Le centre-ville de Pau

Pour y aller encore de temps en temps et de moins en moins souvent, je constate que le centre-ville de Pau a réellement du mal à renaître. Au-delà des déclarations des élus qui s’engagent à tout faire pour apporter un remède à ce déclin, il faut dire que rien n’est fait pour agir dans ce sens. Bien au contraire.

La bagnole est l’ennemi numéro un. « Pas de voiture dans le centre de la ville » est sans aucun doute le mot d’ordre qui prévaut. Alors faisons tout pour y parvenir, réduisons le nombre des stationnements, dans le même temps augmentons les places payantes. La place de Verdun en est le principal exemple mais on peut ajouter que la place Récaborde ne reçoit maintenant, depuis sa rénovation, plus aucun emplacement pour les voitures. Vingt-trois rues qui ne l’étaient pas voient fleurir des parcmètres.

Les transports en commun, Idélis, deviennent de plus en plus chers. Un exemple : il y a peu l’abonnement pour une personne âgée de 65 ans et plus est passé de 55 € à 110 €. Soit 100% d’augmentation, mais ce n’est pas tout, ce même tarif vient de nouveau d’augmenter pour passer à 130 €. On peut encore dans ce domaine citer le fait que la recharge d’une carte ne se fait plus au même prix. Il y a quelque temps le trajet coûtait 0,82€ pour passer à 0,84 € et maintenant à 1,00€. Calculez vous-même le pourcentage d’augmentation.

Les centres commerciaux de la périphérie se développent. L’agrandissement du centre Leclerc avec une galerie marchande nommée Tempo en est le meilleur exemple. Des projets fleurissent pour d’autres enseignes. Pourquoi donc se rendre dans le centre de la ville pour faire ses courses alors que ces galeries marchandes comportent tout ce que le chaland peut souhaiter trouver. Avec des stationnements en nombre et gratuits de surcroît. Les commerçants du centre ne peuvent pas lutter face à cette concurrence à moins de proposer des produits de très haut de gamme et originaux. Même dans ces conditions, il ne feront pas revenir les clients.

Et puis il y a les travaux qui n’ont évidemment qu’un caractère temporaire. Ceux gigantesques du BHNS bloquent nombre de déplacements. Les halles en cette période sont de moins en moins fréquentées. Certain producteurs avouent une baisse de leur chiffre d’affaire de l’ordre de 30%. Ce n’est pas rien. Espérons qu’une fois les travaux terminés leur fréquentation repartira. Ce n’est pas sûr dans la mesure où d’autres habitudes auront été prises.

Alors certains nous diront que toutes les villes de la même importance que Pau connaissent ces mêmes problèmes. Certes mais elles s’organisent autrement. Il est d’usage de dire que le BHNS ne coûte rien au contribuable palois puisque financé (51 millions) par la taxe de transport prélevée sur les entreprises. Cela n’est pas vraiment exact car il existe des villes où cette taxe a permis de rendre les transports gratuits pour tous. C’est le cas par exemple de Compiègne. Il faudra être attentif à l’usage qui sera fait de ce nouveau moyen de transport et souhaiter que pour contraindre à sa fréquentation il ne sera pas nécessaire de supprimer d’autres lignes de Bus.

Le moment n’est pas encore venu de faire un bilan. Cependant il y a loin du discours à la réalité.

Pau, le 12 juillet 2017
Joël Braud

Crédit photo : stephanecompoint.com

Éloge du stationnement payant

La municipalité de Pau, dans le cadre de la mise en œuvre de sa politique de circulation,  a récemment pris de nouvelles mesures visant à étendre le stationnement payant en centre ville. Ainsi, à partir du 1er août, le nouveau parking de la place de Verdun deviendra  payant ainsi que vingt rues du secteur Gaston Phœbus et trois rues du quartier des Anglais, jusqu’ici épargnées par les horodateurs.

 Cette politique d’extension du stationnement payant est à la fois courageuse et juste.  Elle est courageuse car il n’est jamais populaire de rendre payant ce qui était auparavant considéré comme gratuit, surtout quand on s’oppose au lobby des automobilistes inconséquents. Elle est juste car elle vise à rétablir l’équité entre les citoyens, en faisant payer aux usagers le coût de l’utilisation de leurs véhicules plutôt qu’à l’ensemble des contribuables.

