De Pau à l’Elysée

imagesCe n’est maintenant un secret pour personne, François Bayrou, ancien ministre, maire de Pau, président de la Communauté d’agglomération de Pau, rêve dans un coin de lui-même de la fonction suprême : l’accession à l’Elysée. L’échéance n’est pourtant pas pour demain mais les esprits s’agitent, échafaudent des plans, imaginent des hypothèses et surtout, surtout cherchent à se positionner. Nos politiques ne sont jamais si investis que dans ces compétitions pour leur propre promotion.

 Lors de la campagne des municipales de Pau, le candidat François Bayrou, nous avait dit qu’il consacrerait tout son temps à la gestion de notre ville. Il avait même ajouté qu’il ne serait pas candidat aux sénatoriales, aux législatives, aux européennes, aux départementales et aux régionales. Quelques observateurs avertis, dont  Alternatives Pyrénées, avaient souligné qu’il n’avait pas parlé des élections présidentielles. Questionné sur ce point, il était resté dans un flou particulièrement significatif : son engagement n’allait quand même pas jusque là.

Alors que nous sommes encore à de nombreuses encablures de cette échéance programmée pour 2017 (les 23 avril et 7 mai), les esprits s’agitent, s’organisent et répondent à des questions qui leur sont posées par des magazines comme Valeurs actuelles (20.7.2015) ou par le Journal du dimanche (19.7.2015). A ceux-là Bayrou François répond qu’il y pense et que cette hypothèse est à considérer. Il s’est rangé, comme maintenant nous le savons tous, aux côtés d’Alain Juppé et considère que les primaires qui vont prochainement être organisées par l’UMP, pardon par Les Républicains, ne sont pas gagnées d’avance par le maire de Bordeaux. Dans l’hypothèse où Alain Juppé n’obtiendrait pas de son parti  l’investiture pour se lancer dans la présidentielle, Bayrou François considérerait qu’il est délié de sa promesse faite envers les Palois et irait « au charbon ». Pour formuler autrement il se trouverait en face de Sarkozy et c’est sans doute là sa principale motivation.

Tout cela est bien beau, mais nous les Palois qui l’avons élu à des fonctions auxquelles nous pensions qu’il se consacrerait totalement nous  nous sentons un peu oubliés pour ne pas dire plus. Nous avons le sentiment que dans cette histoire nous sommes des faire-valoir. La question de savoir si, n’étant pas maire de Pau, Bayrou François aurait eu la même audience au plan national, mérite d’être posée. Qui a dit, d’ailleurs  que Pau est une capitale ? La ville de Pau aurait-elle été mise au service de l’ambition d’un homme ?

Voilà des questions que personne n’empêchera aux Palois de se poser. Toutefois il en est une autre. Dans les deux cas, candidature de Juppé ou candidature de Sarkozy quelles sont les chances de chacun ? Un récent sondage sur les opinions favorables de Français,  daté du 16 juillet 2015 donne les résultats suivants : Juppé arrive en tête avec 70%, ensuite vient Bayrou avec 61% puis Sarkozy avec 40% et enfin Hollande avec 33%. Chacun en tirera les enseignements de son choix.

Cependant d’un point de vue uniquement palo-palois, la ville de Pau pourrait-elle tirer des avantages d’un maire président de la République ou d’un maire premier ministre ? François Bayrou serait loin du Béarn cependant Bayrou François pourrait être utile à sa ville.

Mais tout cela est sans importance ; ce ne sont là que petites combinaisons de la politique politicienne, celle qui sert  davantage les ambitions personnelles que l’intérêt général.

 

Pau, le 22 juillet 2015

Par Joël BRAUD

Résurrections

resurrectionIl est probable que vous ne vous attendez pas à sa « résurrection ». Souhaitons que ce ne sera pas le cas, même si un imprévu n’est pas impossible.

 Ce ne serait pas un bien pour le pays de voir M. Strauss-Kahn revenir sur le devant de la scène. On ne pourrait pas écarter le risque de voir une nouvelle affaire éclater au grand jour, et l’image de notre pays s’en trouverait écornée.

