Pollution des océans et exploitation pétrolière offshore

expedition-7e-continent-pollution-oceans-plastique   On a vu dans les épisodes précédents que Total n’est pour rien dans le réchauffement climatique puisque l’arrêt total de sa production n’entraînerait aucune baisse de la consommation mondiale ni à court ni à long terme. Qu’en est-il de la pollution des océans liée à l’exploitation en offshore profond ?

Premier problème bien connu et majeur : la surpêche a vidé nos océans.

« Aujourd’hui, au niveau mondial, 80% des poissons sont surexploités ou au bord de la surexploitation. Pour les différentes espèces de  thon, le cabillaud, l’espadon et les requins, la situation est encore pire. Il y a trop de bateaux et plus assez de poissons. Au rythme actuel, les océans pourraient être vides de poissons dès 2048. (Greenpeace)

Deuxième problème les débris et les « continents de plastique »

« Les substances solides, généralement des déchets, que l’on trouve dans le milieu marin s’appellent débris marins. Pour la plupart, nous sommes probablement convaincus que les débris marins ne sont constitués que de quelques détritus éparpillés sur les plages et qu’ils ne font de mal à personne. Ce n’est malheureusement pas le cas. Les débris marins sont devenus un problème de pollution généralisé qui affecte tous les océans du monde. Ils sont la cause de lésions et de décès de nombreuses espèces marines (tortues, albatros, phoques, baleines ou poissons), soit parce que ceux-ci y restent emprisonnés soit parce qu’ils les prennent pour des proies et les avalent.  » (Greenpeace)

Troisième problème : les pollutions diverses dont les hydrocarbures

« We can stop huge amounts of ocean pollution without even leaving home. Ocean protection begins on land – especially as much of the ocean pollution comes from there too.

But oil spills at sea only account for just a fraction of the pollution problem. Domestic sewage; industrial discharges; leakages from waste tips; urban and industrial run-off, accidents, spillage and explosions; sea dumping operations; oil production; mining; agriculture nutrients and pesticides; waste heat sources; and radioactive discharges are all sources of marine pollution. These land-based sources account for around 44% of all the pollutants in the oceans, while atmospheric toxins add an additional 33%. Ironically, only 12% of ocean pollution comes from activities at sea! In most cases, it is literally in our hands to prevent ocean pollution! » (Greenpeace)

« Ironiquement, seulement 12% de la pollution des océans provient des activités en mer ! » (Greenpeace)

Dans ces activités marines (production offshore, pêche, transport maritime, dégazages sauvages, …etc, la production deep offshore n’est qu’une minuscule partie, sûrement bien inférieure à 1%.

Il faut compléter par un mot de la pollution naturelle liée à la migration des hydrocarbures, phénomène important, mal connu du grand public et qui mérite quelques lignes d’explication. Depuis des millions d’année et sa formation dans les roches mères, le pétrole (et le gaz) migrent vers la surface. Une partie s’arrête dans des pièges stratigraphiques (avec une couverture étanche et constituent ainsi les gisements) l’autre partie (la majorité ?) remonte jusqu’au fond de l’océan ou la surface de la terre. On estime aujourd’hui à 12 000 Bbls /jour la quantité qui fuit au fond des mers. L’océan, depuis des millions d’années reçoit des hydrocarbures qui participent à la chaîne alimentaire en étant absorbés par des bactéries :

« En octobre 2003, une étude américaine publiée dans la revue Geo-Marine Letters a conclu que 53% des hydrocarbures qui entrent dans les océans sont issus des fuites naturelles de pétrole. Ces fuites totalisent 12000 barils par jour, l’équivalent de 0,01% de la consommation mondiale. »

«On pensait que les microbes sous-marins capables de digérer les hydrocarbures étaient rares, explique le biologiste Kenneth Lee, du ministère fédéral des Pêches et Océans. On s’est rendu compte que 95% d’entre eux sont trop sensibles pour être cultivés en laboratoire. C’est pour ça qu’on en avait peu identifié. Il semble que le pétrole est un nutriment important pour les océans.» (La Presse, Montreal)

 On retiendra donc :

« Ironiquement, seulement 12% de la pollution des océans provient des activités en mer ! »

Et moins de 1% pour la production pétrolière offshore…

Bien d’autres actions beaucoup plus importantes sont à mener avant de venir manifester à Pau contre Total. On le voit, dans ce domaine aussi les manifestants écolos se trompent de cible.

Ecoutons donc encore Greenpeace : « Nous pouvons arrêter une énorme partie de la pollution des océans sans quitter notre maison. La protection des océans commence à terre, parce que la majorité de la pollution vient de là. »

 

Daniel Sango

 

Crédit photo : Expédition 7éme continent

Les sources énergétiques actuelles ? Un réel problème !

GV 11 04 16L’origine de l’énergie utilisée par l’homme a évolué au cours de l’histoire.

D’abord :

  • biologique : le glucose musculaire des animaux et de l’homme, le bois..

  • environnementale : eau, soleil, pesanteur, volcanisme…

Puis,

  • fossile avec l’exploitation des réserves énergétiques accumulées par des milliards d’années d’enfouissement et d’enrichissement en carbone de la matière organique animale et végétale.

L’exploitation de plus en plus importante de cette réserve a libéré le carbone dans l’atmosphère ; d’abord sans conséquence car «les trous noirs» que sont les forêts et les océans digéraient sans problème, cette libération. Ce n’est plus le cas, les puits sont comblés, le climat se réchauffe du fait de l’effet de serre ;

pour la planète, ce n’est pas un problème, par contre, pour ces habitants que nous sommes, c’est un drame !

L’exploitation de l’énergie fossilisée, c’est le passé, il faut tourner la page de cette énergie sale ! Avec bien des lenteurs, les pays du monde l’ont enfin compris et un accord, encore bien fragile et peu coercitif, a vu le jour. Il convient donc de l’appliquer, chacun dans son coin.

