Pau, la police municipale en armes

imgresFrançois Bayrou vient de faire connaître sa décision de munir les policiers municipaux de la ville de Pau d’armes létales. Depuis vendredi dernier, 29 juillet 2016, cette décision fait grand bruit tant auprès des médias locaux que nationaux. Faut-il se réjouir ou regretter cette décision ?

Pour un coup de com, c’est un sacré coup de com ; Comme ça au moment où les vacances occupent l’emploi du temps d’une grande partie de nos concitoyens, les journaux, les hebdomadaires, les radios et même la télé titrent « Pau, François Bayrou décide d’armer « sa » police municipale ». Passons sur ce possessif qui, en l’occurrence, n’indique pas un réelle possession pour essayer de connaître la vraie motivation d’une telle décision.

D’abord la réaction d’un sondage mis en place sur le plan local par le journal « La République ». La question est simple : « Êtes-vous pour ou contre l’armement de la police municipale de Pau ? » Ont répondu, sur environ 1500 personnes : pour = 63% – contre = 37%. Il faut regretter que ce sondage ne laisse aucune ouverture à celles et ceux qui sont sans opinion, le principe, dans ce genre d’exercice est de toujours laisser un espace permettant de pouvoir s’exprimer à ceux qui n’ont rien à dire ou qui s’en moquent.

D’ailleurs un micro trottoir nous apprend sans aucun étonnement les raisons du choix de certains. Ainsi, disent-ils, je me sens plus en sécurité. Pourquoi pas après tout. Il s’en trouve même pour dire que cela n’aura aucune incidence sur notre sécurité. François Bayrou a, lui, peaufiné son argumentation. Il fait référence aux événements de Nice pour dire que la promenade des Anglais ressemble fortement, par sa structure, à notre boulevard de Pyrénées. Il dit également qu’il a lu avec attention le rapport de l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) et qu’il en a retiré la conviction que seules des armes létales peuvent, dans des circonstances comparables, arrêter la progression d’un poids lourd qui fonce sur la foule.

On pourra toujours rétorquer que la ville de Pau est, sur le plan sécuritaire, une ville calme, personne ne pourra écarter l’hypothèse d’un attentat dans notre ville. Mais en réalité ce n’est pas la sécurité de tous les jours qui est ici considérée, ce sont les actes terroristes. Ceux qui disent se sentir davantage en sécurité avec cet équipement confondent un peu les choses. La délinquance est vécue plus subjectivement qu’objectivement, comme toujours dans ce domaine le sentiment d’insécurité prévaut sur les statistiques. On aura beau vouloir l’expliquer personne ne sera disposé à l’entendre.

Il faut être précis et dire ce que permettent dans l’absolu, ou permettraient en cas d’attentat, l’usage d’armes létales. Ceux qui sont pour, savent-ils que ces armes ne peuvent être utilisées que dans les rigoureuses limites de la légitime défense ? Connaissent-ils par ailleurs les conditions qu’il est impératif de réunir pour être dans un cas de légitime défense ? Savent-ils enfin que les policiers de la police nationale, dans leur très grande majorité et au cours de la totalité de leur carrière, n’utilisent leur arme de service qu’au stand de tir ? Sans doute que non, mais, dire qu’un policier est armé en impose, donne une image, du poids et de l’autorité. A ce propos les policiers municipaux, par la voix de leurs syndicats souhaitent être armés et mieux encore pouvoir, comme leurs « grands frères » de la police nationale, être autorisés à porter leur arme en dehors des heures de service. Cette évolution ne connaîtra sans doute jamais de limites.

D’une façon plus générale, il faut également s’interroger sur l’exemple de Nice et en tirer des conséquences. Il convient de souligner la difficile coopération, collaboration, partenariat ou coordination, comme on voudra, entre ces deux polices, la nationale et la municipale (J’ai déjà eu l’occasion d’écrire à ce propos). Dans toute opération de service d’ordre, maintien ou rétablissement, il faut un chef et un seul. Les maires sont-ils disposés à confier le commandement de la police municipale de leur ville, durant le temps de certaines opérations, à un commissaire de police, un officier de gendarmerie ou un préfet. On a du mal à l’imaginer mais pourquoi pas après tout.

Si l’on se place dans l’histoire, on apprend qu’en 1941, le gouvernement de Vichy avait étatisé tous les services de police des villes de plus de 10 000 habitants. Les policiers municipaux, à cette date, sont devenus des fonctionnaires d’État. Le développement actuel des polices municipales serait -il un retour en arrière ? Ce développement qui ne cesse de s’accélérer a pour causes, l’exigence sans cesse croissante de nos concitoyens d’être rassurés, le souci des élus de réponse à leurs préoccupations dans un but électoraliste et aussi, vraisemblablement, un certain désengagement de la police nationale dans ses tâches de proximité.

