Réintroduire des ours (slovène) dans les Pyrénées ? Non…

brehm_ours3Faut-il réintroduire des ours dans les Pyrénées (de Slovénie ou même d’ailleurs) ? Voilà une question qui captive les Béarnais, les Bigourdans et même tous les Pyrénéens. Alternatives Pyrénées reçoit de nombreux communiqués d’associations pour ou contre la réintroduction, mais aussi des points de vue plus personnel. Vous faire connaître ces différentes approches de la question nous tient à cœur. C’est pourquoi nous les publions. Cette semaine deux articles. Un contre, une lettre ouverte adressée au Premier Ministre, par Nicolas des Ligneris (ci-après) et un communiqué de presse (article suivant) des associations Pays de l’Ours-Adet et FERUS.

Monsieur le Premier Ministre
Les ours slovènes vivent en société heureuse au milieu de forêts accueillantes dans lesquelles ils peuvent se nourrir, hiberner, se reproduire. Pour gagner les voix de quelques nostalgiques d’une espèce définitivement disparue des Pyrénées, au plus grand mépris du droit des animaux à disposer d’eux-mêmes, on pourchasse, endort, capture et déporte ces ours pour les transférer dans un milieu différent, inconnu d’eux, dans lequel la ressource alimentaire principale est la viande d’ovins. Cela se fait à grands frais d’argent public emprunté sur la tête de nos petits-enfants, alors que des milliers de citoyens ont à peine de quoi vivre. Il est grand temps d’arrêter cette gabegie, et incidemment de se demander pourquoi on ne réintroduit pas l’ours (slovène ou d’ailleurs) dans les bois de Boulogne et de Vincennes où nos rois les chassaient avec bonheur…

Nicolas des Ligneris

Réintroduire des ours (slovènes) dans les Pyrénées ? Oui…

Logo+nomCi-dessous, un communiqué de presse des Associations pro-ours, Pays de l’Ours-Adet et Férus. A chacun sa vérité…

Communiqué
Les dégâts au bétail restant faibles,
les opposants à l’ours cherchent de nouveaux bouc-émissaires

Le bilan rendu public récemment par la DREAL Midi-Pyrénées est clair : les dégâts d’ours restent très faibles dans les Pyrénées, alors que le nombre d’ours continue d’augmenter (trop) lentement.
Ainsi, le bilan de l’été 2014 (135 bêtes & 1 ruche) est-il sensiblement équivalent à celui de 2013 (116 bêtes & 2 ruches) et les dégâts d’ours représentent toujours nettement moins de 1% de la mortalité totale du bétail, estimée à plus de 25 000 brebis chaque été dans les Pyrénées.
Longtemps annoncée, l’apocalypse du retour de l’ours n’est donc pas encore pour cette année, ce que le porte-parole des opposants reconnaît désormais « Les dégâts ne sont pas le problème… ».
Mais comme le seul moyen d’être écoutés est de se plaindre, deux nouvelles espèces viennent d’être élues « bouc-émissaires de l’élevage pyrénéen » : le loup et le vautour.
Et par les temps qui courent, ça marche !
En témoigne l’empressement de Madame le Préfet de l’ Ariège d’autoriser l’effarouchement des vautours, alors que personne n’a jamais vu depuis deux mille ans un vautour attaquer une bête en bonne santé…
Quant au retour du loup dans les Pyrénées, chaque année annoncé, personne n’en a vu le bout de la queue, si ce n’est quelques individus erratiques très discrets.
Les solutions existent et si les dégâts des prédateurs restent aussi limités dans les Pyrénées, c’est bien parce que de plus en plus d’éleveurs ignorent les positions extrémistes des lobbies jusqu’au-boutistes et adoptent les techniques de protection des troupeaux proposées et financées par l’État.
Malgré cela, tant que le gouvernement considérera le pouvoir de nuisance des lobbies avant l’intérêt général, les ours, les loups, les vautours et la biodiversité en général auront toujours du souci à se faire !

– par les associations Pays de l’Ours-Adet et FERUS
Arbas, le 13 octobre 2014

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La réforme territoriale ou à la conquête de l’Ouest

Capture   PhGNous pouvions espérer qu’à l’occasion d’une réflexion pragmatique, lucide, tenant donc compte des véritables enjeux des « limites territoriales », au service des femmes et des hommes y vivant et les animant – le bon sens l’emporte –

Nous n’avons que confusion, lutte d’intérêts personnels et calculs politiciens.

Et pourtant…

Cette réforme est nécessaire, tant pour réduire notre dette (un impératif), que pour rendre encore plus dynamiques nos régions (une nécessité majeure dans la mondialisation).

Pour cela et répondre à cette double attente, la simplicité et la légitimité devaient en être les clefs de voûte – Sachant que toute réforme entraîne des contestations – ces limites territoriales, si elles sont posées, ne doivent pas être prises comme des contraintes bridant les initiatives positives, mais comme des repères géographiques aux indicateurs et interférences multiples.

Aussi, aurions-nous pu fondre les départements dans les régions et avoir des conseillers territoriaux tant à l’échelle du département, qu’à celle de la région (le nombre d‘élus diminuant ainsi d’une façon significative). Des économies réelles et une efficacité plus grande dans la traçabilité des dossiers auraient contribué à revaloriser l’image de l’élu.

Quant aux régions, il suffisait de les laisser dans les limites actuelles, tout en renforçant leur pouvoir d’œuvrer ensemble sur les « dossiers transfrontaliers » où seul un travail d’équipe est pertinent.

Nous vivons dans un cadre européen et nos amis basques ont déjà entrepris une collaboration pouvant être prise en exemple.

Ainsi dans un second temps, ce « vivre ensemble » et les synergies communes, nous amenaient naturellement à la possibilité d’ouvrir par référendum, la fusion de telle ou telle région (comme cela a failli se faire dans le nord-est).

Toute politique est à évaluer à l’égard de ses applications concrètes sur le terrain. Que de dégâts sont à constater dans la façon totalement obsolète de nos gouvernants à prendre leurs décisions !

Des réformes oui, mais pas n’importe comment, ou n’importe quoi ! Auquel cas on obtient le résultat presque inverse…

L’énergie consacrée se perd dans les rouages qui ne servent pas le bien commun. L’élu n’apparaissant qu’au service de lui-même (alors qu’il s’agit d’une mission quotidienne méritant notre considération).

L’Ouest mérite aussi, une autre considération par ses atouts naturels, humains et économiques considérables.

L’Ouest mérite une union de projets, tant par son axe côtier que par sa double appartenance à la chaîne pyrénéenne et au piémont du Massif Central, l’unissant dans un véritable berceau.

Grand Ouest, terre du rugby et de l’aéronautique.

A ce sujet cela fait longtemps que les acteurs de ce secteur ont créé des alliances transcendant les baronnies régionales, et fournissent un autre exemple réussi, d’une vision globale pour réaliser des objectifs, créateurs de richesse et d’emplois.