Or, comme un porteconteneurs géant qui doit entrer dans un port, il y a une inertie énorme entre la rapidité des commandes de l’homme et la réactivité de la masse du navire ; c’est le cas de la société humaine ! L’or noir a encore ses inconditionnels !

Par exemple, à Pau, la commande n’a pas encore été enregistrée ! Fleuron de la gastronomie béarnaise, la ville est devenue, c’est un représentant de Total qui l’affirme, un haut lieu aussi de la cuisine des profondeurs, celle des pétroliers offshore. De grands chefs étoilés de tous les pays, concurrents notoires, coopèrent pour le perfectionnement de cette cuisine du réchauffement climatique mais ne sont absolument pas concernés par les décisions de la Cop 21! Ils sont aussi les acteurs d’une pollution redoutable du milieu marin ; elle s’est déjà produite et se reproduira, en dépit de leur compétence indéniable.

Les «consommateurs» ne sont pas tous satisfaits de la note des repas de cette cuisine !

Avec les migrants, la finance, l’exploitation pétrolière, la pollution des océans,

les activités offshore, ça commence à bien faire !!!

On oubliait que Total, avec SunPower, allait devenir le géant mondial du solaire, une façon de s’acheter des indulgences pour continuer d’avoir le droit de polluer, et pouvoir, après épuisement des sources fossiles, lever le blocage et prendre le relais !

L’énergie actuelle est nucléaire, celle de demain sera renouvelable.

Les débats sur la rapidité de la transition souhaitable sont passionnés!

>Côté énergie nucléaire, les irréductibles gaulois sont dans le groupe de tête.

Les rapports de la Cour des Comptes se suivent et se ressemblent ; le coût ne cesse d’augmenter ; c‘est un véritable gouffre avec, cerise sur le gâteau, malgré la sécurisation «la meilleure du monde» affirmée par des «experts», plus en communication qu’en compétence nucléaire, l’insécurité est de plus en plus grande et les conséquences d’accidents graves non pris en charge.

Les mystères de la malveillance sont impénétrables !

  • La pénétration possible des centres de gestion du fait des avancées dans les nouvelles technologies,

  • La menace terroriste (tentative récente en Belgique, inquiétude d’Obama !)

  • Les retombées du réchauffement climatique.

  • Les malfaçons qui résultent de l’emploi d’un personnels «low cost».

enrichissent la peur raisonnable du danger que cette volonté de poursuivre provoque.

Inutile de revenir sur les chiffres ; ils ne signifient rien ! On comptabilise ce qui arrange ; en général, on ignore les mises en sécurité renforcée qui évoluent sans cesse à la hausse, les sommes à engager pour l’enfouissement et l’entretien des déchets……, et celles pour le démantèlement !

Lundi dernier 28 mars, dans l’émission Cash Investigation une information est venue alimenter à la fois la peur et une des raisons qui explique le désastre économique de l’EPR : retard, malformations…; il a été dévoilé le système de gestion scandaleux d’un personnel étranger détaché, non qualifié, utilisé par Bouygues par l’intermédiaire d’un sous-traitant, étranger aussi.

La cuisine ultralibérale est à l’œuvre dans tous les domaines.

>Pour Carlo Rubbia, prix Nobel de physique.«Sur chaque m² de Sahara, il tombe chaque année l’équivalent de deux barils de pétrole en rayonnement solaire.» Cette ressource est inépuisable. Les progrès de la recherche sont considérable:

+ sur le rendement des panneaux photovoltaïques : 1Kwh revient à 2 centimes dans un endroit bien éclairé (André Génnésseaux)

+ sur la concentration du rayonnement solaire :

  • La miniaturisation des cellules photovoltaïques augmente la concentration et réduit le coût des matériaux actifs. Cette voie est ouverte en France. «On peut atteindre mille fois mille watts par m², avec un rendement théorique de 26%» D.Lincot CNRS. Inconvénient à surmonter: il faut des matériaux rares.

  • Des recherches sont menées sur la photosynthèse au niveau des mécanismes de captage de l’énergie par les chlorophylles. La cohérence quantique ouvre une voie très prometteuse.

+ Sur le thermosolaire, Arte a montré le dynamisme de l’Allemagne. État et Privé investissent massivement dans des centrales de ce type, déjà fonctionnelles, dans tout le Maghreb : Maroc(La première centrale solaire thermodynamique du Maroc, baptisée « Noor 1 », mise en service en 2015 près de Ouarzazate), Tunisie, Libye, Jordanie, Arabie Saoudite, Egypte. L’avantage est que la production d’électricité se fait en continu, jour et nuit. L’inconvénient est qu’il faut beaucoup d’eau pour nettoyer les capteurs avec la poussière du désert.

+ Encore l’Allemagne, au Maroc, a équipé une très grosse cimenterie en éoliennes. L’indépendance énergétique y est assurée.

+ Dernièrement, une intervention a ouvert des horizons prometteurs sur le stockage de l’électricité photovoltaïque : lire Energiestro et écouter

www.tedxparis.com/andre-gennesseaux/

Ces informations appellent de nombreuses réflexions :

  • L’Allemagne, a choisi l’abandon du nucléaire après Fukushima. Cette décision, entraîne, malheureusement, l’extension de l’exploitation du charbon et du lignite dont son sous-sol est riche et dont son industrie a besoin. C’est horrible pour le paysage, très mauvais pour l’effet de serre, moins redoutable en cas de catastrophe, transitoire, espérons le !

  • De nombreux pays prennent des longueurs d’avance. Actuellement, l’éolien est le plus rentable. C’est bon pour leur commerce !

Nous, bloqués par le manque de moyens, le solaire avance lentement, l’éolien est mal vu par la population, nous «préférons» accumuler, à des prix et des risques considérables, les déchets radioactifs ; on conserve les vieilles centrales car le démantèlement est trop coûteux pour être envisagé !

  • Au Royaume-Uni, le London Array est la plus grande ferme éolienne offshore du monde. Elle va alimenter quelque 490.000 foyers.