Il reste qu’en ce vendredi 29 juillet 2016 en décidant d’armer « sa » police municipale, François Bayrou a réussi un formidable coup de com. Bravo !

Pau, le 1 août 2016
par Joël Braud

Indigne bouffonnerie

imgresIl n’y a pas de mots assez forts pour qualifier le comportement de certains politiques qui profitent du drame de Nice pour se lancer dans une vaste campagne de démago-politicaillerie. Les politicards avancent tous d’un pas supplémentaire vers la déconsidération la plus totale de la part des citoyens français. Mais où cela va-t-il nous conduire ?

Qu’il y ait eu des défaillances dans le dispositif de sécurité mis en place à l’occasion du feu d’artifice du 14 juillet sur la promenade des Anglais, personne n’en doute. Que la coordination entre la police nationale et la police municipale doive être repensée d’un façon générale et au plan national, cela devient un impératif. Que la mise en place de caméras de surveillance n’ait pas permis de détecter le premier embryon d’une folie qui a conduit à ce massacre, on le savait. Mais enfin il y a les douleurs des familles et des proches des 84 morts qu’il faut respecter. Le temps n’est pas à ces ridicules chamailleries qui n’ont pour but que de rechercher un avantage électoral à partir d’un drame. Le moment est venu de tirer un enseignement et nourrir une réflexion afin de diminuer les probabilités de voir se renouveler une telle catastrophe.

Alors réfléchissons sur ce qui devrait être entrepris pour se prémunir efficacement de telles catastrophes.

D’abord, comment faire en sorte que le renseignement soit récolté et exploité ? Sur ce plan, les torts sont partagés chez les politiques surtout lorsqu’on revient vers les années 2008. C’est à cette date en effet que les renseignements généraux ont été démantelés pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec l’intérêt général. La fusion de deux services, DST et RG, a échoué. La démarche de proximité qui était faite d’une présence sur le terrain et de recrutement d’informateurs a été oubliée. La police de proximité si précieuse pour être à l’écoute et sentir certaines évolutions ou dérives a été rayée de la carte. Il importe maintenant de réorganiser la récolte du renseignement. D’inciter les citoyens à signaler tout comportement qu’ils jugent inquiétants en regard de la menace terroriste. Et surtout que les fonctionnaires chargés du recueil des ces signalements soient à l’écoute de leurs concitoyens.

Ensuite réfléchir à une meilleure coopération entre police nationale et polices municipales. Certaines données, vraies ou fausses, sur le drame de Nice laissent comprendre qu’entre ces deux unités, une véritable coordination n’a pu être mise en place lors de l’organisation du service d’ordre. Ces deux polices ne sont pas réellement complémentaires, l’une dépend de l’État, l’autre est placée sous l’autorité de politiques. Ces derniers ont plus tendance à l’instrumentaliser en en faisant un argument électoral, qu’à lui confier des missions à la hauteur des enjeux actuels. Il y a d’ailleurs trop de polices municipales. Elles sont généralement bien mieux équipées que la police nationale. Cet état de fait entraîne un effet pervers dans la mesure où il n’existe aucune définition du partage des tâches. Il faudra, dans cet esprit, éviter les déclarations aussi imbéciles que tonitruantes, laissant croire que les caméras de surveillance sont le remède absolu.

La procédure pénale accumule les contraintes depuis plusieurs années, au point maintenant de se montrer chronophage et ainsi de limiter la disponibilité des policiers. Ceux-ci sont empêtrés dans la gestion des procédures, elles deviennent très compliquées et souvent sont perçues comme des tracasseries inutiles et au seul l’avantage des mis en cause. Ce sont les politiques, qui, par un souci de protection des libertés individuelles, sont à l’origine de cette complexification. Il s’en suit une véritable démotivation des enquêteurs avec comme corollaire que certains services qui étaient jugés comme prestigieux peinent à étoffer leurs effectifs. Des postes restent vacants. Le législateur ne doit pas seulement polariser ses décisions sur la seule protection des libertés individuelles mais doit impérativement prendre en compte la faisabilité des lois et règlements dans un contexte particulier.

Repenser la partition libertés – sécurité à la lumière de l’état de guerre dans lequel nous nous trouvons maintenant. Il est certain que l’état d’urgence, qui est aussi qualifié d’état de guerre entraîne, qu’on le souhaite ou qu’on le rejette, une modification de l’exercice des libertés individuelles. Notre dispositif législatif est-il adapté ? Ces nouvelles données sont-elles prises en compte par la justice dans l’application des peines et des mesures de restriction des libertés ? Il ne s’agit pas d’empêcher que les libertés fondamentales puissent s’exercer mais il faut toujours avoir à l’esprit qu’elles comportent des risques. Il conviendra donc d’organiser les rassemblements qu’ils soient festifs, syndicaux, cultuels ou politiques avec cette contrainte que des mesures particulières de sécurité s’imposeront désormais.