Comment peut-on ignorer « ce qui marche » (ou « vole »…) en appliquant des oukases qui rivalisent d’arbitraire ?

Notre pays à de trop nombreux indicateurs au rouge pour se permettre un « énième amateurisme » de nos dirigeants.

Oui aux vrais réformes.

Non à celles, qui, pire que d’être ce la poudre aux yeux, dite poudre de Perlimpinpin – abîment et font perdre espoir – Alors que nous sommes nombreux à souhaiter, une vraie conquête de l’Ouest, comme ont su la faire vivre, les pionniers du bassin de Lacq, les coopératives agricoles et les visionnaires de l’aviation. Et l’expérience nous a appris la nécessité d’un véritable développement durable s’appuyant sur des réseaux modernes de communications (LGV) et respectant au mieux notre patrimoine naturel et historique –

Oui, Pau doit se tourner aussi vers Tarbes et Lourdes pour former une « métropole verte », qui puisse jouer dans la cour des grands.

Oui, la LGV doit nous rapprocher LGV de la vallée de la Garonne, qui irrigue deux très belles métropoles.
Bordeaux et Toulouse ont chacune une dot à faire fructifier ensemble et tirer « vers le haut » notre grand Sud Ouest, qui a aussi vocation à être ouvert au Portugal et à l’Espagne – porte de l’Afrique –

Une réforme territoriale s’inscrit dans une vision à long terme afin de rendre un véritable service aux citoyens.

Alors souhaitons qu’à l’Est, il y ait du nouveau.

– par un citoyen engagé
Philippe Guilhemsans

Pyrénées – La mule et l’intello (1) : Préparatifs et jour J

Cairn sur le GR10
Cairn sur le GR10

A 7 ans, mon père me tirait au tour de l’Ossau. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. En fin de journée, à la sortie de Tarbes, un paysan me ramenait du côté d’Espoey. En sortant, les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments.

A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour revenir aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de rando, le Vignemale, le Balaitous et consorts… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour l’auteur, sans les Pyrénées, point de respiration.

Puis vint l’idée, soudaine et brutale : Pourquoi ne pas les traverser ? Passé ce moment, les questions se posent ? Les traverser d’Est en Ouest ou l’inverse ? Par le GR10 (dans les vallées) ou par la HRP (au plus près des crêtes) ? Il faut 6 mois pour clarifier les choses. Préparer un sac, toujours trop lourd. Combien de fois, l’ai je pesé ? Il fera au final 12 kilos, pique-nique du jour et deux litres d’eau compris. Toujours trop lourd pour la colonne vertébrale qui prend le nom de « Dolores » dans l’excellent livre de Pierre Mora : « Un caillou dans la chaussure » (Prix littérature du salon du Livre Pyrénéen 2013). Pour ma part, se sera plutôt « la mule ». Douze kilos sur le dos pendant 8, voire 10 heures d’affilée. De quoi se prendre pour l’endurant animal…

Un site « collaboratif » aide à y voir plus clair : randonner-leger.com. Les internautes vont même y débattre de l’intérêt de porter des collants féminins de chez DIM. Plus léger, il n’y a pas ! Je change mes crampons à neige « antédiluviens » Laprade-Desmaison, fabriqués à Arudy en Béarn, pour des crampons Grisel de 450 grammes. Pour 120 euros, j’ai gagné 550 grammes. Y-a-pas de petits profits !

Autre casse-tête : Apprendre à utiliser un GPS et le charger d’un parcours. Par précaution, il y en aura même deux : Un HRP (Haute Route des Pyrénées) et un GR10 pour se replier vers les vallées en cas de mauvais temps. Mariano, le « roi du topo », me donne un coup de main pour assimiler la technique*. Merci à lui. Cela sera utile quand un orage me tombera dessus au Pic de Noufont, 2865 m, à la frontière entre les deux Catalogne.

Commencer la traversée à Hendaye ou à Banyuls ? Les guides partent traditionnellement d’Hendaye : le célèbre « Véron » (HRP) ou celui de la Fédération Française de Randonnée Pédestre (GR 10). Un ami me rappelle qu’il est plus agréable de marcher le matin avec le soleil dans le dos et, qu’en plus cela permet de faire de meilleures photos. Le départ se fera donc depuis Banyuls d’autant plus qu’un nouveau topo-guide, Trans’Pyr, revisite la traversée des Pyrénées par les cimes d’Est en Ouest.

Pour le Béarnais que je suis, il y a un autre argument choc : en juin, il peut pleuvoir comme « vache qui pisse » en Pays Basque alors que la Catalogne devrait être plus sèche. Je ne suis pas moralement prêt à marcher les pieds dans la gadoue et trempé. Ce sera donc Banyuls, le point de départ.

Reste à voir, le nombre d’étapes et, si toutes les faire d’un coup ou les étaler dans le temps. Il y a 870 kms à parcourir sur le GR 10 pour rejoindre l’Atlantique à la Méditerranée (ou vice-versa). Une moyenne de 20 kilomètres par jour semble la norme pour le randonneur « normal ». Compte tenu de deux ou trois journées de repos, le tout se parcoure donc en 45 jours.

On peut aller plus vite. Voire les traverser en courant. Le Catalan (espagnol) Kilian Jornet Burgada, en mai 2010 a rejoint le Cap de Creus, proche de Cadaqués, depuis Hendaye, en seulement huit jours et demi en ayant parcouru 850 kilomètres et 42.000 mètres de dénivelé positif. Moyenne : 100 kilomètres par jour. Même les isards ont eu du mal à le suivre !

Pour ma part, ce sera en 3 fois 15 jours avec les Pyrénées Est pour commencer, les centrales en 2015 et les occidentales en 2016. Histoire de faire durer le plaisir et de ne pas s’y épuiser. Quant au trajet, mon choix ira vers les sommets (HRP et Trans’Pyr), plutôt que les vallées (GR10), même si les premières étapes se passent obligatoirement sur ce dernier.

Le 15 juin, covoiturage aidant, je me retrouve à l’Hôtel des Pêcheurs à Banyuls. Je me sens comme un petit nouveau, dans cette Catalogne que je ne connais pas. La glace est rapidement rompue quand, pour dîner, l’aubergiste me sert un magret de canard. Déjà un retour au « païs » ! Très vite, je me rendrai compte que les Pyrénées, malgré leur pluriel, se ressemblent tout au long de la chaîne : Des isards partout, des mines (fermées) partout, des stations balnéaires (qui vivotent) partout, des ouvrages hydrauliques partout, des gentianes partout, des montées et des descentes partout… Ça, c’est pour la mule.

Lundi 16, 7h30 : Traditionnelle photo devant la plaque, en l’honneur du GR 10, qui est posée sur un mur de la Maire de Banyuls. Des jeunes passent. Ils me prennent en photo. Les jours qui suivent, faute de photographe, j’en serai réduit aux selfies. Je branche le GPS et c’est parti. Il y a un vent à décorner les bœufs. Malgré cela, la montée est assez rapide avec, derrière moi, une Méditerranée un peu sombre. Le soleil est souvent voilé. Dommage.