  • La France a une façade maritime idéale pour les hydroliennes et les éoliennes offshore deux fois plus efficaces que les terrestres.

  • Bien des avancées sont discrètement mises de côté par ceux qui y ont intérêt !

  • On s’efforce de copier la photosynthèse, par la miniaturisation, la structure en lamelles, les transferts d’énergie. Les chloroplastes sont des disques aplatis de 2 à 10 µm de diamètre pour une épaisseur d’environ 1 µm, riches en enzymes. 3 milliards d’années de succès  ! C’est la bonne voie !

En attendant mieux, et suivant leur spécificité, la diversité et la décentralisation des sources énergétiques sont appliquées dans certains pays :

  • En Suède. Le mix repose sur :

>Une production électrique presque entièrement dé-carbonée : elle se répartit en 2013 entre : l’hydraulique(40,7%), le nucléaire(42,6%), l’éolien(6,6%), la biomasse(7,6%) et les combustibles fossiles(2,5%).

> Un système de chauffage urbain fondé sur des réseaux de chaleur alimentés par des centrales de cogénération utilisant 83,5% d’énergies renouvelables (biomasse, déchets, pompes à chaleur) en 2012 ; ce système couvre près de 60% des besoins de chauffage du pays ;

>La taxe carbone (à plus de 100€/tonnes de CO2 émis) qui oriente les consommateurs vers les énergies dé-carbonées.

  • Stockholm utilise en plus un péage urbain voté par référendum dès 2007, il a permis de développer les transports en commun non polluants (La Voie E.Morin).

Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

Par  Georges Vallet

crédits photos:generationsfutures.chez-alice.fr

Monsieur Bayrou, expliquez nous, les Béarnais veulent savoir !

301819_le-candidat-centriste-a-la-presidentielle-francois-bayrou-sur-une-affiche-de-campagne-a-lyon-le-9-avril-2012  La pagaille continue au Palais Beaumont. Blocage du séminaire technique, blocage des hôtels, et cela dans une relative indifférence de nos élus. Notre candidat perpétuel à l’élection présidentielle n’aurait-il donc rien à dire sur le sujet de ces discordes ?

Ceci est d’autant plus caricatural que l’on peut lire dans la République sous le titre « Tourisme d’affaires à Pau : la stratégie s’affine » « Alors que débute aujourd’hui le congrès du pétrole offshore, la Ville de Pau a bien compris l’importance du tourisme d’affaires en termes de retombées. « 

Effectivement, vu la façon dont sont traités les congressistes, il est clair que la ville de Pau va devenir le futur Davos …

Mais plutôt que de viser le créneau des congrès de prestige avec logement à la Villa Navarre (aujourd’hui bloquée par les manifestants), peut être que nos élus visent une clientèle logée à Emmaüs et n’utilisant que le Parc Beaumont gratuit ? Monsieur Bayrou, expliquez nous, les Béarnais veulent savoir !

Pour commencer, il est regrettable que notre presse locale ne nous transmette pas les choses importantes. Avec une carte de journaliste on peut assister à ce séminaire, ne serait ce qu’à l’ouverture et aux discours de bienvenue. Car là, si on regarde le programme, c’est François Bayrou qui a ouvert cette manifestation. L’a-t-il fait ? Qu’a-t-il dit ? (merci de vos informations)

9h30 / 10h00

Keynote Presentation by Mr. François Bayrou, Mayor of Pau

Keynote Presentation by Mr. Arnaud Breuillac, President of Total E&P

Welcome by Mr. Paul Hillegeist, President, Quest Offshore Resources

De toute façon, l’ambition de François Bayrou d’être un homme d’État est vraiment mise à mal par son silence assourdissant sur le sujet. Evidemment il est plus facile de larmoyer sur l’incendie des Galeries Lafayette, on est sûr de faire plaisir à tout le monde, que d’afficher une stratégie claire concernant le réchauffement climatique, la présence majeure de Total à Pau et les manifestations d’une minorité extrême. Monsieur Bayrou, expliquez-nous, les Béarnais veulent savoir !

On entend sans cesse nos politiciens professionnels, élus à vie et qui n’ont jamais connu la vraie vie, disserter sur le développement économique, et là, ils sont tous aux abonnés absents (D Habib, a soutenu Total). On comprend le rejet massif des Français….

Daniel Sango

Ecolos à Pau : pas de pétrole, mais pas d’idées non plus…

les-policiers-ont-repousse-a-trois-reprises-les-manifestants-faisant-usage-de-lacrymogenes   Il est assez curieux de voir comment le manque d’information nuit à la compréhension des choses. Une bande d’écologistes s’est installé à Pau où elle croit mener un combat vital pour la planète, mais ils se trompent vraiment de cible.

 Revenons tout d’abord sur ce séminaire technique qui est injustement appelé « sommet ». Pourquoi les media locaux continuent-ils à employer ce terme mensonger ? Où est l’indispensable objectivité ?

Pire, ce séminaire technique est un séminaire de troisième zone. Si certains journalistes veulent voir ce qu’est un grand séminaire technique, (allez voir sur le lien ci dessous) ce qu’est l’OTC à Houston, Off shore Technology Conference qui se tient depuis 46 ans tous les ans début mai : des conférences innombrables des zones d’exposition immenses plus de 110 000 visiteurs/conférenciers.  http://2016.otcnet.org/

Comme j’ai eu l’occasion de le dire, les majors pétroliers sont des nains par rapport aux grandes compagnies nationales qui elles détiennent la quasi totalité des réserves de la planète ( Manifestations stupides contre TOTAL). Exxon et Total auront disparu que les compagnies du Golfe, le Vénézuela et bien d’autres, continueront à produire du pétrole car il en faudra encore longtemps, à commencer par le transport aérien (toujours en grand développement) ou pour compenser l’intermittence de la production des énergies renouvelables et bien d’autres utilisations… Ce n’est pas en manifestant contre Total que cessera la production pétrolière, et le but de ce séminaire technique est bien de progresser pour produire dans les meilleures conditions de sécurité possible.

