exemples de la vie actuelle :

Au niveau alimentaire :

+Le monde médical est formel, il convient de :

Réduire le bilan calorifique moyen actuel journalier, trop élevé.

Prendre le temps de manger, en famille, bien mastiquer pour aider l’estomac et l’intestin dans son travail de dissociation des nutriments.(intestin = 2 ème cerveau !)

Manger équilibré, donc de tout et modérément, de bonne qualité gustative et organoleptique, sans pesticides ni herbicides, donc bio de préférence.

Diminuer la consommation de viande (hormones et antibiotiques des élevages industriels), le sel, le sucre, donc bannir les plats industriels préparés, les aliments transformés, qui contiennent des additifs goûteux mais douteux, des perturbateurs endocriniens facteurs d’obésité et de multiples troubles de santé, cancers entre autres.

Privilégier les graisses végétales riches en acides gras insaturés…

Manger chaque jour, des fruits et des légumes, au minimum épluchés.

Surveiller son poids…

+Le monde économique est formel, il convient :

Pour faire marcher la production, le commerce, les profits, ..d’augmenter le bilan calorifique de chacun, la consommation de viande, de sel, de sucre, de graisse… La confirmation est spectaculaire dans la vision de l’étalement quantitatif et qualitatif des immenses et nombreux rayons des grands hypermarchés, dans les pubs associées. Ce sont, à portée des neurones et des mains, tout ce que le citoyen ne devrait pas consommer pour rester en bonne santé (règlement Reach). C’est le grand gaspillage des invendus… Les fast foods «obesicompatibles» ne sont souvent pas loin, les enfants adorent cela, leur organisme beaucoup moins ! Tout cela en réduisant le pouvoir d’achat !

Les gilets jaunes risquent de perturber les achats de Black Friday : catastrophe !

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB.

Au niveau mode de vie :

+Un équilibre familial est fondamental : qualité du logement dans une zone accessible avec un service public de proximité : école, commerce, médecin, infirmière, hôpital…., vie commune au moins au repas du soir, et la nuit ; temps pour surveiller l’éducation des enfants, l’aide aux parents âgés mais aussi pour un contact intergénérationnel afin d’établir un suivi historique de la famille, ses racines, l’identité donc, et de son environnement…

+L’adaptation au travail passant par la disponibilité, de jour comme de nuit, il faut être capable de se rendre à un emploi proche ou à des centaines de kilomètres ; la vie familiale explose ; on ne se voit plus, au mieux le soir tard, au retour, après des heures de galère dans les transports ; on arrive quand les enfants devraient se coucher ! Les séparations se multiplient, les enfants passent de l’un à l’autre, sans véritable éducation du fait que chaque parent cherche soit à ne plus s’occuper de sa progéniture, soit la couver pour se l’attacher. Dans les établissements scolaires, par classe, le nombre de jeunes vivant «normalement» avec leurs deux parents procréateurs, se comptent sur les doigts de la main.

Le midi, c’est le fastfood ou le sandwich, pris à la va-vite, assis sur une borne en regardant la montre.

C’est le stress permanent, la culpabilisation, la dépression, l’énervement allant jusqu’à la violence, la drogue pour se donner l’illusion d’être bien dans sa peau.

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB

Au niveau physique :

+L’épanouissement du corps tant au niveau anatomique, physiologique et psychologique, le bien-être en somme, passe par des exercices physiques variés, modérés, non compétitifs mais journaliers, pour brûler les calories en excès, entretenir son capital cardiovasculaire et respiratoire, acquérir des coordinations nouvelles et entretenir les anciennes au niveau cérébral.

+L’individualisme génère la compétition au niveau de l’entreprise, la recherche de valorisation auprès d’autrui, conduit à des comportements irresponsables dans le choix de la durée, de l’heure, de l’intensité, de l’adaptation à l’âge…, des joggings du week-end ; les urgences du dimanche le savent.

Au lieu de conduire les enfants à pied, en vélo ou en bus, on prend la voiture, c’est, parfois!, plus rapide et plus sécurisant ; on va chercher son pain industriel en voiture, l’exercice chez beaucoup de jeunes, et d’adultes, se réduit à tapoter sur l’ordi ou la tablette ou à regarder les matchs de foot à la télé.

La voiture est privilégiée, hélas par obligation souvent, il y en a plusieurs par famille, mais c’est bon pour le PIB (fabrication, consommation, réparation, renouvellement fréquent pour ne pas trop perdre.., aides de l’État). Infarctus, accidents circulatoires, diabète.., c’est bon pour les fabricants de médicaments.

