Présidentielle 2017

BayeouLa campagne de 2017 est engagée et ça part dans tous les sens. En ce qui concerne Pau, comme il fallait s’y attendre, Bayrou sort du bois. Après avoir soutenu Juppé il le trahit en disant qu’il ne fait pas le poids, ce qui, a son avis, lui ouvre des perspectives.

Dans le livre « Une vie » sorti en 2007, Simone Veil raconte, page 250, comment pour les élections Européennes elle a pu juger son directeur de campagne, François Bayrou. Celui-ci lui fait rencontrer Lecanuet, qui annonce devant les journalistes, qu’il ne se présentera pas sur la même liste qu’elle ! (Lecanuet avec Chirac, Veil avec Giscard)

Je cite S Veil « Bayrou que je connaissais peu, m’était apparu intelligent et dynamique, venait de me donner la vraie mesure de son caractère, capable en quelques jours, d’énoncer une chose et son contraire, uniquement préoccupé de son propre avenir qui, depuis sa jeunesse, ne porte qu’un nom : l’ELYSEE. Il est convaincu qu’il a été touché par le doigt de Dieu pour devenir président. C’est une idée fixe, une obsession à laquelle il est capable de sacrifier principes, alliés, amis. »

Cela confirme ce que nous savions depuis longtemps : la Mairie de Pau n’était qu’une rampe de lancement

Faudra faire avec.

– par Jack Fagot-Barraly

Ça ne marche toujours pas !

 imgresIl y a quelques mois, lors du changement  de premier ministre, nous avons écrit ceci :
« Un nouveau gouvernement, très bien, mais ça ne marchera pas ! »

Ça ne marchera pas tout simplement parce que ça ne peut pas marcher ! Et à cela plusieurs raisons.
La première est que le président de la république n’a pas été élu sur un programme que la plupart des votants n’ont pas lu ou compris. Son élection n’est pas une victoire. C’est en réalité la défaite de son concurrent qui l’a fait président.
La seconde est que, quoi qu’on dise ou fasse, les responsables politiques qui, pour beaucoup d’entre eux n’ont jamais géré une entreprise ni même exercé une activité professionnelle, sont incapables de réformer un code du travail qui dans le souci d’une protection sans cesse plus grande des salariés décourage ceux qui accepteraient de se lancer dans une création d’entreprise.
Quand un système d’allocations en tous genres, permet à certains de gagner plus sans travailler que d’autres en travaillant, il faut trouver les recettes correspondantes et la compétitivité en prend un coup, en même temps que la consommation.
La troisième est que l’Assemblée Nationale ne reflète pas les sensibilités politiques du pays. Le président de la république avait promis la mise en œuvre d’un scrutin proportionnel, où en sommes-nous ? Cette réforme était sans doute plus urgente que celle du « mariage pour tous « .
La quatrième est que nous sommes en présence de responsables politiques faibles qui, soucieux de conserver leurs privilèges d’élus, n’ont pas le courage d’imposer les réformes qui s’imposent pour ne pas déplaire.
Nous ne pouvons rien espérer du nouveau gouvernement. Nous en serons au même point dans trois, quatre, cinq mois.
Rappelons-nous les incantations du président de la république, des premiers ministres ou d’autres membres des trois derniers gouvernements; la reprise était toute proche et il n’en est rien.
Reconnaissons, toutefois, que nous avons les dirigeants que nous méritons. Nous avons été mal habitués par un État-Providence dont nous attendons tout.
Ça ne changera donc pas non plus tant que ceux qui en profitent généreusement ne feront pas un examen de conscience en se demandant ce qu’ils laisseront à leurs enfants ou petits-enfants.
Il y a urgence à changer nos mentalités qui consistent tout à la fois à dénoncer certains privilèges et à revendiquer le maintien d’avantages archaïques qui ne se justifient plus. »
Nous constatons,  au vu des dernières statistiques sur l’emploi, sans en être fier, ni heureux, que ces propos sont toujours d’actualité. Et nous pensons pouvoir affirmer que le chômage ne baissera pas de façon significative tant que des mesures drastiques ne seront pas adoptées.
Notre pays peut-il continuer à entretenir des clandestins dont beaucoup d’ailleurs rejettent notre civilisation, accepter que des casseurs sévissent sans grands risques, que des tricheurs bénéficient d’allocations en tous genres, qu’on conserve des niches comme le conseil économique, social et environnemental, bien utile pour caser des copains n’ayant plus de mandat électoral, ou maintenir à leur  niveau  les nombres de députés et de sénateurs ?
Des économies, le pays peut en faire, mais encore faut-il une volonté politique en ce sens.

