Valse avec Hollande

hollande-valls

 Toutes les déclarations faites par les hommes politiques français de tous bords montrent avec insistance que leur cerveau s’est modifié suite à son utilisation, toujours de la même manière, au cours de leurs trop longues carrières de boni menteurs.

Plus de la moitié de celui-ci est maintenant fait d’un matériaux nouveau, dans lequel les neurones ont fait des nœuds et que l’on appelle le bois. Cette partie très volumineuse sert uniquement à la commande du langage. Vous avez pu remarquer à quel point leur volubilité ne souffre ni de temps de réflexion suite à une question, ni de bafouillage. Quand une question est posée, c’est un long fleuve tranquille de banalités lénifiantes qui s’écoule et dont on sent bien qu’il pourrait durer des heures si une nouvelle question ne venait pas l’interrompre.

Ce cerveau de bois à neurones noués a une autre caractéristique, c’est qu’il peut se transmettre par simple proximité, moyennant l’activation du domaine cérébral de la récompense.

C’est ainsi que hier soir, au vingt heures de TF1, Manuel Vals nous a débité de la sauce hollandaise.

Ce n’était ni le Valls candidat aux primaires socialistes qui voulait revenir sur les 35 heures, ni le Ministre de l’Intérieur réaliste sur le comportement des Roms en France, et encore moins le social libéral conscient de la nécessité absolue de diminuer le poids de la gigantesque dépense publique française. Langue de bois hollandaise.

Pendant ce temps les mois passent, le déficit est toujours aussi abyssal.

On aurait aimé que le journaliste, en fin d’interview, demande enfin à M. Valls où serait donc implantée l’usine à imprimer la fausse monnaie, source de nouveaux emplois.

Mais dans les autres camps politiques le cerveau de bois est aussi de mise.

Pas une voix pour encourager une réduction de 50 milliards d’euro des dépenses publiques. L’UMP qui, avec Sarkozy, a refusé de réformer la France, préférant laisser filer les déficits pour tenter une hypothétique réélection, est tout aussi coupable.

Reste François, le notre, dont le programme présidentiel n’était pas si éloigné que cela du programme hollandais de l’an II. Qu’attend-il pour soutenir cette orientation? Et non, lui le rassembleur, tout au bonheur de sa récente victoire, il valse avec Josy.

Heureusement, il reste l’Europe. Les salades hollandaise ne seront plus de mise. Les comptes seront là. Dans quelques jours il faudra, après toutes ces reculades, ces demandes de délai, s’engager sur une gestion chiffrée claire.

Mais faites confiance au cerveau de bois de nos politiciens pour tenter, une fois encore, de refuser l’obstacle. Ce matin sur France Info, c’est M. Sapin qui s’y colle : « on va renégocier avec Bruxelles »!

La France va donc demander à l’Europe, de créer des emplois en France, de lui faire toujours plus de crédit. La France n’a donc plus de parole, sa signature c’est donc du vent.

Quel courage politique!

-par Daniel Sango