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB

Au niveau éducatif et culturel :

+Apprendre le respect des autres, l’entraide, le pluralisme de notre société, c’est essentiel pour vivre ensemble apaisés ; il en est de même de la connaissance de son corps, des grandes connaissances en général (importance de l’école pour tous), des grandes orientations culturelles et l’esprit critique pour pouvoir comprendre et s’adapter au monde qui évolue et l’accompagner ou le combattre suivant ses orientations.

Apprendre le respect des choses en pratiquant la sobriété dans la consommation technologique. «Objets inanimés, avez-vous donc une âme» se demandait Lamartine !

Apprendre le respect des animaux et de la nature sans qui nous ne pourrions pas vivre.

+Le numérique énergivore délivre des informations à trier, la plupart n’en sont pas capables par manque de formation et de temps, d’où les conflits.

La compétition, la loi du plus fort, du plus beau, du plus riche, indispensable pour être les premiers de cordée, avoir un job, contribuent à considérer les autres comme des concurrents voire des ennemis à écarter, à éliminer même ! Les étrangers, les noirs, les juifs,…. mangent le pain des Français, certains ajoutent les femmes, les homos ! Jusqu’au jour, suivant la parabole de F. Raynaud, où il n’y a plus de boulangers pour faire notre pain ou d’éboueurs à Paris (P. Perret).

La culture, l’école… pour quoi faire ? Le numérique est là pour s’y substituer.

Ces constats expliquent toutes ces violences pathologiques généralisées.

Les choses, jetables par nécessité, pour en acheter d’autres, s’accumulent dans des décharges, sources de contamination minérales et bactériennes.

Les élevages industriels fournissent «des choses mangeables» sans intérêt gustatif, peu importe les conditions de vie, d’alimentation, de surveillance sanitaire, d’abattage ; les autres espèces sont considérées comme inutiles, voire nuisibles (pesticides), dans la biodiversité les pollinisateurs de raréfient. Les cours de SVT qui permettraient une tout autre approche, disparaissent.

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB.

Au niveau psychologique :

+Le sommeil en qualité et durée est prépondérant pour une bonne assimilation et récupération. Il faut prévoir dans la journée des pauses de relaxation, de détente, physique et psychique.

La curiosité, la reconnaissance du travail bien fait, l’encouragement, un milieu convivial où l’on comprend son rôle et où on est respecté, sont autant de facteurs de bonne santé et d’efficacité, de dévouement, dans la réussite de l’entreprise.

+Au lieu de cela,

La durée moyenne du sommeil réparateur a diminué, on va de plus en plus vers un travail du soir tard, de la nuit même, des jours fériés,

On ouvrira exceptionnellement tous les dimanches et jours fériés !

Le management aveugle, l’insécurité, le harcèlement, non seulement au travail mais à l’école, voire dans la famille parfois, est démotivant, déstructurant, mortifère même.

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB.

D’ailleurs la mauvaise santé est une source considérable de revenus, de créations de nombreux emplois, plus ou moins parasites: commerces de parapharmacie, de rajeunissement, d’amaigrissement..) au service d’un public souvent crédule.

Lutter contre les causes des pathologies fait perdre de l’argent, chercher à les guérir en rapportent !

C’est pourquoi, a posteriori, la mauvaise santé, la lutte contre le vieillissement, l’augmentation des capacités humaines, etc., préoccupent tant ; des profits considérables sont à réaliser mais de plus en plus inégalitairement ; qui pourra se payer les accompagnements personnalisés, ces opérations si complexes, l’aide des robots, de cette technologie merveilleuse permettant aux handicapés de pouvoir remarcher, courir, voire faire de l’escalade ?. Sûrement pas la Secu ! Allonger l’espérance de vie ? Merveilleux d’un côté, moins enthousiasmant de l’autre ; comment vivront ces «nouveaux jeunes» ? En allongeant la durée du travail et en robotisant encore plus ? Que deviendront les «nouveaux vieux», non rentables, embarrassants et coûteux pour les familles et la collectivité individualiste, «peu prêteuse, c’est là son moindre défaut», qui ne voudra ou ne pourra pas multiplier et entretenir des Ehpads.

Réfléchir avant d’agir !! Mais ce n’est pas tout !

Non seulement le citoyen est malade ainsi que la démocratie mais l’environnement planétaire aussi. Le monde financier, commercial, est malade, le climat est malade, l’atmosphère est malade, l’eau est malade, la mer est malade, la terre est malade, l’ensemble des êtres vivants est malade (biodiversité)..

et vogue la galère !