En revanche, il semblerait que 8 militants sur 10 de l’ex-UMP soient favorables au retour à la tête du pays de M. Sarkozy. Ils ne peuvent pourtant pas ignorer qu’un grand nombre d’affaires risquent de faire surface ou de refaire surface. Certes, l’ancien avocat sait se protéger. Certes, la justice ne peut exprimer de condamnation sans preuves formelles. On l’a vu avec l’affaire Bettencourt. Sans témoignage irréfutable, M. Sarkozy et M. Woerth ont été relaxés. Mais qui peut croire que le candidat à l’élection présidentielle et son responsable financier ne rendaient visite à la vieille dame que pour s’entretenir de l’état des caniveaux de Neuilly-sur-Seine ? Dans une affaire aussi grave, puisqu’il s’agit ni plus ni moins de savoir si un candidat à l’élection suprême aurait tenté de fausser le suffrage universel alors qu’il avait la responsabilité au plus haut niveau de faire respecter la loi, peut-on se contenter des déclarations d’un Eric Woerth ou d’un Patrice de Maistre ? Le premier clamait qu’une « muraille de Chine » le séparait des intérêts de sa femme. Mais dans son second procès, le tribunal a déclaré : « il est bien établi qu’Eric Woerth est bien à l’initiative de la demande de Légion d’honneur pour Patrice de Maistre, dans des conditions totalement atypiques ».  Le sens commun indique aussi que recruter Mme Woerth pour une activité d’optimisation fiscale pouvait avoir un certain intérêt pour M. de Maistre? Et que par ailleurs il est douteux que M. Woerth ait pu ignorer l’état de faiblesse de la vielle milliardaire. Peut-on  accepter que M. de Maistre se refuse à dire où allaient les 400.000 euros reçus deux jours avant une rencontre avec M. Woerth, trésorier de l’UMP,  « coïncidence pour le moins étrange »  (le tribunal dixit)? Peut-on exclure qu’un jour la lumière sera faite sur cette affaire ?

Les journalistes d’investigation et les juges ne resteront sans doute pas les bras croisés. D’ores et déjà, des doutes se font jour sur des versements à M. Guéant pour la vente de tableaux anciens, en rapport avec une autre affaire. Et cette fin de semaine, le magazine du Monde, « M », révèle une autre affaire de probable corruption liée à des ennuis juridiques  d’oligarques du Kazakhstan (48 chefs d’inculpation pour l’un d’eux) et à une vente d’hélicoptères (cela change des frégates…). Autour de M. Guéant, on trouve un ancien préfet, J.-F. Étienne des Rosaies et un sénateur UDI du Gers, Aymeri de Montesquiou, ainsi qu’une collaboratrice du célèbre avocat Jacques Vergès qui a révélé des versements en espèces. L’enquête révèle la participation de bien d’autres personnages, connus ou non du grand public. Elle est digne des meilleurs romans policiers.

Il se peut que M. Sarkozy réussisse  à passer entre les gouttes une fois encore. Il se peut qu’il réussisse à convaincre qu’il a changé, même s’il ne peut cacher sa hargne envers F. Bayrou (« Le bègue ») ou F. Fillon « (Je le veux à terre et sans oxygène »).  Il se peut que son OPA sur l’UMP soit un succès et que sa nouvelle dénomination ne fasse pas trop penser aux faucons républicains de MM. George Bush père et fils dont le monde paie encore les erreurs stratégiques.

Mais le pays manque-t-il à ce point d’hommes (ou de femmes) nouveaux et d’idées nouvelles ? Sa soif de transparence et d’intégrité est-elle à ce point si faible ?

 

Paul Itaulog

TIME Magazine et Marine le PEN

marine-le-penLe magazine TIME vient de dresser sa liste, pour 2015, des « 100 personnalités les plus influentes du monde ». Parmi elles : Marine le Pen.

Présente, à New York, au Gala des 100 personnalités, Marine Le Pen s’est félicitée qu’on reconnaisse son parti comme « un mouvement politique important qui monte ».  Cette distinction, « est un symbole, qu’outre-Atlantique, on considère que le Front national est un mouvement sérieux, un mouvement de gouvernement, et que peut-être dans quelques mois il y aura en France des changements importants » a expliqué Marine Le Pen.*

Mais voilà, parmi les « 100 » se trouvait aussi Kim Jong Un, dictateur de la Corée du Nord, Abubakar Shekau, sinistre « tête pensante » de Boko Haram ou encore Vladimir Putin dont l’Europe a pu constater l’influence en Ukraine.