 Il faut d’abord tordre le cou à une idée reçue, complaisamment ressassée ici même, dans les colonnes d’Alternatives Pyrénées : le stationnement payant n’est en rien un impôt.  Une des caractéristiques première de l’impôt est qu’il ne donne pas lieu à contrepartie directe. Il en va ainsi de l’impôt sur le revenu ou de la mal nommée TVA.  Ce n’est pas le cas du stationnement payant : en réglant son stationnement, l’automobiliste ne paye pas un impôt mais une redevance, qui lui donne droit à occuper pour une durée plus ou moins longue une partie de l’espace public. Il en va des automobilistes comme des restaurateurs et les cafetiers qui s’acquittent d’une redevance pour placer des tables sur les trottoirs ou comme des commerçants qui sont mis à contribution pour installer leur étal sur un marché public.

 Le fait d’instaurer une redevance pour le stationnement a ainsi le mérite de permettre que ce ne soit plus le contribuable  qui en paye le coût mais bien l’usager qui bénéficie de ce stationnement.  Contrairement à une autre idée reçue, le stationnement a effectivement un coût, que ce soit dans la rue, sur un parking à ciel ouvert ou dans un parking souterrain.  Ce coût intègre celui de l‘espace occupé par le véhicule, sous forme d’une location de cet espace,  l’amortissement des investissements réalisés par la communauté ainsi que les dépenses d’entretien. Ce coût varie selon les équipements mais dans tous les cas il est loin d’être négligeable, y compris pour les véhicules garés le long d’une rue.  Il n’y a rien de plus normal que ce soit ceux qui en bénéficient qui s’acquittent de ce coût, au moins partiellement.

 Les habitants de résidences qui bénéficient de parkings privés en voient le coût répercuté dans leurs charges. Les propriétaires de maisons individuelles disposant d’un garage payent à ce titre un surcoût de taxe foncière et de taxe d’habitation.  Ce n’est que justice si les habitants qui garent leur véhicule dans la rue ou sur des parkings payent également ce service.  D’autant plus que la  municipalité propose des abonnements spécifiques pour les riverains à des tarifs extrêmement modiques. Il en va de même pour ceux qui viennent de l’extérieur en voiture et cherchent à se garer au centre-ville.  Il n’y a aucune raison pour qu’ils ne contribuent pas eux aussi au coût de leur stationnement.  Ceux qui au contraire choisissent les transports en commun pour se rendre en ville ne supporteront que le coût de leur titre de transport.

 Le stationnement payant permet une meilleure allocation des places de parking en fonction de la demande et donc une meilleure circulation des véhicules dans l’espace urbain.  Il fluidifie et rend plus aisé l’accès aux places de parking.  Les tarifs sont modulés en fonction de la rareté relative des emplacements proposés (parkings souterrains ou de surface, zone orange, zone verte, …), ainsi les différences de tarification selon les zones permettent de réduire l’afflux de véhicules vers les lieux de stationnement à forte tension.  Le stationnement payant contribue à mettre fin aux abus de ceux qui voudraient privatiser l’espace public (voitures « ventouses »).  Il facilite la recherche de places disponibles, faisant ainsi gagner du temps aux usagers, tout en réduisant leur consommation de carburant et en limitant la pollution induite.

 La tarification du stationnement, en sus de tous ces avantages, permet de rétablir une forme d’équité entre les citoyens en assurant que le service ainsi rendu soit payé par ceux qui en bénéficient.  Les contribuables qui n’utilisent pas de voiture et qui préfèrent le bus ou le vélo ne supporteront pas de coûts indus répartis uniformément par le biais de l’impôt, ou en tout cas en supporteront moins, puisque, en tout état de cause, les montants payés par les automobilistes sont loin de couvrir l’ensemble des coûts occasionnés par le stationnement de leurs véhicules.  Et si les ressources accumulées grâce au stationnement payant permettent d’améliorer le budget municipal et donc les services proposés aux contribuables, c’est tant mieux.