Les vignes de Banyuls, vins des Templiers, s’estompent. Premières crêtes, premiers promontoires. Une halte. Le « picnic » du « Pêcheur » est copieux. Il me faudra plusieurs étapes pour me rendre compte qu’il convient de manger plus que d’habitude. Les kilomètres : ça creuse.

Je longe en permanence la frontière avec la Catalogne. Difficile de lui accoler le nom d’espagnole tellement le rejet de l’Espagne y est fort. Mes conversations ultérieures ne pourront que le confirmer.

L’exigence de la randonnée rebute à beaucoup. En 8 heures, je croise un groupe de 4 personnes, puis un de deux. Nous sommes si peu à profiter des beautés des cimes. Je suis seul toute la journée… Pourquoi une telle désaffection envers de si beaux endroits ?

Passage au point le plus haut de l’étape : le Pic de Neoulous à 1256 m. Il est plus haut que la Rhune (905m), le premier sommet que l’on rencontre au dessus d’Hendaye. Les deux sont coiffés d’antennes TV. Descente au gîte du jour, le « Chalet des Albères », blotti dans la belle forêt du même nom. J’y suis avant 16 heures. La mule a mal aux épaules. Le bardât pèse.

Le gîte est un havre de paix. Yann, le cuistot et sa sœur, la gérante, sont Alsaciens.  Au fur et à mesure que j’avancerai, je trouverai beaucoup « d’étrangers » venus tenter leur chance dans les Pyrénées; les refuges, nichés plus haut, étant eux souvent occupés, à la saison, par des locaux.

Première (bonne) nuit dans un dortoir où je suis seul. Pas besoin des boules quiés qui sont dans le sac à dos au cas où…

– par Bernard Boutin

* pour le GPS : Merci aussi à Georges LC qui m’a démontré l’intérêt d’en emporter un et à Pierre G. qui m’en on prêté un.

Flore et ses yeux vairs, la beauté secrète du Béarn

nèflesEn cette assomption de l’année 2000, ça y est, monsieur Pyc a reçu l’accord de son presque voisin Pierre Bourdieu pour creuser un peu plus avant l’inconscient du Béarn. Un peu sur le modèle de l’interview du printemps de 1924 et de la visite à l ‘aimable Francis Jammes : l’adorateur des ânes et des abeilles. Le bourgeois campagnard et poète épris de nature et de sensualité.

De reconnaissance, comme Marie, Pyc en serait presque monté aux cieux…mais, contrairement à Marie, il est sujet aux vertiges. Et les cieux en cette année 2000 sont particulièrement orageux.

Mais Bourdieu est réputé rugueux, complexe, tranchant, parfois abscons.

Singulièrement, sur des sujets qui touchent à son moi et son surmoi les plus intimes. Ceux, justement, sur lesquels Pyc souhaite recueillir ses sentiments : Lasseube voire Denguin et le Béarn rural en général. Ce pays natal avec lequel il n’a jamais rompu les liens En plus, lui, le grand sportif, on le dit un peu souffrant. Le dos, semble-t-il, qui le fait beaucoup souffrir.

Alors courage fuyons. Bourdieu parbleu ce sera pour la fois prochaine fois…à la rentrée de septembre en même temps que la rentrée chez Gallimard et sur radio Oloron.

Pour sa chronique en forme de feuilleton sur l’inconscient du Béarn Pyc a décidé de prendre le lecteur à contre-pied un peu comme ce chacal de Suarez qui, tous crocs dehors, s’en va crucifier le gardien adverse.

En attendant filons la métaphore et le contre-pied et attaquons donc une toute autre problématique qui, aussi, entre dans la personnalité de la petite province et qui pourrait la valoriser de manière évidente et booster son attractivité.

Puisque ce coup-ci ce ne sera pas Pierre ce sera Flore et ses yeux vairs (feldgrau ?) :

La question qui se pose et à laquelle Pyc souhaite répondre est donc de savoir ce qui différencie Béarn de son sur monde pyrénéen. Pour le caractère des hommes ont fait confiance à Bourdieu pour celui des demoiselles évanescentes, des pasteurs et des curés, des ânes et des abeilles, on a déjà recueilli celui de Francis Jammes.

Dit autrement c’est rechercher en quoi le produit Béarn peut ressortir par exemple au niveau touristique de cette chaîne si riche à laquelle il appartient et former un de ses produits d’appel, un avantage concurrentiel, pour employer le vocabulaire volontariste de Bernard Boutin. Ou en quoi il constitue un gemme particulier dans l’épaisseur minérale, culturelle et historique, de cette même chaîne pour reprendre les expressions souvent confuses voire prétentieuses de monsieur Pyc.

La réponse ce n’est pas la culture touristique des voisins basques ou celles des catalans – très ouverts sur le monde – grâce évidement à leurs larges contreforts maritimes qu’ils soient respectivement océaniques ou méditerranéens. Ce n’est pas la gastronomie qui, bizarrement, est plutôt favorable sur des terres pauvres comme les landes ou le Périgord. Ce n’est certainement pas la monoculture touristique du pays basque intérieur des hautes Pyrénées et surtout de l’Ariège : le Béarn est trop prospère et, culturellement, trop peu ouvert aux vents du large pour avoir sérieusement creusé ce sillon économique, malgré des atouts évidents dont celui qui fait le développement du présent article.

Ce ne sont pas les châteaux et les monuments religieux presque absents sur son territoire même s’il dispose de très beaux ensembles de bâtiments ruraux dans ses vallées à Oloron et, même, dans le Béarn des gaves et de quelque bourgs et villages enchanteurs comme Arette, Lescun, voire Lasseube. Par ailleurs la puissance publique, et l’initiative privée, à la différence de la région Midi-Pyrénées, n’a pas su mettre en valeur ses villes moyennes comme Oloron Orthez voire Mauléon.
Contrairement ce qui a été très bien fait là-bas à Foix, à Mirepoix, à Limoux, à Figeac, et même à Ax-les-Thermes à partir, il est vrai, d’un substrat urbain sans doute plus riche.

Notre point de vue c’est ce qui fait la richesse naturelle du Béarn c’est sa flore au sens large (arbres, fleurs et arbustes) flore plantée ou flore naturelle flore des villes et flore des champs. Ceci en lien avec son climat singulier parfois presque tropical humide et chaud tempétueux (plus exactement sujet aux tornades) le tout sur un gradient d’altitude qui frise les 3 000 mètres qui s’élève très brusquement de la plaine. Il y a de Madères ou des montagnes andines en Béarn voire de la Nouvelle-Zélande au pays d’Henri IV.

