La vérité est dans les chiffres

plantu-melenchon-le-pen-cote-a-coteLes élections présidentielles françaises donnent lieu à des débats qui escamotent la réalité, le fond de nos problèmes. Quelques chiffres incontestables pour recadrer le débat.

Depuis des semaines les media rabâchent les errements de nos responsables politiques. Il n’y a pas de place pour un examen sérieux des propositions des uns et des autres, cela arrange bien les extrémistes de gauche et de droite dont les programmes sont totalement irréalistes, et cela ne grandit pas nos media.

Avant de s’intéresser aux détails des programmes qui, d’une manière générale ne sont que des distributions clientélistes, nos media devraient rendre compte des grands équilibres du pays proposés par les candidats, en prenant soin de faire vérifier la réalité des chiffres, ce qui n’est pas évident.

L’histoire montre qu’a chaque campagne les candidats seront vertueux… à la fin de leur mandat, et dans la réalité, à chaque fois, il n’en est rien.

La France n’a pas présenté un budget en équilibre depuis 41 ans !

Depuis 41 ans nous vivons au dessus de nos moyens et la dette atteint aujourd’hui 2100 milliards et continue d’augmenter puisque le déficit budgétaire est toujours supérieur à 3%.

La France vit à crédit et il est donc mensonger de dire que l’on vit une période d’austérité. C’est le contraire !

La France a une dépense publique qui atteint 57,5 % du PIB quasi record du monde des pays développés.

Cela signifie qu’en aucun cas nous sommes une économie libérale (dans le sens péjoratif du terme) et encore moins la stupidité que l’on entend serinée par les gauchistes, une économie ultra libérale. On peut même dire que nous sommes une économie plutôt dirigée par l’Etat.

La volonté de diminuer ce niveau de dépense publique pour l’amener autour de 50% n’a rien d’ultra libéral, c’est le bon sens, sauf si l’on souhaite une économie communiste. Rappelons que la dépense publique atteignait 40% en 1973 47% en 1989 (sous Mitterand) 51% en 2000. Et diminuer cette dépense de 7,5 points c’est plus de 150 milliards d’économie …

Dépense publique INSEE

En 2012 Hollande s’engageait a réduire de 60 milliards d’euros la dépense publique. En fait elle n’a pas baissé !

Des prélèvements obligatoires à un niveau insupportable.

En 2017 les Français paieront 1010 milliards d’euros de prélèvements obligatoires, 45% du PIB. Le prélèvement était de 795 milliards en 2009. Il n’est plus possible de continuer sur cette voie.

Un commerce extérieur en grave déficit chronique.

La France est aussi un pays qui produit, qui achète à l’étranger et y vend. Et là nous avons aussi un problème majeur : un déficit commercial récurrent qui s’élève à 48 milliards d’euros.

Un pays qui a un déficit commercial élevé ne peut continuer cette trajectoire sans incidence majeure sur sa monnaie. C’est l’Allemagne avec son budget en équilibre et un commerce extérieur positif de 251 milliards d’euros qui soutient l’euro.

Malgré un « alignement favorable des planètes ».

Pour compléter ce panorama catastrophique il faut dire que depuis quelques années les grands leviers économiques sont favorables : soutien de la BCE (rachat d’obligations au rythme de 80 milliards d’euros/mois jusqu’en mars puis 60 milliards ensuite), taux de crédit très faible voire nul, prix du pétrole bas et euro qui s’est affaibli de près de 20% par rapport au dollar.

Avec ce contexte très favorable, la France reste avec une croissance très faible et un chômage très élevé, par manque de compétitivité, à l’inverse des pays européens majeurs comme l’Allemagne ou la Grande Bretagne. A quand les réformes faites dans ces deux pays ?

Et les citoyens rêvent …

Malgré les évidences, les sondages montrent que près de 50% des français font confiance à des candidats des extrêmes qui promettent de gouverner la France dans un monde et avec des règles qui n’existent pas.

Les leçons de Mitterrand, puis de Hollande, contraints de modifier profondément l’orientation irréaliste de leurs politiques, semblent avoir été oubliées. Rappelez vous donc alors Tsipras élu en Grèce avec le programme de Mélenchon qui gouverne maintenant avec une ligne plus à droite que Fillon …

Daniel Sango

Jean Lassalle est-il fou ?

lassalleC’est la question qui va animer la blogosphère dans les heures qui viennent, et elle a pour origine l’original de Lourdios Ichère. Qu’en pensent les lecteurs d’Alternatives Pyrénées, est-il fou ?

Les media cherchent l’originalité dans leurs invités, question de spectacle, d’audience. Et Jean Lassalle est un « client ». Après son chant Pyrénéen en séance, puis sa grève de la faim à l’Assemblée Nationale, son tour de France à pied, sa candidature à l’élection présidentielle, il a acquis une réputation nationale. « On ne peut plus le tenir » dit de lui François Bayrou, son compagnon de 40 ans.

