Chemin faisant.

imgresSoucieux de respecter les préconisations de mes amis écologistes, j’utilise de plus en plus souvent mon vélo, pardon, ma bicyclette. Ainsi tous les matins vers 8 h 30 – 9 h 00, je vais par ce moyen de locomotion chercher mon pain chez un boulanger à environ 3 km de chez moi. Et, en cours de route, tandis que mon esprit vagabonde, mes yeux observent.

A quelque distance en effet, se trouvent deux containers pour le verre. Ils sont d’accès facile en bordure de la voie. Depuis un peu plus d’une semaine maintenant au pied des ces inélégants réceptacles se trouvent des sacs poubelles, des cartons et autres saloperies qui n’ont rien à faire là. Alors il me vient à l’esprit que si tous nos concitoyens se comportaient normalement et respectaient le bien commun, il n’y aurait pas besoin d’engager des frais pour ramasser leurs ordures.

Un peu plus loin, dans une autre rue, une voiture est stationnée en bordure de trottoir. Rien de plus normal direz-vous. Cependant cette voiture, si j’en juge par les inscriptions qu’elle porte, appartient au conseil général (départemental) des Pyrénées Atlantiques. Oh, il s’agit d’un véhicule de faible cylindrée certes, mais tous les matins stationné à ce même endroit devant un domicile. Alors il me vient à l’esprit qu’habite dans le voisinage un employé du conseil départemental susceptible d’avoir à répondre à des urgences, il ne peut en être autrement

A 500 mètres de là dans une petite rue cette fois bien discrète, deux véhicules sont stationnés. Tous deux appartiennent à la ville de Pau selon les inscriptions sur les portières. Personne ne se trouve à bord. Personne non plus dans les alentours immédiats qui laisserait supposer que les employés municipaux sont occupés à entretenir la voirie un peu plus loin. A mon retour vers 9 h 00 les deux véhicules sont toujours là et cette fois quatre ou cinq employés municipaux devisent gaillardement. Alors il me vient à l’esprit que ceux-ci organisent leur journée faite d’un dur labeur.

En rentrant chez moi, j’ai la curieuse idée d’aller consulter mes feuilles d’impôts locaux, je n’aurais pas dû. Il ne s’agit pas, vous l’imaginez bien, ici de fustiger quiconque ou même de laisser planer un doute ou des accusations par trop hâtives et non fondées, mais simplement d’observer. Pour chasser mes idées désobligeantes, me revient en mémoire cette phrase de Victor Hugo : « La liberté, c’est le droit, l’égalité, c’est le fait, la fraternité, c’est le devoir. » Livrée à la réflexion républicaine de chacun …

 

Pau, le 10 août 2016
par Joël Braud