Réorganiser les services de sécurité doit enfin être envisagé. La fusion des RG et de la DST, présentée comme permettant une plus grande efficacité n’a pas donné les résultats espérés. Les politiques encore une fois dans ce domaine se sont trompés. Les missions et les cultures professionnelles de ces deux entités font que la mayonnaise n’a pas pris. Il faut en tirer les conséquences. Pourtant cela n’a pas été fait et, au lieu de conserver la structure « direction centrale » du renseignement intérieur, on en a fait une direction générale. Cette administration est maintenant placée au même plan que la Direction générale de la police nationale ou de la Gendarmerie nationale. On divise, on segmente les services au lieu de les regrouper et ce faisant on doublonne. Il faut en réalité constituer un maillage qui fait remonter vers une entité unique ce qu’il est convenu d’appeler les « signaux faibles ». Une organisation centralisée est la seule chance de faire en sorte que ces informations du bas de l’escalier récoltées par une police à l’ancienne, parviennent à des spécialistes formés à l’analyse et par conséquent à leur exploitation.

Nous sommes dans une situation de guerre qui selon les spécialistes est appelée à durer pour la raison qu’en face se trouve une idéologie. Celle-ci a une visée expansionniste ? Aucun dispositif de sécurité ne sera jamais parfaitement étanche. Nous ne devons pas perdre nos valeurs de démocratie, de liberté et de laïcité ; la folie sécuritaire ne doit pas nous diviser. Mais certains politiques, qui ne sont guidés que par une surenchère électoraliste en cette période de primaires, se comportent comme des minables, des petits, des diviseurs, des vecteurs de conflit. Ils ne se rendent même pas compte que leurs propos portent en germe les bases d’une guerre civile.

La sécurité, notre sécurité, est une chose bien trop sérieuse pour continuer à être confiée à des politiques. Ils se sont d’eux-mêmes disqualifiés.

Pau, le 28 juillet 2016
par Joël Braud

Pau, la police municipale dresse son bilan.

imagesComme dans toutes les villes française d’égale importance, la police municipale est en pleine évolution. Ses effectifs vont prochainement passer de 25 à 35 éléments. Comment comprendre ces résultats ? Et pendant ce temps-là, que devient la police nationale ?

Selon ce bilan (La république des Pyrénées du 7 décembre 2015) la police municipale est de plus en plus sollicitée par le public. Elle dénombre une augmentation des appels qui lui dont adressés de 25 % et une hausse de 49% pour ce qui est de la gestion des marginaux. Ce qui reste étonnant c’est que parmi ces appelant on compte la police nationale. La police municipale de Pau serait-elle devenue la sous-traitante de la police nationale ?

La police municipale, il faut le reconnaître, a pris la place d’une police de proximité qui avait vu le jour vers 2002 – 2003, mais qui avait été abandonnée, au seul prétexte que sa mise en œuvre provenait du clan politique d’en face et selon la volonté d’un ministre de l’intérieur regretté par personne. La nature ayant horreur du vide, et particulièrement de ce vide, on a vu ensuite fleurir très vite les polices municipales. Un besoin de proximité était né, les élus ont su s’engouffrer dans la brèche.

A Pau, il est facile de constater que les patrouilles à pied, en cyclomoteur, en scooter ou en bicyclette de la police nationale n’existent plus depuis longtemps. Pourtant si cette administration avait voulu conserver ce capital de sympathie de la population, elle aurait dû veiller avec une application jalouse à maintenir cette proximité avec le citoyen au service duquel elle doit se placer.

La police municipale a pris cette place et ne cesse d’élargir son domaine d’action tant en créant une équipe de nuit qu’en se chargeant de missions qui jusqu’alors n’entraient pas dans le champ de ses compétences. Prochainement la police municipale va d’ailleurs augmenter de façon significative ses effectifs et les faire passer de 25 à 35.

Il est évident que par ce moyen les élus de la ville de Pau cherchent, en affichant leur préoccupation pour les problèmes de sécurité, à plaire à l’électeur. L’attitude est en partie électoraliste, la sécurité ça marche toujours pour celui qui pense à sa réélection, surtout lorsque la population vieillit.

On ne peut ignorer que dans le même temps la police nationale délaisse un certain nombre de ses missions. Elle affirme pourtant être débordée. Mais ne serait-ce pas là un désengagement voulu des services de l’État ; il s’agit pourtant d’une mission régalienne.

Légitimement, le contribuable est amené à s’interroger sur le bien-fondé d’une dépense.