                                                                                                                                                       – par  Pierre  ESPOSITO
Ancien bâtonnier du barreau de PAU

Élections départementales, sombres perspectives

 imagesNous savons tous maintenant, ou à peu près tous, que les prochaines élections sont appelées élections départementales et qu’elles se dérouleront les 22 et 29 mars 2015. Actuellement, comme toujours dans des circonstances comparables, sortent de nombreux sondages qui en disent long sur l’état d’esprit des électeurs. Il n’est pas question ici de s’intéresser aux probables ou problématiques résultats du scrutin mais de se pencher sur les difficultés que nous avons, nous citoyens informés ou pas, à correctement percevoir l’enjeu de ces départementales.

 Sur l’information des électeurs. Il ressort qu’un tiers des Français ne sait pas qu’il y aura une élection au mois de mars. Et 50% de ceux-ci ne veulent pas se déplacer pour mettre un bulletin dans l’urne. D’autres sondages évoquent la possibilité d’un taux d’abstention situé à environ 70 %.

 Le mode de scrutin est à la fois inédit et compliqué.  Le fait d’obliger, par la règle du binôme, à  respecter la parité homme et femme est ressenti comme un moyen artificiel, une limitation du choix de chacun. Par ailleurs les conditions imposées pour être élu au premier tour (majorité absolue plus 25% des inscrits) rendent  improbable un résultat définitif le 22 mars au soir. De même que des triangulaires au second tour sont peu envisageables.

 Existe également ce que l’on pourrait appeler « la crise de la promesse électorale ». Il y a tellement eu de promesses, d’engagements dans tous les sens que personne n’y croit plus. Par le passé, il s’est fréquemment vérifié que les promesses n’étaient que rarement, voire pas du tout tenues.

 La lassitude. Les citoyens considèrent que les politiques ne peuvent rien pour eux. La gauche est actuellement aux manettes. Elle succède à la droite et rien ne change. A quoi bon se prononcer pour les partis traditionnels, l’enjeu des départementales n’est pas crucial pour la vie politique du pays, alors les électeurs osent tenter autre chose, une troisième force alternative qui n’a jamais été au pouvoir.

 La crise du résultat. Régulièrement les politiques annoncent une amélioration qui ne vient pas. Le chômage est toujours en augmentation et même les politiques reconnaissent que tout a été essayé. Ils admettent donc implicitement leur incapacité à faire bouger les lignes. Et si le réel pouvoir, économique et politique se trouvait ailleurs.

 Le comportement des politiques est un terreau fertile pour un autre choix. Il est question ici des condamnations, des tricheries, du cumul des mandats, du professionnalisme de la politique, du manque de transparence, d’élus qui considèrent ne pas avoir de comptes à rendre, de revenus jugés exagérés, de certains qui profitent d’avantages indus (voyages, utilisation de fonds à des fins non prévues).  Le comportement de la caste politique est la principale cause de la défiance des électeurs à son égard.

 Enfin et ce n’est pas là la moindre raison, cette élection se fait à l’aveugle. Actuellement on ne sait pas quelles seront les compétences des conseils départementaux. La loi sur la répartition de celles-ci (NOTRe) est actuellement débattue au parlement. La navette entre l’assemblée générale et le sénat n’a pas trouvé sa forme définitive et elle ne la trouvera pas avant le scrutin. Certains, à tort, pensent que la compétence générale n’est pas abandonnée. C’est une erreur car si son principe était maintenu, il n’y aurait pas nécessité de débattre sur la répartition des compétences des collectivités territoriales. Il en découle fort logiquement que les candidats sont dans l’incapacité de présenter un  programme. Ils s’en tiennent lamentablement à des principes généraux qui ont pour nom : solidarité, entraide, plus grande proximité, troisième âge. Quand il n’y a pas de vrai programme, il ne peut y avoir de véritable engagement.

 Mais le plus grave et qui conduit à estimer qu’on nous considère comme des pantins c’est qu’il est dit ici ou là, d’une façon définitive ou pas, que ces conseils départementaux qui doivent être élus sont programmés pour disparaître en 2017. Un vote pour pas grand-chose en quelque sorte.

 Jamais  les électeurs n’ont été pris pour des imbéciles avec autant d’outrecuidance.

 

Pau, le 4 mars 2015

            Par Joël BRAUD