Transparence à Pau : c’est pas clair !

transparence   Les sites internet de nos communes fourmillent d’informations « diverses » très nombreuses. Mais lorsque l’on s’intéresse au nerf de la guerre, l’argent, alors là c’est le désert… Bizarre.

C’est pourtant dans les informations budgétaires que le citoyen peut trouver la vérité de ce qui se passe réellement dans sa commune. C’est une information complexe pour ne pas dire plus, pour l’immense majorité des citoyens y compris pour votre serviteur. Pourtant son efficacité peut être redoutable comme le démontre Joël Adam sur Oloronblog. Son examen détaillé des notes de frais du Maire d’Oloron a permis de mettre en évidence des faits pour le moins troublants ( voir : Affaire des notes de frais – cliquer pour lire- une série d’articles qui méritent le détour, ou sur AP « A Oloron les notes de frais, c’est chaud«  du 11/4/2017) La justice s’est emparée de l’affaire, à suivre.

Mais la transparence n’est pas du goût de nos élus. C’est une position largement répandue, alors que dans les pays du Nord l’accès aux plus petites informations est aisé et obligatoire. Les progrès du numérique auraient dû largement développer cette transparence puisque l’accès à toute l’information peut se faire en quelques clics. Auraient-ils des choses à cacher ? La réponse est bien évidemment oui.

Il y a deux ans Alternatives Pyrénées s’était lancé dans une action de transparence auprès de la Ville de Pau qui avait abouti aux forceps, à la mise en place sur le site Internet de la ville d’un certain nombre d’informations vraiment minimales : Budgets et Comptes Administratifs. (« Transparence : brouillard tenace sur le Béarn! » AP du 26/5/2015)

Sur la lancée, François Bayrou s’était même impliqué dans une vidéo explicative sur son budget, hélas loin d’être conforme à la réalité des chiffres ( « Budget de la ville de Pau, où est la vérité » AP du 22/4/2015) Mais la démarche allait dans le bon sens.

Qu’en est il aujourd’hui ? Sur la ville de Pau on retrouve ces documents, avec des commentaires jusqu’en 2016, puis plus rien en 2017 et 2018 … Aride et répulsif pour tout citoyen normal. Faudrait-il rapprocher ce silence de l’importante dérive budgétaire dont on aura l’occasion de parler ?

Pourquoi aucun effort n’est fait pour expliquer la gestion paloise alors que sur ce même site la une est occupée par :

– Rencontre avec Olivier Krumbholz : entraîneur de l’équipe de France

– Des idées pour les vacances d’hiver

– Participez à la journée de la mode

– …etc

Allez au cirque et laissez nous nous occuper de votre argent !

Mais le budget de la ville de Pau et son évolution, seul, n’a pas de sens. Il ne peut se comprendre et se discuter qu’au périmètre de l’Agglomération qui opère un nombre important de compétences. Et là, c’est encore plus désertique. Seules les délibérations sont présentes pour le budget 2018, elles ne donnent aucune indication sérieuse puisque étant des résumés… très résumés. Pas de budget des années précédentes et seulement le Compte Administratif 2016. Rien là non plus sur les années précédentes.

Circulez, il n’y a rien à voir. Par contre, vous trouverez facilement que Messmer va vous hypnotiser au Zénith, que la MJC du Laü propose un spectacle pour enfants « Fabulines de Carnaval », …etc.