Pau, le 22 décembre 2015
par Joël Braud

Oreillettes

imagesIl y a quelques jours, c’est-à-dire depuis le 1 juillet dernier, l’usage des oreillettes est interdit aux conducteurs de voitures, de motos et même, oh surprises, aux cyclistes. A tous les cyclistes, eh bien non ! Il est une catégorie qui échappe à ces règles du code de la route, les coureurs du Tour de France. Est-ce bien prudent ?

 En ce moment, le Tour de France passionne la majorité des Français qui, tous les après-midi, restent rivés devant leurs postes de télé. Il faut dire que le spectacle est magique à plusieurs points de vue. Les paysages en premier lieu, l’effort sportif et sans doute la technique ou la stratégie de cette course qui allie sport individuel et sport d’équipe.

Mais tous les jours cette course est ternie par des chutes. Lundi dernier, le 6 juillet une énorme chute a contraint le maillot jaune à l’abandon. Plus encore, la course a été neutralisée ce qui reste exceptionnel dans les annales de l’épreuve. Cet accident a mis à terre environ vingt coureurs, certains ont été sérieusement atteints au point qu’une intervention chirurgicale pour réparer une vertèbre cervicale a été nécessaire. Ce n’est pas rien !

Ainsi est venu le moment de s’interroger sur les causes de ces chutes qui sont trop nombreuses et nuisent à la qualité de l’épreuve. Plusieurs hypothèses sont évoquées par les commentateurs : l’état de la chaussée, la pluie, la vitesse, le sur gonflage des pneus ou des boyaux, la nervosité etc. Sans doute il y a un peu de tout cela mais lorsqu’on y regarde d’un peu plus près il est difficile de ne pas considérer l’usage des oreillettes.

Tous les participants à la course en sont munis, ils peuvent échanger avec leur directeur sportif et recevoir des informations certes essentielles mais pas forcément indispensables. Et cette chute du lundi 6 juillet a été provoquée par un seul coureur, dans une ligne droite, sur une chaussée en bon état. La vitesse à ce moment là était importante. La cause, tout le monde s’accorde à le reconnaître, vient d’une erreur d’inattention. DUMOULIN a touché de sa roue avant la roue arrière de celui qui le précédait.

Quand on sait que l’interdiction des oreillettes voulue par le législateur répond à un impératif de sécurité parce que des études ont révélé une perte de 30% des informations enregistrées par le cerveau en cas de conversation téléphonique, on se demande pourquoi les oreillettes ne sont pas proscrites pour les coureurs cyclistes. Lorsqu’on leur parle d’oreillettes, les organisateurs mettent des œillères.

Mais il faut admettre que le code de la route n’a pas sa place sur le Tour de France. Alors laissons tomber…sur le macadam.

 

Pau, le 9 juillet 2015

Par Joël BRAUD

 

 

Crédit photo Europe 1

PAU – A.S.V.P.* VS** papis et mamies trafic

imgresLa mairie de Pau envisage avec sérieux de confier la surveillance des sorties d’écoles à d’autres personnes que les A.S.V.P. Ils seraient remplacés par des retraités capables de s’investir pour assurer la sécurité des enfants sur la voie publique. Pourquoi cette réforme ? Est-ce que ce projet peut fonctionner ?

 A Pau, comme maintenant dans beaucoup de ville de France, les maires ont décidé de  doter leurs villes d’une police municipale. Les A.S.V.P. en sont un des éléments. Ils sont principalement affectés à des missions de sécurité sur la voie publique mais ont également compétence pour réprimer certaines infractions au code de la route constatées dans  les limites territoriales de la commune.

 Les A.S.V.P. surveillent les sorties d’écoles. En cela, ils assument une mission autrefois de la compétence de  la police nationale. Il faut d’ailleurs constater qu’à Pau, la police nationale est de moins en moins présente dans les rues de la ville. Depuis maintenant plusieurs années, elle n’effectue plus de patrouilles à pied, en vélo ou en cyclo sur la voie publique. La nature ayant horreur du vide, il a donc fallu gérer ce qui ne l’était plus d’où la constitution d’une police municipale. Comme toujours dans ces cas-là on commence par un petit recrutement et on procède de façon progressive à une augmentation des effectifs. C’est ainsi que François Bayrou envisage d’augmenter le nombre de policiers municipaux de 14 actuellement à 50, voire 60 demain.

 Cela évidemment a un coût,   l’idée est donc de remplacer ces A.S.V.P. qui ne rapportent rien lorsqu’ils font les sorties d’écoles, par des papis et mamies trafic qui eux sont bénévoles.  Toujours dans un souci de rentabilité, les A.S.V.P. ainsi libérés du gratuit pourront s’adonner à fond à la répression des infractions les plus diverses : stationnements payants non acquittés, infractions de toutes natures au stationnement, à la circulation routière, déjections canines, bruits de voisinages et autres comportements qui, opportunément verbalisés, rapportent des espèces sonnantes et trébuchantes à la ville. Rappelons pour mémoire que lors de l’exercice précédent ces verbalisations ont rapporté 1,9 millions d’euros. Le souci d’économie se double d’un souci de rentabilité.