Personne n’ose évoquer le fondement de l’actualité brûlante qui résulte de cette distorsion entre la microéconomie des individus et la macro-économie dominante qui les asservi; les gros maux, politiquement incorrects, se nomment «capitalisme», devenu hypocritement plus acceptable sous les termes de «libéralisme» puis d’«économie de marché», politique devenue complètement débridée et dépassée par les pulsions addictives de la spéculation, de l’argent facile, de la puissance politique, favorisés par le numérique.

Bien que l’ex. chef d’État-Major des armées, dit Pierre de Villiers, prétende que la France ne se résume pas à la finance et au PIB,

Peu importe la santé, l’essentiel est le PIB.

Hélas !!

Signé Georges Vallet

crédits photos:https://www.foozine.com/…/12293-ce-nest-pas-un-signe-de-bonne-sante-mentale/

L’argent, l’argent

C’est une préoccupation pour bien des humains. Mais elle n’est pas la même pour une femme seule pour élever ses enfants et une des 500 personnes les plus riches de France qui à elles seules détiennent 650 milliards, soit 30% du PIB de la France. L’évolution est aussi frappante : alors que le PIB progressait de 12% entre 2008 et 2018, les 500 privilégiés ont doublé leur patrimoine tandis que les dix plus riches ont vu quadrupler leur fortune… Au plan mondial le phénomène est encore plus accentué. Nous n’attendions pas que M. Macron se livre à une exégèse  de revues économiques ou du livre de Thomas Piketti sur les inégalités. Mais lorsqu’il déclare avec une telle morgue que les pauvres coûtent follement cher au pays (je ne reprends pas ses termes qui évoquent trop les écarts de langage d’un de ses prédécesseurs), il choque bien de nos concitoyens. Que la popularité du Président s’en ressente n’est pas étonnant.

Oui, la solidarité coûte cher. Mais n’est-elle pas l’honneur de notre pays, et aussi son intérêt, car il ne serait pas sain de laisser dans la désespérance une fraction de la population. Ce serait courir le risque de soubresauts sociaux dangereux. De plus, les emplois aidés, pour ne prendre que cet exemple, jouent un rôle important dans la société. Ce ne sont pas seulement des marchepieds vers l’emploi. Aussi, on peut regretter que M. Macron n’ait pas fait plus de pédagogie si son propos était de vouloir favoriser le travail plutôt que l’assistance. Donner de l’air aux « premiers de cordée », pourquoi pas s’ils tirent vraiment le pays vers l’avant. Mais faire les poches des retraités avec
l’augmentation de la CSG, laisser courir des rumeurs sur la suppression des pensions de réversion est indigne. Car de très nombreuses veuves survivent grâce à ces pensions de réversion. Et si d’autres vivent décemment grâce à cette mesure, c’est justice, car les sommes versées récompensent un travail. Et elles n’ont pas commune mesure avec les retraites de certains P.D.G. dont l’essentiel de l’action aura été de distribuer de copieux dividendes tandis que des milliers d’emplois étaient supprimés dans leurs usines ou leurs magasins.

Oui, les Français pourraient avoir une meilleure perception des phénomènes économiques. Ils pourraient mieux réaliser que l’argent n’a pas le même effet selon qu’il prépare l’avenir ou qu’il contribue à des rentes ou des actions superflues ou fragiles. De ce point de vue, l’enrichissement constaté plus haut est surtout situé dans le domaine du luxe, un secteur mouvant et fragile. Il n’est pas comparable à l’enrichissement dû au développement de techniques nouvelles qui apportent une domination du monde et un changement de paradigme : que l’on pense à Google, Microsoft ou au développement de la téléphonie et de l’électronique chinoise et coréenne.

Il est sans doute indispensable d’entretenir des forces de police pour contenir les débordements de fanatiques du sport (pratiqué par les autres…). Mais que les pollueurs soient les payeurs ! Que la bière soit surtaxée aux environs des stades ! Il est plus difficile de récupérer de l’argent pour la surveillance des fomentateurs d’attentats. Mais qu’au moins les pays qui nous ont envoyé ceux-là ou les idéologues qui les ont formés les recueillent et nous évitent de construire de nouvelles prisons. Rien n’est moins rentable qu’une prison ! Rien n’est plus rentable qu’une école ou un centre d’apprentissage ou d’expérimentation !

Pour ceux qui trouveraient que mes propos sont exagérés, je livre un passage d’une pièce de théâtre qui eut du succès à un des moments les plus conservateurs de notre histoire, la Restauration.

