La chambre vide

Capture d’écran 2013-05-15 à 17.08.20Depuis cinq mois, la chambre neuve attend Romaine.
O chers babils ! comme vous serez bienvenus.
Du berceau qui languit semaine après semaine,
Monte un amour plus saint que tous les dons connus.

Son petit nom choyé sonne telle une gloire ;
D’une aube à l’autre, il est le seul qu’on veut ouïr.
La layette déborde aux recoins de l’armoire
Et maint jouet rêve à ses doigts pour l’éblouir.

Pâle, songeuse, ouvrant des lendemains féeriques,
La blonde mère agite un arc-en-ciel de vœux.
Même les coups reçus lui parlent d’Amériques
Où galopent ces mots : « je la veux, je la veux ».

Le père à moitié fou câline son beau ventre.
Quel doux miracle ! A qui va-t-elle ressembler ?
De tout, elle est l’écho, de tout, elle est le centre,
L’ineffable Romaine ardente à s’envoler.

Le soir les rend confus de chaudes griseries,
Le matin virginal se colore de chants ;
Et par-delà le monde, avec des mains fleuries,
L’enfant jette à leur cou ses menus bras touchants.

Mais la mort frappe aussi les chérubins sans âge.
Aucun cri n’est venu resplendir ce jour-là.
La maison endeuillée a changé de visage.
Leurs yeux, leurs pauvres yeux ont perdu tout éclat.

Ils n’entendront jamais son gazouillis céleste.
Le destin fourbe et sot l’a prise en criminel.
Au bout de tant d’amour, comme tombe, il ne reste
Que cette chambre vide au silence éternel.

– par Thierry Cabot

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_dYg9ZIfTeM

La reine de beauté

roseCe fut comme un émoi de chair et de satin,
Un grand coup de soleil éclipsant le jour même
Quand, prodige du ciel ou faveur du destin,
Sa jeunesse parut dans son éclat suprême.

Elle avait à la lèvre on ne sait quel lointain
Charme délicieux d’une mouche bohème,
Et des prunelles d’or qui semblaient sur son teint
Allumer par éclairs quelque immense poème.

Or tandis qu’elle allait, la grâce au bout des mains,
Belle à faire frémir le plus froid des humains,
Que pour elle vibraient en un sublime hommage

Cent regards inconnus tout pleins de son image,
Elle ne sentit pas les doigts jaloux du Temps,
Avides de griffer ces trésors éclatants.

Thierry CABOT

Petite France

Capture d’écran 2013-04-29 à 13.39.42A force d’être lâche et recroquevillée,
Tu n’es déjà plus celle où vibraient nos couleurs,
Ma France à la voix trouble, à la lèvre écaillée,
Qui dans le fiel recuit saccage tes valeurs.

Quoi ! ne serais-tu plus qu’une harpe geignante,
Qu’une chaloupe borgne assoupie en un coin ?
Mon pays tant couvé d’une flamme poignante
Contre lequel je lève, abasourdi, le poing.

Sur les sentiers blafards, comment te reconnaître ?
Tu glisses vers la nuit, comme terne à jamais ;
Esclave du falot, clairon vil du non-être
Et lézardant les lois pour d’ignobles fumets.

Ma patrie enjôleuse aux manières de gaupe,
Ton quatorze juillet feint de nous rendre égaux ;
Mais il me semble choir au fond d’un trou de taupe
Quand je te vois glapir, laide sous les ragots.

Oh ! dis-le moi, qu’es-tu devenue en ce monde ?
Trop de sales forfaits maculent ton habit,
Marianne que j’aime et devant qui je gronde
Comme un enfant rageur dont l’œil noir s’ébaubit.

Cocoricos stridents, mots galeux, haines molles,
Où se cache ma France au long passé vainqueur ?
Ah ! se peut-il qu’un jour piètrement tu t’immoles
Telle une vieille dame ayant perdu son cœur ?

Se peut-il que tombée au milieu de la fange,
A l’histoire elle seule, hélas, après-demain,
Tu laisses ta grandeur belle, inouïe, étrange,
La lyre agenouillée ou l’injure à la main ?

Non ! si te consumant d’avanie en dispute,
Toi-même devais tendre une joue au bourreau,
Je ne saurais une heure imaginer ta chute,
Mon foyer, mon terroir, mon sang, mon boléro.

On les entend, émus, jusqu’au bout de la terre,
Ceux chez qui flotte au vent ton drapeau sans visa,
Eux non plus ne voudraient que les genoux à terre,
Leur idéal fécond tout à coup se brisât.

Déserte les nids morts et les scènes éteintes,
Piétine du regard le dédain convulsé,
Ma mère pitoyable aux aboyeuses plaintes
Vers laquelle je crie : « assez ! assez ! assez ! »

Il n’appartient qu’à toi de mûrir avec force
Dans nos matins d’orgueil les champs du renouveau,
A toi de balayer la rancune retorse
Pour filer, glorieuse, un splendide écheveau.

Mon Dieu ! voilà que sourd en fleuves d’harmonie
L’océan jeune et clair d’une âme en plein essor ;
Ranime tes vieux os, rallume ton génie,
Ma France à qui toujours sera lié mon sort.