Autre erreur de nos écologistes, il y a belle lurette que les majors pétroliers pensent à la transition énergétique. J’invite les lecteurs à visiter le site Internet de Total. On y trouvera tous les détails de sa politique, à commencer par le fait que Total est un acteur majeur dans le solaire.

Actionnaire majoritaire à 66% de Sun Power, cette société est le numéro 2 mondial dans le solaire pour la fabrication et l’installation de panneaux photovoltaïques, les plus performants au monde, 7000 collaborateurs et des réalisations d’envergure dans le monde entier (2,6 milliards de CA en 2014).

Bien évidemment les actions de recherche sont nombreuses dans ce domaine à commencer par le difficile problème du stockage.

Mais ceci n’est qu’une partie : biomasse, biokérozène, utilisation des micro algues, etc… constituent le second axe de développement majeur.

On le voit, ces manifestants se trompent complètement de cible, car s’ils veulent lutter contre le réchauffement climatique, et là je les soutiens, alors il faut immédiatement diminuer drastiquement la consommation de ces énergies fossiles. Et l’arme absolue pour faire des économies est une taxe carbone forte (par exemple 50 cts/litre de carburant). Ceci est d’autant plus facile à réaliser que le prix du pétrole est anormalement bas suite à la guerre des prix que mène l’Arabie Saoudite contre l’Iran et le pétrole de schiste américain.

Mais il faut que cette manne soit utilisée exclusivement pour réaliser des économies d’énergie dans les logements, avec ainsi des économies durables, une amélioration du commerce extérieur, et une création d’emploi importante.

A défaut de pouvoir aller manifester à Houston car la traversée de l’Atlantique à la rame est quand même un projet délicat, allez donc manifester devant Bercy !

 

Daniel Sango

Crédit photo : La République

Manifestations stupides contre TOTAL

comme-hier-soir-au-palais-beaumont-les-militants-ecologistes-manifestent-ce-matin-devant-le-centre-jean-feger-de-total-a-pau   « C’est un crime de masse contre l’humanité ». « Bloquons le sommet du pétrole off shore ! » : ANV (action non violente Cop 21, poursuivent leur mouvement d’opposition au MCE Deepwater dévelopment prévu du 5 au 7 avril à Pau. » (La Republique)

Ainsi donc, si l’on en croit ces manifestants, Pau s’apprête à recevoir des criminels contre l’humanité… Il est clair que je n’en mène pas large vu que j’ai participé à de nombreux séminaires de ce type dans ma vie professionnelle…

Et si on essayait un peu de savoir de quoi on parle ?

Contrairement à ce qu’écrit la presse, et c’est en soi honteux de ne pas donner de vraies informations, il ne s’agit en aucune manière d’un « sommet ».

« Les opposants au sommet du pétrole off shore prévu en avril à Pau poursuivent leur mouvement. Après la fausse marée noire dans le bassin du Palais Beaumont, ils manifestent ce matin devant Jean Feger. «  (Titre de La République)

On imagine le G20 du pétrole… Il n’en est rien.

Il s’agit tout simplement d’un séminaire technique comme il en existe chaque année des dizaines (peut être même des centaines) principalement aux USA, mais aussi dans tous les pays producteurs de la planète, et c’est rarissime de voir cela à Pau puisque on n’a pas de pétrole… Il rassemble des ingénieurs des compagnies pétrolières et des sociétés de services concernées par le thème pour un échange d’expérience. Ici l’exploitation pétrolière off shore. Vous n’y trouverez aucun des responsables majeurs de ces compagnies pétrolières. Seulement des ingénieurs spécialistes des différentes techniques du métier. Ils sont là pour échanger, pour progresser, de manière à ce que cette exploitation soit plus sûre, plus efficiente. Aucun criminel contre l’humanité !

J’engage d’ailleurs les Relations Extérieures de Total à offrir quelques places à ces manifestants pour assister aux conférences. Ils progresseront considérablement dans la vision qu’ils ont de la technicité, de la sûreté et du respect de l’environnement dans la production pétrolière off shore.

Une deuxième erreur très importante est faite par ces amateurs, mais aussi le grand public et est hélas relayée par les media :

« Pour Cécile Marchand, membre d’Action Non-Violente COP21, « personne ne peut tolérer que les plus grandes compagnies pétrolières de la planète se réunissent à Pau pour faire l’exact contraire des engagements adoptés à Paris par l’ensemble des États du monde, à savoir maintenir le réchauffement climatique en deçà des seuils d’emballement incontrôlable et irréversible du climat ». (site Bizi)

Cette dame parle de choses qu’elle ne connaît pas bien.

Il ne s’agit en aucun cas « des plus grandes compagnies pétrolières de la planète ». Quelques précisions sur ce monde du pétrole.

On assimile bien souvent l’industrie pétrolière aux « majors ». On entend par là les 5 plus importantes compagnies privées mondiales : Exxon, BP, Shell, Chevron et Total que tout le monde connaît. Or 99% les gens ignorent que ces 5 compagnies ensemble produisent moins de 10% de la production pétrolière mondiale … Des nains je vous dit ! Ce ne sont pas eux qui dominent ce secteur, très loin s’en faut. Ce sont les compagnies nationales des États producteurs, et ce sont elles qui disposent de l’immense majorité des réserves mondiales … Quelques chiffres et quelques noms moins connus du grand public qui sont elles, les grandes compagnies pétrolières (entre parenthèses les réserves en milliards de barils) : Saudi Arabian Oil Company (295), National Iranian Oil Company (187), Quatar Pétroleum (165), Abu Dhabi National Oil Company (137), Irak National Oil Company (137), Gazprom (Russie) (115), PDVSA (Vénézuéla) (102), Nigerian National Petroleum Company (62), NOC (Libye), Sonatrach (Algérie), …etc

Il faut bien comprendre que les compagnies pétrolières privées ne vivent que grâce à leur technicité, elles sont en fait des sociétés de service pour les États producteurs.