 Maintenant il faut prendre en compte les réactions de ces organisations de parents d’élèves qui crient haut et fort que la sécurité de leurs enfants passe avant tout.  Bon c’est vrai ; mais rien ne démontre que le dispositif de remplacement sera moins sûr. En effet les papis et mamies trafic ça marche ailleurs. Ils ne sont pas investis d’une quelconque autorité et leurs pouvoirs se limitent à des conseils. Alors il faudra voir à l’usage. La plus grosse difficulté comme partout sera évidemment de trouver des volontaires, d’organiser les emplois du temps, de contrôler leur ponctualité, de dresser des plannings, de les former, de les encadrer  etc.

Alors combien d’employés municipaux, rémunérés eux, pour ce nouveau service ? Et vous automobilistes palois restez vigilants,  la répression vous guette.

 

Pau, le 25 mars 2015

 par Joël BRAUD

 

  • A.S.V.P. : agent de surveillance de voie publique
  • VS : versus – opposé à, par opposition à

Pau, la difficile cohabitation des vélos et des autos.

imgresOn se disait bien que l’association « Pau à vélo » n’allait pas en rester là. Pour cause d’unité nationale affichée dans les rues de Pau, elle avait dû renoncer, le 10 janvier, à ce que ses organisateurs appellent « la vélorution ». Alors c’est reparti, une nouvelle date est retenue et en même temps la dénonciation du retour de la bagnole dans le centre ville. La liste est longue des revendications formulées par les bicyclistes.

 L’équipe municipale précédente avait clairement affiché la couleur : « Haro sur la bagnole ». La nouvelle équipe avait dans son programme ouvertement dit qu’elle s’engageait à revenir sur certaines décisions jugées trop restrictives et surtout attentatoires, à tort ou à raison, au bon fonctionnement des commerces du centre ville. Pau à vélo aimerait bien être davantage entendue. Elle prône un apaisement du centre ville, seul moyen capable d’améliorer l’activité commerçante au cœur des villes, et non la voiture. Pierre Grand, le président en est convaincu et pour se faire entendre, il multiple les démarches.

Son dernier rendez-vous avec Jean-Paul Brin, le premier adjoint, date du 19 janvier 2015. Il en est ressorti avec le sentiment de ne pas avoir été vraiment entendu. Quand on lui parle du ring et des engagements électoraux, il comprend bien que cela correspond au retour programmé de la voiture.  Il se garde bien d’affirmer qu’il faille exclure à tout prix les voiture, mais il regrette que le boulevard des Pyrénées ait été rendu à la circulation automobile, il regrette également que la rue Serviez ne soit pas pourvue des aménagements nécessaires pour réduire la circulation des quatre roues.

Ensuite il se place sur le plan de la sécurité et là il faut avoir été soi-même cycliste ou vélocipédiste pour comprendre la pertinence de ses propos. Prenons un premier exemple, peut-être pas le plus criant mais le plus significatif de l’ignorance de ceux qui n’utilisent jamais un vélo. Essayez, vous cyclistes, d’emprunter le sens interdit (autorisé aux cycles) de la rue Samonzet ; imaginez que vous vous trouvez en face d’un bus, que se passe-t-il ? Tout simplement le bus ne s’arrête pas, ne peut s’écarter et le vélocipédiste doit emprunter le trottoir.  Alors de deux choses l’une, ou on élargit la voie, ou on  convient  que cette autorisation est dangereuse et qu’il faut la supprimer. D’autant que maintenant, il n’y pas que les bus, comme auparavant, qui circulent dans cette rue.

Autre point qui touche particulièrement la sécurité des deux-roues, les stationnements sur les bandes cyclistes, il cite à ce propos l’avenue de Montardon et la rue Philippon dans sa partie comprise entre le boulevard de la Paix et le rond-point Tabarly. Il existe des bandes cyclistes régulièrement occupées par des voitures.  Pierre Grand, conscient que seule la répression est de nature à dissuader les contrevenants, réclame une verbalisation plus efficace. Il s’étonne, à juste titre, que certaines pistes cyclables soient partagées entre les deux roues et les piétons. C’est le cas, avenue Edouard VII et en bordure de l’université, côté Condorcet. C’est une aberration, allez donc aux Pays-Bas pour comprendre que ces partages sont tout simplement inconcevables.

La liste des revendications ne s’arrête pas là. L’association aura l’opportunité de les détailler plus amplement  le samedi 7 février à l’occasion de deux défilés, le premier démarre sur le parvis de la République à 11 h 00 et le second prend son essor à 16 h 00 sur la place Clemenceau.