 In fine, tous les citoyens, automobilistes ou non, ont à gagner à l’extension du stationnement payant dans l’ensemble de la ville.  Même les habitants des rues dans lesquelles des horodateurs viennent d’être installés et qui manifestent bien à tort leur opposition.  Pour un coût d’usage qui reste modique, ils trouveront beaucoup plus facilement à garer leur véhicule …sans risquer de perdre leur bonne humeur.

Marc

Crédit photo : la République des Pyrénées

 

Incivilités ou infractions ?

La ville de Pau lance une campagne d’incitation au respect des règles de stationnement et plus largement des règles de comportement des automobilistes. L’image est bien choisie* et qualifie d’âne celui qui est en infraction avec le code de la route. Bien vu ! Mais dans le même temps on parle « d’incivilités ». Alors infractions ou incivilités, est-ce la même chose ?

La communication municipale dit également : « Face aux incivilités des automobilistes à l’égard des piétons et cyclistes la ville de Pau lance une campagne de sensibilisation de sécurité routière du 13 au 27 mars ». Une incivilité est moins grave qu’une infraction. Pour en être convaincu reportons nous à la définition du dictionnaire (Le Petit Robert) : Incivilités au pluriel : « Ensemble de désordres, de comportements d’inconduite qui ne relèvent pas du code pénal (nuisance sonores, dégradations, manque de respect, attitude agressive, bousculades…) qui constituent un manquement aux règles de la vie en société ».

Cette définition est claire, mais mérite cependant une observation : les nuisances sonores et les dégradations relèvent du code pénal. A part cela on retient essentiellement que l’incivilité n’entraîne pas de sanction pénale ce qui la distingue donc de l’infraction. Pour être complet il convient de préciser que toutes les infractions sont forcément des incivilités puisqu’elles sont interdites et sanctionnées pénalement ? Parce que le code pénal a pour but de fixer des interdits assortis de sanctions pour précisément faciliter, voire rendre possible, le « vivre ensemble ». L’infraction est donc plus grave que la simple incivilité. Dans les objectifs que se fixe la mairie il y a la lutte contre les infractions au code de la route qui sont, peu le savent, des infractions à caractère pénal parce qu’elles sont en effet assorties d’une peine.

Mais ce qui étonne c’est l’atténuation de la gravités des comportements. L’affiche municipale dit bien que ces infractions sont passibles d’une amende de 135 €. Ailleurs, sans doute pour ménager cet âne de conducteur montré sur l’affiche, on parle d’incivilités. Pour faire la différence, je prendrais comme exemple ce qui se passe dans ma rue. Celle-ci dispose de places de parking en quantité largement suffisante. Il n’existe pas pour la rue et les rues perpendiculaires d’interdictions de stationner. Il en résulte, que des voitures sont stationnées non sur les parkings mais en bordure de rue. Parce qu’il n’y a pas d’interdit, cela ne constitue pas une infraction, mais comme ce stationnement est susceptible de gêner, il s’agit d’une incivilité. La distance entre le parking et ce stationnement le long du trottoir (quelquefois sur le trottoir) est souvent faible, une vingtaine ou trentaine de mètres tout au plus. Mais certains considèrent que l’on doit être stationné devant chez soi. C’est ainsi, inscrit dans les gènes.

La municipalité de Pau en lançant cette campagne afin de faire comprendre aux usagers que la circulation des véhicules sur la voie publique est un partage, s’attaque à une lourde tâche. La police municipale est seule engagée dans la démarche, la police nationale, de son côté, est ectoplasmique. Pour faire comprendre l’impérieuse nécessité de ce partage, il n’y a qu’une méthode, la répression. Il faut le regretter, mais c’est ainsi. Sans elle on continuera à voir sur la place de Verdun des véhicules stationnés en double, même triple file, sur les allées. Depuis le lancement de cette campagne, ces comportements n’ont pas été modifiés. L’ambition est grande, la répression ne peut être efficace que si elle est sans relâche et universellement appliquée.

A la façon qu’il a de stationner son véhicule on juge indéniablement si un automobiliste respecte les autres.

Pau, le 22 mars 2017
Joël Braud

 

Stationnement à Pau : un brin de bricolage.

 parking-verdun-la-repCe matin sur France Bleu Béarn JP Brin présentait une nouvelle enquête visant à améliorer le stationnement en centre ville, et donc a en améliorer l’attractivité.   Sérieusement ?