Pour cela nous qualifierons la flore en fonction de son altitude et sa spécificité :

La flore de montagne :

A l’évidence une pure merveille là il n’y a pas photo avec nos voisins basques à la flore un peu désolée faite d’ajoncs de thuyas et de chênes plus ou moins malingres : la faute à un substrat trop calcaire, voire karstique, qu’on retrouve sur le massif de l’Anie et, sans doute, à un surpâturage essentiellement ovin. Certainement aussi à un déficit d’altitude de sources et de lacs.

Toutes les familles florales poussent entre Aspe et Ossau notamment les essences les plus merveilleuses comme la grande gentiane pour laquelle, par ses filiations auvergnates, monsieur Pyc a une affection particulière et la petite gentiane presque ultraviolette (gentiane des alpes) en forme de calice ou la petite gentiane étoilée (gentiane printanière) au bleu presque céruléen. Les saxifrages foreuses de rocher dont les « artichauts » (marque non déposée) de la grande famille rigolote des joubarbes qu’on retrouve, aussi, sur les murs des jardins ou qui débordent des potées urbaines.
Dans les endroits humides tous les renonculacées : expressions sublimées de nos humbles boutons d’or.

Naturellement toutes les fleurs de plaines qu’on retrouve avec étonnement à contre saisons suivant les altitudes et les expositions. Comme les iris qui couvrent des pans entiers de montagnes ou les papavéracées qui jaunissent dès que l’altitude s’élève un peu. Il y a également les fleurs plus bêtement alpines comme la digitale pourpre ou les aconits particulièrement vénéneuses. A cet égard les planches aquarellées de la paloise Hélène Sorbé mais aussi ses planches dessinées y rendent un vibrant hommage que la photographie ne saurait approcher.

Pour cela je ne saurais trop conseiller entre milles autres spots la montée au lac d’Aule au mois de juin par un matin couvert de soleil et emperlé de brume. Plus singulièrement la descente par la route du Somport entre Urdos et Etsaut pour approcher une flore murale qui se déploie de manière tout à fait merveilleuse sur le mur de soutènement de la route orienté sud-ouest au travers d’un biotope particulièrement favorable. Plus que la splendeur des couleurs qui sont plus le fait des fleurs de prairie c’est la complexité et la richesse des formes des plantes qui se révèle, ici, tout à fait remarquable

La flore néotropicale des campagnes et des gaves ;

Pour cela transportons nous (en drone ou en kayak) sur le gave d’Oloron (sûrement une des plus belles rivières françaises) précisément à Laas (1) sur la propriété du château éponyme (incidemment une pure merveille) gérée par le département. Son parc qui hésite entre la rigueur des jardins à la française et ceux des mondes anglo-normands est doté d’arbres magnifiques notamment des cèdres atlantiques ou libanais de grands chênes et de d’érables qui s’étalent avec langueur et espace sur de vastes terrasses face au gave. Des terrasses qui, brusquement, plongent vers le gave doté de plages pour la baignades heureusement fréquentées, en été, par d’aimables naïades aussi blondes et nordiques que peu frileuses et de spots pour les pêcheurs de saumons.

A cet endroit des constructions en bambou audacieuses et un peu baroques ont été érigées. Des constructions qu’on pourrait retrouver par exemple dans les jardins et les rivières paloises même si à ce propos depuis quelque temps, MLC étant encore régnante, une gestion un peu plus écologique et plus rock’n roll des espaces verts, comme dans de nombreuses villes dont Oloron, a pu être (trop) timidement observée. A l’évidence en l’absence de moyens financiers un moyen pour le Béarn ses villages et ses villes de se distinguer en s’appuyant sur sa flore subtropicale ses très nombreux parcs sa grande fertilité et ses essences exotiques dont les palmiers, les camélias, les magnolias, les plaqueminiers, les Fejos ne sont que quelques exemples.

Mais dans une présentation à inventer en s’appuyant sur une architecture renouvelée à base de galets de brique de bois pour les structures et les parements et de bambous dont les qualités de solidité de croissance rapide et d’élasticité n’ont pas besoin d’être vantées. Toutes ressources naturelles qui abondent et ne demandent qu’à être exploitées. En rupture et en continuité avec le passé, comme il se doit.

L’archange de Bordères qui en attirant les voitures en ville (notre article du 26 juillet) a beaucoup à se faire pardonner, peut sans doute saisir là-dedans une gaule (en bambou) de rattrapage et non plus un bâton (en frêne) pour se faire battre. A regarder le bâtiment du conseil général et les jardins attenants comme des bâtiments privés en périphérie on peut penser qu’il s’agit d’une vraie voie d’avenir.

La flore des jardins :

En son jardin oloronais face aux Pyrénées forcément sublimes et l’Escou en contrebas, monsieur PYC a planté plein sud et dans un terrain bien drainé un néflier du japon (voir photo) un arbre qui pousse partout au Portugal (2) pour ses fruits et partout dans les jardins publics ou privé du Béarn pour sa très belle ramure. Ayant choisi un cultivar bien adapté il a pu dès la première année récolter plusieurs dizaines de kilos des très beaux fruits jaunes sucrés et juteux. Sans doute un exemple à suivre y compris dans les espaces publiques ou pourquoi pas les écoles dans la continuité du kiwi des kakis (plaqueminier) aux merveilleux fruits rouges en plein hiver voire au feijoas au goût plus discutable. Une manière aussi d’anticiper les changements climatiques et pour une fois d’être au-devant de la scène.

Naturellement sans oublier de cultiver des espèces de fruits communs anciens et adaptés qui ont prouvé leur rusticité et leur adaptation au climat pour le moins capricieux des Pyrénées atlantiques. Surtout pour les fruits qui aiment bien en général les climats francs et tranchés. Le contraire du caractère de notre petite province….

A ce sujet de tels conservatoires d’espèces anciennes adaptées, existent notamment à Laas (décidément) mais aussi à Lasseube mais aussi sur tout le territoire aquitain avec une supervision scientifique publique..

– par Pierre Yves couderc
Oloron le 24/08/2014

(1)Incidemment un village doté d’un maire rigolo, médiatique, et créatif qui se bouge pour sa microrégion (si, si cela existe..).
(2) le lecteur avisé et attentif aura remarqué que monsieur Pyc possédé des affects certains vis à vie du Portugal.

Ours : Ségolène Royal dévisse dans les Pyrénées

Logo+nomJamais nous n’avions entendu charge si violente contre une espèce protégée de la part d’un(e) Ministre de l’Ecologie !

Nous attendions la voix d’une super-Ministre, nous n’avons entendu que des propos dignes d’une Secrétaire d’État à la domestication de la Nature… !

Préférant rencontrer le lobby agricole et cynégétique, son cabinet se justifiait vendredi de ne pas recevoir les associations environnementales car il ne serait pas question de l’ours pour cette visite ministérielle ! Chacun peut en juger !!!

Mal préparée, mal conseillée, méconnaissant complètement le dossier, la Ministre a improvisé et s’est pris les pieds dans le tapis, alignant les propos confus et contradictoires sur l’indispensable biodiversité et la priorité à l’humain.