Pierre Grand et les membres de Pau à Vélo invitent François Bayrou et son équipe municipale à enfourcher une petite reine, considérant que : « votre participation serait un signe fort de l’engagement que vous souhaitez afficher en vue d’une meilleure sécurisation de la voirie et d’un apaisement du centre-ville au profit de tous, commerces, chalands, touristes, simples promeneurs dans la ville, parents et enfants. »

 On ne peut donner tort à celui qui prône l’apaisement et le mieux vivre ensemble.

 

                                                                                              Pau, le 5 février 2015

                                                                                               Par Joël BRAUD

Sécurité, les idées fusent de partout !

imagesAprès les événements que nous avons subis il y a quelques jours, tout le monde y va de sa petite idée pour faire en sorte que notre sécurité soit garantie. Des mesures qui doivent s’appliquer aujourd’hui pour éduquer et surtout prévenir. Le malheur dans tout cela est que ceux qui parlent n’y connaissent pas grand-chose et que ce sont principalement les politiques qui disent n’importe quoi. Pas facile de s’y retrouver dans ce fatras de lieux communs.

 Les premières idées qui nous viennent de ces élus, concernent l’Éducation nationale que chacun en la circonstance, déclare défaillante dans la mission éducative qui lui a été confiée. Alors quoi faire ? Le premier instruit, élu de surcroît, estime qu’il faudrait obliger tous les élèves en primaire, en secondaire et au lycée à porter des tabliers dans le seul but d’uniformiser les tenues vestimentaires. D’autres pas plus malins considèrent que le drapeau français devrait flotter sur tous les établissements scolaires de France et de Navarre. Certains de la même origine disent que l’on devrait chanter la Marseillaise à l’école et que notre hymne national et guerrier devrait être appris par cœur. Il y en a même, figurez-vous, qui dans l’honorable souci de renforcer l’autorité des enseignants prônent certains signes de respect : on ne tutoie plus le maître ou le professeur, on se lève  quand il entre dans la classe ; enfin la hiérarchie ne doit pas accepter l’attitude contestataire des parents d’élèves.

Très bien tout ça, c’est beau comme de l’antique. Mais lorsqu’on demande à un enseignant ce qu’il en pense, on s’aperçoit que de la théorie à la pratique il y a comme un vide, un creux qui semble impossible à combler. Ils disent, avec un air contrit : Et si les élèves n’obéissent pas, qu’est-ce que l’on fait ? Pour être pertinente cette question n’en traduit pas moins un grand et significatif désarroi. Les enseignants ne sont plus obéis et ils le confessent. Ils reconnaissent aussi que les cours d’éducation civique auxquels ils sont en principe soumis ne sont que très irrégulièrement assurés.

 Alors dans d’autres sphères tout aussi intelligentes, on regrette que le service militaire qui, bien que perfectible, dans bien de ses aspect, possédait un pouvoir éducatif sur le plan civique, ait disparu. Mais les élus oublient soigneusement que, par souci de clientélisme et de démagogie, ils l’ont tué  en intervenant pour l’exemption de celui-ci, pour une proche affectation de celui-là. Sans cela il n’aurait pas perdu ce caractère égalitaire qui en faisait sa force et sa raison d’être. Sa suppression, décidée par Chirac,  ne s’imposait pas, mais le service national était si vidé de sa substance que cette solution était devenue inéluctable. Qu’on ne nous dise pas que seule l’armée de métier est efficace et que la technicité des armes impose le professionnalisme. On aura toujours besoin de fantassins et les patrouilles de soldats actuellement déployées dans nos rues font ressortir  une insuffisance des effectifs.

 Il y a d’autres domaines où les politiques auraient été bien avisés de ne rien faire, citons à titre d’exemple la fusion de la DST et des RG *qui n’avait en réalité d’autre objet que d’éloigner un certain directeur central des Renseignements Généraux du nom de Bertrand  jugé trop fidèle à Villepin et Chirac. Il fallait le remplacer par Squarcini, loyal lui à l’initiateur de cette réforme. On voit maintenant les conséquences d’une telle unification dans l’enquête judiciaire. Il apparaît en effet comme des insuffisances dans la prise en compte d’individus pourtant répertoriés et signalés. Unir deux cultures professionnelles ne se fait pas par un simple arrêté.

 Jusqu’à nos élus locaux qui sentant la période propice pour faire parler d’eux, se prononcent pour ou contre l’armement des policiers municipaux. Il est bien certain que cette jeune policière municipale de Montrouge aurait eu la vie sauve si elle avait porté à la ceinture une arme à feu. Deux autres policiers de la Police nationale, armés eux, ont malheureusement perdu la vie.