Bref, être dans le classement des 100 de TIME, c’est le preuve que l’on est connu, influent, pour le meilleur comme pour le pire, mais pas certainement reconnu.

Il n’est pas inintéressant de lire les motivations qui font que tel ou tel apparaît dans ce classement. Elles sont souvent signées de plumes reconnues.  Angela Merkel est franchement louée pour son engagement sur l’Ukraine par le Président Poroshenko (au passage, il « zappe » complètement le Président Hollande) ou encore, Barack Obama ne manque pas de mettre en avant la profondeur de vue de Narendra Modi, premier ministre indien.

Pour argumenter la présence de Marine Le Pen dans le classement, pas de « plume politique » renommée. C’est à la journaliste, Vivienne Walt, qui écrit pour TIME depuis Paris, que revient de nous dire le pourquoi de cette présence dans le « TOP 100 ». Résumé  : « Il y a un an, Marine Le Pen avait dit à TIME que le FN serait au pouvoir dans la décade à venir. Un cauchemar pour ces millions (de Français) qui voient dans son message, la France aux Français, un patriotisme excessif  (anglais : jingoism).

Sa prédiction ne semble plus absurde. Le Pen a su transformer en or, l’exaspération des électeurs, en mélangeant charme et ambition lors d’élections locales et européennes, avec une campagne anti-Europe et anti-immigration.

Cela a fait d’elle la personnalité dominante de droite (anglais : leading right-winger) en Europe, donnant par là-même aux politiques du continent, avec les mêmes idées, une dose d’éligibilité.

Ce mois-ci, elle a finalement rompu avec le fondateur du Front National, Jean-Marie Le Pen, à l’anti-sémitisme toxique.

L’analyse se corse alors : « Le Pen a un fort attrait pour beaucoup de Français, qui sont face à un mur avec un « élitisme politique asphyxiant » (anglais : asphyxiating political élitism) et une croissance proche de zéro.

Le message alors aux autres dirigeants politiques français, les Sarkozy, Juppé, Bayrou, Hollande, Valls etc. : « Pour stopper sa course vers le Palais de l’Elysée, les ternes (anglais : lackluster) dirigeants devront se défaire de leur style sans ambition, ni résultat (anglais : ineffectual, gutless style) et proposer une révolution personnelle plus attractive (anglais : mount a more appealing revolution of their own)»

« Gutless » se traduit aussi par « ne rien avoir dans le ventre ». Osez, Messieurs les Politiques. Proposez votre « Révolution », avant qu’il ne soit trop tard…

– par Bernard Boutin

* source : http://www.huffingtonpost.fr

Politique – Démocratie verticale ou démocratie horizontale : Que voulons-nous ?

imgdemocratie002Oui, la France est « en démocratie ». Nous élisons nos représentants. Mais notre démocratie fonctionne t-elle au mieux des intérêts de ses citoyens ? A voir tous les déficits qui courent, la très mauvaise perception du personnel politique par les électeurs français, l’étendue du chômage, on peut douter que les institutions correspondent à l’air du temps. 

Démocratie verticale : C’est celle qu’a voulu pour nous Charles De Gaulle. Une démocratie, certes élective, mais où le citoyen ne compte pas entre deux échéances. Cette démocratie-là ne fait pas le pari du citoyen mais d’un seul homme : le Président élu (et ses équipes). Ce phénomène a été renforcé depuis la mise en place du quinquénnat, suivi de l’élection des députés pour la même période de temps. Une assemblée gaudillot.

Beaucoup en France, reviennent vers les années De Gaulle : le sens de l’autorité et de l’Etat. Mais est-ce cela qui fait avancer un Nation ? N’est-ce pas plutôt de donner aux citoyens les moyens pour que, compte tenu de leurs capacités individuelles, chacun contribuent, dans son domaine de savoir, voire d’excellence, à l’évolution de notre société dans toute sa diversité économique, sociale, scientifique, culturelle, sportive… De Gaulle n’avait pas mis l’Homme au cœur de son projet mais la Nation. C’était une autre époque.