– par Thierry CABOT

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Oloron : « Poétissage » au Printemps des Poètes

Capture d’écran 2013-03-22 à 20.19.50Stéphane, accompagnateur musical, Eolia la clown …. et Samie la poétesse ont créé Poétissage. Un long cheminement pour arriver à un doux mélange. Samie nous en explique les méandres et nous offre quelques vidéos.

« Une belle soirée poésie à Oloron Sainte Marie le 21 Mars… pour démarrer le Printemps des Poètes, à l’auditorium, salle Bourdeu. Un peu de monde venu nous écouter, parti heureux d’avoir partagé avec nous ces instants précieux que les amoureux de la poésie mais aussi des mots continuent de faire vivre chaque minute de chaque jour.

Comment vous dire, ma démarche consiste donc à écrire, écrire et encore écrire, depuis toujours, ou du moins depuis que j’ai goûté à ce langage des mots et à leur sonorité musicale tandis que j’apprenais des vers à l’école. J’étais une enfant un peu solitaire et me confiais beaucoup à la nature, à la vie autour de moi … jusqu’à la poser sur des feuilles de papier puis doucement avec le temps sur ce qui nous sert de tableau … fut-il virtuel mais ô combien essentiel à présent.

J’ai écrit des contes pour enfants, des récits, des nouvelles, un roman primé en 2000 à Orthez … mais tant de poésie ainsi que des maximes. J’ai collaboré avec beaucoup d’artistes car j’aime le tissage, le mixage, le métissage entre les Arts.

Depuis toujours je rêvais de mettre en scène la Poésie, et parce que j’ai chanté durant mon adolescence, j’ai toujours imaginé mettre ma poésie en musique … mais pas pour qu’elle soit chantée, seulement déclamée. Personne n’y croyait vraiment … pas même moi à force et puis, il fallait vivre et pour cela gagner sa vie …. jusqu’à ce jour de ma retraite où quelques écrits sous le bras, j’ai commencé à faire des marchés avec ma poésie mise sous cadre joliment décoré et parce que j’avais besoin de gagner un peu plus, je l’ai vendue sur les marchés, puis j’ai fait avec des ami-e-s peintres, des expos d’Art … écrit pour d’autres car je suis également écrivain public … jusqu’à cette nuit où bien décidée, j’ai cherché un musicien pour écrire sa musique sur mes mots …. et parce que des enfants étaient présents, j’ai demandé à une clown de faire de la gestuelle elle aussi sur mes mots, avec la musique pour accompagner celle de mes mots et sa gestuelle…. et voilà comment un rêve d’adolescente est doucement devenu réalité.

Je résume là, mais il m’en aura fallu du temps, entre concours de poésies, lecture ici ou là où les poètes étaient invités à s’exprimer .. les expositions …. puis il y eut Stéphane mon accompagnateur musical actuel et Eolia la clown …. et votre servante ! Nous formons ce petit groupe sur un nouveau concept qui me tenait tant à coeur et que j’ai nommé justement Poétissage….

En 2012 nous avons réalisé 12 spectacles ici ou là à Pau, dans un théâtre, le Théâtre Bourbaki, au Show Case, entre autres lieux, mais aussi avec des associations, comme Vivre ma Ville, puis en Décembre avec le Noël Pyrénéen et la Ville de Pau où là nous avons joué sur mes contes pour enfants Place Royale et dans le kiosque, et il y a peu dans une maison de retraite où se trouvaient là nos anciens et des enfants de la grande maternelle … quel enrichissement …. Voilà où mon amour de la poésie me conduit aujourd’hui ; partout où elle est acceptée …. J’ai également écrit pour des photographes. Un livre beau a été édité en Octobre.

Durant ce court parcours pour Poétissage mais qui, je le souhaite de tout coeur, va prendre son envol, nous avons été suivis par un réalisateur vidéo qui de spectacle en spectacle nous a suivis pour graver quelques instants précieux sous la forme de deux clips ainsi qu’un reportage vidéo de 20 minutes. J’ai un site, un peu à l’abandon en ce moment car les journées sont si courtes et j’en fais tant ….

Hier nous étions donc à Oloron-Sainte-Marie, le 19 Avril, nous serons à Claracq toujours dans le cadre du Printemps des Poètes. Nous espérons bien avec ces vidéos, nous servant à présent de support publicitaire, voir les portes s’ouvrir doucement mais sûrement ! Voilà, en quelques mots, résumée, la vie de Poétissage.

Je joins ici les liens de mon site mais aussi ceux des trois vidéos réalisés par Michel Malvezin. Le livre beau de photo prises par Pierre-Emmanuel Michel et édité par Mon Hélios a pour nom Oloron Sainte Marie la Nuit, je suis honorée d’en avoir écrit les textes avec en prime un poème sur Oloron. Il a été édité en Octobre. J’ai oeuvré également avec Mr Pascal Ledoaré photographe qui vit comme moi à Sauvagnon. »

– par Samie

http://youtube.com/w/?v=fUHT2tbuz4U


http://www.samielouve.e-monsite.com
http://www.monhelios.com/?fond=produit&id_produit=166&id_rubrique=2