 Ah si les élus n’avaient que de bonnes idées et s’ils s’éloignaient du clientélisme, de la démagogie et de la politique politicienne… Récemment les Français ont montré leur unité, comptez sur les politiques pour la détruire, c’est déjà engagé.

 

                                                                                               Pau, le 22 janvier 2015

                                                                                               Par Joël BRAUD

 

*Il y eut d’abord la DCRI (direction centrale du renseignement intérieur) puis la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure).

La ville de Pau est un « repaire d’alcooliques ».

imagesPar ces fortes paroles prononcées le 7 août lors d’une audience correctionnelle, Jean-Christophe MULLER, procureur de la République à Pau, affirme que notre ville connait des problèmes de sécurité liés à l’alcool. Selon ce magistrat, on y voit en effet de nombreuses personnes accompagnées de chiens consommant sur la voie publique des boissons alcoolisées. Il n’est pas habituel qu’un Procureur de la République prenne position publiquement sur un tel sujet, quelle en est la raison ?

 Chacun sait que le procureur de la République appartient à l’administration de la Justice et qu’à ce titre, ne lui incombe pas la compétence de gérer ou diriger les services de sécurité. Tout au plus dans un cadre limité d’enquête judiciaire il dirige les investigations. Au niveau d’un département c’est le Préfet qui assume la fonction de direction des services de l’Etat. Ce magistrat viendrait-il donc sur les brisées de l’autorité préfectorale ? Et s’il se permet de le faire, cela ne sous entend-il pas qu’il se sent autorisé à faire connaître son opinion parce qu’il constate d’importants dysfonctionnements au niveau sécuritaire ?

 Alors quelle est la réalité ? Le commissariat de police fait valoir un certain nombre de statistiques en la matière. Ainsi, sur les sept premiers mois de 2014, comparées à la période correspondante de l’année précédente, les interpellations pour conduite en état d’ivresse  ont baissé de 60%. La comparaison des mêmes périodes fait également ressortir une baisse de 25 % des interpellations pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique. Dans le même temps les accidents corporels de la circulation ayant pour cause une imprégnation alcoolique  restent stables. Enfin il est constaté une baisse des interpellations d’individus en ivresse publique et manifeste sur la voie publique, de 14 %.

 Que penser des ces chiffres ? Contrairement aux apparences, ils plaident plutôt en défaveur de l’efficacité de l’action policière. Si l’on considère que ces infractions, conduite en état d’ivresse, conduite sous l’empire d’un état alcoolique et ivresse publique et manifeste sur la voie publique, n’existent que parce qu’elles résultent de la seule initiative des services de police, il faut bien admettre une moindre efficacité de ceux-ci. Les fonctionnaires de la rue O’Quin s’investiraient-ils moins dans leurs missions ? Si la réponse est affirmative, alors il faut reconnaître que les observations du procureur de la République sont justifiées.

 D’autres chiffres sont fournis, qui disent que le nombre des auteurs interpelés à la suite de violences, est en hausse de 4 %. Aussi les auteurs de ces mêmes violences se trouvant  sous l’emprise de l’alcool, augmente de 18%. Autrement dit, plus de violences commises et surtout plus de violences commises à cause de l’alcool. Selon le procureur, l’alcool augmente le risque de passage à l’acte dans un nombre important d’atteinte à la personne. A titre d’exemple, il cite les bagarres devant les boîtes de nuit, devant les bars et enfin les violences conjugales. S’il est évidemment très compliqué d’agir préventivement pour réduire les violences commises dans des lieux privés,  il n’en est pas de même pour celles commises sur la voie publique. Les statistiques, ici encore, confirment les déclarations du chef du parquet.

 L’implication des marginaux reste sinon exclusive du moins pointée du doigt. Le piéton palois est témoin de leur comportement à différents endroits du centre-ville, qui sont devenus habituels. Il faut, à ce propos, rappeler que certaines dispositions réglementaires interdisent la consommation d’alcool sur la voie publique et restreignent les conditions de la mendicité. Ces dispositions ne semblent pas vraiment respectées à Pau. La répression ne joue pas son rôle de façon efficace.

 Que dit le maire ? En rappelant qu’un arrêté municipal interdit la consommation d’alcool sur la voie publique,  il dégage sa responsabilité par rapport aux propos tenus par  le procureur. Mais il s’interroge pour savoir si les dispositions de l’arrêté sont effectivement respectées. Et de promettre que la police municipale va être renforcée ; que la « vidéoprotection » est en train d’être mise en place.  Dont acte, le contribuable paiera. Il financera également par son impôt le recrutement de 8 nouveaux policiers municipaux et l’extension de leur présence durant la nuit.