S’attaquer à TOTAL, c’est complètement se tromper de cible, pire, c’est se tirer une balle dans le pied si on est Français et la tirer dans le cœur si on est Béarnais. Que serait le Béarn sans SNPA puis ELF puis Total et les sociétés de service qui l’accompagnent, sans TIGF (Transport et Infrastructures Gaz France)… Que serait Turboméca ou Euralys sans pétrole …

J’encourage donc nos écologistes en herbe à aller plutôt manifester à Ryad, à Téhéran ou à Doha…mais attention cela risque d’être moins rigolo…

Au delà de ces indispensables précisions, il est évident qu’il faut lutter contre le réchauffement climatique, en commençant par économiser cette ressource qui a mis 100 millions d’années à se constituer, sur laquelle s’est bâtie toute la prospérité et le progrès des 100 dernières années, et qui restera encore longtemps indispensable pour l’humanité.

Et avant tout c’est l’économie de la ressource qui est l’axe majeur. Une stratégie dans ce domaine est une évidence : une taxe carbone forte sur les produits pétroliers (20 à 50 cts /l d’autant plus facile que les prix sont aujourd’hui très bas) entièrement réutilisée pour faire des économies d’énergie en majorité pour l’habitat. Avec en prime des économies durables, des dizaines de milliers d’emplois et une amélioration de la balance des paiements. Pourquoi donc nos politiciens à vie ne prennent pas cette mesure simple et efficace soutenue par les écologistes ?

Ben justement parce qu’ils veulent être élus à vie et qu’il y a toujours des élections à venir … il faut ratisser large.

 

Daniel Sango

Crédit photo : La République

Repentance

berlin-murA propos de tout, et parfois hors de propos, nos dirigeants initient toutes sortes de repentances. Or, qu’on se souvienne : il y a 25 ans le mur de Berlin tombait, révélant la réalité d’un mythe, exemplaire dans son principe, économiquement catastrophique, inhumain dans sa mise en œuvre et corrompu au-delà de toute expression ! Et d’autres, plus tard, identiques, ont révélé des dévoiements pires encore !

Il y a 25 ans, n’aurait-on pas compris que, chez nous, les thuriféraires de ce système fassent amende honorable pour s’être trompés, et nous avoir trompés à ce point. D’autant que si certains étaient de bonne foi, leurs dirigeants, et parmi eux, celui qui, quelques décennies avant, suggérait qu’il valait mieux être « rouges plutôt que morts ! » (cruel épitaphe pour les millions de victimes des goulags), ne pouvaient certainement pas se prévaloir d’une telle ignorance. Dans un tel contexte, à défaut de « repentance », on aurait pu espérer, à minima, qu’ils tirent les conséquences objectives d’une « lutte des classes » qui, toute opposition étant éliminée, est un déni de démocratie. Démocratie dont par ailleurs, quel cynisme, ils se prétendaient les garants !

Mais c’était il y a 25 ans. Car aujourd’hui… Aujourd’hui, ajoutés à d’autres, les propos consternants tenus par Gérard Filoche sur la personne du PDG de Total ne sont guère plus rassurants pour un avenir, en tout cas tel que lui, député et inspecteur du travail, le conçoit. Dès lors, dans une dégradation sociale sur laquelle la « Gauche traditionnelle » porte aussi sa part de responsabilité, comment s’étonner que « son « prolétariat » se détourne d’elle ? Comment ne pas comprendre que le citoyen ainsi manipulé, trompé, trahi, détroussé, rejette un système redevenu quasi-féodal ? Comprendre que, si ce citoyen ne remet pas en cause le principe d’un contrat social équitable et responsable, il n’accepte plus de mots d’ordre de syndicats croupions ? Qu’il n’accepte même plus sans réserve, l’arbitrage d’un État, lui-même si mauvais gestionnaire ? En un mot, qu’il est majeur et entend être traité comme tel !

25 ans après il s’agit donc, à nouveau, de faire tomber un mur. Mais, à l’instar des Allemands en 1989, il s’agit, pacifiquement, de l’abattre sans faire de victimes. Il s’agit, enfin, de faire confiance au peuple !

Du reste, en démocratie, y aurait-il une autre solution ?

– par Maurice Meireles – Pontacq

Bassin de l’Adour – La « Journée Nationale de l’Ingénieur » à Pau : Innover et Entreprendre

Capture d’écran 2014-04-05 à 08.13.00A l’initiative de l’URISBA (Union Régionale des Ingénieurs du Bassin de l’Adour), relais local de l’IESF (Ingénieurs et Scientifiques de France) s’est tenue, jeudi 3 avril à l’ENSGTI (Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs en Génie des Technologies Industrielles) située sur la campus de l’UPPA, la deuxième « Journée Nationale de l’Ingénieur » (JNI). Le thème de la réunion : Innover et Entreprendre.

Près de cent cinquante personnes avaient répondu présentes à l’invitation de l’URISBA. René Beaussier, son Président, ouvrait la JNI en rappelant que son objectif était de susciter des vocations d’ingénieurs et de mettre en évidence tout ce que le métier d’Ingénieur, par sa diversité, peut apporter en terme de développement et de création d’emplois dans le Bassin de l’Adour. S’ensuivit, un ensemble de témoignages, agrémentés de vidéos et de power-points, qui commençaient par celui de Georges Fremy « Ingénieur de l’Année », prix prestigieux décerné par l’Usine Nouvelle.

Georges Fremy, qui travaille au GRL-ARKEMA à Lacq, a expliqué en quoi consistaient les travaux de recherche de son équipe et son application pratique qui se traduit par la construction en cours d’une usine en Malaisie où se fabriqueront 80.000 tonnes par an de Methionine, un complément alimentaire pour les animaux. Un investissent majeur pour ARKEMA, en partenariat avec le coréen CJ, pour un montant total de 450 millions d’euros. Georges Fremy s’est ensuite attaché à montrer aux jeunes présents, étudiants ingénieurs ou élèves en classes scientifiques et techniques, les débouchés qu’il y a pour eux dans le monde de la Chimie.