Pourquoi cette différence alors que le Maire est Président de l’agglomération, le Directeur Général des Services est le même et les équipes sont imbriquées ? Cela rend impossible toute analyse, même superficielle. On doit rajouter qu’à l’inverse des entreprises, où la culture du coût rime avec survie, l’absence d’une vraie comptabilité analytique rend impossible une analyse précise et fine des coûts complets. Quand on rajoute le fait que le périmètre des compétences et de l’agglomération lui même varie dans le temps et qu’il n’existe aucune volonté des politiques pour clarifier les coûts par destination, on comprendra que les élus discrets se régalent…

L’Agglomération était donc en infraction par rapport à la loi NOTRe :

Le décret précisant les modalités de mise en ligne des documents budgétaires des collectivités vient d’être publié ce samedi et est entré immédiatement en vigueur. L’objectif est de permettre aux citoyens de disposer « d’informations financières claires et lisibles ». Les documents budgétaires « doivent être accessibles, lisibles et conformes aux documents soumis à l’organe délibérant », précise le décret. Ce dernier s’inscrit dans le cadre de l’application de l’article 107 de la loi Notre et de l’article 35 d’actualisation du droit des Outre-mer.
Il précise que les documents d’informations budgétaires et financières des communes doivent dorénavant être mis en ligne sur le site internet de la commune, « lorsqu’il existe », dans des conditions garantissant « leur accessibilité intégrale et sous un format non modifiable », « leur conformité aux documents soumis à l’organe délibérant de cette collectivité » ainsi que « leur bonne conservation et leur intégrité ». Ils doivent être également accessibles « gratuitement » et « facilement » par le public, « pour leur lecture comme pour leur téléchargement », indique le texte du gouvernement. La mise en ligne de ces informations doit, par ailleurs, intervenir « dans un délai d’un mois » à compter de l’adoption par le conseil municipal des délibérations auxquelles elles se rapportent. (Maire Info 27 Juin 2016)

Devant cette lacune de l’Agglomération paloise, je l’ai sollicitée le 20/2/2018. Suite à des échanges avec le Chef de Projets Numériques (échanges constructifs, il faut le mentionner), on peut consulter dorénavant les budgets et Comptes administratifs. Il est regrettable que cette « mise à niveau obligatoire » ne vienne pas des élus ou du Directeur Financier. Un problème cependant, les documents (sauf le budget 2018) sont des copies, très lourdes à télécharger, (plusieurs heures si vous habitez le Nord de Pau). Merci de publier la version originale comme le demande la loi…

J’ai déjà eu l’occasion de citer en modèle le Conseil Général des Landes pour ses rubriques financières complétées par des documents d’analyse de la Direction Financière. Pourquoi ce qui est possible dans les Landes ne l’est pas sur Pau ?

« Transparence : Brouillard sur les PA, les Landes au soleil » AP du 10/3/2015

La vraie transparence et Henri Bayrou cela fait deux, on le savait.

Au fait, c’est comment dans votre commune ? Dites nous.

Quand les citoyens s’éveilleront …

Daniel Sango

Crédit photo : Charente Libre

Bayrou, (re) solution française ?

bayrou-au-centreLe feuilleton Bayrou continue. Son livre « Résolution Française » va sortir début février. Pour justifier une quatrième candidature ? Décidément ce « vieux » politicien ne se rendrait-il pas compte que le monde a changé ? La drogue de la notoriété, du pouvoir, serait elle trop forte ?

Le comportement de François Bayrou est assez représentatif de cette classe politique qui n’a toujours pas compris que le monde évolue. Forcément, depuis leur plus jeune âge ils ont vécu dans un autre monde, une autre vie, celui de la recherche à tout prix d’un mandat (F Bayrou était Conseiller Général en 1982). Ils ont grandi dans les magouilles perpétuelles des partis où tous les coups et toutes les compromissions sont indispensables pour progresser, éliminer le concurrent, pour obtenir les investitures, surtout celles qui assurent des revenus confortables et une exposition médiatique qui permettra de perpétuer cet emploi.