Oui, bien entendu, il nous faut un pays centralisé pour que l’ordre soit la règle et ainsi « éviter la chienlit ». Mais, cela crée une condition nécessaire mais pas suffisante. Non, il ne faut pas que le pouvoir tombe entre les mains de quelques uns. Pour une bonne pioche, combien de mauvaises ? Au vu de l’état actuel de notre pays, qui a été la « bonne pioche » de la Vème République ? Parmi les Présidents De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterand, Chirac, Sarkozy, Hollande ? Parmi les Premiers Ministres ? Parmi les Parlementaires ? etc.

Cette démocratie verticale, ne fait pas le pari du citoyen. Elle part du principe qu’il n’est pas capable. L’Etat est là pour lui. L’Etat avec son élite, ses énarques, ses politiciens inamovibles. L’élite ! Quel horreur que cet attribut-là ?

L’élite de la France, se sont les Français eux-mêmes, leur savoir-faire, leur éducation, leur perception du monde, d’ici et d’ailleurs. Malheureusement, ils sont bridés, étouffés, freinés par l’impôt, les normes, les rigidités, les monopoles etc. Jamais ils ne sont consultés tant par référendum que par votation populaire. Notre démocratie française ne croit pas en ceux qui la composent : les Français.

Pourquoi tant de Français partent s’installer à l’étranger ? Beaucoup pourraient souvent trouver du travail en France. Ils partent parce qu’ils ont le sentiment qu’ailleurs les opportunités existent plus que dans leur propre nation.  Quel désastre ! A qui la faute ?

Démocratie horizontale : L‘élu n’est pas plus que le Français. Il est là pour créer les conditions de son épanouissement, de sa réussite « dans les domaines économiques, sociaux, scientifiques, culturels, sportifs ». Il doit s’assurer que les services (administration centrale, régionale, départementales, communales), à tous les niveaux n’entravent en rien l’initiative, la prise de risque des citoyens sans laquelle ceux-ci sont condamnés à être dans l’attente, en dépendance de l’Etat.

Pour cela, l’élu ne doit plus être au même poste qu’un nombre de mandatures très limité dans le temps. Il « tourne ». Monte de la vie civile, fait un temps « en politique » et reprend sa place parmi les Français.

Ces passages rapides permettront plus d’horizontalité, plus de « créativité citoyenne ». Notre démocratie, en finira avec les postures, les certitudes de trop nombreux élus en poste depuis si longtemps et qui n’ont plus qu’un seul objectif : le Pouvoir encore et toujours.

Disons le haut et fort, la Vè est aujourd’hui en situation d’échec. Un mode de « démocratie verticale » qui n’est plus de notre époque. La France s’enfonce dans les classements et la pauvreté. Rendons le pouvoir aux Français eux-mêmes. Ils ont beaucoup plus de capacités que les soit-disant « élites » du sérail. Finissons-en avec le cumul dans le temps ! Il y a urgence.

– par Bernard Boutin

Quand Juppé parle de Bayrou.

imgresCe 7 février 2015, à l’occasion du conseil national de l’UMP, Alain Juppé, candidat à la primaire de 2016 au sein de son parti, a évoqué le nom de François Bayrou. Une bronca s’en est suivie. Dans cette instance qui a du mal à se débarrasser de sa machine à perdre, l’idée d’une alliance avec un parti centriste n’est pas encore acceptée.

 Nous les Aquitains savons bien la proximité qui existe entre le maire de Bordeaux et le maire de Pau. Une proximité qui, comme tout ce qui est  politique dans notre pays, ne repose pas que sur des convictions mais sur des préoccupations de carrière ou des ambitions personnelles. Parce qu’on peut se demander en effet quel est l’intérêt d’Alain Juppé, candidat à la primaire au sein du parti UMP, de déplaire à ceux qui seront sollicités lors de ce scrutin en évoquant une alliance avec le MoDem.