Bernard Boutin, a son tour, a tenu a rappeler que, sans 6 ingénieurs précurseurs de génie, cette réunion n’aurait probablement jamais eu lieu, à Pau, dans un Béarn essentiellement agricole il y a un siècle et de citer :

– Raymond Saulnier, Centralien, qui, avec les pilotes Léon et Robert Morane, créa en 1911 la « Société des Aéroplanes Moranes-Saulnier », une société qui s’est installée à Tarbes en 1945. Aujourd’hui, le « plus vieux constructeur aéronautique dans le monde », renommé « DAHER SOCATA » emploie 1200 personnes auxquels s’ajoutent quelques centaines d’emplois indirects dans le Bassin de l’Adour.

– L’ingénieur George (sans s) Messier, après s’être lancé en 1919 dans les suspensions pneumatiques pour automobile, deviendra le fondateur de l’industrie du train d’atterrissage en 1927. En 1935, sa société se décentralise à Arudy, puis Jurançon pour s’installer définitivement à Bidos en 1938. La société, reprise par le Groupe SAFRAN, emploie aujourd’hui 800 personnes à Bidos (plus les emplois indirects).

– L’ingénieur Polonais, Joseph Szydlowski crée en 1938 TURBOMECA dans la région parisienne pour finalement s’installer à St Pé-de-Bigorre en 1940 et Bordes en 1941. Initialement, il travaille sur des moteurs diesel et leur compresseur mais très vite se dirige vers les réacteurs de petite taille pour équiper les hélicoptères. Devenu premier mondial dans sa spécialité, TURBOMECA, filiale du groupe SAFRAN, représente 2.600 emplois directs à Bordes et 1.500 à Tarnos.

– En 1951, les Polytechniciens André Blanchard et Jean Féger forent et découvrent du pétrole à Lacq. De cette première découverte, il reste en 2014, 2.750 emplois directs au CSTJF à Pau et près de 8.000 emplois sur le Bassin de Lacq.

– Plus petit, mais bien réel dans le paysage industriel de la région, Roger Charpentier, diplômé des Arts et Métiers, crée en 1955 à Idron, une société spécialisée dans les produits magnétiques : ARELEC. Localisée à Lons, la société emploie aujourd’hui près des 200 collaborateurs dont 90 sur son site béarnais.

Le ton était donné. Sans ces ingénieurs précurseurs, notre région ne serait pas devenue ce qu’elle est.

Pierre Barrière, inspecteur d’Académie, s’attache alors à montrer l’importance qu’il y a à dédiaboliser l’image de la science, une science qui est devenue suspecte au fil du temps. Pour lui, la réconciliation doit démarrer dès la maternelle. Un chantier nécessaire à ouvrir pour l’Education Nationale. Un autre chantier à ouvrir consiste à combattre un stéréotype : celui de la jeune fille, pas apte à entreprendre des études scientifiques. La suite de la JNI montrera que les femmes, avec Emilie Basset et Magalie Ricarde, tracent leur voie sans complexe dans un monde d’ingénieurs qui n’est plus exclusivement masculin.

Laurent Devecis, directeur du CESI, école d’ingénieur installée sur le site Aéropolis à Assat, présente alors une vidéo produite par son école, sur le thème « Innover et Entreprendre », thème arrêté pour la JNI. Une école qui forme actuellement 350 élèves, toutes formations confondues. Le CESI, présent à Pau depuis 2002, est une des 6 écoles d’ingénieurs du Bassin de l’Adour avec l’ENIT à Tarbes (1968), l’ENSGTI à Pau (1991), l’ESTIA à Bidart (1996), l’EISTI à 2003 (2003) et dernière née, l’ISA BTP à Anglet (2007).

Patrick de Stampa, président de la CCI Pau Béarn, gère deux écoles : l’Ecole des Métiers du Sport et l’Ecole Supérieure de Commerce de Pau, installées sur le campus à deux pas de l’ENSGTI et de l’EISTI. Selon lui, deux chantiers sont à ouvrir : un sur l’image de l’offre éducative du campus palois, avec un travail en commun à faire entre tous les acteurs. Autre axe à développer : la mise en place de passerelles entre les diverses écoles. Un ingénieur doit aussi appréhender les contraintes du management tout comme un manager, à l’inverse, se doit de comprendre le contexte dans lequel évoluent ingénieurs et scientifiques. Une balle est lancée…

Pour ce qui est des acteurs qui aident les ingénieurs à « innover et entreprendre », Franck Metras, qui dirige le « Comité Scientifique et Technique » de la Technopole paloise Helioparc, les connait bien. Chargé, depuis 2001, de les sélectionner afin qu’ils puissent intégrer la technopole, il a accompagné 190 entrants sur le site dont 46 créations par des ingénieurs. Il confirme un constat fait par l’Agence Nationale pour la Création d’Entreprise : plus les ingénieurs sont diplômés, moins ils sont entrepreneurs. Exemple : Un Centralien ne crée jamais son entreprise. Tous sont aspirés par les grands groupes.

Christine Loustalot, avocate au Cabinet Fidal, partenaire de la JNI, vient dire, à son tour, comment les sociétés de conseils peuvent être utiles pour les créateurs. Les domaines sont vastes. Ils vont de la protection des brevets, au dépôt de marques, de la création des sociétés au montage financier etc. Entreprendre oui, mais pas sans conseil.

Marc Bourdat, Délégué régional Grand Sud Ouest chez TOTAL, à l’aide d’un power-point, montre l’évolution de la société, du premier forage à Lacq, du premier centre de recherche Micoulau jusqu’à ce jour où TOTAL fait partie des « majors » pétroliers du monde et dispose à Pau d’un Centre Scientifique et Technique unique au Monde. Fin 2013, il y avait 2.750 salariés sur place. Fin de 2014, ils approcheront les 2.900. Parmi eux : près de 1.000 ingénieurs dans des domaines très variés et presque toujours en pointe.

