La réforme

La réforme c’est désormais le mot magique que tous les politiques ont à la bouche chaque instant. La réforme est nécessaire certes mais pour beaucoup elle tourne au cauchemar –pour les plus anciens notamment- car ils ne s’y retrouvent plus. Personne ne conteste la nécessité de réformer tel ou tel aspect de notre société il y a un rythme indispensable dans sa mise en œuvre. C’est de ce rythme dont il est question ici. Les Palois vivent doublement sous cette contrainte à la fois nationale : non seulement c’est le mot magique de la « macronie » -et de ses alliés- mais c’est aussi, localement, une sorte de viatique que l’on impose aux citadins. Nous avions eu pourtant un édile réformateur qui a laissé sa trace avec le zénith, le palais des sports, l’hôpital, le Jaï Alaï, le stade d’Eaux Vives, toutes réalisations dont on peut contester la nécessité et qui ont radicalement changé le visage et la vie de notre ville. En douceur…

Après une période d’inertie, voilà qu’une nouvelle équipe est saisie d’une frénésie de bouleversements, de réalisations qui donnent le tournis. Comme si elle craignait de ne pas durer et qu’elle voulait laissait une trace à tout crin. C’est en avant tout le tram bus, le fameux Fébus, dont la construction traumatise la cité sans que l’utilité en soit encore prouvée : on a le sentiment d’un quitte ou double chèrement payé. Voici que l’on nous annonce de grands travaux place du Foirail, le Mélies, comme « l’orchestre » étaient dans des locaux trop étroits. Mais quid du marché Bio qui attirait de plus en plus de clients ? Il faut ajouter les travaux des Halles poumon du centre-ville qui n’en finissent pas, les abords du stade d’Eaux Vives, le musée qui avait bien besoin, etc. Tout cela s’ajoute à la rénovation très réussie du quartier du Hédas, à la transformation de la place de Verdun, aux aménagements du Hameau. C’est vrai la physionomie de la ville est transformée

Cela fait beaucoup et bien vite pour le citadin de « base ». On voit bien qu’il y a une volonté de s’inscrire dans l’histoire de la ville. Nous ne discuterons pas le poids économique de ces investissements : plaie d’argent n’ait pas mortelle… On espère seulement qu’ils seront financés sans augmentation exagérée des impôts et tout simplement provisionnés. Une telle avalanche de changements, si vite, donne le tournis, il en est de même au plan national et cela explique pour une bonne part les récents sondages.

Sommes-nous prêts à vivre dans une société chamboulée même si on considère que des changements sont nécessaires ? Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation comme nous le dit le proverbe populaire assez censé. Nous vivons dans un pays conservateur et il n’et pas bon d’y brusquer les mentalités. Il faut savoir prendre son temps : informer, entamer une démarche participative, pédagogique et on ne peut pas dire que cela soit véritablement le cas. Les citoyens subissent et acceptent le changement pour l’instant à défaut d’alternatives crédibles. Elles viendront en leur temps alors les généraux jupitériens et leurs émules pourraient être à des déboires qui n’étaient pas inscrits dans leurs plans de bataille.

La nostalgie n’est jamais une bonne solution. Ce n’est donc pas un retour à une « vie pépère » qui est préconisée ici mais un éloge du pragmatisme : nos élus connaissent-ils les conséquences d’une voirie ruinée ? Le transport dans une ambulance en direction de l’hôpital de Pau est un véritable cauchemar et les bouchons dans une ville moyenne comme la nôtre s’accumulent. N’y avait-il pas d’autres choix que celui du Foirail ? La halle de la Sernam, véritable cathédrale de béton, n’offrait-elle pas une possibilité alternative avec, à proximité, de nombreux parkings sans aucune nuisance pour le voisinage ? Prend on assez en compte le problème des deux roues qui se font justement entendre, la passerelle de Mazères étant l’ultime témoignage du mépris à leur égard ? Et la pollution du Gave ? La réduction de l’aide aux associations ? Le déclin du centre-ville ? L’hypertrophie de la périphérie qui menace dangereusement ce cœur historique qui fait notre fierté ?

La réforme comme la modernité ce sont des mots vides de sens en soi. Des concepts à la mode. Ils n’ont de valeur que si on les inscrit dans une perspective. Et surtout lorsqu’ils s’inscrivent dans un rythme en adéquation avec les souhaits du public. Nul ne détient la vérité. Nul ne peut se poser en guide. En démocratie, il faut savoir écouter, parfois réduire la voilure et changer le cap.

Pierre Vidal

Image : Rembrandt, le repas à Emmaüs. vers 1629, musée Jacquemart-André. Paris

Grands quartiers et grands projets

83673102Sur ce site, vous pourrez vous informer sur la façon dont la démocratie locale fonctionne dans la ville de Pau. Mais aussi sur ce que la nouvelle équipe municipale prépare. Aujourd’hui nous vous offrons un bref compte-rendu de la réunion du lundi 9 février à l’auditorium de la chapelle des réparatrices (symbole voulu ?) de l’École de Musique pour les habitants de Pau sud et du centre.