« Dans un pays comme le nôtre, où l’argent est tout, ou l’homme et le mérite personnel ne sont rien, où le moindre droit civil et politique se paie, où la loi regarde le pauvre comme non avenu, et demande à l’homme s’il est riche avant de le dire citoyen, il arrive que la société, fondée ainsi sur les intérêts seulement matériels, démoralise ses membres, les corromps, les pousse à acquérir par tous les moyens possibles, et tend à faire d’un peuple une bande de voleurs » Félix Pyat et Auguste Luchet, « Le brigand et le philosophe »(1834).

Paul Itaulog

Mea culpa

Je ne vais pas revenir sur les aveux de M. Cahuzac. D’une part parce que je les trouve bien tardifs et trop liés à une opération de communication, mais aussi et surtout parce que cette affaire et ses retombées ont fait l’objet de suffisamment de conversations et de commentaires. Parlons plutôt de moi, et peut-être, de vous.

Non, je ne fais pas partie des 353 gros contribuables français répertoriés par UBS dans ses « carnets du lait ». En passant, on peut remarquer que la banque suisse qui s’était illustrée dans le scandale du Libor n’a pas joué dans la finesse pour « traire la France ». Je ne fais pas partie non plus des contribuables absous par les services de M. Woerth dans son opération de dégrisement.

Mais hier, dans une grande surface j’ai acheté un ballon de foot et un lot de cinq paires de chaussettes. En toute inconscience, comme M. Cahuzac. Les montants, de 2 et 4 euros respectivement ne me paraissaient pas propres à une longue méditation. Ce n’est que maintenant que je réalise que je participais ainsi à la mondialisation et que le mot d’ordre « achetons français » était devenu bien inaudible derrière tant de polémiques. Par ailleurs, le consommateur ne peut que se faire à l’idée d’acheter des produits étrangers s’il veut acquérir un appareil photographique ou une tablette. Au-delà du petit fait de départ de cet article, il faut garder à l’esprit la réflexion de Pierre Gattaz, président du groupe des fédérations industrielles et candidat à la présidence du Medef :

« Après avoir connu les Trente Glorieuses, l’industrie française subit les vingt calamiteuses. Elle ne pèse plus que 15% du PIB, contre … 27% en 1974. »

Il convient de mettre cette évolution en rapport avec la ventilation des prélèvements obligatoires : les cotisations sociales représentent 333 milliards d’euros, les impôts indirects 158 milliards d’euros et l’impôt sur le revenu 50 milliards d’euros. Les 6 milliards d’impôts supplémentaires pour 2014 pèsent donc peu dans ce tableau ; mais ils ont un impact psychologique important.

A l’équilibre des comptes publics correspond l’évolution de l’économie du pays. Une différence de quelques millièmes de points du PIB entre les prévisions de Bercy et celles du FMI ne sont pas très significatives. Mais l’évolution positive ou négative aura un retentissement considérable sur le moral des entrepreneurs, des prêteurs et des citoyens.

Aussi, l’idée de ne pas enfoncer l’Europe dans l’austérité ne peut que venir à l’esprit. Le taux de chômage en France et surtout dans les pays du sud de l’Europe est insupportable et ne peut permettre un redressement des comptes publics qu’au prix de sacrifices douloureux. Pour autant, abandonner l’objectif de redresser ces comptes serait irresponsable, comme le soulignent à la fois Karine Berger, en charge des questions financières au PS, le chef du gouvernemant et François Bayrou dans un tribune du journal « Le Monde » du 16 avril. En effet, la France bénéficie à la fois d’un certain calme des relations sociales (hormis les réactions face aux licenciements) et de taux de crédits historiquement bas. Cela vaut que l’on préserve ces facteurs favorables, pas toujours bien mis en valeur dans les médias. Reste à trouver des clés pour trouver des économies et relancer la machine économique. Les mesures de moralisation préconisées par la pétition lancée par François Bayrou (qui n’a recueilli qu’un peu plus de 50.000 signatures jusqu’ici) ou qui seront proposées par le gouvernement ne peuvent conduire à cet objectif. Mais elles peuvent contribuer à rétablir un peu de la confiance nécessaire. Un grand plan de transition énergétique et d’amélioration de l’habitat à partir d’expériences concrètes serait mieux à même de relancer l’activité.

Et si les décideurs du G 20 sortent des incantations pour prendre des mesures concrètes contre l’évasion fiscale, une fenêtre pourrait s’ouvrir sur un ciel plus bleu. Mais à la réunion de Washington de ces derniers jours devra succéder une réunion en juillet à Moscou puis un sommet à Saint-Pétersbourg en septembre. La pression ne pourra pas être relâchée.

– par Paul Itologue