 Sans doute Alain Juppé est-il conscient que l’état de délabrement du parti auquel il appartient nuira à son image lors des prochaines présidentielles. Il sait aussi qu’actuellement le seul moyen de progresser au moins dans les sondages est de se débarrasser de cette machine à perdre qu’est l’ami de Balkany. Rappelons qu’un sondage qui vient de paraître fait ressortir que 68% des français considère que Sarkozy n’a plus d’autorité sur l’UMP*. Et pourtant il s’accroche !

 De son côté François Bayrou mesure que cette alliance proposée avec le centre par Juppé, est rejetée par les membres de l’UMP. Enfin, pas tout à fait avec le centre, parce que s’unir avec l’UDI ne soulève aucune animosité tandis que s’unir avec le MoDem provoque sifflets et quolibets. C’est donc plus lui, le maire de Pau, qui est rejeté que l’idée d’une ouverture vers le centre. C’est vrai que lors des dernières présidentielles, il  avait invité à voter Hollande. Sarkozy a considéré que là se trouvait la raison de son échec. C’est sans doute donner au MoDem une influence qu’il n’a pas réellement. Mais rien n’est oublié, rien n’est pardonné.

 Et puis pour nous Palois, ou habitants de la CDAPP, cette alliance entre Juppé et Bayrou qui n’a pas encore réellement pris forme, ne sera pas sans conséquence dans l’hypothèse où elle aboutirait au but recherché par les protagonistes. Imaginons, oui imaginons, que Juppé gagne la primaire au sein de l’UMP. Que ipso facto il soit candidat à la présidentielle de 2017. Qu’il soit élu. Que deviendra François Bayrou ? Eh bien on peut envisager fort logiquement que cette alliance entre ces deux hommes conduira le président de la CDAPP à occuper un poste important au sein du gouvernement, peut-être même celui de chef de ce gouvernement. Pourquoi pas, cela n’est que logique. Dans le cas contraire, celui où Juppé ne serait pas le candidat désigné par son parti, Sarkozy le serait, lui, et Bayrou se mettrait sur sa route.

 Rappelons-nous que, lors de sa campagne électorale pour les municipales à Pau, François Bayrou a dit haut et fort qu’il se consacrerait totalement à Pau, qu’il ne serait pas candidat aux législatives, pas candidat aux sénatoriales, pas candidat aux européennes. Mais son engagement n’a jamais porté sur sa candidature à la présidentielle. Il est toujours resté flou sur ce point. De même qu’il ne s’est jamais engagé à refuser un poste de membre du gouvernement voir de chef de ce dernier. Alors…

 Mais tout cela n’est que politique politicienne, ça ne fait pas baisser nos impôts.

 

Pau, le 9 février 2015

Par Joël BRAUD

 

*Institut ODOXA pour iTELE et le Parisien

Moi, Président, je…

imgres Il y a quelques jours, certains se sont émus des réactions d’une partie des militants UMP au projet d’Alain JUPPE « d’ouvrir » leurs primaires »  aux centristes. Or, comment peut-on imaginer que JUPPE, fin politique, n’ait pas délibérément profité de l’occasion pour tacler Sarkozy dont chacun sait qu’il est hostile à cette idée ? Dès lors..

Outre que la ficelle est un peu grosse, pour l’un comme pour l’autre l’important en cette affaire n’est donc pas cette » anecdote ». L’important, pour l’un comme pour l’autre,  n’est-il pas le rôle dévolu aux Centristes ? Car, sur ce point, tous les deux savent que l’abandon par « la Gauche d’en bas » de sa base traditionnelle pour rallier le Front National provoque une redéfinition de l’échiquier politique. Et tous les deux savent aussi, parce qu’elle est la conséquence de ce jeu de « je te tiens tu me tiens par la barbichette, le premier qui… » – qu’au détriment de l’intérêt public, ils pratiquent entre eux et avec le PS depuis plus de trente ans – que cette redéfinition est durable. Tous savent donc également, que, désormais, le Centre n’est plus un élément supplétif, un accessoire, une variable d’ajustement pour les uns comme pour les autres. Le Centre est désormais un élément incontournable de la politique. Et même, sous réserve de retrouver son unité, une force capable de proposer une alternative crédible  propre à rallier, à gauche comme à droite, les hommes et les femmes de bonne volonté fatigués de cette démagogie électorale généralisée – de ce clientélisme érigé en institution – de ces promesses qui sont autant d’injures au bon sens le plus élémentaire du citoyen – une insulte à son intelligence!  Des hommes et des femmes qui au delà d’antagonismes politiques entretenus artificiellement, sont dans la même réalité du quotidien – confrontés aux mêmes problèmes, aux mêmes difficultés. Des hommes et des femmes qui aspirent aux mêmes satisfactions – qui partagent les mêmes attentes, les mêmes espoirs. Et parmi ceux-là, le premier ? Celui, peut-être d’être considéré, d’abord, comme des citoyens responsables par un candidat qui leur dirait: moi, Président, nous…

