A Georges Labazée, grand voyageur.

imagesMonsieur le président du Conseil Général des Pyrénées Atlantiques,

Je viens de lire dans le journal La République des Pyrénées, édition du mardi 2 septembre 2014, une brève informant que le conseil Général des Pyrénées Atlantiques a été retenu pour présenter à Sidney, en Australie, devant le congrès mondial des parcs nationaux, l’expérience en matière de coopération entre les P.A. et Misiones*, une province d’Argentine qui implique le parc national des Pyrénées.

Vous voilà donc à la veille d’un voyage en Australie. J’imagine que vous allez mettre en place une délégation qui non seulement réunira des élus, dont vous en premier lieu, bien évidemment, et quelques autres techniciens de la spécialité.

Comme les sommes engagées vont être conséquentes et qu’elles sont financées par l’impôt qu’en ces temps de restriction les contribuables versent, il m’apparaît très légitime que je veuille en savoir davantage sur ce voyage.

D’abord je ne comprends pas bien l’utilité d’un tel déplacement. Le département des Pyrénées Atlantiques doit-il en retirer un avantage autre qu’une simple représentation ?

Ensuite, je serais curieux de savoir quelle sera la composition de la délégation et si tous les participants à cette escapade y ont vraiment leur place.

Egalement je m’interroge ou plus exactement je vous interroge, sur l’investissement que les finances publiques devront consentir pour ce séjour à Sidney. Les frais du voyage seront certainement pris en charge, mais ensuite ne pourrait-on faire des économies sur  la qualité de l’intendance ? Encore une fois au moment où l’on demande à chacun des efforts supplémentaires ne serait-il pas normal que vous soyez, de votre côté, très regardant à la dépense ?

Enfin avez-vous l’intention de diffuser un compte-rendu de ce voyage en insistant sur ses conditions, votre action et ses enseignements pour le département ?

Ne croyez pas, Monsieur le Président, que je cherche par ce questionnement à vous mettre en difficulté mais, comme beaucoup, j’appartiens à cette catégorie de contribuables, obscure et sans grade, à qui on réclame de plus en plus. Il me semble que vous n’exercez vos fonctions et ne bénéficiez de nombreux avantages, dont ce voyage, que parce que notre argent, les impôts que nous versons avec  constance,  soumission et privation, nous autorisent à vous demander de justifier vos dépenses. Vous êtes en quelque sorte notre obligé.

Je sais par avance que vous ne répondrez pas ou alors, si vous le faites, vous apporterez la preuve que vous possédez un courage et honnêteté exceptionnels chez  un homme politique. Néanmoins par cette interpellation, je crois que la démocratie trouve son véritable sens.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de ma respectueuse considération.

 

Pau, le 4 septembre 2014

                                                                                               par Joël BRAUD

*Voir l’article de Daniel Sango, « La conseil général et l’Ara Chloroptère » du 22.8.2014

Crédit photo : Pyrénées presse