Jamais nous n’aurions cru qu’un(e) Ministre de l’Écologie nierait ainsi l’idée même de Développement Durable en opposant encore en 2014 l’Homme et la Nature !

Les propos de Ségolène Royal sur l’ours sont irresponsables et dangereux.

Irresponsables parce qu’elle piétine la concertation en cours, organisée par ses propres services ; parce qu’elle ne s’est même pas donné la peine d’entendre les différents acteurs et points de vue ; parce qu’elle renie ses propres experts ; parce qu’elle foule aux pieds 30 ans de travail et de réussites sur la cohabitation homme – ours dans les Pyrénées ; et parce qu’elle méprise les obligations internationales de la France et la mise en demeure de la Commission Européenne…

Dangereux parce qu’en jetant de l’huile sur le feu, elle légitime et encourage de fait les opposants les plus violents qui déjà insultent, menacent, agressent, cassent, et brûlent.

Etait-il nécessaire d’en ajouter ?

Au final, le bilan de cette journée est calamiteux. Faute stratégique, faute de communication, faute politique, la Ministre les a toutes cumulées et elle a transformé ce qui devait être la fête du retour du Bouquetin dans les Pyrénées en une journée sombre pour l’Écologie et la Biodiversité.

Ségolène Royal dit vouloir faire sur l’ours un travail intelligent et difficile. Cela demandera d’abandonner les postures simplistes et démagogiques, comme les déclarations fracassantes et irrespectueuses.

Arbas, le 21 juillet 2014

par François Arcangeli président  de Pays de l’Ours-Adet

 

 

Le débat sur les régions devient une grande comédie

Capture d’écran 2014-07-18 à 15.02.21C’est un piège et on va tomber dedans ! Il est énorme, visible depuis des mois mais rien n’y fait ! Je veux parler du redécoupage des régions. Nous avions dit que ça tournerait à la comédie et ça se confirme.
L’essentiel est ailleurs et il faut le répéter. L’essentiel est le pouvoir que l’on donnera aux régions avec les moyens financiers, budgétaires nécessaires à une vraie régionalisation. Il faut aussi une réforme fiscale approfondie pour donner des ressources fiscales aux régions. (un précédent article explique comment nous voyons les choses, notamment l’organisation institutionnelle qui nous paraît répondre au besoin de représenter les territoires infrarégionaux). Une fois ceci dit et redit comme étant la base on ne peut que commenter le feuilleton du redécoupage. Si l’on voulait dévaloriser la Région on aurait pas pu trouver mieux que ce débat et ces cartes qui se succèdent.

Malades du centralisme

Nous sommes malades du bonapartisme, du centralisme. Il faut y ajouter un refus têtu de prendre en compte l’Europe. Qu’il est pénible d’entendre à longueur de discours qu’il nous faut des régions « fortes » des régions « puissantes ». C’est quoi ce discours ? Que veut dire « régions fortes ? ». Même si vous additionnez nos régions riches vous n’en faites que des régions croupions. Vous pouvez marier les unes avec les autres dans tous les sens ça ne représente rien à l’échelle de l’Europe. Alors oui, le spectacle peut continuer et bientôt le centre, l’État central, avec ses mauvaises habitudes sifflera la fin de la récréation, avec le soutien d’une administration centrale bien rodée à ce genre de sport. Et vous pouvez compter sur les médias parisiens pour folkloriser le débat et pour dire que vraiment ces « provinciaux » sont incorrigibles et qu’il faut les surveiller comme des enfants dans une cour d’école. De toute façon ils n’ont jamais su ce qui était bon pour eux et une fois de plus on va le leur dire !
Bref on en arrive à vouloir marier la carpe et le lapin donc à faire une carte d’Aquitaine qui englobe Poitou-Charentes et Limousin. Chacun dessine sa carte.
Nous ne pouvons que redire une fois de plus que le refus de tenir compte des affinités culturelles et linguistiques est d’une bêtise sans nom. C’est ignorer les territoires et leur culture politique, leur histoire. Et croire que tout cela n’a pas ou plus d’importance est une façon de nier l’histoire. C’est ignorer les comportements politiques, sociaux et culturels qui prennent encore plus d’importance en période de crise.

Tenir compte de l’envie de faire ensemble

Et cela ne signifie pas que l’on ne veut pas de solidarité ou de collaboration avec les autres mais cela signifie que l’on tient compte des affinités qui sont fruit d’un long parcours et qui sont des facteurs de dynamisme, d’envie de faire ensemble. Est-ce condamnable ? Cela ne signifie pas que l’on veut revenir en arrière comme certains le disent mais au contraire que l’on bâtit demain sur des réalités que d’autres veulent nier. Mais qu’ils disent pourquoi ils les nient pour certains et pas pour d’autres ! On ne touche pas à la Corse ? Pourquoi ? On ne veut pas d’une Bretagne avec Nantes dedans ? Pourquoi ? On veut marier l’Auvergne avec Lyon ? On ne veut pas reconnaître des entités qui ont une cohérence culturelle et linguistique ? Pourquoi ?
Parce que l’on a peur que la France éclate ! Mais c’est n’importe quoi !
Nous sommes encore dans le schéma de la méfiance, de l’absence totale de confiance. Et vous croyez que l’on bâtit un vrai contrat républicain avec ça ?
Quant à l’idée qu’il faut marier des riches avec des pauvres pour en faire des riches ça ne tient pas la route. Les régions ne mettront pas en place des frontières avec des barrières douanières et des octrois. Donc la circulation des marchandises, des personnes et des idées sera aussi libre qu’elle l’est aujourd’hui et qu’elle l’est d’ailleurs dans toute l’Europe. Ce ne seront pas des petits États puisque de toute façon nous serons encore bien loin de ce qu’est la réalité des régions d’autres pays européens.
C’est à se demander qui a vraiment envie de cette réforme.
Nous sommes quelques uns à la souhaiter, sincèrement, parce que nous sommes convaincus qu’elle pourrait être libératrice de forces d’innovation. Mais que l’on ne mette pas comme préalable implicite à cette réforme que de toute façon nous sommes incapables de gérer nos affaires sans qu’on nous tienne la main.

Quelle architecture institutionnelle ?

Cela amène à faire des propositions pour une nouvelle architecture institutionnelle. On peut imaginer que la région fonctionne avec deux assemblées afin que tous les territoires soient bien représentés, notamment les territoires ruraux, et afin d’améliorer la démocratie.
Nous souhaitons d’une part une assemblée citoyenne élue dans une circonscription régionale unique, telle que nous la connaissons aujourd’hui, d’autre part une assemblée représentant les territoires (les « pays», les nouvelles intercommunalités) issue, elle aussi, d’un vote de tous les habitants. Le gain démocratique est évident.
Ces deux assemblées, élues à la proportionnelle, seront sur un pied d’égalité et géreront les affaires de la région. Elles éliront un exécutif, distinct du bureau des assemblées, qui constituera gouvernement régional responsable devant les assemblées.
La simplification sera au rendez-vous. L’Aquitaine telle qu’elle est aujourd’hui compte  cinq assemblées départementales et un conseil régional. D’un total de six assemblées, on passerait à deux assemblées seulement, avec un véritable gain démocratique et une compensation intelligente de la perte des conseils départementaux. C’est cette proposition que j’ai exprimée au nom du groupe au Conseil Régional le 12 juin dernier lors d’une plénière consacrée au sujet.