Mais pour cela il faut d’abord que le Centre retrouve son unité. Et, à cet égard, il ne compter ni sur l’UMP, ni sur le PS ni sur personne d’autre que lui-même ! Dès lors…

                                                                      par Maurice MEIRELES – PONTACQ

Les dangers des chroniques politiques

classepolitique-300x204Le plus grand danger qui guette un chroniqueur politique est d’être mal compris. Mais il y a aussi le fait qu’il est plus difficile de prévoir le futur, même proche, que d’analyser le passé. Passons en revue quelques exemples de cette rentrée.

Le plus bel exemple concerne un journaliste de « Libération » qui avait choisi pour titre de son article du 27 août : « Thévenoud sort de l’ombre ». Il ne croyait pas si bien dire puisque quelques jours plus tard le scandale Thévenoud mauvais contribuable et mauvais locataire éclatait. Si bien que nos concitoyens les plus exigeants l’auraient bien « mis à l’ombre » et qu’une pétition sur www .change.org exigeait au moins sa démission de l’Assemblée nationale.
Les personnalités politiques ne sont pas à l’abri de telles méprises. Ainsi, Arnaud Montebourg trois jours auparavant, avait attrapé Thomas Thévenoud par le cou dans un meeting en clamant face aux caméras : « Lui, c’est le meilleur d’entre nous ». …

Peu de chroniqueurs pariaient sur le non retour de Nicolas Sarkozy en politique avant le début de la campagne présidentielle de 2017. C’était sans doute le cas aussi pour les électeurs, qui n’ont pas été étonnés par une nouvelle palinodie et qui se doutent bien que ce retour anticipé est motivé par le but de barrer la route à ses concurrents et peut-être aussi de se poser en victime d’une chasse à l’homme politique. Cette tactique peut être gagnante, puisque les juges ont estimé que les visites de M. Sarkozy à Mme Bettancourt avaient pour but de deviser de l’état des caniveaux de Neuilly sur Seine et que récemment un arrêt au plus haut niveau a différé une des enquêtes en cours. Cependant, la multiplication des « affaires » ne place-t-elle pas M. Sarkozy au niveau de M. Berlusconi et ne peut-elle susciter des réserves au sein même de sa famille politique ? Car en faisant appel à la générosité des militants n’aurait-il pas placé ceux-ci en complices objectifs de la fraude présumée sur les comptes de campagne ? Un comble pour un Président de la République dont le premier devoir serait de faire respecter la loi.

Ex-journaliste politique, Valérie Trierweller n’était pas une oie blanche. Elle pouvait se douter que sa position comportait des dangers et des inconvénients. A-t-elle outrepassé ce qui était son rôle et irrité François Hollande ? Son livre, qui comporte des pages d’hommage un peu inattendu, montre aussi les faiblesses de l’homme. Il s’y révèle « normal », en quelque sorte. Le livre joue sur le voyeurisme et est assez loin de « Phèdre ». Mais il lui arrive d’être touchant lorsqu’il révèle sa blessure d’amour-propre lorsque son compagnon après une visite à sa famille lui dit qu’elle n’est pas jojo cette famille. Bien des lecteurs auront pu ressentir aussi les difficultés des rapprochements entre membres de classes sociales différentes.

