Pau, du ring à la boucle.

imagesLors de la cérémonie des vœux, le vendredi 6 janvier 2017, François Bayrou a énuméré les projets de travaux qui devraient voir le jour au cours de cette nouvelle année. Il n’est pas ici question de les décrire mais d’en retenir un, qui a pour première particularité de concerner tous les Palois. Il s’agit d’un plan de circulation des véhicules automobiles, dit nouveau. Mais est-il aussi nouveau que cela ?

Souvenons-nous ! C’était le 28 janvier 2014. A cette date, François Bayrou n’était encore que candidat à l’élection municipale de Pau. Il avait présenté un plan de circulation, baptisé à l’époque « ring » et qui avait pour ambition de faciliter la circulation autour de l’hyper-centre de la ville. Il pouvait, ou aurait pu, être emprunté dans les deux sens et permettre d’être parcouru en 10 à 15 minutes.

Les problèmes de circulation, à Pau, comme dans toutes les villes de même importance sont à la fois récurrents et difficilement résolubles. Le plan qui avait été mis en place par l’équipe municipale précédente était alors très critiqué. Il s’agissait par conséquent de faire cohérent tout en évitant de permettre aux véhicules de traverser le centre-ville. Il devait être assorti de « microbus » gratuits et de la création de 2 500 places supplémentaires de stationnement dont 1 500 en centre-ville. On parlait même à ce propos d’un parking de 500 à 600 places au niveau du stade Tissié ou de la gare. Il devait être enterré et surmonté d’un espace vert. Y était ajoutée la création de 1000 places à Verdun par la récupération des terrains de football propriété de l’armée. Là encore il était question d’enterrer ces stationnements. Avait même été évoqué la construction d’un parking en forme de silo à proximité de l’hôpital.

Tout cela avait d’ailleurs été chiffré à hauteur de 17,5 millions d’euros avec un système de financement par une société sous l’égide de la puissance publique. D’autres propositions avaient été faites telles que l’abaissement de certaines bornes du centre-ville selon des horaires définis (en matinée et en soirée), des aménagements pour les cyclistes. Bon, c’était beau, c’était bien, mais peut-être un peu trop ambitieux. Il a fallu se contenter d’une rénovation, réussie il faut le dire, du boulevard des Pyrénées et du changement de sens de quelques rues du centre.

Ce projet dont a parlé le maire à l’occasion des vœux, n’a pas été encore présenté. Tout juste ont été évoqués, une boucle au lieu d’un « ring », des feux coordonnés entre eux ainsi que des pistes cyclables (à ne pas confondre avec les bandes). Tout le monde est concerné de la même manière que tout le monde attend avec impatience que soit dévoilé ce plan. Mais souvent, et surtout en la matière, il y a un long chemin entre le projet et la réalisation. Combien de plans dans ce domaine ont été étudiés, présentés et seulement en partie menés à bien. Les problèmes de circulation se montrent souvent insolubles ou plus exactement trouvent des solutions seulement provisoires. C’est ainsi, parce que les automobiliste adaptent leurs parcours en fonction de l’existant.

Alors qui, au conseil municipal, s’y colle ? Sans doute Jean-Paul Brin dont c’est l’attribution. Il possède la diplomatie nécessaire pour faire face aux différentes récriminations, et il y en aura, mais il lui faudra de plus des compétences techniques d’un très haut niveau. L’entreprise est hasardeuse, beaucoup d’autres villes s’y sont cassé les dents.

Pau, le 11 janvier 2017
par Joël Braud

crédit photo : Pau.fr

Pau – Nouveau plan de circulation, Pau à vélo critique…

pau-villeLe 27 juin dernier François Bayrou a présenté, les premières mesures d’ajustement du plan de circulation dans le centre-ville de Pau qui entrera en vigueur le 15 juillet prochain. Le but recherché est de faciliter et fluidifier l’accès au centre-ville et à ses parkings. Pierre Grand, Président de l’association « Pau à vélo » a écrit à François Bayrou son point de vue sur le sujet. Il sait de quoi il parle puisque lui-même « vélocipèdiste » convaincu est particulièrement concerné. Ci-dessous sa lettre in extenso.

Objet : Plan de Circulation

Monsieur,

La Presse du 28 juin dernier fait état de votre réunion avec les représentants des commerçants sur votre nouveau plan de circulation en centre-ville.

Les commerçants semblent être les seuls usagers du centre-ville ce qui est pour le moins curieux.

Il n’y a pas de riverains, de piétons, de personnes à mobilité réduite, de cyclistes, tous chalands, qui souhaitent approcher le centre-ville avec un minimum de gêne que peuvent provoquer les voitures.

Il n’y a certainement pas de transports en commun. Ce trafic a toutes les chances d’être perturbé et pénalisé notamment dans les rues Samonzet et Gambetta et le secteur de la Place d’Espagne très fréquentés par tous les usagers. Il semble fondamental pourtant de faciliter le déplacement des transports en commun pour encourager justement les automobilistes à abandonner leur chère voiture au profit de ceux-ci, avec notamment une amélioration du ou des parcours de la Coxity.