Quelle carte ?

Sur le redécoupage lui-même j’ai déjà eu l’occasion de dire que si l’on étendait la Région Aquitaine jusqu’aux portes de la Vendée c’était inacceptable.
La proposition de se tourner vers Midi-Pyrénées peut s’entendre. On peut aussi imaginer une Aquitaine actuelle avec en plus la Bigorre et le Gers. La collaboration avec Midi-Pyrénées sera de toute façon une évidence. Je pense qu’il faut à ce niveau voir ce qu’en pensent les intéressés.
Quant au reste il semble possible de marier le Limousin avec l’Auvergne. Je fais partie de ceux qui pensent que les régions occitanes ont une cohérence.
Je note aussi que cette réforme est l’occasion de créer une collectivité propre au Pays-Basque et une autre propre à la Catalogne-Nord. La forme est à étudier.
Mais la priorité reste de parler des pouvoirs et des moyens dont disposeront les régions.

– par David Grosclaude
Conseiller régional d’Aquitaine
Président du Partit Occitan
Membre du groupe EELV

le 17 juillet 2014

le col du Pourlalet et ses usagers en danger ?

PourtaletUn de nos fidèles et réguliers lecteurs, nous a transmis quelques unes des observations qu’il a pu faire depuis que camions et des semi-remorques venant ou se rendant en Espagne passent par le col du Pourtalet. Vous aussi, vous avez peut-être emprunté cette route récemment et avez observé la dégradation de son état. Vous avez aussi peut-être dû faire face aux risques que la présence de nombreux camions fait courir à tous les autres usagers. En commentaires de l’article ci-dessous, faites-nous part de ce que vous avez vu ou vécu.

Suite aux nécessaires travaux sur la route du Somport, les camions venant ou allant en Espagne passent par le Pourtalet et aussi par Laruns. Ce n’est pas sans poser quelques problèmes surtout lors de la traversée de Laruns mais si ce n’était que ça !

En regardant attentivement la route, surtout depuis Laruns, on peut apercevoir des traces de freinages longues et larges à certains endroits, mais aussi, dans des virages un peu serrés, des traces de « ripages » longues et noires.

Que se passera-t-il cet été, quand les journées seront longues et chaudes ? Eh bien tout l’enrobage sera détruit avec les conséquences que cela impliquera. Cette route touristique, est très fréquentée…

Et pour les réparations nous ne pourrons pas compter sur l’écotaxe. Elle est morte.

Et il n’y a pas de bonnets rouges à Laruns !

– par Jack Fagot Barraly

L’ours Balou est mort !

ours-pyrenees_152794Il a vraisemblablement fait une chute mortelle dans une région très pentue et dangereuse, près de Melles (Haute-Garonne) au sud de Saint-Gaudens. Ours brun émigré et même, déporté de Slovénie, arrivé en France en 2006 il avait été lâché dans les Pyrénées à l’âge de 4 ans.

Balou était bien connu des médias et du grand public. Lors de son introduction, il avait été parrainé par Fanny Ardant et Gérard Depardieu, ce n’est pas rien ! Puis en 2008, il a été légèrement blessé par un chasseur qui l’avait confondu avec un sanglier. En 2010, il est descendu jusqu’aux environs de Narbonne (à une quarantaine de kilomètres des plages) non pas pour un bain de mer mais certainement à la recherche d’une femelle. Enfin, en 2012, il était la principale si ce n’est l’unique vedette d’une vidéo largement diffusée par YouTube, vidéo filmée en caméra automatique. On y découvrait quelques instants de la vraie vie d’un ours dans les Pyrénées.

Dès qu’elle eut connaissance de la malheureuse nouvelle, l’association pro-ours Pays de l’Ours-Adet » a réagi par un communiqué de presse. Très vite, ses adversaires de l’association ADDIP, ont répondu. AltPy a repris chacun des communiqués de presse… Pro-ours, anti-ours… à chacun sa vérité !

Pour mieux comprendre, lisez  les communiqués de presse de chaque association repris ci-dessous.

– Par Hélène Lafon

Crédit photos : http://www.neo-planete.com

Le communiqué de l'ADET-Pays de l'Ours
Le communiqué de l’ADET-Pays de l’Ours
Le communiqué de l'ADDIP
Le communiqué de l’ADDIP

Jorge Jésus Barroso di Maria, un paroissien singulier.

JesusAprès ses escapades poétiques vers la cité d’Orthez de 1924, monsieur PYC, encore tout émotionné par son entrevue avec Francis Jammes, le grand poète bucolique des Basses-Pyrénées, revient sur ses terres oloronaises. Il revient à des sujets plus familiers, moins ambitieux sans doute. Anghkoorqueue.

Pour cela en cette année de grâce 2014, il prend langue avec monsieur Jésus Barroso di Maria, chef d’équipe chez Bordatto la plus importante entreprise de travaux publics sur Oloron.

PYC : Monsieur di Maria qui êtes-vous ?

Je suis Jésus Barroso dit Maria. Jorge Jésus exactement.

PYC : Vous les portugais Barroso, Soares Mutin, Gonsalves-Carrasco Guerreiro-Ferreira, D’Almeida Carvalho on peut passer toute l’équipe de Monaco ou les si fringants capitaines du 25 avril je ne comprends toujours pas comment cela fonctionne.

Eh oui ! Pour un français même un Béarnais pourtant habitué au nom double dont l’un est celui de la maison, c’est un peu compliqué.
C’est comme la sainte Trinité le Bon Dieu, le père par excellence son fils le Christ sur sa croix de supplicié mais aussi Jésus prophète vaguement hippie, plutôt progressiste, fils de sa vierge de mère et de Joseph son benêt de père …mais José et Maria, la crèche, les enfants qui rient dans la paille à s’en étouffeur de joie tout cela je connais très bien. Un bonheur infini, l’image radieuse de la création. Toute mon enfance avec mes 8 frères et sœurs dispersés en Béarn et sur le vaste monde.

PYC : Bon revenons à nos moutons

Je suis de Belmonte dans le Beira Baixa dans la partie centrale et montagneuse du Portugal qui jouxte la si joliment nommée Sierra de Estrella… Je ne te ferai pas l’injure de traduire… C’est la ville d’Alvares Cabral qui découvrit les terres brésiliennes. Ma très sainte Mère venait de Sétubal sur la côte au sud de Lisboa.

PYC : Sétubal la ville de Mourinho ?