On connaît le parcours et la méthode de François Bayrou depuis son ascension à la tête de l’UDF, forte d’une centaine de députés, qui ne manquera pas très vite d’éclater, de péricliter, sous sa direction autocratique, puis de créer le MoDem, un parti où le « nous » n’existe plus, où seul le « je » de F Bayrou a cours. Aujourd’hui c’est un homme seul qui essaye de survivre avec des manœuvres politiciennes, concurrencé au centre par les autres partis centristes et le nouvel OVNI Macron et son mouvement « En Marche ». Le dernier sondage (Cevipof – Ipsos Sopra Steria) fait passer F Bayrou de 12% au printemps 2016 à 5% aujourd’hui, Macron étant crédité de 17 à 19% . Aïe, à moins de 5% on règle l’addition… Evidemment, l’élimination probable de Manuel Valls fera une plus grande place au centre et aiguillera l’ego surdimensionné de Bayrou qui ne peut laisser Macron seul au centre de nulle part…

On peut au passage s’interroger sur le fonctionnement de la coalition municipale. Le travail en équipe implique la délégation, et ses conséquences en termes de médiatisation des actions menées par les différents acteurs. Et que voit-on à part Bayrou et son Brin d’ombre ? Que devient notre préfet qui voulait être Maire, où les ambitieux Républicains de l’alliance ? Même Josy, pourtant accrochée en permanence aux basques du Béarnais n’arrive plus à être sur les photos…Une candidature entraînerait fort logiquement l’explosion de cette coalition.

Pourquoi cette incertitude qui dure concernant son habituelle candidature, sur ce livre « Résolution française » à sortir dans quelques jours, sur cette attente pour se déclarer ? Car après tout si c’est la sincérité qui anime notre béarnais, soit il est candidat, soit il ne l’est pas, et cette attente n’est que le signe évident de calculs politiciens. Où sont les valeurs qui sont censées animer François Bayrou ? Où est la sincérité dans sa démarche ? Tout cela ne semble que le calcul dérisoire d’un homme seul disposant de son seul pouvoir de nuisance.

Car on le voit bien, le MoDem n’existe quasiment plus, il n’a pas de réflexion collective, pas de programme, pas de position sur les grands sujets du monde, pas de porte parole, pas de député, seul existe le « JE » de François Bayrou et ses discours lénifiants. Les quelques personnalités qui s’obstinent à se réclamer du MoDem le font car cette ombre de parti permet le gain de quelques sièges dans les élections de liste comme les européennes… Voire demain quelques sièges à l’Assemblée si la négociation (contestée) avec François Fillon aboutit…

Et que retrouvera-t-on dans ce « livre prétexte » en terme de programme qu’on ne connaisse déjà puisque Bayrou soutenait le programme très clair d’Alain Juppé et avait déroulé son programme en 2012 ? Tout a été dit durant la primaire et les sympathisants de la droite et du centre ont choisi.

François Bayrou n’est pas une (re) solution française. La démarche de François Bayrou s’apparente dans sa triste désespérance à celle de son compagnon de route Jean Lassalle pris par une folle vengeance contre Alain Juppé qui avait brisé son délire de Présidence de Région, ou à celle, avortée (?), et tout aussi désespérée, de Michèle Alliot Marie à la recherche d’un énième mandat électif pour ne pas cesser d’exister.

La professionnalisation de la politique est le cancer français, mais les citoyens commencent à trouver des remèdes…

Daniel Sango

Crédit photo : Dilem

La section étrangère

section-montauban-la-ferveur-des-verts-et-blancs_1111777_632x374  La montée de la section paloise en top 14 semble plaire à bon nombre de Palois. Pourtant, le rugby professionnel n’a plus rien à voir avec le rugby de clocher du passé. Les supporters et les élus qui financent ce spectacle l’ont-ils compris ? Et est-ce la bonne voie pour les petits clubs du top 14 ? Pas sûr.
La montée de la Section Paloise s’est accompagnée d’une campagne de recrutement tous azimuts, principalement à l’étranger. Trois néo zélandais, deux fidjiens, deux irlandais, un écossais, un argentin. 9 étrangers pour 4 français. Mais cela pour quel rugby ?