Emilie Basset, jeune chef de projet chez TURBOMECA, nous présente alors les domaines de recherche sur lesquels le motoriste travaille actuellement pour obtenir des réacteurs toujours plus performants et plus respectueux de l’environnement. Diplômée de l’ENSICA (Ecole Nationale Supérieure des Ingénieurs de Constructions Aéronautiques), Emilie Basset a communiqué, à tous les participants de la JNI, son enthousiasme et la passion que lui procurent les challenges auxquels elle fait face.

Magalie Ricarde, INSA Toulouse, enseignante à l’ENSTGI, continue alors sur la veine de l’’enthousiasme et de la passion. Elle crée à Hélioparc en 2010, après 2 ans de conception, sa propre entreprise : BACK PLAN. La société emploie maintenant 5 salariés « plutôt bien payés » et sous « stress ». Son cœur de métier : l’assistance à gestion de projet. Son ambition : passer à l’international. Vu son enthousiasme, l’assistance a pu juger qu’elle devrait y parvenir rapidement.

Georges Labazée, Président du Conseil Général des Pyrénées Atlantiques, clôturait cette JNI en rappelant que le Conseil Général, alors qu’il ne s’agit pas d’une de ses compétences obligatoires, est fortement engagé en faveur du développement économique. Il nous dressait alors un tableau des actions entreprises pour mettre en place Aéropolis (site de la nouvelle usine de Turboméca), dans la gestion des Technopoles (Hélioparc à Pau, Izarbel à Bidart, Technocité à Bayonne etc.). Il rappelait aussi le lancement, il y a deux ans du label « Nature & Technology » pour valoriser toute la filière aéronautique du département.

La deuxième JNI organisée à Pau se terminait alors. Pendant 3 heures, dans l’amphithéâtre de l’ENSGTI, la morosité nationale avait bel et bien été gommée des esprits de tous.

– par Bernard Boutin

PS : L’URISBA organisait aussi le 3 avril, une JNI à Anglet.

Les organisateurs
URISBA : http://www.urisba.com
IESF : http://www.iesf-jni.org

Les entreprises
GRL ARKEMA http://www.arkema.fr/fr/arkema-en-france/centres-de-recherche/lacq-r-d/
TOTAL http://total.com/fr/pau-CSTJF
DAHER SOCATA http://www.daher.com
SAFRAN TURBOMECA http://www.turbomeca.com/?lang=fr
SAFRAN MESSIER http://www.safranmbd.com/?lang=fr
BACK PLAN  http://www.backplan.fr/fr/
ARELEC http://www.arelec.com

Les conseils
Cabinet Fidal http://www.fidal.fr/les-bureaux/ville/74/pau.html
HELIOPARC http://www.helioparc.fr

Les écoles d’Ingénieurs du Bassin de l’Adour
CESI http://www.eicesi.fr/centre-pau.asp
ENIT http://www.enit.fr/fr/index.html
ENSGTI http://ensgti.univ-pau.fr
ESTIA  http://www.estia.fr
EISTI  http://www.eisti.fr/?q=node/60
ISA BTP  http://isabtp.univ-pau.fr/live/

Autre
Conseil Général des Pyrénées Atlantiques http://www.cg64.fr

Gaz de schiste – Quelles leçons tirer de l’expérience américaine ?

gaz-de-schiste--FranceL’Amicale des Foreurs et Métiers du pétrole de Bordes nous communique « les pertinentes réflexions », sur les gaz de schiste, de Gérard Medaisko « sur le fait économique majeur de ces dernières années aux États-Unis, et, en contrepoint, sur l’immense gâchis auquel notre pays est en train de se livrer. »

En fait, il ne s’agit pas d’une expérience à proprement parler mais d’un bouleversement de l’équilibre énergétique du pays dont les dirigeants français ne semblent toujours pas avoir pris conscience du véritable impact.

En dix ans à peine et grâce à la clairvoyance d’un seul homme, George P. Mitchell, les Etats Unis ont relancé leur industrie chancelante avec l’exploitation des gaz et huiles dits de schiste. Ils sont ainsi devenus l’un des premiers producteurs mondiaux de gaz naturel et devraient en être le « leader maximo » d’ici quelques années, aux alentours de 2017. Vers 2020, avec une production journalière de 12 millions de barils d’huile, ils devraient arriver à concurrencer l’Arabie Saoudite, contribuant ainsi puissamment à modifier la carte géopolitique de notre globe. Ce faisant, ils ont créé, à ce jour, dans ce domaine, plus d’un million d’emplois directs, indirects et induits et devraient encore en créer 600,000 de plus d’ici 2035, date à laquelle ils devraient accéder à l’autosuffisance en matière énergétique. Que peut-on apprendre de l’aventure américaine si ce n’est que la foi permet d’abattre les montagnes. Depuis 1949, date de la première fracturation hydraulique commerciale réalisée à Velma dans l’Oklahoma par la société Halliburton, la persévérance a permis de mettre au point une méthode de stimulation de la roche-mère qui s’affine de jour en jour, puisque la fonction crée l’organe, comme chacun sait, mais ce que nos gouvernants semblent vouloir ignorer. L’eau sous pression est toujours utilisée pour détendre les pores de la roche-mère mais les adjuvants chimiques sont maintenant réduits à 9, tous issus de l’industrie agro-alimentaire, auxquels viennent s’ajouter l’acide chlorhydrique et l’acide muriatique. De nombreuses autres méthodes ont été expérimentées parmi lesquelles l’hélium liquide et certaines nanotechnologies semblent être les plus prometteuses. A ce jour, environ 1.500.000 puits ont été fracturés hydrauliquement de par le monde dont 650,000 environ aux Etats Unis alors qu’en France on est toujours en train de débattre de la transition énergétique pour savoir s’il nous faut réinventer la roue ou le fil à couper le beurre.