Il était l’invité hier soir de l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché »

Et il y a continué ses extravagances, il a sollicité l’avis des psychiatres pour juger de sa santé mentale…(voir enregistrement ci dessous)

http://actu.orange.fr/politique/jean-lassalle-lance-un-appel-aux-psychiatres-j-ai-besoin-de-vous-magic-CNT000000BIsqA.html

La version complète de la prestation de Jean Lassalle :

http://www.lexpress.fr/actualite/jean-lassalle-laisse-les-telespectateurs-perplexes-dans-on-n-est-pas-couche_1871449.html

On attend le résultat de ces spécialistes, et les réponses ne manqueront pas d’affluer sur la toile.

Ceci dit, quelle image est ainsi donnée de la fonction de Député ? De celle de candidat à l’élection présidentielle ? Du Béarn ? Et avant tout, sans doute, que pensent les citoyens qui ont pour représentant, cette « anomalie » politique ? D’autant que quand on met en face son travail parlementaire, là c’est moins spectaculaire.

Les citoyens ont les élus qu’ils méritent.

Daniel Sango

Quelle équipe !

melenchon-et-les-siensLa campagne des présidentielles a commencé. Elle va se caractériser par une montée des extrêmes (Le Pen et Mélenchon), enfin pas trop j’espère, il est donc important de bien lire, aussi, les programmes de ces deux partis qui pourraient, s’ils étaient au pouvoir, couler la France.

Informé de la sortie du premier livre programmatique de Mélenchon, « L’Avenir en commun », j’ai parcouru son site Internet pour un premier contact avant d’acheter l’ouvrage.

Et mon premier choc est venu de la rubrique  » l’équipe du programme » qui présente les participants à la rédaction. 19 personnes jeunes puisque toutes ayant moins de 40 ans, sauf l’incontournable Jacques Généreux, et des professions que l’on qualifiera, d’intellectuelles :

Maître de Conférences des Universités
Maîtresse de Conférences de Droit Public
Etudiante à Sciences Po
Statisticien Docteur en Economie
Etudiante en Droit Public et Sociologie
Doctorant en Droit Constitutionnel
Docteur en Droit, Fonctionnaire Territorial
Haut Fonctionnaire
Etudiant en Ecole d’Ingénieur Agronome
Ingénieur Agronome investie dans la vie Associative
Doctorant en sociologie
Employée par le Groupe parlementaire « La Gauche Unie » au parlement européen
Fonctionnaire dans le Domaine de la Justice (ENA)
Enseignante des Sciences Politiques
Fonctionnaire dans la Culture (ENA)
Maître de Conférence (Agrégée de SVT)
Doctorant en Sciences Sociales
Etudiant à Sciences Po
Etudiante à l’Institut d’Etudes Politiques

Il y a de quoi être étonné ! Pour un parti qui veut faire le bonheur du peuple, aucune personne ayant connu la vraie vie !

Aucun travailleur, comme dirait la gauche ! (On comprend que les caciques du PC aient quelques réticences…)

Et ne parlons pas des ouvriers commerçants, agriculteurs ou chômeurs, incapables bien sûr de savoir et de rédiger ce qui est bon pour eux…

Ca commence vraiment mal, pour quelqu’un qui veut donner la parole au peuple …

Il ne faudra pas s’étonner si son programme hors sol représente les délires d’enfants gâtés déconnectés du réel.

La suite après la lecture de « L’avenir commun »

 Daniel Sango

Bayrou c’est flou !

bayrou-charbJoël Braud dans son article « Bayrou vs Fillon » nous rend compte de la position actuelle de F Bayrou face à l’élection présidentielle. Comme toujours notre Maire est au milieu… Au milieu de nulle part disait un humoriste.

Comme toujours, Bayrou est un conteur, il est capable de parler vingt minutes du budget de la ville de Pau (ou de la France) sans prononcer un seul chiffre. C’est un discours plein d’une logique bienveillante à destination de la ménagère de 60 ans. Et cela a un certain succès. D’ailleurs la citation donnée : « Vous voulez me faire dire ce que je ne veux pas dire. Le sens de l’engagement citoyen est de défendre ce que l’on croit » est du Bayrou pur sucre, amusant !

En fait, beaucoup de discours sans intérêt car tout le monde comprend parfaitement la basse cuisine politicienne de François Bayrou.

F Bayrou et ce qu’il reste du MoDem sont aux abois depuis des mois. Un parti exsangue par la faute de son Président autocrate qui a même été quitté par l’ami de toujours et seul élu à l’Assemblée. Il lui faut à tout prix sauver les meubles et préserver quelques possibilités de sièges pour quelques amis fidèles, sans cela c’est la mort du MoDem et la retraite définitive pour le Maire de Pau.

Il avait choisi de se placer dans le sillage de Juppé, favori pour la primaire de la droite, avec la certitude d’en tirer profit. L’autre hypothèse était Sarkozy, ennemi juré, et là c’était clair, il fallait mouiller la chemise pour lui barrer la route en allant lui prendre 5 à 8% des voix au premier tour. En fait, le scénario qui s’est déroulé a perturbé ses plans. C’est François Fillon qui a balayé tout le monde.