Revoir le fonctionnement des comités de quartier, il en sera sûrement encore question. Il semblerait que la nouvelle équipe municipale veuille faire des regroupements de quartiers afin d’assurer une vision plus globale. Pour le nouveau maire, il n’est pas question d’adopter une désignation par tirage au sort des représentants ; il préfère une véritable implication personnelle, ce qui peut se comprendre.

F. Bayrou assure que « pas un mètre » de la zone piétonne n’a été supprimé. Au contraire, il veut une meilleure visibilité du  cheminement piétonnier. Il affirme : « Il faut que les touristes trouvent facilement le château ». Il assure qu’il a d’autres actions en vue, comme la mise en valeur des jardins de la ville. Et peut-être un jour la création d’un musée des jardins à travers l’histoire. « A Pau, toutes les époques, tous les styles sont représentés. »

Selon lui, un effort significatif a déjà été fait pour améliorer et simplifier l’administration de la ville. On va passer de 5 directeurs généraux adjoints au directeur général à 2 directeurs généraux adjoints.
Les 58 ou 60 centres de décision seront ramenés à 22. D’où une plus grande clarté et des économies. Une baisse des impôts locaux de 1% a déjà été décidée. Elle sera poursuivie dans les années à venir, mais à un rythme moindre, en raison de la baisse des dotations de l’État.

La question des grands projets est alors abordée. Le plat de résistance est évidemment la transformation des halles, illustrée par plusieurs diaporamas. Il a fallu faire vite, vue l’urgence. 92 équipes d’architectes ont concouru, 6 ont été sélectionnées et le vainqueur désigné. C’est remarquable car tous les projets se sont pliés à la contrainte imposée de ne pas fermer les halles durant les travaux. Ainsi, commerçants et consommateurs ne seront pas pénalisés. Pour parvenir à ce but, les maraîchers laisseront le carreau le temps de réaménager leur espace qui sera agrémenté d’une mezzanine ouverte aux commerces et à des bars. Ils prendront ensuite la place des étaliers.
Six ascenseurs monteront du parking jusqu’à l’étage supérieur ; ils seront complétés par des  escaliers mécaniques. La clarté et la transparence seront recherchées. Des escaliers extérieurs monumentaux
mèneront à la terrasse. La tour sera réhabilitée et rhabillée.

L’École des arts et de la communication sera transférée dans l’ancienne bibliothèque municipale (ce qui avait été suggéré dans ces colonnes (**). Le musée, qui a de riches collections, y aura aussi une extension de 1000 à 1500 m2, ce qui fera de cet ensemble en partie laissé actuellement à l’abandon, un espace harmonieux et vivant. Il devrait être moitié moins coûteux que le projet précédent.

Les rives du gave en direction du Stade d’eaux vives seront nettoyées et recomposées. Compte-tenu de trois compétitions à venir de 2015 à 2017, dont une coupe mondiale de canoë kayak, il s’agit là d’un enjeu considérable pour la ville et son image.

Le sort d’autres lieux ou bâtiments, comme ceux du SERNAM et du foirail fera l’objet d’une réflexion et de consultations, comme pour le Bus à haut niveau de service. Le regroupement éventuel du marché bio avec les halles sera considéré. L’aménagement de parkings relais sera couplé avec le transfert de la foire-exposition. Un parking de covoiturage sera aménagé à l’entrée de l’autoroute à Lescar. Le désamiantage de l’ancienne caserne Pissard-Santarelli a déjà commencé.

Un plan d’urbanisme commercial sera établi. Une halte-garderie en centre-ville devrait faciliter les courses des parents. Des ascenseurs relieront le Hédas à la rue des Cordeliers. Un contrat avec le CGR pour maintenir l’attractivité du cinéma Saint-Louis a été discuté. 2 Millions d’investissement pour le cinéma « Le Méliès » sont prévus.

Dans des échanges avec la salle bien d’autres points sont évoqués. Le forum ne manquera pas de préciser, rectifier ou compléter ce qui précède. Ne manquez pas cette opportunité qui vous est offerte.
Lancez-vous, c’est simple.

                                                                                                                                                Jean-Paul Penot

(*)  Souvent, les intervenants dans les réunions de quartier n’interviennent que pour les 200m au pas de leur porte et n’envisagent pas qu’il y a près de 250.000m de rues dans la ville.

(**) « Dans un premier temps il faudra faire un recensement du patrimoine bâti de l’agglomération et évaluer son utilisation afin de penser à une réorganisation plus rationnelle et plus économe. Il faudra faire preuve d’imagination pour reconvertir l’ancienne caserne des pompiers, la tour des halles (propice pour le commissariat de police?), l’ancienne bibliothèque (qui pourrait être partagée entre l’Ecole des arts et de la communication et une extension du musée), la villa Formose, la Miséricorde (qui s’adapterait plus à un logement étudiant qu’à une école d’art), l’emplacement de l’ancienne cuisine municipale et de l’école des infirmières, qui pourrait devenir un quartier étudiant.
Des lieux comme le musée d’art contemporain de Billère ou l’école des métiers ne sont pas faciles à trouver. Mais ils méritent que les palois les découvrent. Vous avez sûrement des idées pour compléter… » Extrait de « Le terrain, le terrain », 31 mars 2014