Exactement

PYC : Parle-moi de ta famille.

Au Portugal mon pauvre père était charpentier et, comme tous les Portugais, il avait quelques vignes, une brassée de poules, deux ânes et une douzaine de chèvres. Belmonte c’est, entre autres, la ville des Juifs du Portugal, des marranes si tu veux. Ceux qui sont restés en 1492, envers et contre tous, envers et contre tout, plus ou moins cachés pendant des siècles. Des chrétiens de la main gauche si tu veux qui cachaient le talmud sous les évangiles. Contrairement, par exemple aux Mendes ou aux Perreira qui ont été tellement importants dans l’histoire politique et économique de la France. Très singulièrement dans celle de l ‘Aquitaine.

PYC : Alors il se pourrait bien que toi, Jésus, tu sois juif un peu.

Tu peux dire ça comme ça !
Mais il faut reconnaître que la personne la plus importante de la famille c’était ma très sainte Mère, ma si jolie maman, encore que nous les Portugais restons un peu « macho » comme vous dîtes vous les Français. Nos femmes aussi il est vrai… au point d’hésiter à retourner au pays. Pour elles, la France c’est le pays de l’eau en abondance, des fromages et de la liberté.
Mon père, déjà très retenu de nature, était très intimidé par elle. Même s’il était très jaloux il ne l’insultait jamais et, bien sûr, n’a jamais levé la main sur elle. Même quand il avait un peu trop bu en faisant, une par une, les caves entre Belmonte et Covilha…
Pourtant je crois bien qu’il se demandait s’il était vraiment mon père, mon père biologique, comme on dit en ces temps nouveaux de mariage pour tous.
D’autant que je suis né alors qu’il faisait la guerre à nos pauvres frères du Mozambique.
Eh oui effectivement…
Mais il m’a raconté, alors que nous l’hébergions avec mon épouse, dans ses dernières années de vie, quand j’étais chauffeur aux « cars souletins » à Mauléon, une filiale de la maison Harismendy de Saint-Jean-de-Luz, une histoire hallucinante.
Et pourtant, le pauvre homme, il ne fumait que du gris et comme diraient mes fils du strictement naturel SCA (sans chanvres ajouté).

PYC : Tu as des enfants ?

Sans soute beaucoup d’autant que je suis un peu le père et le fils.

PYC : Plus ou moins sain d’esprit.

Il est vrai que nous, les Jorge Jésus avons la réputation d’être un peu agité, un rien hallucinés.

PYC : Et l’histoire de tes parents ? Continue !

Pendant ses 4 années de guerre en Angola et au Mozambique il n’est revenu qu’une fois en 1966 au Portugal où ma mère, avec des cousins et la belle famille, vivotait en exploitant les quelques champs. Du blé au pied du mont des oliviers appartenant à la famille de mon père. Le Portugal de ces années-là, pour les pauvres au moins, c’était de petites parcelles où on faisait de tout un peu comme en Béarn ou au Pays Basque. Ou dans la Judée et la Samarie romaine entre Jéricho et Tibériade. Ma mère gardait également des enfants d’officiers de Covilha ou de Belmonte. Les enfants l’adoraient. Elle les faisait mourir de rire avec de terribles grimaces et, par ailleurs, les protégeait de la sévérité excessive de leurs familles. En cachette ces enfants venaient, avec nous, dormir et rigoler dans la paille.

PYC : Un peu comme les jeunes filles portugaises les mieux éduquées garderont les enfants des officiers supérieurs basés à Pau. Notamment ceux de l’ETAP.

Si tu veux. Tu vois, quand tu fais des efforts, tu comprends vite.
Toujours est-il qu’il n’avait pas vu de femmes pendant ces longs mois africains sauf, peut-être, quelques Marie-Madeleine à la peau d’ambre foncé.

PYC : Tu veux dire des filles à soldats racolées pour quelques piécettes pour leur faire réviser la position du missionnaire.

Je t’en prie ne parle pas de ce que tu ne comprends pas.
Toujours est-il qui passa 3 nuits avec Marie dans la soupente qui servait de réduit amoureux ; les autres chambres étant réservées aux troupes d’enfants qui dormaient à quatre par lit. Les plus belles nuits de sa vie Et là, même si on parle rarement de cela entre hommes, il m’a confié qu’ils se tinrent les mains durant ces quatre nuits en pleurant de miséricorde et d’amour.
Et moi je vins au monde en février 1967 sur la même paille encore mouillée des fruits de leurs amours.

PYC : Entre l’âne et le bœuf .Et c’est Melchior et Balthazar qui apportèrent un couffin acheté en promo à carrefour à Lescar avec une médaille ramenée de Fatima. Et je parie que les larmes entre les mains de Marie sur sa poitrine menue étaient plus poisseuses que translucides.

Comme je te plains mon pauvre Pierre-Yves et vous autres pauvres Français qui êtes plein d’orgueil et de suffisance : le pire des péchés celui contre l’esprit et l’élévation. Contre l’humilité qui est pourtant la grâce suprême. Vous qui, je le crains, vénérez plus San-Antonio (le commissaire) que Saint-Antoine.
Quelle est le sens de votre vie ?

PYC : Si cela peut te rassurer j’ai beaucoup plus lu Bernanos que Frédéric Dard. Et j’ajouterai pour devancer tes paroles :
« Beati pauperes spiritu, quoniam ipsorum est regnum »
Tu vois je connais mes classiques même si j’ai fait du vrai latin à l’école et du vrai celui de Salluste et de Cicéron pas celui qui suinte la sacristie et l’ennui.
Mais bon que la paix soit entre nous. Vous faites quoi à Oloron ?

Tiens tu me voussoies maintenant ?
Il est vrai qu’en portugais comme en araméen nous nous vouvoyons entre mari et femme entre José et Maria, entre parents et enfants, entre Christ et Chrétiens. Enfin de mon temps. Pas comme ces chers voisins espagnols pourris d’orgueil et usés par la movida, qui sans les Portugais et les Argentins du Réal ne seraient jamais venus au stade de la Luz. L’antre sacrée du Benfica de Lisboa.

PYC : Je te laisse l’entière responsabilité de tes terribles blasphèmes et de ces égarements verbaux.
Pour le voussoiement, c’est comme avec les trop jolies femmes ou plutôt les plus mystérieuses, vous m’intimidez.
Quant à l’araméen arrêtes de faire ton kéké tu sais que dans les anciennes langues sémitiques les pronoms personnels sont inconnus.

En fait je vis entre Oloron, Mauléon et Rébénacq. Maïtena, mon amie basquaise, travaille chez les petites sœurs des pauvres au foyer « ma maison » à Billère. Un foyer où plus du tiers des personnels de service, surtout les femmes, sont portugaises. Question de vaillance et peut-être, pour certaines au moins, d’empathie. Enfin je veux le croire…
Il est vrai que beaucoup des sœurs sont indiennes. Elles ont vécu dans nos anciennes colonies comme Goa ou Macao. Tu sais les indiennes en matière de sainteté, c’est quelque chose.

