Une primaire pour rien.

imgresC’est ce qu’il faut retenir des récentes déclarations de M. BAYROU qui, depuis longtemps, voue à M. SARKOZY, une haine tenace. Il est vrai que le tempérament de ce dernier a de quoi irriter les gens de caractère.
Mais comment comprendre que M. BAYROU  serait candidat à l’élection présidentielle si la primaire auto-qualifiée    » de la droite et du centre  » désignait l’ancien président de la république pour les représenter en 2017 ?
Les électeurs doivent se poser diverses questions sur son positionnement.
En premier lieu, pourquoi,  alors que cette primaire à pour but de parvenir à une candidature unique  » de la droite et du centre « , M. BAYROU ne s’y soumet-il pas pour y représenter  » le centre « ? Crainte de l’échec ? Désintérêt ?
Son abstention est d’autant moins compréhensible qu’à ce jour, aucun centriste ne participe à la primaire et que pour soutenir  M.JUPPE,  M BAYROU devrait en principe lui apporter sa voix et donc y voter .
En second lieu, comment comprendre que M.BAYROU accepterait de ne pas se présenter à la présidentielle si son favori est désigné alors qu’il combattrait par contre  M. SARKOZY ?
Ce serait là un bel exemple de déni de démocratie ! Oui à la primaire, non à son vainqueur !
Les moins naïfs comprendront qu’en échange de son soutien chaleureux au maire de Bordeaux, ce dernier a dû réserver Matignon au maire de Pau qui obtiendrait là son bâton de maréchal à défaut d’entrer à l’Elysée.
Mais, et c’est là l’essentiel. Si M. BAYROU était  candidat en même temps que M. SARKOZY, son seul objectif serait d’éliminer celui-ci  pour le second tour car M. BAYROU sait très bien qu’il ne peut, quant à lui, franchir le premier obstacle.
Les conséquences d’une telle stratégie seraient alors suicidaires pour « la droite et le centre « .
En effet, si la qualification de Madame LE PEN pour le second tour semble acquise, la présence  de M. BAYROU au premier tour risquerait d’entraîner l’élimination de M. SARKOZY   et par contrecoup la qualification d’un candidat de  » gauche  » qui aurait de grandes chances de l’emporter au regard de la position que le camp  » de la droite et du centre  » adopte contre les candidats frontistes lorsqu’ils se retrouvent en concurrence avec des candidats  » de gauche ».
Une fois de plus, on ne sait dans quel camp situer le maire de Pau.
Beaucoup de Palois se demandent sans doute pourquoi les membres du conseil municipal et plus spécialement les élus  » républicains  » ne dénoncent pas sa stratégie. Seule la reconnaissance qu’ils lui doivent de veiller aux intérêts de la cité peut l’expliquer. Ils ne peuvent être tenus au silence au nom d’une solidarité qui se limite à l’application du programme qui fut accepté par l’électorat.

Pierre ESPOSITO
Ancien bâtonnier du barreau de PAU.

Crédit image « Lopinion.fr »