Ces petits événements font oublier les grands problèmes de l’heure. L’Asie du sud-est se révèle un nouveau terrain de prospection pour les djihadistes. La fonte des glaces des calottes polaires s’accélère et fait craindre que le permafrost des région sub-polaires ne libère du méthane, un gaz bien plus dangereux que le CO2 pour l’évolution du climat. Si nos chroniqueurs s’abstiennent largement d’appeler à un nécessaire changement de nos habitudes, les lanceurs d’alertes et les pétitions parviendront-ils à inverser ces tendances ?

– Par Paul Itologue

Sarkozy l’illusionniste.

imagesSarkozy revient ces jours-ci dans un nuage de poussière. Il prétend à l’élection de la présidence non pas de la République Française, c’est trop tôt, la place est occupée, mais à celle de son parti politique. L’arrière pensée de se positionner pour le challenge de 2017 ne fait l’ombre d’un doute pour aucun d’entre nous. A l’époque où il n’était encore que ministre de l’intérieur, il s’était rendu à Pau…

 En effet c’était en septembre 2003. Le bureau de police de la police nationale, situé boulevard de la Paix avait été volontairement incendié par des jeunes du quartier de l’Ousse des Bois. Tout une symbolique à cette époque où une réputation sulfureuse entourait  cette zone. La lutte contre les violences urbaines remplissait encore les esprits et agitait ceux chargés de la politique de la ville. La police de proximité venait pourtant d’être abandonnée  par le nouveau pouvoir en place.

Sarkozy s’était donc déplacé à Pau pour cette circonstance. Dans ses propos, et avec son style bien à lui, il avait engagé le budget de l’Etat pour subvenir à la mise en place d’un autre bâtiment. Les plus hautes instances locales avaient applaudi et s’était réjouies de voir que l’Etat s’intéressait ainsi à une ville de province de moyenne importance.

Et puis le temps a passé et beaucoup qui y croyaient commençaient à s’interroger et à se demander si cet engagement n’avait pas cette cruelle saveur de la formule d’Henri Queuille. Les promesses des politiques n’engagent que ceux à qui elles sont faites.

 Eh bien ceux là justement qui avaient reçu bouche bée cette promesse, ne voyant rien venir, ont décidé d’agir par eux-mêmes. La municipalité s’est donc avisée qu’elle possédait un terrain avenue du Loup et qu’elle pouvait à son niveau investir en y plaçant des mobile homes, genre Algeco. Ce qui fut fait. Il ne restait plus qu’à organiser une cérémonie pour l’inauguration de ce nouveau bureau de police.

Et le même ministre de l’intérieur s’est gaillardement invité afin de plastronner lors de ce moment qui a de nouveau réuni tous les importants. Alors, une fois les discours et la cérémonie  terminés, André Labarrère a eu cette formule percutante comme il en avait le secret :

Je croyais que Sarkozy était un magicien, je me suis trompé, c’est un illusionniste.

 Nous sommes aujourd’hui en 2014 et tout est forcément différent. Le personnage a changé, la preuve, c’est lui qui le dit.

 

                                                                                               Pau, le 23 septembre 2014

                                                                                               Par Joël BRAUD

France – Maître Sarkozy, reprenez donc la robe !

 f13e52bfeb44a27b4be683acbad1fdfc_400x400Tous les médias de France ne parlent que de vos démêlés avec la justice. A la télévision, vous vous défendez avec vigueur et adresse. Votre formation d’avocat vous aide. Vous dites aussi votre attachement à notre Nation, à la servir, sous-entendant là un désir de « repartir ».

Les Français sont fatigués des querelles de personnes. Ils sont au chômage et/ou voient leur pouvoir d’achat toujours plus érodé. Ils craignent pour leur avenir. Celui de leurs enfants. Celui de la Nation. Ils en appellent à des hommes ou femmes politiques consensuels, éthiques, transparents qui puissent enfin leur rendre espoir. De désespoir, ils en arrivent à donner 25 % de leurs voix au Front National dont on sait les ruptures, inacceptables pour beaucoup, qu’il propose dans de nombreux domaines.

Pensez-vous que vous puissiez être le Président de consensus qu’appelle la France ? Croyez-vous, si vous êtes à nouveau élu en 2017, que la paix régnera entre les parties : gauche/droite, gouvernement/justice ?