Par rapport aux puits à gaz traditionnels, la productivité d’un puits produisant du gaz de schiste est relativement faible et décroît très rapidement mais, si l’on en croît les études prospectives, puisque nous manquons de recul en la matière, la durée de production pourrait se prolonger sur une cinquantaine d’années à condition de prévoir une nouvelle stimulation au cours de la vie du puits. Toutefois, de récents forages effectués dans la Barnett shale ont montré une productivité comparable à celle de puits à gaz traditionnels, venant contredire l’opinion qui prévalait jusqu’alors.

L’âge des roches-mères s’étage de la base de l’ère primaire au début de l’ère secondaire et leur profondeur varie de 1500 à 4.000 mètres environ. En France, les argiles du Permien de la basse vallée du Rhône (Saint Affrique, Saint Jean de Marvéjols, Gabian) et les schistes carton du Toarcien sont considérés comme les niveaux les plus prometteurs mais je suis personnellement convaincu que ce ne sont pas les seuls.

La mer Toarcienne, à la base du Jurassique, mer chaude abritant une riche faune d’ammonites, de bélemnites, de poissons et de dinosaures marins, recouvrait en son temps le quart de la superficie de la France actuelle. Ses dépôts qui se trouvent enfouis dans le Bassin de Paris, le Bassin Aquitain, le Sillon Rhodanien, les Causses et le Fossé rhénan offrent d’excellentes possibilités de découverte de gaz et d’huiles de schiste, notamment dans les terres noires qui les caractérisent. Il faut compter également avec le potentiel de la zone économique exclusive (ZEE) qui borde les côtes françaises et couvre 334.604 km², ce qui fait de la France le pays le plus richement doté d’Europe, devant la Pologne.

Le fait qu’aux Etats Unis, le propriétaire du sol soit propriétaire du sous-sol, favorise le développement de la recherche pétrolière. En France, il l’est également mais il n’a pas droit de l’exploiter ; Qu’on lui donne ce droit et une très grande partie de l’opposition aux gaz et huiles de schiste disparaîtrait du jour au lendemain. Il conviendrait d’insérer ce droit dans un Code Pétrolier à créer de toutes pièces, mais nous n’en prenons pas le chemin et le Conseiller d’ Etat Thierry Thuot, chargé par le gouvernement de toiletter le Code Minier, tente vainement de transformer une vieille machine à écrire en ordinateur.

Hors de France, il existe une multitude de bassins sédimentaires qui sont des candidats potentiels à l’exploration et à la production de shale gas et de shale oil. Aux Etats Unis, dans le Bassin de Williston qui s’étend sur le Dakota du Nord et le Montana ainsi que sur le sud du Saskatchewan au Canada, on vient de découvrir sous la Formation de Bakken, un nouveau niveau producteur tout aussi prolifique qui est la Formation de Three Forks. Tandis qu’en France on « procrastinait », les quelques 8,915 puits forés depuis 2008 dans la Formation de Bakken, sur les champs d’Elm-Coulée et d’Antelope produisaient 810.129 barils/jour au 31 mai 2013. Quand on sait que cette formation est l’analogue lithologique de la série qui va de l’Aalénien au Toarcien dans le Bassin de Paris, on est en droit de rêver. En Nouvelle Zélande, dans le nord de l’Île du Sud, les géologues pensent avoir découvert une formation semblable à celle de Bakken mais beaucoup plus développée que la Bakken shale du Nord Dakota. Il est indubitable que des découvertes identiques seront faites dans le Monde entier au cours des prochaines années. La France qui possède la deuxième ZEE du Monde après celle des Etats Unis avec 11.035.000 km² s’étendant au travers des six continents a un potentiel énorme mais la volonté politique n’y est pas. Gaz et huiles de schiste sont devenus le symbole d’un clivage idéologique majeur qui oppose deux visions de la société, c’est-à-dire deux modèles de développement qu’il semble bien difficile de concilier.

En résumé, nous avons tout à apprendre de l’aventure américaine mais il parait difficile de la transposer en Europe et plus particulièrement en France car le terreau manque : Nous n’avons plus d’industrie pétrolière en amont. La société TOTAL est partie voir si l’herbe était plus verte de l’autre côté de la barrière et apparemment elle l’est.

Un jour peut être la TOTAL OIL Corporation, reviendra investir en France, en espérant que la langue française ne sera pas devenue un parler vernaculaire. En attendant, quatre sociétés seulement s’intéressent au potentiel de l’ Hexagone : La Canadienne Vermilion, l’Américaine Hess, la Suédoise Lundin et la franco-américaine Marex. Une soixantaine d’autres attendent à la porte depuis bientôt trois ans que le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie (MEDDE) consente à leur délivrer des permis de recherche. Nous n’avons plus que deux sociétés de forage : COFOR et SMP, mais leurs parcs d’appareils sont inadéquates. Enfin nous n’avons aucune société de services capable d’effectuer des stimulations hydrauliques. Quant à la R&D, seul l’IFPEN la poursuit à un train de sénateur. Nous ne formons plus de foreurs pétroliers mais seulement quelques foreurs d’eau chaque année.

Par la grâce de son ministre de tutelle, L’INDUSTRIE PÉTROLIERE FRANCAISE EST DEVENUE SINISTRÉE. La transition énergétique dont on nous rebat les oreilles n’est qu’un débat idéologique, inutile et terriblement coûteux qui va faire grossir impunément les factures d’électricité des industriels et des particuliers, dont près d’un million de foyers connaissent déjà une précarité énergétique. Quant aux énergies nouvelles renouvelables (ENR) qui sont entièrement subventionnées par le gouvernement, donc par le contribuable, il faudra attendre de pouvoir les stocker pour que l’on puisse se fier à elles.

– par Gérard Medaisko le 14 août 2013

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Amicale des Foreurs et Métiers du pétrole www.foreurs.net