Le sport traditionnel des villages du sud s’est transformé en un barnum comme le foot ou le basket. Le montant du budget fait le classement, et Pau ne sera ni Paris, ni Toulouse ni Clermond Ferrand ni Toulon. Condamné à jouer les faire valoir pour les 5 ou 6 clubs qui se disputent le bouclier et la Coupe d’Europe. Condamné à lutter pour un maintien comme la moitié des clubs. A moins qu’un Quatari fortuné vienne jeter ses pétro-dollars en Béarn, à ce jour bien peu probable.

C’est un choix, vain sans doute, et nos politiques de pacotille font partie de la chorale qui fait semblant avec le peuple, d’y trouver un plaisir immense… En fait, il n’en est rien, et ce divertissement coûteux pour le contribuable procède de la même méthode ancestrale qui vise a endormir le citoyen et a le détourner des vrais problèmes de notre société.

Panem et circenses…

Mais n’y aurait-il pas une autre voie pour des petits clubs comme la Section Paloise, condamnés de toute façon à jouer les seconds rôles ?

Car en effet cette entreprise de spectacle fait la place belle aux étrangers, au détriment des français. Et on voit bien qu’il existe une corrélation avec les pitoyables performances de l’équipe nationale reléguée derrière les clubs de l’hémisphère sud ainsi que l’Angleterre, l’Irlande et le Pays de Galles . Moins de Français dans l’élite, moins de joueurs confrontés au haut niveau, moins de talents à disposition du sélectionneur.

Déjà en 2013 Keith Wood, ancien capitaine de l’équipe d’Irlande déclarait : « le Top 14 va tuer l’équipe de France. Le rugby français devrait s’imposer des limites. Il y a trop d’étrangers. En Irlande, les provinces ont droit à trois joueurs non éligibles pour l’équipe nationale ». Pascal Papé est aussi clair : « Mon club fait confiance à des joueurs français et c’est important. J’espérerais que plus de clubs fassent la même chose. Certains clubs ne le font pas, c’est une honte et ça a des conséquences sur l’équipe nationale. C’est quelque chose qu’il faudrait vraiment changer. »

En 2003/2004 il y avait moins de 20% de joueurs étrangers dans le top 14, il y en avait 42,6 % en 2013/2014 ! Avec le record à Toulon 56,5 % d’étrangers.

Bon, l’évolution a de quoi inquiéter puisque maintenant l’équipe de France recrute …des étrangers ! On pouvait lire dans l’Equipe « avec la réouverture du groupe des Bleus, la possibilité d’une équipe de France à treize étrangers existe. Et fait débat à un an de la Coupe du Monde ». Certes, il existe les JIFF : Jeunes Issus de Formation Française et certains quotas imposés par la Ligue depuis 2011 mais sans grand résultat quand on regarde les effectifs « actifs » des ténors du top 14.

N’y aurait-il pas une autre voie, franco française, mieux, régionale, basée sur les talents des clubs locaux ?

En plus d’être accessible financièrement, elle restituerait un réel esprit de clocher régional susceptible aussi d’élargir la population des spectateurs. En plus, ce serait une démarche originale, vraiment sportive, qui en ferait une équipe dont on parle. Sans compter que le flot de subventions, impôts locaux, vers des vedettes grassement payées (jusqu’à 500 000 euro/an à Pau) est tout simplement scandaleux et devrait être interdit par la loi. On attend d’ailleurs des clarifications sur le total des subventions publiques à la Section Paloise, en commençant par le détail du contrat de location du stade du Hameau, entièrement payé par le contribuable.

A défaut, on continuera de voir des tribunes chanter dans un langage désuet et incompréhensible pour des mercenaires étrangers, certes bien rémunérés, mais plus enclin à assurer la poursuite de leur revenus , dans n’importe quel club, que de défendre les clochers de l’agglomération paloise et donner une image exemplaire et originale du rugby local.

par Daniel Sango

La photo est édifiante de la comédie humaine… Mais que chante donc notre inénarrable et unique député MoDem avec son papier très personnel ?