Cette enquête qui consistera à marquer les véhicules avec un auto collant pour suivre leurs mouvements, part du constat que la rotation des véhicules en stationnement en centre ville est beaucoup plus faible que dans les grandes villes en France : 2 véhicules par jour pour une place contre 4 ou 5 pour d’autres grandes villes. Avec une constatation complémentaire : très peu de personnes payent les amendes pour stationnement dépassant l’horaire autorisé. Le calcul est simple : en passant au double on aura deux fois plus de personnes accédant au centre ville. Simpliste hélas.

Car en effet, qui sont les propriétaires de ces véhicules « ventouses » ? En grande partie des résidents du centre ville qui n’ont pas de parking particulier (et qui n’en auront de toute façon pas dans le vétuste centre ville de Pau) et des personnes venant travailler en centre ville.

A ma question posée sur ce sujet, JP Brin évoqua la possibilité du parking gratuit de la gare, à proximité selon lui du centre ville, via le funiculaire… Oui, à condition d’habiter ou de travailler Boulevard des Pyrénées… Pour les autres, n’y comptez pas.

Le problème se percute en plus avec la volonté de faire revenir des habitants en centre ville où des milliers de logements sont vacants (et vétustes). Mais où mettront-ils leurs véhicules ?

En fait, on en reste au bricolage à la Bayrou, spécialiste de l’eau tiède. Car le problème est global, complexe, et nécessite un vrai travail. Ce problème se place au niveau de l’agglomération et doit être traité dans le cadre du PDU (Plan de Déplacement Urbain de janvier 2004) qui existe et pour lequel un plan d’action a été voté le 18 janvier 2002… Est il toujours d’actualité ?

On comprend facilement que le problème est global, car les villes dans lesquelles on a une fluidité plus grande dans la circulation et le stationnement sont des villes où les transports en commun sont efficaces. On ne peut comparer Pau à Bordeaux ou Strasbourg. Dans ces villes on peut loger en centre ville sans voiture particulière, un peu comme à Paris. Les fréquences des transports en commun et la densité du réseau sont élevés. On peut venir travailler en centre ville ou y faire des courses en transport en commun. A Pau, cela est quasiment impossible sauf pour des retraités, car avec des fréquences toutes les trente minutes, vous avez intérêt à bien calculer vos déplacements et prévoir vos correspondances… Quant à ceux qui viennent de l’extérieur : aucun parking relais.

Et que l’on ne parle pas du BHNS (Bus à Haut Niveau de Service), j’ai eu l’occasion de l’écrire plusieurs fois, il ne sera utile que dans la portion université / centre ville. Au delà, la densité de population est trop faible.

Il y circulera d’autant plus à vide qu’il n’existe pas de parking relais et qu’il n’y aura pas encore la seconde ligne Est / Ouest pour compléter l’offre de parcours.

Alors à quand cette seconde ligne ? Je rappelle qu’un document de début 2003 « On bouge! » (Cliquer ICI) indiquait que les deux lignes de bus sur site réservé seraient opérationnelles en 2015, en même temps que les parkings relais… Heureusement que nos politiques professionnels ne dirigent pas des entreprises…Renault continuerait aujourd’hui à fabriquer des 4L…

Je n’aborderai pas ici la circulation vers et autour de Pau, des routes à deux voies archaïques au possible, génératrices de bouchons quotidiens, incapables de fournir un fonctionnement harmonieux à l’indispensable intermodalité.

La méthode Bayrou est toujours la même : la facilité. Il est plus facile de construire des cirques à gladiateurs ou une nième salle de spectacle scandaleusement inutile avec l’argent des contribuables, que de gérer avec efficience cet argent public.

Daniel Sango

Crédit Photo : La République

Au royaume d’Ubu

Art BonardiL’aire de jeux contiguë au terrain de boules, face aux 8-12, Boulevard Barbanègre, est séparée du parking de la voirie (service de la propreté) par une ligne de jardinières enlevées avant le grand prix automobile pour permettre aux véhicules de la voirie d’accéder à leur bâtiment.

L’accès normal à ce bâtiment ayant été rétabli dès le 25 mai, rien ne justifiait que la ligne de jardinières ne soit replacée sur son tracé.

