Pau, la police nationale laisse la main à la police municipale

imgresÀ l’occasion des réunions hippiques qui se déroulent en hiver sur l’hippodrome de Pau, les automobilistes se montrent égaux à eux-mêmes, c’est à dire incapables de respecter les règles du stationnement. C’est bien connu, seule la répression est en mesure de modifier des comportements de ceux qui n’ont aucun respect des autres. La répression oui, malheureusement, mais par qui et comment ?

Récemment, des riverains des différentes rues situées à proximité de cet hippodrome, fierté des Palois, se sont plaints en disant que les véhicules des spectateurs stationnaient soit dans des espaces privés soit de façon à les empêcher de pouvoir sortir de leur domicile avec leur propre véhicule. Généralement, ces encombrements conséquence d’un individualisme forcené se déroulent le dimanche. Ils sont d’autant plus inadmissibles que les parkings du Zénith et du Palais des sports ne sont que très partiellement occupés. Excédés, les dits riverains, après, semble-t-il avoir agité diverses sonnettes, se tournent vers la presse.

Il s’agit sans aucun doute du plus sûr moyen d’être entendu. Et là on apprend que ces jours de rassemblement, aucun service d’ordre n’est présent sur les lieux comme pourtant l’usage et l’actuel état d’urgence le prescrivent à titre préventif. On apprend que le commissariat de la police nationale argue du fait qu’elle ne dispose pas de moyens suffisants et ne peut répondre aux appels. On apprend enfin que la même police nationale prétend que cette mission est du ressort de la police municipale et pas du sien.

Par là tout est dit sur la façon du service de l’État de concevoir son rôle. Sauf que l’existence d’une police municipale ne modifie en rien ses propres compétences tant sur le plan de l’ordre public que sur le plan pénal et plus précisément du code de la route. Il reste à savoir si ce choix résulte du désengagement programmé de l’État, de la volonté des chefs ou plus simplement de l’opinion d’un subordonné qui n’a pas vraiment mesuré la portée de ses propos.

La nature ayant horreur du vide, d’où qu’il vienne d’ailleurs, il ne faudra pas s’étonner que la police municipale croisse pour prochainement atteindre l’effectif de soixante éléments. Le maire de Pau l’a bien compris qui organise pour ce dimanche 7 février, jour de grande affluence, une présence effective de la police municipale. Déjà des panneaux avertissant d’un dispositif répressif ont été installés. La police municipale a pris la place d’une autre police défaillante.

La sécurité étant un sujet particulièrement sensible chez les citoyens électeurs de la ville de Pau, on ne pourra reprocher aux élus d’afficher leur investissement dans ce domaine. Mais le contribuable se demandera, lui, si cette dépense est vraiment indispensable et si elle ne résulte pas davantage du désengagement d’un service de l’État que d’une réelle nécessité.

Pau, le 8 février 2016
par Joël Braud