De plus, maintenir ou créer des « autoroutes urbaines » comme le boulevard des Pyrénées, même avec une vitesse limitée à 30 km/h dont on sait que cette vitesse ne sera pas respectée, et les rues Barthou et Castetnau, reste une erreur alors qu’il est essentiel de retenir les automobilistes à l’entrée de la ville, voire de l’Agglo, avec un agencement des lignes de bus et de parcs relais.

Toutes les grandes villes ont procédé à des restrictions d’accès au cœur de ville, au bénéfice de tous les usagers y compris des commerçants. Pourquoi Pau ferait-elle différemment alors que sa géographie et son site le recommande ?

D’autre part, le parking Clémenceau ne remplit toujours pas sa fonction principale et primordiale qui est d’accueillir les véhicules des riverains, une travée sur huit seulement est dévolue à cette fonction.

Nous souhaiterions en débattre avec vous dans les meilleurs délais.

Dans l’attente, recevez nos sincères salutations.

Pau le 30 juin 2014

 

Pierre GRAND
Président de Pau à Vélo

Vous aussi vous pouvez donner votre avis ou mieux faire des suggestions et propositions. Il vous suffit d’envoyer un courriel à l’adresse électronique circulation@pau.fr. N’hésitez pas à le faire.

– par Hélène Lafon

Pau, la place Saint Louis de Gonzague deux ans après…

placeCette place, proche du lycée Louis Barthou, devait être un modèle de place(tte) Florentine… et pour le mobilier un modèle de modernité.
Que reste-t-il de cet ambitieux projet ?

L’esthétique.

Le revêtement des voies de circulation automobile était en enrobé pour permettre le passage des bus scolaires et inter-régionaux de la « gare routière »qu’est presque entièrement devenu le Boulevard Barbanègre. Mais de larges espaces en pierres des Pyrénées avaient été réservés sur le pourtour. Comme le revêtement en enrobé était d’une couleur s’harmonisant avec les pierres du pays, le résultat était agréable au regard.
Les affreuses jardinières en cailloutis mises en place dès la fin du chantier pour peut-être, protéger  les piétons et très certainement, empêcher le stationnement, ont été rapidement remplacées par de hautes poteries  accueillant des buis taillés en boule, des bancs avec et sans dosseret placés de façon à faciliter la conversation ou tout au moins le bavardage de ceux qui venaient s’y asseoir.
L’ensemble était un peu nu mais sobre et assez réussi.

Malheureusement, les poteries même hautes, les bancs mêmes en cercles, étaient moins dissuasifs que les énormes bacs. Les automobilistes ont trouvé là un stationnement gratuit et tout près de Clémenceau, de Valéry Meunier et de Lamothe, voies strictement piétonnes. Bien sûr, ils n’ont pas volontairement heurté le mobilier urbain mais, un petit coup par-ci, un petit coup par-là… et les quatre bancs sans dosseret à hauteur de la fontaine ont disparu. Plus d’une jardinières sur deux sont de guingois et certaines ont dû être déplacées contre les murs du lycée et de la chapelle Saint Louis de Gonzague. Pire, certaines dont les buis ont « crevé » sont devenues corbeilles et pas seulement à papiers et/ou cendriers ! Très dernièrement, ce sont les deux bancs à dosseret qui de face à face se sont retrouvés côte à côte, contre le mur de la chapelle ! La ville aurait-elle baissé les bras face à l’incivisme de trop nombreux automobilistes palois ?

 Les piétons.

Le piéton devait y être plus que protégé et ce, malgré l’absence de trottoir et de caniveau. Malheureusement, placée entre la rue Latapie et le boulevard Barbanègre, la place saint Louis de Gonzague est avec la rue Léon Daran, le principal échappatoire depuis le parking Clémenceau et la rue Louis Barthou. La circulation des voitures y est plus dense que jamais et ni les piétons ni les cyclistes ne s’y sentent en sécurité. Et ce d’autant que des voitures sont stationnées de jour comme de nuit sur la zone strictement réservée aux piétons.

Alors que reste-t-il de notre placette Florentine ?

Malheureusement le pire ! Comme on peut le lire dans La République du 4 juin : « Pau : un élève du lycée Barthou blessé d’un coup de couteau.
Une violente altercation s’est produite hier matin aux abords du lycée Louis-Barthou à Pau entre un élève et un jeune homme qui serait extérieur à l’établissement. La victime, élève de terminale âgé de 17 ans, a été blessée avec un couteau. »

L’article est illustré d’une photo de la place saint Louis de Gonzague peu de temps après sa rénovation avec pour légende : Les faits se seraient déroulés à proximité de la place Saint-Louis de Gonzague à Pau.
Heureusement, l’élève est sorti le soir même de l’hôpital. La police n’a pas encore déterminé les circonstances de l’agression.

Pour rendre sécurité, calme et agrément à cette petite place, faut-il envisager d’y mettre une caméra de surveillance* ?

 – par Hélène Lafon, le 4 juin 2013

 

* Rectificatif : une caméra est déjà en place ; voir La République du 5 juin : «  La scène aurait été filmée par une caméra installée au niveau de la borne escamotable. »