Cependant rien n’a été fait jusqu’à ce jour, de sorte que les véhicules en tout genre s’engouffrent sur cette aire la squattant littéralement de jour comme de nuit… au grand dam des magnifiques horodateurs qui encadrent le parking public voisin, lesquels doivent se demander à quoi ils servent… sinon à aider à la verbalisation des véhicules citoyens y stationnant qui par malheur dépassent leur temps imparti. Il n’y a sans doute pas meilleurs moyen pour la commune de se tirer une balle ans le pied !

J’ai fait part de cet état de choses, à plusieurs reprises, au Centre Technique Municipal et au Service d’occupation du domaine public en obtenant à chaque fois de bonnes paroles sans que rien ne bouge sur le terrain.

J’ai saisi alors le cabinet du Maire à l’attention de celui-ci par trois lettres successives entre le 8 juin et le 18 juillet. En ces jours d’été, il doit sans doute jouer à la Belle au bois dormant sous les marronniers de la Place Royale et l’été doit avoir séché dans les encriers puisque je n’ai été gratifié de la moindre réponse… ne serait-ce que d’attendre.

Sur le terrain, l’aire de jeux reste grande ouverte alors que les jardinières stockées sur place, attendent d’être remises en place.

Elle y accueille ces jours-ci, une bétaillère, plusieurs caravanes en attendant sans doute très prochainement un campement de Roms.

Tout y reste possible jusqu’au grand prix de l’an prochain.

Ubu n’est pas encore mort.

Par C. Bonardi

Circulation et stationnement à Pau : un brin de bricolage

PDU   Ce matin sur France Bleu Béarn JP Brin faisait face aux auditeurs pour tenter d’expliquer le passage au stationnement payant de la Place de Verdun : bronca !

Il faut dire que JP Brin n’a pas peur des contradictions. Le parking de Verdun serait occupé par des véhicules venant à 80% des communes extérieures et ce sont les impôts palois qui payent les travaux sur cette place, d’où la logique du paiement …

Au passage on notera qu’il répète que les impôts palois vont légèrement baisser ce qui est un mensonge honteux ! le taux baissant de 0,2% la base augmentant de 1% ce sera bien sûr une augmentation de la note !

Dans ses explications, JP Brin plaide que cette politique s’inscrit dans un plan général de circulation et stationnement. Et c’est là que le bât blesse !

Où est le PDU version Bayrou ? (PDU plan de Déplacement Urbain, document de l’Agglomération définissant la stratégie moyen long terme et les travaux qui en découlent) Si vous allez sur le site de la ville de Pau vous y trouverez le PDU de …2004 ! Du vent, du bricolage à la petite semaine, car il est plus facile de construire une tribune pour le peuple qui va voir ses gladiateurs. Panem et circenses…

Quelques rappels. Depuis 2003, oui vous avez bien lu 2003, l’agglomération de Pau a planifié deux lignes de bus à haut niveau de service et les parkings relais correspondants pour assurer l’intermodalité. (voir document en PJ 2003 : On bouge ! ) Depuis 2003 nos élus sont incapables de faire avancer ce projet. En 2018 on aura la première ligne et aucun parking relais ! Et encore, c’est l’attrait d’une subvention nationale qui a accéléré les travaux…

15 ans pour faire cette première ligne ! on voit là l’incapacité totale de nos élus, professionnels de la politique, pour gérer un projet structurant. Et on ne peut définir une politique de circulation et de stationnement qu’avec le parcours de la seconde ligne (Est Ouest) et les parking relais. Quel sera le rôle de Verdun dans ce système ? Mystère. On voit bien là cette gestion à la petite semaine.

Pour revenir à l’argumentaire de JP Brin, oui les personnes des communes périphériques viennent en voiture sur la Place Verdun, mais s’ils y viennent c’est pour faire travailler les commerces et autres administrations du centre ville, et s’ils viennent en voiture c’est parce que Pau a 20 ans de retard en terme de déplacements, qu’il n’y a pas de parkings relais à la périphérie avec ses lignes de bus rapides pour rejoindre le centre ville. On peut dire aussi qu’il n’y a aucune stratégie pour permettre l’indispensable circulation automobile autour et dans Pau.