C’est donc une nouvelle donne qui s’engage pour la survie du MoDem dans cette partie du poker menteur, devant les media. Car pour le reste, les cartes des uns et des autres sont parfaitement connues. Bayrou a un pouvoir de nuisance, mais suicidaire. Sa candidature, avec un parti inexistant, sans financement, sans soutien (Juppé soutient Fillon, les autres partis du centre ont gardé une rancœur tenace contre l’ancien président de l’UDF…) avec un concurrent de poids qui chasse sur ses terres : Macron. Bref un suicide politique pour lui et ses amis.

Il lui faut donc d’urgence, attendre. Attendre que la situation se clarifie à gauche et que l’on ait le résultat des primaires à gauche, car Manuel  Valls chasse aussi sur les terres du centre.

Attendre qu’ensuite les sondages précisent les pronostics sur les candidats avérés. Et n’en doutons pas, les contacts avec Fillon ont déjà eu lieu. La négociation est en cours. Le marchandage va bon train. Pendant cette période il faut que Bayrou montre ses muscles… Montre qu’il existe des divergences de vues fortes, au point qu’il pourrait, pour sauver la France, se jeter dans la bataille.

Mais pas trop quand même parce qu’il faudra qu’il fasse la paix après avoir obtenu quelques assurances pour ses amis, voire pour lui.

Ainsi va la vie dans notre comédie politique. Bayrou c’est flou !

Daniel Sango

Crédit photo : Charlie Hebdo

Quand Juppé parle de Bayrou.

imgresCe 7 février 2015, à l’occasion du conseil national de l’UMP, Alain Juppé, candidat à la primaire de 2016 au sein de son parti, a évoqué le nom de François Bayrou. Une bronca s’en est suivie. Dans cette instance qui a du mal à se débarrasser de sa machine à perdre, l’idée d’une alliance avec un parti centriste n’est pas encore acceptée.

 Nous les Aquitains savons bien la proximité qui existe entre le maire de Bordeaux et le maire de Pau. Une proximité qui, comme tout ce qui est  politique dans notre pays, ne repose pas que sur des convictions mais sur des préoccupations de carrière ou des ambitions personnelles. Parce qu’on peut se demander en effet quel est l’intérêt d’Alain Juppé, candidat à la primaire au sein du parti UMP, de déplaire à ceux qui seront sollicités lors de ce scrutin en évoquant une alliance avec le MoDem.

 Sans doute Alain Juppé est-il conscient que l’état de délabrement du parti auquel il appartient nuira à son image lors des prochaines présidentielles. Il sait aussi qu’actuellement le seul moyen de progresser au moins dans les sondages est de se débarrasser de cette machine à perdre qu’est l’ami de Balkany. Rappelons qu’un sondage qui vient de paraître fait ressortir que 68% des français considère que Sarkozy n’a plus d’autorité sur l’UMP*. Et pourtant il s’accroche !

 De son côté François Bayrou mesure que cette alliance proposée avec le centre par Juppé, est rejetée par les membres de l’UMP. Enfin, pas tout à fait avec le centre, parce que s’unir avec l’UDI ne soulève aucune animosité tandis que s’unir avec le MoDem provoque sifflets et quolibets. C’est donc plus lui, le maire de Pau, qui est rejeté que l’idée d’une ouverture vers le centre. C’est vrai que lors des dernières présidentielles, il  avait invité à voter Hollande. Sarkozy a considéré que là se trouvait la raison de son échec. C’est sans doute donner au MoDem une influence qu’il n’a pas réellement. Mais rien n’est oublié, rien n’est pardonné.

 Et puis pour nous Palois, ou habitants de la CDAPP, cette alliance entre Juppé et Bayrou qui n’a pas encore réellement pris forme, ne sera pas sans conséquence dans l’hypothèse où elle aboutirait au but recherché par les protagonistes. Imaginons, oui imaginons, que Juppé gagne la primaire au sein de l’UMP. Que ipso facto il soit candidat à la présidentielle de 2017. Qu’il soit élu. Que deviendra François Bayrou ? Eh bien on peut envisager fort logiquement que cette alliance entre ces deux hommes conduira le président de la CDAPP à occuper un poste important au sein du gouvernement, peut-être même celui de chef de ce gouvernement. Pourquoi pas, cela n’est que logique. Dans le cas contraire, celui où Juppé ne serait pas le candidat désigné par son parti, Sarkozy le serait, lui, et Bayrou se mettrait sur sa route.

 Rappelons-nous que, lors de sa campagne électorale pour les municipales à Pau, François Bayrou a dit haut et fort qu’il se consacrerait totalement à Pau, qu’il ne serait pas candidat aux législatives, pas candidat aux sénatoriales, pas candidat aux européennes. Mais son engagement n’a jamais porté sur sa candidature à la présidentielle. Il est toujours resté flou sur ce point. De même qu’il ne s’est jamais engagé à refuser un poste de membre du gouvernement voir de chef de ce dernier. Alors…

 Mais tout cela n’est que politique politicienne, ça ne fait pas baisser nos impôts.

 

Pau, le 9 février 2015

Par Joël BRAUD

 

*Institut ODOXA pour iTELE et le Parisien