PYC : Surtout quand elles se sont faites sœurs par chagrin d’amour.

Eh oui, bien sûr. Je ne vois pas le problème. On peut très bien épouser le Christ, vivre et s’abandonner en lui comme il est mort pour nous, pour ne pas avoir épousé un homme. Etre fidèle aux deux, êtres fidèle aux dieux. On dirait que la mystique et toi cela fait vraiment deux…

Mais aux dernières nouvelles, c’est le conseil général qui devrait prendre le relais. Les sœurs se font rares et aussi les bénévoles qui viennent, gracieusement, donner des coups de main aux pensionnaires et aux pères blancs qui, eux aussi, ont droit à leur retraite.
Tu sais comment cela fonctionne ces dames travaillent 35 heures. Au boulot, 15 heures de ménages par-ci par-là et 15 heures au jardin pour soigner les poules et les lapins. Le samedi soir pour les célibataires, réelles ou supposées, un tour pour s’éclater à la Marina à Soumoulou avec les copines éventuellement pour trouver un fiancé, plutôt un français, et le dimanche à la messe. Enfin la messe surtout pour les plus âgées. Encore que François, le nouveau pape, ramène du monde dans les églises surtout que c’est un Italien déguisé en Argentin. Un vrai latin sans trop d’espagnol en lui.

Mais Pierre Yves arrête de faire semblant c’est un monde que tu connais très bien. J’ai lu ton joli article du 13/12/2013 Béarn/Portugal, une histoire inachevée (La révolution des œillets Lombardi les plaines agricoles de Meillon). Tout ça, tout cela.

PYC : Oui mais là je t’arrête c’est une histoire très intime. Ce sont mes oignons. Cela ne regarde personne.
Jésus, vous lisez la presse sur internet ?

Non, mais je vois tout ce qui est dans l’esprit et dans le cœur des hommes. Eh puis, mes enfants sont très avancés et très branchés nouvelle technologie, Facebook, Twitter, toutes ces conneries de merde… Mon fils joue au rugby à Barcus. Le foot c’est comme la morue et le fado, il trouve que cela fait trop portugais… Ma fille est mariée à un Breton rencontré au Kosovo. Elle est dans l’armée de l’air, elle est sergent sur la base de Cognac. Je suis fier d’elle même si son mari est au Mali et que c’est dur pour elle, comme sa mère c’est une maîtresse femme.
Mon second fils vit à Mourenx. Il est marié à une Marocaine et s’est converti à l’Islam. Sa mère fait ramadan avec lui par solidarité, pour l’aider, surtout en juillet avec ces étés béarnais et leurs ciels blancs et leurs lourdes chaleurs seulement supportables quand vers cinq heures explosent les orages.
Une petite révolution une difficulté sinon une douleur pour moi.
Oui, en plus du carême et de la semaine sainte c’est un peu dur pour sa mère surtout quand il faut embaucher au boulot à 5 heures du matin…

PYC : Changeons de sujet, ce Béarn radical socialiste, crypto protestant, souvent un peu fade comme les églises de Pau, tu t’y sens bien ?

Bien sur ce pays de paysan de poules et de lapins c’est vraiment comme chez nous et sans doute, encore plus que nos amis espagnols, nous faisons partie du paysage. Vous êtes en voie d’annexion.
Et pour moi la découverte du protestantisme, singulièrement celui des Français, celui de Calvin, l’accès direct à Dieu, la lecture de l’ancien comme du nouveau testament, c’est très passionnant. Même si au travers de la responsabilité individuelle aux grâces indépendantes du mérite peuvent me troubler en ce qu’elles font l’impasse sur l’exaltation de la pauvreté et d’une certaine morale évangélique. Et peuvent conduire aux dérives capitalistiques et libérales qui détruisent notre planète.
Mais ce que j’ai découvert ici, c’est la haute montagne pyrénéenne une réelle image du paradis avec ces lacs sublimes et cette flore à nulle autre pareille. Tu sais le Portugal c’est montagneux surtout chez moi mais cela ne dépasse pas 2 000 mètres. Même si cela ressemble énormément aux Pyrénées Catalanes.
Vous les Pyrénéens « ces occitans matriciels et périphériques » pour reprendre tes mots un peu prétentieux, vous avez un trésor à garder dans un monde qui s’écroule. Un espace où le temps dure plus longtemps pour ne pas citer Nino Ferrer.

PYC : Je croyais que vous ne connaissiez que la valise en carton et la petite Lio avec sa culotte très souvent apparente, très souvent apparue.

Tu veux dire Vanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos, Tu me permettras de ne pas relever. Le ricanement imbécile genre petit journal c’est que je déteste le plus en France. Le triomphe de la médiocrité satisfaite des branchés et des Pharisiens, le contraire de l’engagement et de l’empathie.

PYC : Là je te suis parfaitement… mais c’est surtout des histoires de parisiens au mieux de bordelais.

…Et puis la petite culotte de Lio sa blancheur immaculée plutôt que sa transparence, on peut le comprendre comme une métaphore du désir et de la maternité… du désir de maternité. La pauvre enfant, au demeurant issue de la plus grande aristocratie salazariste a, tout de même, 6 enfants.

PYC : Et Banana Split c’est une métaphore de quoi ?

Revenons à d’autres sujets moins glissants.
Mais ce qui m’a beaucoup troublé aussi c’est la découverte au travers de cousins qui habitent en Andorre, de la religion cathare écrasée il est vrai par l’église romaine. Les parfaits, le consolamentum, l’endurèrent ce jeun, à mort, pour rejoindre les cieux. Et fondamentalement cette vision dualiste où il ne peut y avoir de dieux qu’à proportion du diable qui est en face.
Et puis Tout cela est tellement romantique dans ce pays sublime des Pyrénées méditerranéennes
Les Pyrénées de tes vacances.

PYC : Bon mais si tu veux on parlera de cela plus tard, dans un prochain épisode. Tout ce magma spirituel, ces histoires de curés commencent à me monter à la tête.
Et, plus que toi, je reste possédé par ces très hauts villages catharisants. Si j’ai le courage cet été, en avant la saison, plutôt qu’aller en Corse ou à Madère, comme toujours, je pourrais faire un tour là-bas, à Montaillou tellement détaché de tout que je n’arrive pas à le trouver sur la carte. Même si, il est vrai, j’ai les yeux un peu faibles.
Nous pourrions y aller ensemble… Tu me présenteras tes cousins. Même si je suis plutôt timide en société un trait qui me vient de Robert mon père le charpentier auvergnat, mélancolique et rêveur, que ma sainte mère devait secouer un peu pour qu’il présente un meilleur visage.

Mon pauvre Pierre-Yves, là tu confonds un peu tout, tu t’égares : il est sûrement temps d’aller te reposer. Le marchand de sable va passer…

– par PYC
Oloron le 09/05/2014