La conséquence sera qu’ils ne viendront plus au centre ville, et tout le monde sera content. Car après tout, une agglomération est multi polaire, et faire ses achats vers Carrefour ou Auchan, voire Leclerc, c’est bien plus efficace.

Pour en revenir aux Palois eux-même, et en particulier ceux du centre ville, il faut aussi intégrer l’échec dans le domaine de la rénovation des logements. Il y a là une planification qui s’appelle le PLH (Programme Local de l’Habitat), sans aucun moyen financier sérieux. Mais là aussi il est plus facile de construire une énième salle de spectacle inutile que de rénover le centre ville vétuste… C’est pourtant le quartier où se trouvent la majorité des logements insalubres et vacants, c’est aussi le quartier où l’on trouve les foyers aux revenus les plus faibles de l’agglomération (source AUDAP) avec des logement anciens qui n’ont pas de garage ni parking. Où donc vont se garer ces Palois peu fortunés ?

La gestion Bayrou, un brin de bricolage…

 

                                                                                                                 Daniel Sango

  PJ :  2003 on bouge

La place de Verdun est une belle tirelire

imagesLe projet de rendre le stationnement payant place de Verdun à Pau fait couler beaucoup d’encre et anime les ressentiments de nombreux Palois. Les élus ont trouvé là une source de rapport dans une gestion toujours à la recherche de nouvelles recettes budgétaires. Mais n’y avait-il pas une autre solution ?

Il faut bien reconnaître que les stationnements sur la place de Verdun sont quelque peu anarchiques. Sur la zone bleu, toutes les voitures n’affichent pas le sacro-saint ticket précisant l’heure limite de l’autorisation de stationnement. Pire que cela, des véhicules en nombre sont stationnés en dehors des marquages au sol et provoquent une difficulté de circulation. Et encore pire que cela il existe un certain nombre de voitures dites ventouses, c’est-à-dire dont la durée de stationnement dépasse les sept jours réglementaires.

En prenant le temps on observe que les services d’ordre qu’ils appartiennent à la police nationale ou à la police municipale sont vraiment peu présents sur cette place et de ce fait ne verbalisent que très rarement les infracteurs. On sait pourtant que le montant des amendes va directement et quasi intégralement dans les caisses de la municipalité (ou de la CDAPP, peu importe d’ailleurs) ; cela constitue un apport budgétaire.

On savait et cela est maintenant de notoriété que la police nationale se désintéresse de ce genre de mission pour des raisons qui n’ont pas lieu d’être et qui ne résultent que de sa propre volonté. La police municipale est de son côté plutôt timide. A ce propos justement il y avait, à une époque, qui remonte maintenant à plus de dix ans, un policier du commissariat qui circulait en scooter sur la place de Verdun. Doté d’un souci d’efficacité et d’un tempérament peu porté à l’indulgence il faisait régner un ordre impeccable. On le surnommait « El Gringo » sa réputation était connue du maire de l’époque qui lui vouait un grande reconnaissance. Pensez-donc un fonctionnaire de l’État qui fait rentrer des sous dans les caisses de la ville ! En bon politique l’édile n’hésitait pas à affirmer lorsqu’on lui reprochait un trop grande sévérité, qu’il n’y pouvait rien et qu’il n’entrait pas dans ses compétences de donner des directives à la police nationale.

Attitude que le maire actuel doté d’une police municipale et dans un contexte où la police nationale s’investit moins, ne peut se permettre d’adopter. Un effet inattendu de l’existence d’une police municipale.

Mais revenons au projet qui voudrait, qu’en 2017 sur décision de l’actuelle municipalité, le stationnement sur la place de Verdun devienne payant. Cela reviendrait à faire payer tout le monde y compris ceux qui avec un scrupule exemplaire et une constance sans faille respectent le code de la route. Et si on ne faisait payer des amendes qu’à ceux qui contreviennent aux lois. Ce ne serait que justice. Il faudrait juste savoir si la rentrée d’argent serait du même volume qu’un péage imposé à tous. La question reste posée. On sait que grâce à une répression efficace, l’indiscipline peut devenir une source inépuisable de recette budgétaire. La fréquentation de la place de Verdun en dépend.