Lors de votre réforme sur les retraites, j’ai observé les longs cortèges qui sillonnaient notre ville de province*. Ils étaient des milliers à la rejeter mais aussi à vous rejeter. Jamais, je n’avais palpé, jamais je n’avais ressenti autant de hargne, autant de haine même, de la part d’une partie de la population française pour son Président. Il y avait tant de monde. Comment avez-fait pour en arriver là ?

Non, Monsieur le Président, vous ne saurez jamais calmer les esprits. Vous ne saurez jamais amener les « forces vives » de la Nation à travailler ensemble pour, enfin, tenter de la remettre sur les rails.

Et puis, si vous aimiez autant que vous le dîtes la France, vous ne seriez pas dans l’attente, à évaluer le meilleur moment pour candidater à la prochaine présidentielle. Vous seriez dans le rôle d’un opposant constructif, fort de 5 années de Présidence et, vous participeriez aux débats nationaux au quotidien, dans un esprit républicain. Les presque 17 millions de Français qui ont voté pour vous en 2012 attendaient de vous un rôle actif et positif pour la Nation, même dans l’opposition…

Monsieur le Président, Maître, reprenez-donc la robe. Dans le rôle d’avocat, c’est là où vous semblez le meilleur. A défendre une partie et une seule. La vôtre, notamment…

Quant à la droite « classique » française, elle saura très bien se débrouiller sans vous.

– par Bernard Boutin

* Pau

Quel tapage inutile !

oragesLa garde à vue puis la mise en examen d’un ancien président de la république, d’ un haut magistrat et d’un avocat ont au moins pour mérite d’occuper les ondes, la télévision et les journaux. Et pourtant, les choses sont simples.

En premier lieu, seuls les naïfs ou les partisans du pouvoir en place peuvent croire que celui-ci n’est pas à l’origine des poursuites engagées. À moins de considérer que le Procureur de la République à l’origine des enquêtes, des écoutes et des perquisitions ait entendu en songe une voix lui enjoignant d’y procéder, il est certain qu’il a agi sur les ordres venus du ministère de la justice. Qui peut croire que le pouvoir en place,et plus spécialement le Président de la République, n’ont pas envie de se débarrasser de Monsieur SARKOZY qui leur semble, peut-être à tort d’ailleurs, le seul capable de les bouter hors en 2017. Ils pensent, sans le dire, qu’un second tour de la présidentielle face à Madame LE PEN tournerait à leur avantage grâce à la fameuse discipline républicaine.

Mais, en second lieu, pourquoi tant de remue-ménage et surtout une mise en cause des instances judiciaires. Observons, tout d’abord, que si l’on fait reproche à un magistrat de s’être intéressé à l’évolution de la procédure en cassation d’une affaire concernant Monsieur SARKOZY, il n’est pas contesté que ce magistrat n’a pas participé au jugement de celle-ci. La décision de la cour de cassation n’a été affectée d’aucun soupçon de partialité.

Mais nos magistrats et notre justice méritent mieux que ces éternelles récriminations chaque fois qu’un personnage politique est en cause. Les citoyens doivent être rassurés sur leurs juges et ceux qui jettent l’opprobre sur l’institution judiciaire devraient être les premiers à les respecter. Au demeurant, il ne s’agit pas de savoir si les juges saisis sont ou non impartiaux. Il s’agit de savoir s’ils peuvent agir à leur guise et la réponse est NON. Notre droit offre, en l’espèce, de multiples garanties contre l’arbitraire des juges. Les moyens sont divers. Les mis en cause peuvent invoquer des nullités d’actes, relever appel des décisions des juges d’instruction, solliciter la publicité des débats, invoquer l’inconstitutionnalité d’un texte, saisir la cour de cassation et même en fin de course la Cour européenne des droits de l’homme

Rassurez-vous, lecteurs, notre pays est probablement de ceux qui peuvent se flatter d’avoir une justice dont les pouvoirs sont sérieusement encadrés contre l’arbitraire. Les événements à venir le prouveront.

– par Pierre ESPOSITO
Docteur en droit
Ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Pau.