 Comme si un désengagement des services de l’Etat, la police nationale en l’occurrence, ne pouvait avoir comme seul corollaire que l’augmentation de l’effort financier du contribuable palois.

 

                                                                                               Pau, le 15 septembre 2014

                                                                                               Par Joël BRAUD

Les hydroguides en mission dans l’Ariège

Gave_panneauIl existe de nombreux sites dans le département de l’Ariège propices à la baignade, particulièrement en été. Avec les fortes chaleurs, les touristes privilégient souvent les points d’eau pour passer un après-midi agréable. Or justement, le pays de Foix est riche de petits lacs et rivières qui font le bonheur des vacanciers! Cependant, certaines zones faciles d’accès présentent quelques risques lorsqu’on ne connaît pas bien la région. Pour limiter le danger, des hydroguides vadrouillent dans la vallée…

Afin de prévenir les accidents, le Groupe d’Exploitation Hydraulique Aude-Ariège et l’entreprise publique EDF ont ainsi ouvert 9 postes d’hydroguides pendant la période des vacances scolaires. Comme l’explique l’un des responsables au site Ariège News : « il est de notre mission d’optimiser les conditions de baignade puisque c’est nous qui contrôlons le débit de ces rivières ». Pour Patrick Lesage, si le cadre est idyllique, il est primordial de faire de la prévention auprès des publics sensibles comme les étrangers et les plus jeunes…

Les hydroguides sont recrutés à partir de bac + 2 et sont chargés de nombreuses interventions, notamment dans les campings de la région, mais aussi au sein des Offices de Tourisme qui manquent cruellement de moyens pour répondre à toutes les sollicitations. Derrière la tranquillité de certaines étendues d’eau, l’activité énergétique peut engendrer de brusques changements allant jusqu’à multiplier par 100 le débit des cours d’eau, ce qui entraîne parfois des submersions d’îlots où s’attardent souvent les promeneurs…

Pour réduire ces risques, les hydroguides auront aussi pour fonction de renforcer la signalétique du milieu naturel. Avec les plus aventuriers, les hydroguides devront d’abord faire preuve de conviction avant d’éventuellement faire appel aux forces de la gendarmerie. Si vous apercevez vous-même quelques insouciants, deux numéros peuvent sauver des vies : le 112 et le 18…

par Maxence Dotti

 

Vidéosurveillance

EISTIEh bien ça y est la décision est prise, la ville de Pau va prochainement être équipée de caméras de vidéosurveillance ou  de « vidéo protection » pour faire plus soft. Combien y en aura-t-il ? Où seront-elles placées ? Quel sera le budget consacré à cet équipement ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais une question reste essentielle : sera-ce réellement utile ?

 C’est en effet la vraie question, celle qu’il convient de se poser en préalable. Et pour y répondre faisons référence à un article paru dans Pyrénées-Presse du 26 juin 2014. Olivier Dartigolles y aborde le sujet en termes particulièrement incisifs. Il affirme en effet que « le maire, François Bayrou, se trompe et fait prendre une impasse à la ville ». Selon lui, le dispositif de surveillance par caméras, n’a qu’un impact extrêmement limité sur le nombre des délits. Sa position se place sur le plan de l’efficacité et il considère également que le caractère dissuasif est limité et qu’il n’y aura aucun impact sur les délits impulsifs.

Enfin il fait état d’une étude conduite à Londres en 2006 selon laquelle seulement 3% des délits avaient pu être élucidés grâce à la vidéosurveillance. Autant dire pas grand-chose.

Alors si M. Olivier Dartigolles a techniquement raison, il a politiquement tort. La sécurité ou plus exactement l’insécurité résulte davantage d’un sentiment, d’un ressenti, que d’une réalité palpable et chiffrable. Si l’on questionne les passants dans la rue, ils disent tous que Pau est une ville où règne une forte insécurité et ils citent in petto, l’homicide du jeune Alexandre Junca et d’autres graves faits divers, rares, mais médiatisés.

Ils oublient que les chiffres de la délinquance, si l’on considère le nombre de faits rapportés au nombre d’habitants, sont en réalité dans notre ville, très honorables. Ils traduisent mieux qu’un vague ressenti, une réalité qui place Pau parmi les villes de France sans problème sécuritaire. Pourtant fin 2013, 66% des personnes interrogées se déclaraient favorables à la vidéo surveillance.

Ainsi dans ce domaine de la sécurité, le politique ne doit pas chercher l’efficacité,  mais bien plus à satisfaire les préoccupations de ses électeurs même (et surtout) lorsque celles-ci ne reposent que sur des idées reçues et des impressions. Le point de passage obligé de celui qui pense à sa réélection !

 

                                                                                                                      Pau, le 9 juillet 2014

                                                                                                                      Par Joël BRAUD

 Question : Pouvez-vous situer le lieu où a été prise la photo ?