Une seule difficulté, il faudrait interdire la repentance et favoriser la récidive parce qu’un contrevenant verbalisé a une tendance aussi fâcheuse que regrettable à ne pas recommencer. Mais que ne ferait-on pas pour redonner du dynamisme au centre-ville ?

Pau, le 23 mars 2016
par Joël Braud

Crédit photo La République des Pyrénées.

Pau, la place Saint Louis de Gonzague deux ans après…

placeCette place, proche du lycée Louis Barthou, devait être un modèle de place(tte) Florentine… et pour le mobilier un modèle de modernité.
Que reste-t-il de cet ambitieux projet ?

L’esthétique.

Le revêtement des voies de circulation automobile était en enrobé pour permettre le passage des bus scolaires et inter-régionaux de la « gare routière »qu’est presque entièrement devenu le Boulevard Barbanègre. Mais de larges espaces en pierres des Pyrénées avaient été réservés sur le pourtour. Comme le revêtement en enrobé était d’une couleur s’harmonisant avec les pierres du pays, le résultat était agréable au regard.
Les affreuses jardinières en cailloutis mises en place dès la fin du chantier pour peut-être, protéger  les piétons et très certainement, empêcher le stationnement, ont été rapidement remplacées par de hautes poteries  accueillant des buis taillés en boule, des bancs avec et sans dosseret placés de façon à faciliter la conversation ou tout au moins le bavardage de ceux qui venaient s’y asseoir.
L’ensemble était un peu nu mais sobre et assez réussi.

Malheureusement, les poteries même hautes, les bancs mêmes en cercles, étaient moins dissuasifs que les énormes bacs. Les automobilistes ont trouvé là un stationnement gratuit et tout près de Clémenceau, de Valéry Meunier et de Lamothe, voies strictement piétonnes. Bien sûr, ils n’ont pas volontairement heurté le mobilier urbain mais, un petit coup par-ci, un petit coup par-là… et les quatre bancs sans dosseret à hauteur de la fontaine ont disparu. Plus d’une jardinières sur deux sont de guingois et certaines ont dû être déplacées contre les murs du lycée et de la chapelle Saint Louis de Gonzague. Pire, certaines dont les buis ont « crevé » sont devenues corbeilles et pas seulement à papiers et/ou cendriers ! Très dernièrement, ce sont les deux bancs à dosseret qui de face à face se sont retrouvés côte à côte, contre le mur de la chapelle ! La ville aurait-elle baissé les bras face à l’incivisme de trop nombreux automobilistes palois ?

 Les piétons.

Le piéton devait y être plus que protégé et ce, malgré l’absence de trottoir et de caniveau. Malheureusement, placée entre la rue Latapie et le boulevard Barbanègre, la place saint Louis de Gonzague est avec la rue Léon Daran, le principal échappatoire depuis le parking Clémenceau et la rue Louis Barthou. La circulation des voitures y est plus dense que jamais et ni les piétons ni les cyclistes ne s’y sentent en sécurité. Et ce d’autant que des voitures sont stationnées de jour comme de nuit sur la zone strictement réservée aux piétons.

Alors que reste-t-il de notre placette Florentine ?

Malheureusement le pire ! Comme on peut le lire dans La République du 4 juin : « Pau : un élève du lycée Barthou blessé d’un coup de couteau.
Une violente altercation s’est produite hier matin aux abords du lycée Louis-Barthou à Pau entre un élève et un jeune homme qui serait extérieur à l’établissement. La victime, élève de terminale âgé de 17 ans, a été blessée avec un couteau. »

L’article est illustré d’une photo de la place saint Louis de Gonzague peu de temps après sa rénovation avec pour légende : Les faits se seraient déroulés à proximité de la place Saint-Louis de Gonzague à Pau.
Heureusement, l’élève est sorti le soir même de l’hôpital. La police n’a pas encore déterminé les circonstances de l’agression.

Pour rendre sécurité, calme et agrément à cette petite place, faut-il envisager d’y mettre une caméra de surveillance* ?

 – par Hélène Lafon, le 4 juin 2013

 

* Rectificatif : une caméra est déjà en place ; voir La République du 5 juin : «  La scène aurait été filmée par une caméra installée au niveau de la borne escamotable. »